LIVRE TROISIÈME
XXVIIL L'Extrôme-Onction.—Un seul apôtre en parle.— Discussion scriptqraire. — Contradiction. — Difficultés naissant du seul passage qui puisse être cité en faveur de ce sacrement.— Anciens et prêtres.— Formwle usitée.— Réitération.— L*Extrôme- Onction est peu utile, et souvent dangereuse.
XXIX. Nouvelles discussions sur la juridiction épiscopale. — Abus nombreux.-*-Gorrectlons insuffisantes. — Dispenses plus rares, mais plus chères.— XXX. Quatorzième session.— On reprend Taffaire du sauf-conduit.— Réception des ambassadeurs protestants. — Quinzième session. — Prorogation. — XXXI. La situation redevient menaçante.— Craintes et précautions du pape.
— Arrivée de quelques docteurs protestants. — Tout cesse et meurt.— La guerre éclate en Allemagne.— L'empereur est en fuite. — Suspension pour deux ans. — Gallicanisme involontaire. — XXXII. Paix de Passaw et abolition de Tlntérim.
— On ne parlerplus du concile.— Rome s'en croit débarrassée.
Nous voici donc avec deux conciles au lieu d'un. Les évêques restés à Trente n'allaient pas jusqu'à se dire en droit de continuer à eux seuls les délibérations ; mais ils n'en persistaient pas moins à se considérer comme le vrai concile, momentanément suspendu faute d'un nombre suffisant de membres présents. Ceux de Bologne, à plus forte raison, se considéraient comme l'assemblée légitime ; mais ils n'osaient non plus rien faire, sentant bien qu'il n'y aurait pas moyen de publier leurs décisions comme décrets d'un concile général. Une eu--
9M HISTOIRE BU COIiGII.|fi DS TRENTE
pîeiMe correspondanee s'élablit entre tes àevm aasen?
blées. Les Pères de Bologne s'intitulaient nettemeiyl le Siniut concile 4^ Pologne {sançia syinodus ^ononiensis); les Pères de Tre»t§ ii'oi^at s'iiHiie)^ copçïi^ de Trente ; c'était : Le 3amt comeiie^ en qtiehfue Iûm q/sfik soit (m quocumqûe sit loco).
Chose étrange, et qui u^ontre bien à quel point la position des deux partis était fausse, — on ne s'aniitbématisait pas. Les théologiens des deux conciles écrivaient lettres contre lett^-es, mémoires; contre mémoires, absohimeat oomme danci w débat i)^ilo;^pliiqi4e pu théologique à vider entre deux universités. On n'avait pas l'air de se rappeler qu'il existât un juge.
C'est que le juge était encore plus embarrassé que les parties, et que tous avaient intérêt à ne pas le presser, les uns, pour ne pas le forcer de se compromettre, les autttBs, pour ne pas le forcer de les condamner, auquel cas, à moins de former un schisme, il aurait bien fallu lui obéir plutôt qu'à l'empereur. En droit, pourtant, il n'avait pas besoin de sanctionner la translation pour qu'elle fût et demeurât légale ; il suffisait qu'il ne la condamnât pas. Mais il sentait bien que l'Europe attendait davantage i dès qu'il y a aj^pel d'i|»e ^i$^ 49« mmstres, le souverain est «mralemeiit tenu ^ p pf^l^^f^^ cer. Le pape l'était d'autai^t plus, qm sa buU$ d^ \kkk ne faisait pas mention d'ua eonsenleisti^ Qttelc^p({|ie|| obtenir de l'assemblée ; eÀI-Qn voté eant¥0 \^ tr^^%n tiûi^, les léga^, en vdi^l^ de ^It^ b^Ite, aikT^M mm^i pa rtffdoaii^ a De uotre pFffire mouvei^eirt» 9^v^t dit le pftpe, de notre seienoe certaine et ei) v^rtii g^ Ifi pléBîtude de l'autqrité apost^Uc^ue, tm^ vftu$ (topoon^ uae pleine al lifape puissance et fstQ^lNt de WiMl^r^ (^
LtyAE tRÔISIÈMB M?
cOttéile * » Lft tt'atlslàtioii avait donc été^ ëii soi, un acte de l'autorité t^palë; cominent s'abritt^ logiqueuaHent derrière le \(M dé l'asiieiiiblée, puisque^ d'lti)r^s la Mlle, ce n'avait été qu'une fortne dont letà légats auraient jm îse dispenser? D'un autre é(Hé, les évéqùes restés h Ti-ente contittUirient à se porter désespérèitierit bien ; toute crainte de peste avait disparu ; et comme c'avait été la seule raison alléguée poUr Ijuittel* cette Ville, il n'y en avait plus aucune pour n'y pas retourner.
La huitième session (devenue la neuvième, à eaUëe de la session impfovisée du 11 mars) eut lieu au joui* fixé (21 avril), dans urie église dé Bologne, mais avec trente-quatre éVèquès seuièmeilt. Aucun déct-et ti'avftit été pl^pafé. Ott Se borna à confirmer celiii du 11 marS, en déclarant IH translation Votée pour dés tàlëons « Mors présentes, pressantes et légilitneS * », et à fiier att 2 jiiin la session suivante.
Le 2 juin, nouvelle session, mais pour Sj'aj(iurner èiU 15 septembre. On voulait, disait le décret, « user encore d'indulgence envers ceux qui n'étaient pas venus '. » Du reste, rien n'était prêt. On avait bien tenu, dans l'intervalle, quelques congrégations faisant suite à celles de Trente, mais sans voter sur rien. C'était de l'Eucharistie qu^on avait traité. Quel mélange, bon Diéti ! Et comnie l'Eucharistie figure bien dans ce dédale d'intrigues et de fraudes !
^ « if otu proprio et ex certà scienti ac de apostolicê potestatis plenitu(hné... iràtisfëfendi cobcilii... ^lénamet Uberam concedl- AuÉ ^otestatem et facttltatem. >
3 Ex causiB tune instantibus, urgentibus et legitimis. Volens tamen cum iis qui non ?eiierunt etiam adhUc bénignë agere.
Le 15 septembre, enfin, ne devait pas être plus heureux que le 2 juin. On venait d*apprendre la mort tragique du duc de Plaisance, fils du pape. Universellement méprisé pour ses débauches et haï pour sa cruauté, il avait été assassiné dans son palais ; son corps, traîné dans la rue, avait subi les plus honteux outrages. Ce n'était pas tout. Peu d'heures après l'assassinat, le gouverneur de Milan était entré dans la ville avee des troupes, et en avait pris possession au nom de l'empereur. Dans de pareilles circonstances, comment tenir une session? D'ailleurs, comme au 2 juin, rien n'était prêt, ce qui contredit manifestement l'assertion de Pallavicini que les assemblées avaient été fréquentes et actives. U était de plus en plus évident qu'on ne se sentait pas en position de rien voter. On ne jugea même pas à propos d'avoir une assemblée publique, ni de fixer une nouvelle époque. Les légats firent prononcer un ajourneinent indéfini.
L'occupation de Plaisance par les troupes impériales se liait à des événements dont c'est ici le lieu de donner un court sommaire.
L'armée de l'empereur et celle de l'électeur de Saxe s'étaient rencontrées le 24 avril. L'électeur avait été battu et pris; Charles-Quint l'avait condamné à mort comme rebelle, mais lui avait ensuite fait grâce de la vie. L'électorat avait passé à son cousin Maurice, luthérien, comme nous l'avons dit ; ce qui n'empêcha pas