‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 89 sur 138 · LIVRE DBUXlàMfi MV · texte numérisé non relu

LIVRE DBUXlàMfi MV

te oardina) Paohêoo, leur pFéi^ident, présenta un moire où ils demandatept :

Avant tout, et oommo premier fondement à toule vrai^ réfonne dans ces matières, qa% la résidmce fût éêm étalée do droit divin ;

Que les cardinaux qui ayaient plusieurs évèoivés tas» sent immédiatement forcés d'opter, et de n^e» garéei» qu'un ;

Qu'on révoquât toutes les dispenses dont la Béeesâté ne serait pas suffisamment démontrée;

Que l'union des bénéfices fût abolie i

Que la pluralité en fût restreinte auie cas d% nécesâtè évidente;

Et autres dispositions analogue», fia tout^ oiuq artr* oies, éléments d'un code complet «ir la matière.

C'était fort bien entendu ; mais il était clair cpi'à mmm de se déclarer au-dessus du pape , on ne poqvait pré» tendre à décréter tout cela. SI eopendaiit , kis légats craignaient tellement toute discussi<m directe sur l^au-r torité respective des deux pouvoirs, qu'ils n'osèrent attaquer ni faire attaquer cet écrit coHOfie attentatoire h celle du pape. Ce qui les effrayait surtout, ce n'était pas tant la hardiesse des articles que le fait mémo d'asaemr^ blées tenues sans leur aveu , en dehors de leur irt, fluence. Vingt évê^ieal Encore dix ou douie, et c'était la majorité.

Les légats se bAtèrent done d^envoyop l'écrit it Rama Le pape n'osa pas mîmx. qu'eux le rejet0r eaifime Mà^ tenlatoire à ses droits. La plupart des auteurs étaÎMil Espagnols ; on sentait Gharte»*Quiiit derrière «ui. Lft pape nomma donc une commission, et, eontraiFeiiKiiil au préavis du cardinal del Monte, cette comœiasioa

conseilla de céder sur quelques points; bien entendu que ce ne serait jamais sur les principes, et qu'on garderait les moyens de retenir d'une main ce qu'on aurait lâché de l'autre. Chacune des onze demandes fut donc l'objet d'une réponse plus ou moins favorable, plus ou moins évasive ; encore le pape ne jugea-l-il pas k propos de faire communiquer à l'assemblée le travail de la commission. 11 l'envoya aux légats, leur mandant qu'il s'en remettait à eux pour ne rien céder, si c'était possible, ou pour accorder, dans ces limites, ce qu'il leur paraîtrait impossible de refuser. C'est une justice k rendre à Paul III qu'au milieu de tous ses efforts pour maintenir ses privilèges, il les envisageait, en théorie, avec plus de raison et de sang-froid que n'avaient fait beaucoup d'autres papes. Il les défendait moins comme droits mystiquement inhérents à la papauté, que comme droits acquis, consacrés par le temps et par l'usage, et il avait peu de goût pour les délirants sophismes dont d'autres étayaient l'omnipotence pontificale.

Il avait donc permis de faire quelques concessions. Cervini, le second légat, voulait qu'on usât de la permission ; Del Monte, plus franc ou plus habile, s'y opposa. Pourvu que les votations fussent, en définitive, telles qu'il les désirait, peu lui importait qu'une mino^ rite imposante se fût dessinée dans les débats. Songeaitil déjà à la tiare ? Nous l'ignorons ; mais il se disait sûrement que le concile finirait, tandis que la papauté ne finirait pas ; que les désagréments, par conséquent, seraient courts, et les avantages, durables. En tout cas, la suite montra qu'il avait pris le bon chemin. Tel nous le voyons cardinal à Trente, tel nous le retrouverons pape à Rome,

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