‹ Histoire du Concile de Trente [microform]Chapitre 27 sur 38 · XIX. Contre divers abus dans la coUation^es bénéfices · texte numérisé non relu

XIX. Contre divers abus dans la coUation^es bénéfices

XX. Procédure ecclésiastique. Formes, garanties, appels, etc. Le pape ne pourra évoquer une cause à lui que ^ùf des' motifs très graves, et par un rescrit signé de sïf main. ;^ *

XXI. Nous en avons déjà parlé. C'est la tardive explication du proponentibus. Il eût été plus naturel d'en former un décréta part, ou au moins de la mettre en tête, que d'en faire le vingt et unième article" d'un décret qui traite de tout autre chose.

En somme, cependant, nous ne pouvons nous empêcher de trouver qu'on avait tort quand on continuait à accuser le concile de ne faire que des règlements insignifiants. Il-n% manquait qu'une chose : une sanction sur laquelle on j)ût compter; et c'est probablement ce qu'on voulfflji^tout dire lorsqu'on les trouvait faibles et nuls. En outre, comme il n'y avait rien dans ces ré-

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formes qui n|eût aussii)iéh'pu êl;ç|idécrété par le pape, on les trouvait au-dessous de la%ghi{é d'un concile.: c'étaient des principes- non des détails, uije cbnstitu-tion, enfin, non de simples lois, qu'on a,urâW: voulu lui demander. Nous avons vu les efforts de la coiïr de Rome tendre constamment, au contraire, à le maintenir à l'état d'assemblée législative, délibérant sous le bon, plaisir du prince. Mais si nous reconnaissons volontiers ce qu'il y a eu de bon et d'important dans les décisions que Rome lui laissa prenlire, — le nombre et la gravité des points qu'il régla montrent assez, d'un autre côté, si on avait eu tort de représentée l'Église comme inondée d'abus et livrée au plus complet arbitraire !.

Ainsi se célébra la vingt-quatrième et avant-dernière session.

L'avant-dernière, disons-nous ; mais les plus ardents

1 Après les aveux des historiens catholiques, cette reniàrque peut sembler superflue; mais il ne faut jamais trop se hâter de penser qu'un fait est définitivement acquis à l'histoire. Dans la lutte actuelle entre le Gatholicigme et la Réforme, n'avons-nous pas vu reparaître des idées, des assertions, que nous pouvions croire enterrées depuis trois siècles? Cette effrayante corruption contre laquelle il n'y eut si longtemps qu'un cri, — on l'a niée. Ces immenses désordres, si énergiquement flétris, à Trente, par tout ce qu'il y avait d'évêques indépendants et pieux, — on en a fait de légers abus de détail, méchamment grossis par les protestants. En présence d'une pareille tactique, aucun argument'Vest de trop. Avec dès'gens qui nieraient le soleil p^r^peu, que cela leur convînt,— il faut bien se mettre en mesure de" ^rpwvér;même le soleil. ."".■. r^ ' -

k finir n'osaient, espérer qu'on fût si près de là fin. Outre l'alfondance dés^'àtières qu'il restait à traiter ,inill(g:difficultés pouvaient surgir ; et il y en avait déjà assé^i^

Aussitôt!après leu^protestation contre le décret sur les princes, les ambassadeurs de Charles IX^^s' étaient relirés à Venise. On les avait accusés d'avoir joùtrèpassé leur mandat ; mais ils purent bientôt;montrer une nouyelle lettre où le roi leur donnait son approbation pleine

... et entière, leur enjoignant de ne pas retourner à Trente

' qu^ôn ne leur eût promis d'abandonner le décret.

Quoique 1^ pape n'en eût pas approuvé la présentation, il se croyait encore plus de droits qu'on n'en avait mentionné dans cette fameuse pièce. Le 22 octobre, par un ari*êt sollennellement aflBôhé aux portes de Saint-Pierre, il avait cité la reine de Navarre k compâfaîtppevant lui, comme hérétique et soutien d'héré-

~ piques, sous' peine d'être déclarée déchue de ses di-f|i gnités, états, domaines; son mariage nul, ses enfants .

' bâtards, etc. Le cardinal de Lorraiiie avait inutilement tâché^ de faire comprendre au pape que cette citation, surtout dans de pareils termes, n'était qu'un dangereux"; anachronisme. 11 détestait la- -reine; mais il sentait

^yqu'on allait forcer Charles IX à prendre sa défense, et que ce n'était guère le moyen de la renverser. Sous cette forme, en effet, sa cause était celle .de tous les . rois ; hérétique ou non, il .s'agissait de savoir si Rome.-', entendait revenir à ^pn.al'cignne omnipotence sur les "v"

• états et les souverainsf5^>^,"

La^question fut posée au pape avec une vigueur à la- ?|s quelléihie s'était pas attendu. L'ambassadeur de^France à Romèj d'0iseï, eut .ordre de lui dire : « Ou'au premier bruït^de cette étrange nouvelle, le roi n'avait pu .,

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.se-

y croire ; qu'après la lecture de l'arrêt, il hésitait en- ^cpire à se figurer un: pareil oubli de ïà%ajesté royale, dès libertés du royaume, de la réprobation universelle dont te genre de procédure était devenu l'objet. Et quand le droit du pape serait aussi reconnu qu'il l'est peu, pourquoi l'exercer sur la reine de Navarre plutôt que sur tant d'autres princes qui sont dans le même cas ? Serait-ce parce qu'elle n'a pas les moyens de se défendre, et qu'on a espéré tenter le roi en lui offrant l'occasion d'usurper les états de sa parente? Lé roi n'aurait garde de sanctionner, par l'acceptation du bénéfice, un droit qu'on pourrait tourner demain contre lui. Quand donc les papes finiront-ils par comprendre que si Jésus-Christ a dit : 3îon règne rCeà pas de ce monde, ce ne peut être à son vicaire qu'il appartient d'ôter ou de donner les états? »

Pie IV n'était pas en mesure de résister ; il promit que rafl"aire en resterait là. On avait généralement trouvé monstrueux, lùême en Italie, qu'il eût oséparler de déclarer illégitimes les enfants d'un prince mort en combattant pour l'Église. Malgré cela , la citation n'ayant pas été officiellement retirée, on ne manqua pas de s'en faire, dans la suite, une arme contre Henri IV. « Sa mère n'ayant pas obéi, disait-on, la menace était accomplie. Il avait cessé d'être le fils d'Antoine^ de Bourbon ; le trône de France ne lui appartenait pas. »' Ainsi se préparaient de loin; et toujours k Rome, les orages qui devaient bouleverser le royaume.

Le futur agent de ces bouleversements, Philippe 11,^ quoique souvent en lutte avec le pape à l'occasion du' concile, était, au fond, de jour en jour plus uni avec lui. C'est que le concile, entre eux n'était plus leur

plus grande affaire. En envoyant h ses légats l'ordre de finir au plus tô^ Pie ÎV avait confidentiellement ajouté qu'on ne s'arrêtât pas%op aux réclamations des Espagnolsj^yu qu'il était sûr de leur roi. La France à régenter, peut-être njême à conquérir, voilà ce que la c€ur de Rome offrait déjà à la dévote anibition de l'Espagne.

Il entrait dôtic dans la polil^ue du roi que son union ayec le pape restât cachée sous les réclamations bruyantes de son ambassadeur et de ses évêques. Ceux-

:. ci lui ayant demandé ses ordres au sujet de la clôture, il ne leur avait i^épondu que par des directions vagues, et leur opposition en avait déjàun peu faibli. Elle se réveilla quand le cardinal- de Lorraine, précisant le. premier le yœu de la majorité, proposa de finir avant Noël, c'està-dire dans: moins de sis semaines. « Il devait, disait-il, lui et ses collègues français, être de retour en France ayant la fin de décembre. Il lui serait pénible de quit-

j^ier lé ^cile encore assemblé ; il serait fâcheux pour le concile de se terminer sans qu'aucun évêque français se trouvât à la signature des décrets. » .Les ambassadeurs de l'empereur commençaient aussi à dire que le

plus tôt serlit le mieux. Ceux de France étaient encore

à/Venise, et; quoique leur opinion personnelle fût tout autre, ils laissaient agir le cardinal. Enfin, les Espagnols ^échirent. Il fut décidé que la prochaine session serait la dernière; quelques-uns proposèrent même, pour en être plus sûrs, qu'on omît le purgatoire, les indulgences et le culte des saints.

?La majorité sentit ce qu'une pareille omission aurait d'étrange. Elle s'y refusa, mais en prenant, CQi^me nous, lelîii avons déjà vu faire, l'engagement d'ÉBan-

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donner tous les points sur lesquels oh ne serait pas immédiatement d'accord, ou sur lesquels on craindrait de ne pas l'être. Malgré cela, celui qui, serait venii dire .que la clôture kui'ait lieu, non à Noël jamais trois semaines avant Noël,5.on l'aurait traité de.rêveur.

La mauvaise santé du pape servait merveilleusement ses ministres. Dans ses lettres intimes, il leur en parlait souvent; il les'pjFessaiple lui épargner' la douleur de mourir avant la fin du concile, avec la perspective d'une élection faite par l'asserablée, ou, du moins, précédée des plus dangereux débats entre le concile et les cardi- . naux. Le parti romain n'avait pas besoin de ses instances pour s'associer à ses craintes, et en prévenir à tout prix la réalisation. Les Français et les Espagnols ne demandaient pas mieux, pour le moment, que de n'avoir pas à remuer une si grave question. L'empereur et ses prélats, assez disposés, en théorie, à. attribuer au concile l'élection du chef de l'Église, préféraient aussi, pour le moment, n'avoir pas à s'en expliquer.'^'n était;^^ donc d'accord, en somme, à laisser l'élection, le cas échéant, au collège des cardinaux ; mais comme aucun parti n'était suffisamment sûr des autres, il n'y avait presque aucun évêque à, qui la mort du pape n'eût paru, dans ces circonstances, ou un malheur, ou un grayg embarras, et qui ne fût prêt à sanctionner tout ce qu'on . ferait pour ne pas l'attendre. .*. #;. ' '

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