‹ Histoire du Concile de TrenteChapitre 6 sur 25 · II. -o · texte numérisé non relu

II. -o

26G (Pie IV.) HISTOIRE DU CONCILE (An. 1563)

tre, autant qu'il a dépendu de nous , autant que la condition des temps pouvait le comporter.

» Au début de ses travaux, le saint concile, après avoir fait une profession publique de sa foi, selon la louable coutume de nos Pères, énuméra avec autant de prudence que de piété, les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament qu'il fallait recevoir, approuva et désigna une traduction certaine du grec et de l'hébreu, afin de prévenir toutes les difficultés qu'auraient pu susciter les diverses versions de l'Ecriture. Par ces premiers actes le concile établit la base de ses opérations et l'autorité sur laquelle il devait appuyer la sanction de ses décrets.

» Attaquant ensuite l'hérésie dans son principe et dans la cause de sa force, le concile porta sur les sources (initiis) de la corruption de la nature humaine, des décrets qu'avouerait la vérité, si elle s'exprimait par elle-même. Puis il traita de la justification (grande question qui a été défigurée par les hérétiques de tous les temps), et définit cette matière de manière à détruire les pernicieuses opinions dont elle avait été "entourée , et à rétablir ce dogme dans toute son intégrité. Par ce décret, marqué de l'admirable empreinte de l'Esprit-Saint , et le plus important peut-être qui ait jamais été porté, presque toutes les hérésies sont condamnées et détruites, comme les ténèbres sont dispersées par la lumière du jour : il brille tellement de l'éclat de la vérité , que personne ne peut plus la méconnaître.

» Suivit l'importante discussion sur les sept divins sacrements de l'Eglise, d'abord sur tous en général , puis sur chacun d'eux en particulier. Or qui ne sait avec quelle précision, avec quelle clarté, avec quel soin , et surtout avec

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quelle vérité ces mystères ont été définis ? Qui est celui qui ne verrait pas dans ce savant décret ce qu'il doit croire ou rejeter ? Qui pourra douter désormais de la vertu et de l'efficacité des sacrements , puisqu'il est si manifeste que nous fûmes alors puissamment assistés de cette grâce que les sacrements confèrent aux fidèles ?

» Joignez à ces décrets ceux qui furent ensuite portés sur le saint sacrifice de la messe , sur la communion sous les deux espèces, et sur le baptême des enfants. En publia-l-on jamais de plus saints, de plus utiles; et ne dirait-on pas qu'ils sont plutôt venus du Ciel qu'ils ne sont sortis de la main des hommes ? Nous compléterons toul-à-1'heure ce magnifique ensemble de doctrine par le décret sur les indulgences, le purgatoire , le culte, l'invocation, les images et les reliques des saints ; et non-seulement nous confondrons les calomnies de l'hérésie , mais nous rassurerons encore la conscience des fidèles.

» Voilà, Très-Révérends Pères, ce que vous avez fait pour les vérités qui appartiennent au salut; vous n'avez rien négligé en ce point de ce que les temps exigeaient de vous. Mais vous avez encore pourvu aux abus qui avaient pu s'introduire dans la discipline, et l'avez ramenée à son antique pureté. Ainsi vous avez écarté des choses saintes toute superstition , tout gain sordide; vous avez assuré le respect des fidèles au sacrifice de l'autel; vous en avez interdit la célébration aux prêtres vagabonds, inconnus, ou criminels; vous avez voulu qu'il s'offrît dans des sanctuaires consacrés par la religion , et non dans des maisons profanes ; vous avez banni du temple du Seigneur, les chants, les symphonies du théâtre , les promenades, les entretiens, les affaires.

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Vous avez donc prescrit à ehaqi: - de la hit ehie de telles lois qu'elles n'épargnent aucun abus.

Vous avez enlevé certain* eut] le mar. -

qui donnaient l'occasion de violer les lois

renn d'un autre côte les abus qui ; .. i lier de

la facilite d'obtenir des dispenses Que .:..- - maria-

dandestiasl Oui, je sois convaincu que quand nèn il n'y aurait pas eu tant d'autres raisons pour juer le

concile , il aurait du se réunir pour régler cette seule affaire. Elle était grave et générale; il n'y ava in coin dans le monde que n'eût infesu le fléau de la clandestinité, et il importait pour l'arrêter, qu'une assemblée solennelle réonil >es effi - oosetls. Ainsi, Très-B : ls Pè- Btint décret, vous avez ferme la porte à de> crimes aus>i énormes qu'innombrable-, et pourvu Baj ment à l'administration de la republique chrétienne.

Bientôt vous complet- ;re œuvre en condamnant

les abus qui défigurent l'enseignement et la pratique L'Eglise sur les indulgences . sur le culte , fin vocation, les im.i. - - ; les relique- des >aints.

Vous Ml I MX MDpli avec le même soin et le même - la tâche que vous vous étiez imposée de reformer la discipline.

Dt formais donc l'ambition ne supplantera plus la vertu dans les fonctions ecclesiastiqu: MU qui y seront I

- rviront le bien du peuple, et non leurs propres inteuts. Ils ne seront au-dessus des autres que pour répandre sur eux plus dfl

» La parole du Seigneur $era annoncée plus souva .:vec plus de soin.

IAS.I5G3T. DE TRENTE.- LIV. VI. (Pie IV.) 26i>

» Les évêques resteront au milieu de leurs troupeaux et veilleront sur eux, et les autres pasteurs des âmes ne sortiront point des devoirs qui leur seront imposés.

n Désormais plus de ces privilèges à la faveur desquels quelques hommes menaient une vie criminelle, ou enseignaient de fausses doctrines : tous les crimes seront châtiés ; aucune vertu ne restera sans récompense.

» Vous avez pourvu par de sages mesures à la subsistance des prêtres pauvres : chacun d'eux sera appliqué à une église, à un emploi qui lui assurera un honnête entretien.

» L'avarice, le plus indigne de tous les vices, sera bannie de la maison du Seigneur ; et les sacrements ne seront point conférés à prix d'argent.

» On réunira de petites églises; on divisera les plus grandes , selon que l'exigeront les intérêts spirituels des peuples et la nécessité de l'administration.

» Les quêteurs de profession qui , par leur cupidité , déshonoraient l'Eglise, et promenaient le scandale avec eux, n'exerceront plus leur profession au détriment de la religion. Et je m'en félicite avec vous, car c'est cette profession qui servit d'occasion et de motif aux maux dont nous sommes affligés, qui nous en apportait toujours de nouveaux...

» On rendra à Dieu un culte plus pur et plus digne ; et ceux qui sont spécialement consacrés à son service , imiteront sa sainteté. Je bénis surtout cette institution , destinée à devenir un séminaire de dignes ministres du Seigneur, à former, dès leur enfance, les mœurs et l'esprit des candidats du sacerdoce.

» Que dirai-je de plus ? les synodes provinciaux rétablis:

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les visites pastorales réduites à une modestie apostolique et ramenées à l'utilité des peuples; le gouvernement et l'instruction de leurs troupeaux facilités aux pasteurs; les expiations publiques remises en usage ; l'hospitalité prescrite aux ecclésiastiques et aux établissements publics ; une règle admirable prescrite pour la collation des cures; la pluralité des bénéfices abolie; la défense de transmettre comme en héritage les biens de l'Eglise ; une règle et des bornes prescrites poHr les excommunications; Tordre de juger les causes en première instance dans les lieux où elles s'élèvent ; les combats singuliers interdits ; un frein puissant mis à la cupidité, à la licence, à la luxure de tous, de ceux en particulier qui sont voués au service des autels ; de nobles avertissements donnés aux rois et aux grands de la terre ; et tant d'autres mesures aussi sages, ne disent-elles pas assez, Très-Révérends Pères, que vous avez parfaitement accompli une grande œuvre?

» Souvent des conciles se sont rassemblés pour définir les dogmes de notre foi et décréter la réforme des mœurs; mais je ne sais si aucun a rempli cette mission avec plus de soin et de clarté que celui de Trente. Toutes les nations catholiques", surtout pendant la dernière période , y ont envoyé des évêques et des ambassadeurs. Et quels hommes ! leur savoir est immense; leur expérience, consommée ; leur génie, vaste; leur piété, exemplaire; leur vie, innocente. Ils sont venus en si grand nombre , que , eu égard aux malheurs de notre siècle , ils ont formé le concile le plus nombreux qui se soit jamais tenu. Dans cette auguste assemblée,, tous les désordres ont été découverts et attaqués ; rien n'y a été dissimulé ; les arguments et les raisons de nos adver-

saires y ont été produits , examinés avec tant de soin qu'on aurait dit qu'il s'agissait de leur cause , et non de la nôtre. Certaines questions ont été mises trois et quatre fois en discussion ; souvent elles ont été vivement agitées ; et ces débats ont eu pour résultat d'éprouver la force de la vérité, comme le feu éprouve l'or pur. Quelles épreuves aurait pu subir une question, si tous avaient eu le même sentiment?

» Telle a été la marche, telle a été l'œuvre du concile ; je regrette, encore une fois, qu'il ne l'ait pas accomplie avec le concours de ceux pour qui il s'était principalement rassemblé; mais, en leur absence , il a aussi bien pourvu à leur salut que s'ils eussent été présents. Qu'ils lisent, avec l'humilité qui convient à des chrétiens, les décrets de foi que nous avons portés; et si la lumière brille à leurs yeux, qu'ils ne les détournent point pour ne pas la voir; s'ils entendent la voix du Seigneur, qu'ils n'endurcissent pas leur cœur. S'ils veulent rentrer dans le sein de l'Eglise dont ils se sont séparés, ils y seront reçus, qu'ils n'en doutent point, avec autant de clémence que d'empressement.

» Mais le principal moyen, Très-Révérends Pères, de nous concilier les esprits des dissidents, c'est de retenir dans leur devoir ceux qui professent notre foi ; c'est de veiller, dans nos Eglises, à l'exécution des décrets que nous avons portés dans ce concile. Qu'importent les meilleures lois, si elles restent muettes? La vie et la doctrine de Jésus-Christ Notre Seigneur ne nous offrent-elles pas la plus sainte règle de vie que nous puissions désirer ? Nos Pères n'ont-ils pas porté, eux aussi, des décrets orthodoxes et de sages règlements ?.. Mais il faut que nous soyons nous-mêmes des lois vivan-

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tes; que notre vie soit une règle à laquelle les autres puissent conformer leurs actions et leur conduite; il faut que chacun se persuade que le bien de la chrétienté dépend du soin qu'il y apportera.

» Ce devoir, que nous avons dû nous proposer dans notre œuvre, nous est imposé d'une manière plus rigoureuse encore pour l'avenir, Car, si, à l'exemple de Jésus, notre maître et notre Sauveur , nous devions agir avant d'enseigner , quelle excuse pourrions-nous alléguer, si nous refusions d'agir après avoir enseigné ? Que penserait-on de nous , si nous transgressions les préceptes que nous avons donnés ? Il convient que les Pères brillent de la sainteté du concile ; que leur vie reflète l'innocence et l'intégrité de ses préceptes ; que leur foi soit ferme comme la sienne. Et nos peuples, qui nous attendent avec tant d'impatience, ne se sont résignés à notre absence que dans l'espoir que nous réparerions par l'ardeur et la pureté de notre zèle , le temps que nous avons dû leur dérober. Cet espoir, j'en suis convaincu, ne sera point trompé : dans vos diocèses , comme ici , Très- Révérends Pères, vous satisferez à ce que Dieu et les hommes attendent de vous.

» Et maintenant rendons de grandes et immortelles actions de grâces à ce Dieu grand et immortel qui, au lieu de nous traiter comme le méritaient nos péchés et nos iniquités, nous a donné, de préférence à tant d'autres qui désirèren t notre bonheur, de voir et de^célébrer ce jour de triomphe et de joie , au milieu des applaudissements du monde chrétien.

» Rendons grâces à Pie IV, notre très-bon et souverain Pontife, qui, à peine assis sur le siège de Saint-Pierre, ap-

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pliqua tous ses soins et toutes ses pensées au concile qu'il désirait si ardemment convoquer de nouveau. Aussitôt des nonces , choisis parmi les hommes les plus expérimentés , allèrent, de sa part', annoncer le concile aux provinces et aux nations pour le salut desquelles il était principalement réuni. Messagers de la bonne nouvelle, ils parcoururent presque toutes les contrées du Nord, priant, conjurant, promettant toute sûreté et les conditions les plus amiables. L'Angleterre elle-même fut témoin de leur sollicitude et de leurs efforts. Ensuite, ne pouvant présider par lui-même le concile , comme il l'aurait voulu , le Saint-Père y envoya des Légats, tous illustres par leur doctrine et leur piété. Il voulut même que deux d'entre eux, dont nous bénirons toujours la mémoire, se trouvassent ici au jour indiqué pour l'ouverture, quoiqu'il n'y eût point encore d'é\êques. Bientôt un troisième vint partager leur patience , et attendit , comme eux, pendant neuf mois, l'arrivée des Pères. Cependant, le Saint-Père faisait les plus actives démarches pour hâter le départ des évêques, et engager les rois et tous les princes chrétiens à envoyer leurs ambassadeurs au concile , afin que tous concourussent à une cause qui leur était commune. Et dans la suite, a-t-il ménagé ses soins, ses peines, ses dépenses , pour assurer à l'assemblée sa dignité , sa gloire, ses avantages? 0 bonté, ô prudence de notre Pasteur suprême, de notre Père commun ! O heureux sort d'un Pontife par l'autorité et sous les auspices duquel ce concile, agité par de si longues et de si violentes tempêtes, se repose enfin dans le glorieux ensemble de ses travaux !

» Et vous , Paul et Jules III , illustres Pontifes , permettez que ma voix retentisse dans votre tombe , qu'elle

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rende hommage à la sollicitude, aux démarches pénibles et dispendieuses que vous vous imposâtes pour entamer et poursuivre l'affaire du concile; qu'elle vous apprenne que cette grande œuvre, dont vous désirâtes si ardemment voir le succès, est enfin terminée. Plus heureux que vos prédécesseurs, vous voyez, Très-Saint-Père, ce qu'il ne leur fut pas donné de voir; nous vous félicitons sincèrement de l'immense joie que le Seigneur, dans sa prédilection pour vous, avait réservée à votre cœur, de la gloire qu'il prépare à votre nom. Oh ! vivez, Saint-Père, vivez de longues années pour le bien et l'honneur de l'Eglise !

» La justice veut aussi que nous étendions notre reconnaissance au sérénissime empereur. Digne héritier des Césars qui employèrent leur puissance à piopager la religion chrétienne, il nous a par sa vigilance préservé de tout danger ; il a assuré à nos délibérations la paix et la tranquillité qu'elles demandaient ; il nous a donné dans la présence de ses trois illustres représentants une garantie, ou plutôt un gage de sa bienveillance; sa piété a toujours été pleine de sollicitude pour notre œuvre; elle a failles plus constants efforts, pour retirer de leurs ténèbres ceux qui ne partagent point ses croyances et les nôtres, et les presser de venir s'éclairer à ce foyer de lumières.

o Bénissons encore le nom et la mémoire de ces rois ou princes chrétiens qui ont envoyé au concile de si nobles ambassades, et rendu à votre autorité des hommages si éclatants.

» Pour vous, illustres Légats et cardinaux, pourrionsnous taire la reconnaissance que nous vous devons ? Vous nous avez guidés et conduits dans notre œuvre. Et, pour ne

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gêner en rien la liberté de la parole et des décisions, vous avez usé d'une patience et de précautions que nous avons admirées. Vous n'avez épargné ni les fatigues du corps, ni les soucis de l'ame pour mener promptement le concile à une conclusion que vos prédécesseurs tentèrent en vain.

» Réjouissez-vous surtout, illustre cardinal Morone, vous qui mettez la dernière main au sublime édifice, élevé par d'autres architectes sur la première pierre que vous jetâtes, il va près de vingt ans. Le souvenir d'un succès, auquel votre admirable sagesse a eu la principale part, arrivera jusqu'à la postérité la plus reculée, mêlé à votre mémoire et à la gloire de votre nom.

» Que dirai-je , Très-Vénérables Pères, des mérites que vous avez acquis , par vos importants travaux , auprès de la république chrétienne? Le nom de chacun de vous est écrit en caractères immortels dans les fastes de l'Eglise ; vos peuples vous reconnaîtront pour leurs pasteurs et leurs pères, et aimeront à vous donner ces titres. Ils vous devront leur salut, et ils vous rendront volontiers ce témoignage. Qu'il sera doux , qu'il sera heureux le jour qui rendra à leurs Eglises des pasteurs qui s'en étaient éloignés pour contribuer à la restauration du temple du Seigneur.

» Et vous, Seigneur, notre Dieu, faites que nous répondions, par de saintes actions, à l'estime générale des peuples; fécondez la semence que nous avons jetée dans votre champ.

» Accomplissez de nos jours la promesse que vous fîtes autrefois, qu'il n'y aurait plus qu'un seul bercail et un seul pasteur; et que nous voyions tous les peuples vivre dans votre sainte loi, sous la houletle du pasteur suprême qui

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nous gouverne aujourd'hui, à la gloire éternelle de votre nom. Ainsi soit-il (1). »

Le discours de Ragazzoni excita de profondes émotions dans l'assemblée : les cœurs frémirent en présence du tableau si frappant des vicissitudes, des fatigues, des angoisses du concile, des dangers qu'il avait essuyés, des maux qu'il avait eus à guérir. Mais tous se consolèrent, avec l'orateur, dans l'immense résultat de tant de travaux, et dans l'espoir , plus doux encore, que bientôt l'Eglise en recueillerait les fruits. Ce fut au milieu de ces préoccupations que les Pères célébrèrent la dernière session.

Après le discours de l'évêque de Nazianze , Zambeccarri, évêque de Sulmone, monta en chaire, et, d'une voix solennelle, il donna lecture des deux décrets, qu'on avait préparés, l'un surles matières dogmatiques, Fautre sur des points généraux ou particuliers de réformation. Le premier, nous avons dit pourquoi, ne tendait pas à régler la croyance , mais à détruire les abus que l'esprit humain y avait introduits. Nous en donnons ici l'analyse :

1° 11 y a un purgatoire; et les âmes, qui y sont détenues, peuvent être soulagées, par le sacrifice de l'autel, les aumônes, les prières, les bonnes œuvres faites pour elles; c'est l'enseignement des Saintes Ecritures, des conciles, de la tradition, des saints Pères. Les évoques auront donc soin que le peuple soit instruit de ces vérités; qu'on ne lui fasse pas des questions trop subtiles, vaines et inutiles; qu'on n'avance sur ce sujet que des choses vraies et certaines ; qu'à cette

(i) Labbe, t XIV , col. I65D e,t seqq.

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occasion, on ne recherche point un lucre honteux, et que les fondations faites pour le soulagement des âmes du purgatoire, soient fidèlement exécutées.

2° Les évêques et les curés, et tous les ministres de la parole, enseigneront au peuple qu'il est bon et utile, d'après l'ancien usage de l'Eglise, recommandé par les Pères et les conciles , d'invoquer les saints, qui régnent avec Jésus- Christ dans les cieux , afin qu'ils nous aident à obtenir de Dieu , par les mérites du Sauveur, les grâces dont nous avons besoin; que c'est une opinion impie de dire que cette invocation est une idolâtrie, contraire à la parole de Dieu et à la gloire de notre Sauveur.

3° On enseignera au peuple que les corps et les reliques des saints doivent être vénérés, puisqu'ils furent les membres vivants de Jésus-Christ, le temple de l'Esprit Saint, qu'ils doivent un jour être ressuscites pour la vie éternelle, et revêtus d'une gloire céleste, et que Dieu, à cause d'eux, nous accorde beaucoup de bienfaits; de manière que ceux qui nient l'utilité et la légitimité de ce culte, sont condamnables et réellement condamnés par l'Eglise.

4° On enseignera aussi au peuple que les images de Jésus- Christ, de la sainte Vierge et des saints sont avec raison exposées dans les églises, selon la décision du second concile de Nicée, et qu'il faut leur rendre l'honneur qui leur est dû, non pas qu'on croie qu'il y ait en elles quelque vertu digne d'un culte, mais parce que l'honneur qu'on leur rend se rapporte aux patrons qu'elles représentent, et dont elles nous invitent ainsi à imiter les exemples et ie zèle pour la gloire de Dieu.

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Si quelqu'un enseigne quelque chose de contraire à ce décret, ou s'il a d'autres sentiments, qu'il soit anathème.

Le concile exprime ensuite le désir qu'on détruise les abus qui se seraient glissés dans ces saintes pratiques, et dans les pèlerinages qu'on a coutume de faire aux tombeaux des saints, ou à des sanctuaires particuliers ; qu'on exclue des images toutes les recherches indécentes d'une beauté profane.

« Or, afin que ces choses s'observent plus exactement, ordonne le saint concile qu'il ne soit permis à qui que ce soit d'exposer ou de faire exposer aucune image extraordinaire, dans aucun lieu, ou temple, même exempt, sans l'approbation préalable de l'évêque. » Qu'on n'admette non plus ni de nouveaux miracles, ni de nouvelles reliques, que lorsque l'évêque , après en avoir constaté la certitude ou l'authenticité, y aura donné son approbation.

Comme les Pères donnaient leur suffrage sur ces articles, un d'entre eux dit que n'ayant pas eu le temps d'y réfléchir, il s'en remettait au Souverain Pontife; l'évêque de Cadix en approuva la substance, mais il blâma l'empressement avec lequel on les expédiait. Les autres n'ajoutèrent rien au mot placet, pour exprimer leur consentement.

Après la promulgation de ce décret, on lut les articles du décret de réformation. On les avait réduits à vingt, dont le plus grand nombre étaient communs aux Réguliers de l'un et de l'autre sexe ; quelques-uns regardaient les Religieux, et d'autres, les Religieuses seulement. Voici la substance des premiers et des seconds avec le sommaire des difficultés que plusieurs soulevèrent.

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