‹ Histoire du Concile de Trente [microform]Chapitre 5 sur 38 · XXXII. Le baptême. — Le baptême des hérétiques. — Le Saint · texte numérisé non relu

XXXII. Le baptême. — Le baptême des hérétiques. — Le Saint

- Chrême. — XXXIII. La confirmation. — Historique. — A,nathèmes. — XXXIV. A qui appartient-il de confirmer? —-La

, recette du Saint-Chrême. — XXXV. Gratuitement. — Historique. — Tristes réalités. — XXXVI. Vingt-sept anathèmes.r^ L'eau du baptême. — Arrangements humains.

XXXVII. La pluralité des bénéfices. — Historique. — Unions et commendes. — XXXVIH. Le pape, toujours le pape. — Les onze articles des prélats espagnols. — Envoi au pape. — Ré-

. ponses. — Salvâ semper.— Résultats. — Immutabilité romaine. XXXIX. Septième session. — Projets de translation. — La peste. Grande hâte. — Décret de translation. — Huitième session. — Minorité. — Résistance. — Obéir pour être obéi.

Le choix des premiers sujets à traiter fut un hommage, bien involontaire, sans doute, à l'autorité suprême de la Bible, et aux idées de ce Luther dont la mort semblait être d'un si heureux augure.

Et cependant, réunis pour coordonner et fixer la foi de l'Église, pourquoi ne pas commencer plutôt par dire à quel titre ils allaient parler ? Celte question, comme celle des relations avec le pape, n'était pas encore tellement claire que beaucoup de fidèles, même des plus disposés k obéir, n'eussent été heureux de mieux savoir qu'en penser.

Mais, quelque sincère que pût être la foi des membres du concile en la divinité de sa mission, ils ne pouvaient pas ne pas voù" ce qu'aurait d'étrange une déclaration qui reviendrait forcément à celle-ci : (( Nous sommes infaillibles puisque nous l'affinnons, et notre affirmation est sûre puisque nous sommes infaillibles. » Inévitable sophisme, sur lequel, comme sur tant d'autres, on peut bien s'étourdir, mais que, fût-on de mauvaise foi, on n'ose guère énoncer ouvertement.

On passa donc immédiatement k la question qui aurait

1Q2 ' H IS T-0 1 R E ''DU C 6 «Cl LE DE T U E N T E '

dû être là Seconde : « Quelle est la source de la loi î » demandâ-t-oh; et il fallut bien répondre : « C'est l'Ë-crlture. » -r- Luther n'eût pas dit mieux.

, Aussi ne s'arrêla-t-on pas là. « Est-ce rÉcriture 'jI^-seule?» — Un concile romain qui répondrait oui, et ' voudrait être conséquent, n'aurait plus qu'à se séparer. Ce sera donc, comme on devait s'y attendre : « l'Écriture et la Tradition. » ' '. ,

Qu'est-ce que la Tradition? — En restant dans lé vague, rien de plus facile à définir. Le Nouveau Testament ..; :, n'est pas un gros livre. Or, les Apôtres ont parlé, ont j|.-^ prêché pendant des années et dans une foule d'églises ; .. nous n'avons donc pas par écrit toutes les paroles sorties de leurs bouches. Plusieurs même n'ont rien éciit; rien, du moins, que nous possédions. La Tradition, par conséquent, c'est l'ensemble des enseignements et dés faits- apostoliques qui ont été ou ont pu être transmis autrement que par écrit, autrement que par le Nouveau' Testament, tel que nous l'avons, j^

Voilà qui paraît fort simple ; et cependant, même là, V sans sortir encore du vague où l'on semblerait si près de s'entendre, — voici déjà, sinon des objections positives, du moins des invraisemblances qui ne sont pas loin de valoir des arguments.

Que les Apôtres, dans leurs prédications, aient exprimé quelques idées que nous ne trouvons pas dans leurs écrits, c'est possible ; mais cette possibilité a^fes limites, et même des limites assez étroites, car il n'est pas soutenable qu'une vérité importante 'ait pu être omise dans quatre Évangiles, dans tant d'Épîtres, Si le culte de la Vi«rge, par exemple, a occupé dans l'Église . primitive, nous n-e dirons pas autant dé ^lace qu'^i-

missible'

jojird'hui dans l'Eglise romaine, mais iine place cQriquëf aussi minime qvCoa voudra, est-il amni

, que les Apôtres aient pu ne'pas enéerire un mot ? Nous n'aurions d'eux que quatre oii cinq Épîtrés, de quatre où cinq pages chacune, que ce serait déjà profondément invraisemblable. Si la primauté de Rome et du pape e^t^ \. unejidéè apostolique, qui nous expliquera commeiff . saint Paul écrit, de Rome même, à plusieurs Églises importantes, sans faire mention d'un lien quelconque établi du à établir entre elles et celles-là ? Dira-t-on que Dieu Fa ainsi pennis, et que ce n'est pas à nous à lui de-^^^-

\nander pourquoi ? Dieu l'a permis! Mais ce ne seraiC'^'^ » pas assez.' Pour que les auteurs sacrés eussent omis des » i choses de cette importance, il ne suffirait pas que Dieu . l'eût ainsi pennis : il faudrait supposer qu'il leur a eh- ' joint de n'en rien dire. s

^ La Tradition est-elle au moins favorable à elle-même? t^- Et si nous pouvions oublier le mal qu'en dit l'Écriture *^-. nous apparaîtrait-elle, chez les Pères et dans lés décrets' des premiers conciles, avec une partie au moins (le : cette autorité suprême qu'elle allait revêtir à Trente ? , . '". * Non. Jamais Lutlier ni Calvin n'ont plus formelle- '. ' ment' fait appel à l'Écriture, à l'Écriture «eit/e, que les 'v '

. auteurs des quatre premiers siècles. « Cet Évangile, dit :« l'un d'eux, les Apôtres l'ont d'abord prêché ; puis, parlavolonté de Dieu, ils t'ont écrit, afin qu'il devînt le fondement et la colonne de notre foi. » Qui parle ainsi ? C'est . îréhéé 2, disciple d'un des disciples de saint Jean. Lui qui a reçu de si près les ins|i'uctions d'un Apôtre, c'est

5 ii.MattVxv,.3, Gi-^Q.

^ fiphlreles hérésies. Ilï, 1^

M encore qui écrit dans une homélie * : « Il nous faut nécessairement en appeler au témoignage des Écritures, sans lequel nos discours ne méritent aucune foi. )>

« Que les disciples d'Hermogène , dit Tertullien 2, montrent que ce qu'ils enseignent est écrit ; et si ce n'est pas écrit, qu'ils redoutent l'anathème destiné à qui ôte ou ajoute à l'Écriture. »

(( Il est nécessaire, dit saint Basile s, que chacun's'instruise, par le moyen des divines Écritures, des vérités nécessaires, soit pour avancer dans la piété, soit pour ne pas s'accoutumer aux traditions humaines. ... Ce qui est écrit, crois-le ; ce qui n'est pas écrit, ne le recherche point. »

« Si vous ôtez ou ajoutez quelque chose, dit saint Ambroise*, cela semble être une prévarication.... Quand les Écritures ne parlent pas, qui parlera ? )>

Voici maintenant Augustin : « Ne nous arrêtons pas à ce que je dis ni à ce que vous dites, mais à ce que dit le Seigneur. Nous avons les livi-es du Seigneur. . . cherchons \k l'Église s. »

Voici Ghrysoslôme : « Quand l'hérésie impie occupera les Églises, sachez qu'alors il. n'y aura preuve de vraie foi que par l'Écriture sainte. N'ayez donc recours qu'à elle, car ceux qui regardent ailleurs, périront 6. »

Enfin, à cette assertion tant répétée qu'il doit y avoir eu un moyen de conserver ce que les Apôtres n'ont pas

* Homél. I. Sur Jérémie.

2 Contra Hermog. ch. xxii.

* Règles morales. Quest. 95. — Homélie sur la Trinité.

♦ Du Paradis, ch. xii. — De la vocation des gentils. II, 3, 6 De l'unité de l'Église.

• Homél. XLIX. Sur S. Matth,

écrit, c'est encore Augustin qui nous prêtera sa réponse. (( Sous prétexte que le Seigneur a dit : J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, les hérétiques esvSayent dedonnêr une couleur favorable à leurs inventions. |j]tfais si le Seigneur ne l'a pas dit, qui de nous osera dire : C'est ceci, c'est cela ! Et s'il est assez téméraire pour le dire, comment le prouvera-t-il ? Et qui serait assez présomptueux pour affirmer, sans aucun témoignage divin, que ce qu'il dit, lors même que; ce serait vrai, est précisément ce que le Seigneur a voulu dire * ?» ;~ L'auteur va sans doute ajouter que si les fidèles n'en ont pas le droit, l'Église l'a? Non ; pas un mot de restriction. C'est aussi net, aussi absolu que possible. Et s'il accorde ailleurs, comme c'était tout naturel à cette époque, une certaine autorité aux traditions entourées de certaines garanties, — ces lignes, et bien d'autres, prouvent assez qu'il ne croyait ni à des traditions infaillibles ni h la possibilité de les discerner infailliblement. Athanase, avant lui, avait été encore plus précis : « Les Écritures suffisent, à elles seules^ pour faire connaître la vérité... Nous sommes résolus à ne rien écouter, à ne rien dire au-delà de ce qui est écrit... C'est se moquer que de faire des * questions ou des discussions sur ce qui n'est pas écrit 2. n

- Ainsi s'exprimait le héros du concile de Nicée. Avonsnous quelque trace que ce concile et les suivants aient été d'un autre avis? Aucune. Ce ne fut que dans le sixième s qu'on décida de recourir, en cas de besoin, aux

1 Traité 97. Sur S. Jean.

2 Contre les Gentils. — Traité sur l'incarnation. -^ Épître à Sérapion.

3 Constautinople, en 680.

li*

i26 HISTOIRE DU CONCILE DE. TREJVTÈv^^i^^l'^

sources non écrites. Ce n'est pas à dire, il est vraifxiu^ijf-

ne se fût encore jamais permis d'y recourir; mais ijÈiilyiravait non plus rien eu qui approchât d'une reconïïafe^d'.sance officielle, et les citations ci-dessus montrent i^^^|;^i combien on en était loin. Les décrets d#Nicée,'à^|^^v ..^ plièse, de Çhalcédoine, sont rédigés comme ne s'ajp-^V: , puyant et ne pouvant s'appuyer que sur l'Écriture; sMl^ 1^ .fl? y a çà et le, des appels à, la Tradition, ce n'est jâçoaisiV; qu'en forme d'accessoire: le concile n'aurait élidgmr:;'-^^^^^ ment pas l'idée de démontrer par elle ce qui iie; serg^^; ,■ pasdéjàsuffisammentdémontrépar^Écritul•e. Or^}|u|na^l'Église aurait tout le pouvoir qu'elle s'arroge, il,serait encore douteux qu'elle pût l'exercei* en faveujr jde^'lâ: Tradition. Ne lui accorder, dans les premiers siècles>ài' peu de distance des sources, qu'une autorité restreintfïr et conditionnelle, — n'était-ce pas s'interdire elle-même; dé lui en accorder davantage mille ans après? Pas de^.>^r milieu : ou la Tradition a touiours été une des>:sour<^ës^légitimes de la foi, et nous démanderons alorsjîourqUpitrV^S'' les Pères en font si peu de cas ; ou elle ne l'a pasijéMl^. dans l'origine, et alors, humaine, altérable, elle "n'a' pti-; le devenir. • • v

Quoiqu'elle le fût en fait depuis longtemps, sa position, en droit, n'était pas régularisée. Papes, docteurs, conciles, y avaient puisé ài l'envi ; mais il n'existait en-core, sur ce point, ni décret spécial, ni règles précises. Des règles, il ne fallait pas songer à en faire : corn-

^ ; i- y ^- LIVRE DEUXIÈME ' 127

- î^ÈftCdéterminer. au juste auquel degré de- crédibilité ". -;U^gbint de tradition deviendra article de" foi? "Quant à ^, lîumdëcret spécial, on en fit un, mais ce ne fut pas sans |^p|ine, Quelque habitué que l'on fût à avoir pour la Tra- ^^ditioni autant^^t plus de respect que pour l'Écriture, -|i'eaucpup. répugnaient à le déclarer. Le concile de Flo- 'ï ren% avait ouvert la voie, mais en 1441, à une époque oji il était désorganisé, et où l'on pouvait douter que ses'déërèts fussent valables; d'ailleurs, ce n'était pas ^^f 1^^ et son jugement ne pouvait passer

. f pour: définitif. Plusieurs évêques exprimèrent donc ouvertement leurs.scrupules. Peu allaient jusqu'à deman- (îey.qti'on décrétây'infériorité de la Tradition ; on proiiposailiplutôt. ,,de n'en rien dire. Ceux mêmes qui r.vvèiilaïënt un 'décret aussi explicite et aussi favorable . Xl^ûe possible, ,ét>tent^loin de s'entendre sur ce qu'il ... contenait d'y faire entrer. Le mot même de Tradition, y" dap#le--^is vague et absolu qu'il a pris depuis, était *^^- i'inc^nnu".*fèn ne disait pas la tradition^ mais les tradi- ,.et ce pluriel semblait exiger qu'on les énumérôl, qu'on les rangeât, du moins, sous divers chefs, car le c'oncile ne pouvait raisonnablement avoir Tair de consac^r^l|s. yeux fermés, toute espèce de tradition. La discussion fut donc très-longue. Sarpi et Pallavicini sont peu d'accord dans les détails qu'ils en donnent ; mais ce- dernier avoue qu'il y eut «presque autant d'avis que de têtes *. » Laissons donc les détails, bien qu'il y en eût de curieux. Bornons-nous à noter combien ces lûtonnements annonçaient peu l'assurance ^ivec laquelle on nous dit aujourd'hui « la Tradition , » comme un

^ Liv. VI, ch. XI.

protestant dirait a l'Écriture , » ou un avocat « la loiil)): Il est vrai que, la décision une fois prise, Romélnè: tarda pas à préciser à son profit ce que le concile y avait laissé de vague et d'obscur. On s'en était tenu à déclarer que, la vérité étant dans les .traditions aussi bien que dans l'Écriture, « on les recevait avec une égale piété '.»& L'égalité, c'était un grand pas ; mais ce n'était pas assez. Déjà, en 1520, un des premiers théologiens de Léon X, Prierio, avait dit : (( Est hérétique quiconque ne s'appuie pas sur la doctrine de l'Église romaine et du pontife romain, comme sur la règle infaillible de la foi, de laquelle l'Ecriture sainte elle-même tire sa force et son autorité ^. » Un an après la clôture du concile, une bulle de Pie IV fixe le serment qu'auront à prêter tous les ecclésiastiques. (( J'admets, devront-ils dire, j'embrasse fennement les traditions apostoliques et ecclésiastiques , et toutes les constitutions de la mère Église; de plus, j'admets la sainte Écriture, selon le sens que tient et a tenu ladite Église, à qui il appartient de juger... etc. » De plus! Voilà le principal formellement devenu l'accessoire. La porte est ouverte ; les théologiens vont s'y ruer, et vous les verrez bientôt aussi éloignés du décret même de Trente, que ce décret l'était déjà du sentiment des Pères. « Nous essayerons' de démontrer, dit Bellarmin s, que les Écritures sans les traditions ne sont ni suffisantes, ni simplement néces^ saires. » — (( La Tradition est le fondement des Écritures, dit Baronius •*, et les surpasse en ceci, savoir,

1 ...Necnon traditiones ipsas... pari pietatis affecta ac reverenlià suscipit et veneratur.

2 A qua etiam Scriptura sacra robur trahit et auctoritatem.

3 De la parole de Dieu, 1. IV, ch. iv.

4 Annales, an 58, n" 11.

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que les Écritures ne peuvent subsister si elles ne sont fortifiées par la Tradition, tandis que la Tradition a assez de force sans l'Écriture. » — « L'excellence de la parole non écrite, dit un autre ' , surpasse de beaucoup celle dés Écritures... La Tradition- contient en soi toute vérité. . . Nous ne devons point appeler de son jugement à un autre juge. » Et Lindanus ^ : « L' Écriture est un nez de cire, une lettre morte et qui tue, une vraie écorce sans noyau, une règle de plomb, une école pour les hérétiques, une forêt pour servir de refuge aux brigands. » — Chrysostôme, Augustin, où êtes-vous ! Estce un chrétien que vous croiriez entendre, ou un païen prenant à dessein le contre-pied de ce que vous disiez tous les jours k vos ouailles ?

■ Lejioncile avait donc rompu le dernier pont qui restât sur l'abîme creusé entre la Réforme et Rome. La Tradition, (( cet impénétrable bouclier d'Ajax, » comme dit aussi Lindanus, venait d'être déclaré de la même trempe que le bouclier des ennemis de Rome, et cela , « h l'exemple des Pères orthodoxes, » disait le décret. Aussi les passages que nous leur avons empruntés figurent-ils parmi ceux que l'inquisition osa plus tard ordonner d'effacer de leurs ouvrages 3.

* Coster, Enchiridion, ch. l.

3 P««oj»/i«, 1. 1 et VI.

s Voir les Indices expurgatorîœ, publiés en Espagne et en Italie / en suite d'un décret de la divhuitièroe session. Une édition d'Au-

On avait nomiîié rÉcriture. Il s'agissait "de préciser où elle est, et quels sont les livres qui la composent.

Comment se faisait-il que de semblables questions fussent encore à décider? Être infaillible, et rester quinze siècles sans dire au juste de quoi se compose la Bible, c'était, de la part de TÉglise, ou un singulier oubli dé • 'sa mission, ou un singulier aveu de son impuissance." Et ' Ton ne saurait dire ici que, si elle avait négligé de prononcer, c'est qu'il n'y avait aucun doute. La discussion allait en manifester plus d'un.

Cette objection, du reste, nous pourrions la renouve- «■ 1er en maint endroit. En s' arrogeant ce droit absolu d'enrSeigïier, d'enseigner seule, l'Église ne nous autoriser' ^t^Bllèpas à lui demander compte de ce qu'elle n'a pas * K^ïaitvrtoùt comme dé ce qu'elle, a fait? Une autoriiéinj faillible chargée de régler la, foi, une question fondamentale restée des siècles dans le doute, ce sera toùr "^ jours, "'quoi qu'on dise, une contradiction. Nous' y.rè-^ Tp^drpnsr'Xîe -qui igst sûr, c'est que, le-7'avril;^5Zt6^|. "■ véîiievâùiiôur;. où l'on allait connaître la idéciSQtjÊâiï'" -' cpncileviili'y avait pas au monde un seul catïMiqifê^pi \ ^ jr^' piit dire, ni de lui-même, puisque nul n'en aVaiile droit^ |ïr ni de la part de son Église, puisqu'elle n'avait jamais-^ - ■ formellement prononcé, le nombre exact des livres 6a- **^ noniques. « Plusieurs, dit Pallavicini, vivaient à ceC . égard dans la plus déplorable incertitude, le même livre

étant arfoî'e par les uns comme l'expression du Saintrr^ Esprit, 'et Vea;56rre .par les autres comme l'œuvre d'un imposteur sacrilège. » — Les divisions des protestants

gu^n'i^publiéè à Venise en 158i, omet tous les passages favorables" aux protestants. « Curavimus removeri, disent les éditeurs, fÇT:^'^. otnnia quœ fidelîum mentes hœreticû pravilate passent tnficete. » "-^p?"

sur-celte matière n'oflt jamais été, à beaucoup prês^

jùsque-lài La discussion fut vive, et même, à quelques égards, ^ assez savante, mais non du côté des évêques. Pallavicinij précisément en cet endroit, s'efforce d'en faire des hommes d'une haute capacité théologique. Il cite, comme particulièrement habiles, les trois légats, deux autres cardinaux, et les chefs d'ordres * ; le reste, IL est réduit à dire, sans citer aucun nom, que c'était l'élite .des évoques. Pourquoi l'élite? Il n'y avait eu aucun choix; la plupart étaient et sont restés inconnus dans le monde théologique. Leurs hésitations, leur embarras dans une Xouie de cas, leur perpétuel recours aux théologièiis de ..profession, toutes choses que Pallavicini ne cherché pas , - 'k nier, réfutent suffisamment son assertion. '.:'-*

• Ce serait donc ici le lieu de signaler l'intervention de c|tte autre classe de membres, les théologiens, appelés au concile pour éclairer les questions, mais sans voter, ?t<e privilège étant exclusivement réservé aux èyêques, j'>àuXïàb&és mitres et aux chefs d'ordres. Dès l'es pfè- - mieres;.^^^^ il y en avait déjà line trérilaihé ; ïêïïr

ïipmlïrè fut toujours à peu près égal h celui des mem- |>res Votants. Si nous n'étions las de rentrer encore dans ^,3a (question de rinfàillibilité, au point de vue des formes, r— nous serions tentés de nous demander si leur pré- ., sencé était dans l'esprit du système en vertu duquel le corps des évêques est seul infaillible; dans l'esprit, di- ■^^ons-nous, car, quant à la lettre, on nous répondrait qu'ils ne votaient pas. Un très-grand nombre de ques-

* li y en avait alors hint au conciie, dont cinq d'ordres irién- ;diants. Quand nous désignons les membres sons le nom général .i^d'évùqacs, les chpfs d'ordres y sont compris.

tiens leur fui-ent, en fait, abandonnées ; beaucoup de votations eurent lieu sur la foi de leurs assertions. Les évêques faisaient sans doute très-bien de recueillir le , plus de lumières possibles ; mais on ne comprend guère un tribunal qui reste incapable d'errer, tout en prononçant d'après des experts qui ne le sont pas.

Pourtant, dans la question des livres canoniques^ le contraire allait arriver : la décision vint des évêques. Voyons si ce fut à l'honneur de la vérité et du concile..

Les théologiens étaient unanimes à reconnaître l'infériorité des livres que les protestants regardaient et regardent encore comme apocryphes *. Pouvaient-ils hésiter? Josèphe, Eusèbe, Origène, Athanase, Epiphane, Cyrille, Grégoire de Nazianze, Hilaire de Poitiers, Augustin 2, .Jérôme surtout, celui de tous les Pères qui a le plus travaillé sur la Bible, nous en parlent comme d'un fait généralement reconnu ; et si, d'après ce qu'ils en disent, il peut encore y avoir discussion sur ce qu'ils ont pensé de tel ou tel de ces livres, il n'en est pas moins hors de doute qu'ils ont tous cru à l'inauthenticité de quelques-uns et è. l'infériorité de tous.

* Tobie, Judith, Macchabées, etc.

2 Ce fut lui qui, aux conciles d'Hippone et de Carthage, fit recevoir ces livres dans le canon de la Bible, mais avec cette clause qu'on prendrait préalablement l'avis d'autres Églises. De plus» on ne les mettait pas sur le môme rang que les canoniques; on décidait seulement qu'ils pourraient être lus et cités.

- a-îfy- LIVRE DEUXIEME 133

' \^ôilàïdonc où on en tïait; mais l'unanimité n'allait pas jusqu'à s'entendre sur le rang k leur assigner dans M Bible. Les uns voulaient qu'on se bornât à constater l'iMériorité sans en préciser le degré; les autres, qu'on les divisât en deux classes, dont l'une servirait d'intermédiaire entre les canoniques universellement admis et les apocryphes généralement réputés douteux. Un troisième parti demandait que l'on dressât simplement, sans explication, la liste de tous les livres; un quatrième, enfin, une faible minorité paraii les théologiens, sans nier que les apocryphes eussent été jusque-là. dans un rang plus ou moins inférieur, proposait d'en finir en les déclarant canoniques.

Le croirait-on? — Ce dernier avis l'emporta. C'était fouler aux pieds le témoignage de vingt Pères ; c'était nier le fait, surabondamment démontré, que les anciens juifs n'ont pas cru à la canonicité de ces livres ; c'était Braver l'opinion générale des catholiques, aussi bien que les récriminations des protestants; c'était passer pardessus les scrupules des théologiens mêmes du concile. . . N'importe ! N'était-on pas tout-puissants? Et s'il avait plu aux évêques de mettre dans la Bible le Phédon de Platon ou la Logique d'Aristote, qu'est-ce qu'un catholique aurait à dire? — Ah! quand nous voyons ce qu'il en a coûté de sueurs et de sophismes, depuis trois siècles, pour soutenir cet insoutenable décret *, il est bien

* Ce fut le sujet des dernières lettres échangées entre Leibnitz et Bossuet. Leur longue discussion s'était peu à peu concentrée sur le concile de Trente, et Leibnitz avait choisi ce décret, sinon comme le plus faux, du moins comme le plus clairement faux. Cent mnql-qiiatre arguments, ni plus ni moins, lui paraissaient en prouver la fausseté; et quand le concile, disait-il, n'auvail pas innové en décrétant la canonicité de ces livres, où trouver jus-

l'àll H I S T 1 R E, D U G N£ 1 1 W-J^ . TRiÉfîtejîi-.l^'ï ? • •

permis de penser que les ehaÉl^flSSj^Pîm "

d'une fois maudit, dans lè# ctiéiffli^^^i^ ^^n si imprudent démenti à un dè^Mt^s^sçon^jl^ '^-"-'':de toute l'histoire de l'ÉgUse. Mais ce qiM y a'd&plusr'^ , ■ triste encore que l'aveuglement 4e ces gens gurs'iiç^"|itrv^

naient pouvoir cjianger le passé comme ils tnclîaîaaiièH|;^-45: , Tavenir, c'est rimpudent'^^àniment avec le^pie^ôn^v ose encore aujourd'hui répéter et publier '^ue les :pj^^%. > , -testants tronquent la Bible, et cela, pourquoi?- ]h^rc'e> qu'ils se permettent de l'imprimer sans ces livres ç^è Rome elle-même, jusqu'au concile de Trente, n'avait jamais déclarés canoniques. ■ ,4 "^ Il en a donc été de ce décret comme du décret sur la , Tradition. A. peine fait, on s'y est appuyé comme s'il ;i ' '~ avait eu mille ans, comme si ses racines desceMaient ; ,,^ jusqu'aux premiers jours de l'Église. « De memÇj âyait^ : Idït saint Jérôme % que l'Église lit les livres dellufphj^^^ ' de Tobie et des Macchabées, sans toutefois iesrécMotriBÊt nombre (les Écritures canoniques f ceux de la âapieiïGe et de l'Ecclésiastique peuvent aussi être lus pour l'édification du peuple, mais non pour prouver ni autoriser au- . cun article de foi. )) Eh bien, il y a des Bibles latines m le décret de 1566 est imprimé en tête du liyr<^, et la dissertation de saint Jérôme un peu jplus loin. A quelques gpages de distance, vous apprenez de saint Jérôme qu'il jO^ y ades apocryphes, et, àe par le concile, qu'il n'y en a j|?,4point. (( Je croyais que le cœur était à gauche^ » dit.un

que-là aucune trace de l'anathème par lequel ii avait esé sanctionner cette insoutenable décisions — Sur ce dernier article, Bossuet ne répandit pas ; sur les auJïes, ija'OH vàiië f « tjiiSl a iér -pondu, et qu!on essde d'en tirer une séuTeiAifeonviilablei

',. .i i>réface sU'rJes livres 4e Saloïnen. ..•, ..

ml^^ ik t^I VR ii DEUX I É M E

xpersoîi'na^isae^EJomeM^êtonîië del'ëfaténdre mettre du ^,'côtê 'drêitrl'tC€^iMâQï§^?i^p^^ médecin ; mais rioï -^ayôns chan|é'^lÏÏiit%|ta^^^^^ Nous avons honte, en vérîS -■gVune rémîniscen'ce^è Molière nojîs vienne à propos°^^ ^. la^Bible ; mais à qurlâ faute ? Il serait tout aussi facile

enfim pendant des siècles, d'avoir laissé dans ,un rang

Inférieur ces livres qîie le concile de Trente a mis le pi'^i mjer au rang des autres.

le-;

.^JRé^fâiC à clécidèr en. quelle langue les livres çli

Êîi)lJ^'(î'ésormais tous égaus^ en autoi^féi seraient réptç tés^nsplriés et infaillibles. Encore un point où la décî-^ 'sioj'i dû concile allait être en opposition avec les dpri-^/* liées les plus claire^de la science, de l'histoire et du borf^ :^

sens.

■',:|ji fpçij[^^pe*â*était pas même une chose qu'on pût "^ raisfltpnâHéinGBiï iïi,êtire en question. — Inspiré ou non, * un homme émt. Est-ce en hébreu ? C'est donc dans l'hère • breii*, dans l'hébreu ■ seul , que vous êtes sûr d'avoir sa f^^ pensée, toute sa pensée, rien que sa pensée. Est-ce è^ g^ec?%êst dans le grec. Après cela, que vous v^É serviez^d'une traduction , rien de plus naturel si V(^v n'entendez pas. ces langues (si vous les entendez, c%i-^ jpaêïit vqi^Inpi^èr^iMi d'aller au iexte original î tL0 seul moyen set^^*yOus prouver queja traduction e§Ç;-5 d'unè^xactitiidè' parfaite, absolue. ifÉ^l'il s*agîtj "^'

136 HISTOIRE DU CONCILE DE%jRJ]YÏ% v

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