LIVRE DEUXIÈME
qui, selon tous, a passé des eaux in lonrdaîn dans toute» les eaux de Funrvers? — On est honteux d^aroir h faire de si mî'sérables questions ; maSs k quf la honte, SI ce n'est k ceux qui les provoquent?
Et sur ce qui a été d!t que tous, jurfs, païens, hérétiques même, ont te pouvoir de baptiser, « qui n'admirerait ici, dît te Catéchisme, la bonté et h sagesse de notre Dieu ? » Certes, une fois te Baptême hadispensabte au salut, il eût été d\ine barbarie affreuse de ne pas en faciliter t^admtnrstration ; mais où a-t-on vu que Dieu ait en effet accordé pour le Baptême pfus de faciRtés qnepour les autres sacrements? Sera-ce dans î^instrtution? Non. Quand Fe Sauveur dit : « Aïtez, baptisez, » c^est aux apôtres qu'il s'adresse, tout aussi bien qu*en instituant ht Cène. Sera-ce dans les écrits des apdtres? Aucune trace. Dans les usages de PÉgKse primitive? Pas davantage. A cette époque, s'il y a des facilité», c*est bien plutôt pour !a Cène, que nous voyons généralement célébrée sous forme de repas, tandis que te Baptême reste une cérémonie, et même une cérémonie , comme nous l'avons dit, H^ayant Keu que dl»ux fois par an. Ainsi, dans tout cela , ît n'y a pas d*autre ordre divin que l'habileté de l'ÉgKse,. pas d'autres concessions que celles qui étaient indispensabtes pour pouvoir enseigner, puisqu'on y tenait, la nécessité absolue du Baptême.
XXXVIÏ
Laissons maintenant te doctrine, et venons-en aux décrettJ de réformation.
C'était une immense question que celle de la pluralité des bénéfices ; immense par le nombre des cas qu'elle embrassait, immense surtout par celui des difficultés qu'elle remuait. L'éluder, on ne le pouvait. Si un homme a deux évêchés, il est clair qu'il sera toujours hors de l'un des deux. Et cependant, les évoques à deux, à trois évêchés, n'étaient pas rares. Quant aux bénéfices inférieurs, le même homme en avait souvent quatre ou cinq, quelquefois dix ou douze, quelquefois vingt. Des cardinaux en avaient eu jusqu'à trente. Léon X, avant d'être pape, en possédait vingt-huit, et des plus riches.
Quelque fâcheux que fût cet état de choses, tout n'y était pas aussi abusif qu'on pourrait le croire. Beaucoup de bénéfices étant trop pauvres pour qu'un prêtre en vécût, la pluralité se trouvait, en beaucoup de cas, positivement commandée par l'insuffisance des revenus ; mais, cette insuffisance, on s'était vite habitué à la mesurer bien moins sur les besoins légitimes du titulaire que sur les exigences de son rang dans le monde ou dans l'Église. Un fils de noble eût trouvé au-dessous de lui de n'en avoir qu'un. A défaut^ de noblesse, la possession même d'un bénéfice important était un titre à en posséder d'autres pour mieux soutenir l'éclat du pre« mier. Presque tous les évêques avaient des abbayes ; ajoutons, et nous aurons noté d'avance le peu d'efficacité des règlements qu'on allait faire, ajoutons, disonsnous , qu'ils n'allaient pas cesser d'en avoir autant et plus que jamais. Un jour, — c'était un siècle et denii après le concile,— un évêque français, dans une conversation, se prononce avec force contre la pluralité. On s'étonne; on se regarde... N'est-il pas, lui qui parle, abbé de Saint-Lucien, prieur de Gassicourt, de Plessis*