‹ Histoire du Concile de Trente [microform]Chapitre 6 sur 38 · livre inspiré, ce n'est qu'en égalant le trâfluit · texte numérisé non relu

livre inspiré, ce n'est qu'en égalant le trâfluit

leur, en le déclarant inspiré aussïy qu'on peut égaler la

graduction à l'original. '■ - ,

Or, le principal auteur de la Vulgate^, saint Jérôme, n'a jamais dit un mot d'où l'on puisse conjecturer qu'il se crût aidé, dans sa traduction , par quelque secours supérieur. L'eût-il affirmé, nous en appellerions aux fautes nombreuses qui, comme nous le verrons Éjfintôt, ont été corrigées dans ce travail, si imparfait encore. Ce travail est-il au moins tout de lui ? Non. Plusieurs parties sont d'une version plus ancienne 2, faite- on ne sait par qui, et qu'il était loin de trouver bonne, car ce fut pour la remplacer qu'il entreprit la sienne. Malgré la supériorité de celle-ci : ((Ceux qui parlent la langue latine, dit Augustin, ont besoin, pour l'intelligence des Écritures, de connaître deux autres langues, l'hébreu et le grec,. afin d'avoir recours aux exemplaires anciens, quand la variété des interprètes latins produit quelque doutes. )) Ainsi, malgré son estime pour saint Jérôme, il le confond panni a les interprètes lawis, » dont la variété , dit-il, produit des doutes qu'on ne pomi-a lever qu'en allant aux originaux. Un siècle et demi après lui, deux versions seulement sont en usage, celle de Jérôme, qui a pris le nom de Nouvelle, et Y Italique ou Ancienne. Grégoire le Grand , dans son commentaire sur Job, dit

. qu'il préfère la nouvelle comme plus conforme k l'hébreu, mais qu'il cite indifféremment l'une ou l'autre;

"C'est, ajoute-t-il, l'usage des papes et de leurs docteurs.

* Editio vutgata, édition généralement répandue. Dé là le nom de Viilgate^ donné à la Bible latine en usage dans l'Église romaine.

* ïlalica vêtus.

* Doctrine chrétienne, 1. II. î"

peu à péuv;les deux versions se confondent. On garde die l'ancienne ce qu'on ne pourrait changer sans inconvénient, les Psaumes, par exemple., parce que tout le: monde les sait par cœur; le reste, on le prend dans la nouvelle. On a enfin un livrp unique : c'est la Vulgate. ftïàis, pendant plusieurs siëëles, l'Église ne s'en servira que comme on së'sert d'un livre qu'on a sous la main, sans la désapprouver, sans l'approuver non plus autrement que par le fait même de s'en servir, et, enjBn, sans défendre k personne de recourir ailleurs.

Personne, il est vrai, n'en avait l'idée. Le grec et l'hébreu n'étaient plus seulement des langues mortes, mais des langues anéanties. Le latin, d'un consentement unanime, leur avait succédé dans tous leurs droits ; iln'avait pas plus à. compter avec ces langues, qu'un fils avec un përe mort depuis longues années. Aussi j quand le quinzième siècle les tira de leur poudre, vous eussiez dit des morts reparaissant au milieu de leurs héritiers stupéfaits. (( On a trouvé, disait un moine en chaire. Une nouvelle langue que l'on appelle le grec. Il faut s'en garder avec soin. Cette langue enfante toutes les hérésies. Je vois dans les mains de beaucoup de gens un livre écrit en cette langue ; on le nomme Nouveau-Testament. C'est un livre plein de ronces et de vipères. Quant à l'hébreu, ceux qui l'apprennent deviennent juifs aussitôt. » Que tel ait été, ou non, le discours dumoiiie, — et un très-grave historien i le rapporte comme au- , thentique, — il exprime k merveille l'étonnement et les craintes du temps. Ces deux langues nouvelles à force d'être vieilles, — on était tenté de leur demander ce

* Conrad de Heresbach,

qu'elles avaient doiiç à faire de venir troubler le latin, , sur ce trône où il occupait depuis si longtemps toute la jjlace. On se serrait autour de lui ; on lui confirmait tous les droits qu'il tenait de rusag% Le grec, l'héMêu, auront la permission d'exister, mais ils ne, seront ni ses supérieurs ni ses égaux; et, en 1502, dans la fameuse Bible d'Àlcala, en mettant lay.ulgàte entre le texte h^^ breu et le texte grec, le cardinal Ximénès dira^ians là préface,. que c'est le Christ entre les deux lan*ons;**f ; .

YI

Les fondements de l'étrange décret qu'on allait faire étaient donc jetés depuis le commencement du siècle. Cependant, quand on vint à. y regarder de près, bien s'en fallut qu'on fût d'accord.

D'abord, quoique le concile fût peu riche en hellé^ nistes et surtout en hébraïsants, plusieurs de ses théolo4, giens n'étaient pas sans avoir découvert, soit par leurs propres travaux, soit paa- ceux d' autrui, quelques-unes au moins des imperfections delà Vulgate. Ceux-là, le bon sens et la conscience leur interdisaient également de donner les mains k une loi portée en dépit de faits avérés, patents, incontestables. On songea donc un mo-f ment à prendre un exemplaire déterminé des textes originaux et à, le traduire en latin; en profitant de toutes les lumières que le siècle pouvait fournir; mais on fiit effrayé de l'immensité du travail, d'autant plus que^ pour procéder logiquement, il eût fallu suspendre toute décision dogmatique jusqu'à l'enlier achèvement de cette

' -oi^^ t^,;7 LIVRE DEUXIÈME - "^^ * 139.*'

^biiyep;tràicfd^on. Un juge^flie saurait juger, tanl^qii'il

avoué JlMtre pas sûr d'avoi^Éntre les mains le texte

exact oWa traouction fidèle 3e la loi, -

Il y avait donc urgence, et ceux qui demandaient une

traduction nouvelle nefurent pias écoutés. \.

vLa Vulgate admise gn principe, tout n'était^^ fiffi^:

triction d'aucun genre. « Ou Dieu a manqué a ^a promesse de garder l'Église d'erreur, Ou il est impOssiblef^ disaient-ils, qu'il l'ait laissée se servir d'une traduction erronée. Si la Providence a donné une Écriture authentique aux J|iifs, une Écriture aiithentique aux Grecs, ne serait-ce pas lui faire injure de supposer que l'Église romaine, sa bien-aimée, ait été privée d'im tel bienfait ? » D'autres, sans remonter aussi haut, peignaient nàïvemetit les embarras qu'on se créerait si l'on ne commençaiî par en feimer à tout jamais la source. « Ce seyaient donc les grammairiens qui deviendraient les arbitres de la foi ! Un inquisiteur s'entendra répondre en grec et en hébreu? Des passages scripturaires intercalés depuis des siètles dans les prières de l'Église, les dé^ crets des papes, les canons des conciles, pourront être attaqués, remaniés, disséqués? Mais ce serait donner gain de causé k Luther, h. Zwingle, à tous les hérétiques passés, présents, futurs ! » Enfin, avec un peu plus ou lin peii moins de pudeur dans les raisons, tous s'accordèrent sur la nécessité d'établir immédiatement une base fixe, immuable.

C'est aussi de cette nécessité qu'arguent encore les apologistes du concile quand ils essayant d'excuser l'étrange décret dont elle détermina i'adôption. «Si l'un

des docteurs, dit l'abbé Prompsault, avait cité le texte, hébreu, un autre le texte^i^rec, un autre la version sy-," riaque, un autre la version de Luther bti de Servet, là, confusion eût été pire qu'è. la Tour de Babel. » C'est": possible; mais qu'est-ce que cela prouve dans la question de l'authenticité? Parce qu'on était dans l'embarras, on avait le droit de déclarer qu'il n'y aurait désormais plus d'embarras? Parce qu'on avait besoin d'un texte latin authentique, infaillible, on pouvait décréter qu'il existait et que c'était la Vulgate?

4ussi a-t-on fait plus tard de grands efforts pour prouver que ce n'était pas là précisément le sens de ce décret. Le concile, a-t-on dit, ne donne pas la Viilgate pour infaillible : « Sa décision n'est point iihe décision dogmatique ; ce n'est qu'un règlement disciplinaire fait en vue des circonstances, des besoins du moment i. » Soit ; mais où a-t-on vu cela? Ce n'est certainement pas dans le texte du décret. « Le concile arrête et déclare que, dans toutes les leçons, discussions, prédications et explications publiques, cette antique version soit regardée comme authentique, et que personne n'ose ou ne prétende la rejeter, sous quelque prétexte que ce soû^.n Pas même, par conséquent, sous prétexte que tel ou tel passage aura été reconnu faux, de sorte que l'avenir est tout aussi bien enchaîné que le présent.

Mais acceptons l'explication. Nous n'étions que dans le faux; nous voilà dans l'absurde. La Vulgate n'est pas infaillible, et c'est la Yulgate qui va servir, seule, sans^ contrôle, sans qu'il soit permis d'en rejeter un seul mot,

* Eug. Introduction aux livres du IV. T.

2 Statuit et déclarât ut... pro authenticà habeatur; ut eani nemo rejiccre quovis prsetextu audeat vel prsesumat.

'^ LIVRE DEUXIÈME l/ll

à fixer infailliblement lafoi. Le docteur, dans sa chaire, n'est pas autorisé à vous la citer comme rigoureusement exâicté, et il l'est à déclarer nuls tous les redressements que vous prétendrez y faire. Chaque passage est donc

: comme une pièce de monnaie h l'effigie du concile de Trente. Vous n'êtes pas tenu de la croire bonne, mais Vous n'avez pas le droit de la refuser. « Le concile, dit encore Hug, n'a pas dit que la Vulgate seule serait authentique; il a déclaré seulement qu'elle serait tenue pour authentique. » Ce seulement est curieux. « Le concile n'a pas nié que les textes originaux ne fussent au-

^ thentiqués ; il a seulement déclaré que la Vulgate l'est aussi, quoiqu'elle s'en éloigne en maint endi'oit. » Voilà à quoi revient l'explication.

En avait-on au moins une édition universellement admise, correcte, unique ? Non ; il fallut décider qu'on en ferait une. C'était fort sage ; mais le décret précédent n'en était que plus étrange. Il eût été, non pas plus raisonnable, mais certainement plus rationnel, de nier les fautes de la Vulgate et de la proclamer d'emblée infaillible,parfaite, que de la déclarer inviolable tout en confess|int qu'elle était fautive, qu'on allait s'occuper de la corriger.,

En conséquence de cette dernière décision, veut-on savoir par quelle filière elle a passé ?

Oh avait nommé une commission, qui ne fit rien. Vers

■ la fin du concile. Pie IV en nomme une autre, mais à

- Rome. Pie V la renouvelle et ea accélère les travaux. Douze ans après, à l'avènement de Sixte-Quint, l'œuvre est k peine ébauchée. L'impétueux pontife s'impatiente.

* Il en fait son affaire, et, au commencement de 1589, il annonce par une bulle que le travail touche à sa fin. La

142 HISTOIRE DU CÔ'SGg^LE lï E ^R E NJeV;- - ■ '

nouvelle Vulgate s'imprime siras se^;|^uxfartiVî^^ ' Lui-même, il revoit les épreuves. « Nous les, ayqtt^tiwwh:, ; rigées de notre main ^ » dit-il dans la préface. L'ouvrage- "-, paraît, « et il était impossible^, dit Hug,> qu'il ne foiirnltt^^ matière à la critique et h la plaisanterie. On trouva. sù;fe^:^ tout dans l'Ancien Testament, un grand nombre de pas- ■ y' ^ sages recouverts de petites bandes de papier, sur lesqueK • les on avait imprimé des corrections^nouvelles ; di'atitrés : étaient raturés, ou simplement corrigés kla^liime... Énr,; ' fin, les exemplaires étaient loin de pi;ésen|:^' tous, les mêmes corrections, » y- ^^.. ^ ! ^^^-^

C'était donc à refaire. Le successeur de Sixte-Qùin|5|, Grégoire XIV, se remet immédiatement à l'ôuvrag^, -et' Clément VIII, après lui, a enfin le bonheurj,dej)ublier,; en 1592, le texte qui ne changera plus.Maîsffui^ya "^ penser le public ? Comment avouer ces corrections, doJQt * >; environ six mille de détail et une centaine d'importantes?"/ ;■ Bellarmin se charge de la préface. L'hOnneuf de Sixt^ est sauvé : toutes les imperfectionskle sa Vulgate,^ c'étaient. .. des fautes d'impression. ,. r-^S'

Bellarmin la donne-t-il au moins comme aussiib,oiinè* que possible, cette version qui, après quarante-s^lins de remaniements, va enfin entrer en possess^p-des pri;:,'- . viléges énoncés dans le décret ? NiOn ; il avoue, àaiis cette. / . même préface, que les réviseurs ont laissé passer des* , choses qui auraient eu besoin d'un examen plus r||^ goureux. > ^ ,

Mais en voilà assez. Pût-elle aujourd'hui la méiljpure des -traductions de la Bible, on voit ce qu'elle était quand le concile la plaça sur l'autel, et ce qu'il ifa^làit d'audace

*^ Nostrâ nos Ipsi manu correximus.

LIVBB DEUXIEME l/l3

OU d%norance pour la defelarer authentique, même dans le .'sens indirect' et affaibli qu'on a été forcé plus tard de -donner cl ce" mot.

VU

- ÎJn quatrième point, enfui, avait été soumis à l'iassemblée. A. qui appartient-il d'iaterpréter l'Écriture?

Encore ipi, les docteurs allaient se montrer plus larges et plus raisonnables que les évêques. Quelle que fût leur liaine contre les réformateurs, ils ne pouvaient, eux, Jiominês d'étude, proposer d'interdire l'étude de la Bible ; tout au plus pouvaient-ils chercher un moyen de concilier "^ètté liberté avec l'autorité de l'Église et lemainvtien de ses dogmes. Il est vrai que ce n'était pas facile. .; îles uns disaient qu'on ne devait pas rejeter les interprétations nouvelles, pourvu qu'elles ne fussent pas contraires à la foi; d'autres voulaient qu'on ne s'effrayât pas des interprétations diverses, pourvu que cela ti' allât pas jusqu'à " ÈLmtilrariéié. Gomine s'il était possible, une fois l'exalÉèn permis^ de s'engager à n'être jamais en contradic- 'tion ay^Mes idées reçues ! Remercions les théologiens . • de ces Velléités de libéralisme ; mais ils auraient dû voii* ^ , jçiiie c'est un point ^ù il n'y a pas de moyen terme. Asser- |;f^^ssement — ou liberté. Il faut choisir.

^^)^5 Aiûsi^B jugèrent les évêqpies; et nous n'avons pas '^.i^s6iiî<i'ajôuterde quel côté Us penchèrent. «L'Écriture ày]ant j^é expliquée psa- tant de gens éminents en piété A^ et éh doctiîrie, leur disait le cardinal Pacheco, on ne '^*'^' saurait espérer de rien ajouter de meilleur. Les nouvelles

1/lZl HISTOIRE DU C ON G I LE DE If R N TE"^^

hérésies ne sont-ellespas toutes nées des nouveaux- sens que l'on a donnés à l'Écriture ? » En effet, les^jprogrès do, la réforme étaient peu propres à recômmaïider le libre examen aux yeux de quiconqujB voulait le maintien de Rome; pour accepter un principe dont on était -forcé dé regarder les conséquences comme si fatales et si impies, , il eût fallu une largeur plus qu'humaine. Les évêques de Trente étaient donc ici sous le coup d'une nécessité, vitale, absolue. Ce qu'ils firent, il fallait le faire pu périr. ."

Déplus, une fois là, il fallait aller jusqu'au bout. Dé- ' fendre à' enseigner ancnne opinion nouvelle, c'èût^été permettre tacitement d'en chercher, d'en concevoir, pourvu qu'on ne les publiât pas. Mais il n'y a pas loin du cœur aux lèvres. En interdisant d'enseigner, si vous ne prenez en même temps vos mesures pour empêcher de penser, vous n'avez rien fait. Défense donc, — ce sont les propres termes du décret, — défense d'interpréter l'Écriture « dans un sens contraire à celui qu'atènu et tient l'Église, » et cela « quand mêine on aurait L'intention de tenir ces interprétations secrètes-^. »

Cette dernière clause anéantit évidemment le peu. dé liberté qu'on pouvait croire accordée dans d'autres parties du décret. Si je ne puis sans crime, non-seulement enseigner, mais lûême concevoir, au plus profond de ma conscience , des interprétations contraires à celles de l'Église, quel moyen ai-je donc de me maintenir sans reproche ? Un seul : c'est de ne jamais ouvrir le livre où je risquerais de voir, à tort ou à raison, ce que l'Église ne veut pas que j'y voie. « Il ne faut donner l'É-

* Eliamsi laijusinodi iitlerpretaiioiies nullo unquam temporeUn luccm edendip forcni. :

tiV.RE DEUXIÈME 1Û5

. criture/'iait Fénelon *, qu'à ceux cfui, ne la recevant que des miain^de l'Église, ne veulent y chercher que le sens de rÉglis^mêmé. » Le chercher, cela se comprend ; le trouver, qui en sera sûr d'avance? et si le concile défénà âe troiéer autre chose, n'est-ce pas, nous le répé-

*:tpns , défendre de chercher ? u Quand le docteui- Usin- ^en, dit Luther 2, me voyait tant lire la Bible: Ah! frère Martin, me disait-il, qu'est-ce que la Bible ! Lisez, lisez plutôUes anciens docteurs qui en ont sucé leimiel ! » Le docteur Usingen aurait dû vivi'e jusqu'en 15Zi6, et

- aller au concile ; il n'aurait pas manqué de faire la même réflexion que nous .sur l'inconséquence du décret. Mieux eût valu décider franchement, comme le demandait un certain Richard, théologien normand, que l'Écriture est désoiTuais inutile, puisque l'Église a pris depuis longtemps tout ce qu'il y avait à prendre. « Il est \Tai, ajoutait-il, qu'on la lisait autrefois dans les églises pour l'in- Itruction du peuple , et qu'on l'étudiait aussi dans cette vue ; mais aujourd'hui , ce n'est plus que par forme de prière. Qu'on s'en serve encore pour cela; mais comme objet d'étude, non. Voilà en quoi doit consister maintenant le respect que nous devons à la Bible. » — Ne dirait-on pas le dieu d'Épicure, momentanément

. sorti du néant pour créer le monde , et y rentrant aussitôt son œuvre finie ? L'avis du franciscain parut étrange et presque blasphématoire ; et cependant, à part la naïveté des termes, n'était-ce pas l'équivalent du décret? Ppenez le système romain dans sa rigueur : dogmes irrévocablement fixés , autorité toute puissante chargée

* Lettre àl'évêque d'Arras.

2 Tiic/ircrfctt (propos de table).

de les maintenir, défense d'y rien cliianger eMe, s'exposer à y rien changer, mêmlé dans le secrètfde -là conscience, — et avouez qu'avise cela il" n'est pas facile de trouver encore pour l'Écriture une place et un rôle, même en la réduisant à celui d'un livré "d'édification.-

Vin

Que si nous voulions maintenant aborder la même question au point de Tue historique et critique j ceser rait tout un livre h faire; livre, du reste, doiit nous n'aurions pas à chercher longtemps les matériauxj; tant les objections sautent aux yeux, tant les témoignages abondent. V •

D'abord, dans l'Écriture elle-même, pas un mot, pçs une syllabe dont on puisse s'autoriser pour n^àslf laisser à la disposition de tout le monde. i

L'Ancien Testament, — nous y lisons en cent endroits que la lecture n'en était pas seulement permise ^ttiàis formellement commandée.

Le Nouveau, — qu'y trouvons-nous ? Des livres historiques éminemment populaires, des épîtres adressées à des églises nombreuses, non pas aux pasteurs ni aux chefs, mais k tous les membres sans distinction! Épitre aux Romains i aux Corinthiens^ aux Phitippiens, disent toutes les bibles, la Vulgate comme les autres. Dansajé livre des Actes (xvii) , lorsque saint Paul prêche à Bérée, que font les Béréens? « Ils examinent tous les jours les Écritures , pour voir si les choses sont telles qu'on le leur dit. » Paul les en bïâmeTt-:il? NuUemériï;

' i'^t^eh du 10, saint .:,LUc, le raconte aucontraire comn?^ui|^'^r8Uvé de let^zèle. Et ce même saint Paul, q^ne prouvait pas mauvais qu'on allât aux Écritures

^[oïsque c'était lui , apôtre , 'qui enseignait, — il nous

^îâmiÉ'aM'y aller, et à ses propres écrits, entre autres, pour voir, comme les fidèles de Bérée, « si les choses

5^nt telles qu'on nous le dit ! »

' Insoutenable par la Bible , cette idée vient-elle au

•^oins d'une tradition ancienne? Non. Chez les écrivains des premiers siècles, rien à l'appui. Des recommandations quant au respect avec lequel l'Écriture doit être iir§,;^des conseils sur les moyens de la bien lire, des réproches à ceux qui la lisent mal, des regrets sur ceux qui se sont égarés en la lisant, — tant qu'on en voudra ;

vmajs ces regrets, ces conseils, ces reproches, que prou-

^ventrils, sinon qu'on la lisait? Et jamais, cependant, ja-

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