V.ma^ les Pères ne sont partis de là pour restreindre ou
^nleiéle, droit de la lire. L'abus ne tue pas le droit. Quand
"y^pB aurez ériuméré toutes les variations, toutes les er-
iteuref 5 toutes les extravagances même qu'a pu produire
la ^ libre interprétation de la Bible, vous n'aurez pas
proùvé^0e nul au monde, individu ni corps, pape ou
église^, soit autorisé à nous l'interdire.
Et loin que les Pères se bornassent h ne pas l'interdire, îtvec ^^uelle insistance ne la recommandaient-ils
-pas !*^Faut-il citer? L'embarras est de choisir, car si nous
^oulions^^pp^'ter tous les passages que nous avons (^s sous les: yeux, il y en aurait, soit dit sans aucune exagération, plusieurs centaines, outre des discours tout entiers, aussi- positifs, aussi forts que ce qu'ont jamais
^^les sociétés bibliques protestantes.
(t- Sondez le^critures, » dit Clément de Rome; et sa
148 11 1 s T I*R E P C N G 1 L E V^ T-Jl E JS'jE^
fameuse épître aux.Gorinthiens, tellen^t^énérél4^^^ptf prétendit quelquefois l'introduire <iâns fè^Nbùvëau- '<■ ■* Testament, rappelle ou suppose perpétuéllemen^e précepte. ' # • i^^;.^
((^'ai, dit Polycarpe * , la confiance que vous^ête's bien exercés dans les Saintes-Lettrés, et que rien né vous en est inconnu. )) '^ ^ '^
(( Chacun de nous, dit un autre 2, en méditant' la, Parole, y trouvera un trésor de secours pour tous ses maux* .. spirituels.» Chacun de nous, et celui qui parle est en chaire; tout un peuple l'entend. Ailleurs, dans u)ie";lêttre : « Si tu sais chercher dans l'Écriture les secjptttifs qu'elle t'offre, tu n'auras besoin ni de.moi ni de' qui que ce soit. » Et c'est k une femme qu'il écrit. , . "
Ambroise s : (( L'Ecriture sainte édifie tout le mônde..ï- On parle au Christ par la prière; on l'écoute en lisanf' les Écritures. » 4 ,^ ■ ^.,^^. .
Origène^: « La vraie nourriture de notre âme, c'est*
la lecture de la parole de Dieu... Nourrissons-nous dés;' ,
Evangiles... Désaltérons-nous par la lecture des é'ciitslj des Apôtres. » ,^
Isidore de Péluse ^ : « Les célestes oraçles^t Ité ' écrits pour le genre humain tout entier. Les agriMîteurs eux-mêmes sont en état d'y apprendre ce qu'il convient de savoir... Les savants et les ignorants j^és enfants et les femmes, peuvent également s'y instruire. » * * ; >;
Jérôme s : « c'est pour le peuple entiet^qui^es Ap^^*
* Épître aux Philippiens. * . ■^'
2 Basile. Homélie sur le Ps. I. ]p--- #; -
3 Ps. XLViii. — Del'off. dumîmst. 1; I. ■ &
* .Homélie sur le Lévitique. — Philocàlie^ 11. - ,
5 Épitres 91 et 67. ;^^ ■ . '-,,^^Xy
6 Suj. le Ps. ixxxvi. — Sur l'Ép. aux Coios^is. — Épîti^é'97.'
* LaVRE DEUXIK'ME^ ^ ' U9
Me^aùl^éGrit. . ?^^s ■ laïques doiven^bonder dans* la '
ciSitoaissànGé dePSaintes-Lettres^^PEt ailleurs, éerir vMfaus^à une femme :^ « Ce que je ne cesserai^ te
■,rèc6mmander;'c'est d'aifiaer l'Écriture et de la lire. » Augustin* :• « Telleggu'est notre chair lorsqu'eflfe'^ne prend qmune foi§ de la nourriture en plusieurs jours, telle egt notre âme quand elle ne se nourrit pas fréquemment de la p^ole de Dieu. Continuez donc d'écouter dâns^'églisèla lecture de rÊcriture sainte, et relisez-la dans vos mlïisons. »
^^^ais, de tous les Pères, le plus ardent sur ce point,
? c'est Chrysostôme. Outre june foule-, d'exhortations directes, qu'il est inutile de citer après tant d'autres, nous
• renîendrionsf éfutantitoutes les objections que ce sujet peut soulever 4%Quand nous recevons de l'argent, dit-il^, nous voulons le compter nous-mêmes ; et quand iL s'agit des choses divines, nous donnerions tête baissée dans les opinions des autres,? Consultez donc les Ecritures. »
*Màis elles ne sont-pas assez claires... « Le Saint-Esprit ^ii a confié tout exprès la composition k des hommes sans lettres, afin que chacun, jusqu'au moins instruit, puisse comprendre la parole et en profiter 3. » Mais avons-nous le temps de nous occuper de ces choses?... « Que personne ne m'allègue ces misérables excuses : il ^ faut qije je gagne ma vie; il faiit que je nourrisse mes
~§nfants.Xle n'est pas à moi à lire l'Écriture, mais à ceux '^i ont fênonéé au siècle. Pauvre homme! C'est. donc parcfe que tu es distrait par mille soins qu'il ne t'appartieût pas de lire l'Écriture? Mais tu en as encore plus
..> Homélie LXVI.jDm Temps.
^^ Homél. XIII. Sui0Èp. atixCormtk.
^ -Homél. JIÎ. Sur Lazare.
150 HISTOIRE pu CONCILE DE TRENTE
besoin que ceux gui je sont retirés daiinondë fiouMoiii ner tout leur temps'#i)ieu *. » ">--'' ' f .'
Après les Pères, voici celui qu'on a quelq#foif:àppelé le dernier des Pères. Postérieur de plusieurs sièclesf son témoignage en est d'aiitant plus fort. « Persévérez, dit saint Bernard 2, persévérez^.à vous ifourrip de la Parole de Dieu. Exercez-vous-y continuellement jusqu'à ce que l'esprit vous défaille, c'est-à-dire jusqu'à la mort. )) ■' '' > j^
Faut-il l'avis d'un pape ? « L'Écriture, dfâàit ^'égôire le Grand s, est une épître que Dieu adresse à sa ç^ture. Méditez-la donc tous les jours, et, par la Parole de Dieu, apprenez à connaître Dieu. »
Faut-il, enfin, l'avis d'un concile mème^ . — Nous*h'irons pas chercher ceux des premiers siècles, alors que la lecture des Saints Livres était chose si naturelle, si universellement recommandée, que ce n'était pis même une question sur laquelle on eût rien à décréter ; mai^ voici ce qu'en disait, en 816, le concite d'Aix-la-Ghar. pelle : « Que les jeunes filles même aiment les Saintes-^ Écritures. Qu'elles puisent la sagesse dans les livres de Salomon ; qu'elles se forment à la patience par la lecture du livre de Job; qu'elles prennent ensuite les saints Évangiles, pour ne les quitter jamais. »
Et il y avait à Trente, et il y a encore des gens prêts j. à flétrir comme nouvelle l'idée que la Bible est pour tous ! On trouvait monstrueux que Luther l'eût traduite en langue vulgaire ; qu'avait donc fait Jérôme en la*traduisant en latin? Qu'avait fait Ulphilas, un des Pères de
' Homélie III. Sur Lazare.
2 Sermon XXIV.
3 Liv. IV, ép. hO.
Nie^ton la traclmsànt dans la langue des Goths? Pourquoi B|de7le-Vénérable dit-il avec joie que, de son temps, l'Écriture se lisait en Angleterre en cinq langues diflérentes? Pourquoi, selon Augustin *, est-ce «par la sagesseide Dieu » que rÉcriture, « d'une seule langue en laquelle elle était primitivement, s'est multipliée en un^&finité de langages et de dialectes, afin^-qu'elle se répandit partout? )> Pourquoi tant de siècles, tant de concilesljsans le plus léger mot de blâme contre ces exhortations : de tous les jours, contre cette « infinité » de traductions, contre ces efforts pour qu'il n'y eût pas de pays, pas de village, pas de maison sans Bible?
Mais prenons garde, (t Pas un mot de blâme, » avonsnous ditf'ét un pape a tout récemment ^ affirmé le contraire. « Ainsi, dit-il, ce que saint Jérôme déplorait déjà de son temps, on livre l'interprétation des Écritures au babil de la vieille femme, au radotage du vieillard décrépit, k la verbosité du sophiste, à tous, de toutes les conditions, pourvu qu'ils sachent lire. » — Que répondre?
Rien, car la citation est fausse; et quand nous n'aurions eu aucun moyen de la vérifier, nous n'y aurions pas cru. Elle ne peut être vraie, amions-nous dit ; si quelcpi'un a écrit cela, c'est moins saint Jérôme que personne.
Et en efiet, voici ce qu'il a écrit, o Les laboureurs, les maçons, les charpentiers... ceux qui travaillent même aux ouvrages les plus vils, ne peuvent connaître leur métier sans l'avoir appris... Il n'y a que l'art des Écritures que chacun s' attribue.. ► La vieille femme, le vieil-'
^ Doctr.chr.U^S^
'i Mai 18M.
152 HISTOIRE pu CONCILE DEtTRENTE ,
lard radoteur, le sophiste bavard, oiit1aprétenti(^^e la connaître, la déchirent etreriseighent... «tiant rf^^yo/ri» apprise *. »
Donc, ce que- Grégoire XVI a cru pouvoir travestir en une objection contre la lecture de laBlble^ c^ait loni. reproche... à qui? A ceux qui ne la lisêpf et ne^l'étù-' dient pas assez. "^
EL
Le décret de Trente est plus réservé qu'on né l'a été! depuis. L'Église n'était pas eiicore en mesuré de dire son dernier mot; le concile dut se borner à entourer de restrictions, dont quelques-unes sont bonneBV l'impression, la vente et la lecture des Saints Livi'es. Mais Rome se posait, par cela même, en dispensatrice souveraine^ de ces livres et de tout ce qu'ils renferment. Si ce dé-^ cret ne défend pas la lecture de la Bible, il n'a garde non plus de la reconnaître comme un droit, encore moins comme un devoir; l'interdiction n'y est -nulle part , et elle en ressort de partout. Faut-il des preuves? Nous n'avons qu'à voir ce qu'il en advint. - ^^^ ^^f -'
Trois mois après la clôture du concile, en publiàiit v un catalogue de livres défendus, Pie ly le fait précéder' de dix règles, dont la quatrième est ainsi conçue : «L'expérience ayant prouvé que la lecture des Saints Livres^ , accordée indistinctement à, tout le inonde, fait: plus dfi;
mal que de bien, à cause de la témérité des hommes, il •
5ï^- " ■'■■'' ■-■•''- * Lacérant, docent, anteqùamdîscant. Seconde ép. àPauUn;^Mr l'élude des Écritures.
'làëp^^a^MsSirn^is du jugement cfôl'évêque pud^l'iri- ^ Çftisitèià/t^'a^corder^^ l'avis du cui'é ou du con-
^ ïfl^eur, la* iecture-dgÊ'ès livres, traduits en langue vul-
gâirenacws auteurs csàhofiques, à ceux qu'ir^avent ne ■ '^ppuvoîivrieii&y: puiser ^iPpréjudiciable à là foi et à la" piété. Cette; prmissibn devra être délivrée par écrit. Quiconque^ n'en sera pas muni , et aura néanmoins la présoiflptipn de lire ou de posséder les Écritures , -.né pourra obfënir'rab'solution'iiè ses péchés, s'il 'ne les a préfflablemênt liyréés à l'éyèque. »
(Voilà qui commence à être clair : l'évêque pourra re- - fuser, sur le préavis d'un simple prêtre,, ce quedesjniP •. ,^ièrs d'évèqaés'^^t , pendant plusieurs siècles, pressé, - '^%rié,conjÉ'é leurs" où'aiiïfâ^d'ayoir perpétuellement dans leurs, mamsr , - ,
: ,J]U|)Ouirrâîrefuser, mais il pourra accorder-, C'est en- , cor^rop.'. Trente ans' après la publication de cette règle, ^ un;ipape-ila confisque au "profit exclusif des papes. «.Il est^iremarquegjBiit Clément VIII, que cette règlfe n'a ' ç^léré aux éveqiiels et aux inquisiteurs aucun pouvoir ^^piivéaii^d'accordersdes licences d'acheter, de lire ou de - „I|^ë^^la Bibl.^en langue vulgaire, attendu que, jusquî^y par l'ordre et l'usage de la ^sainle et universelle - '^inquisition romaine, ce pouvoir leur avait été enlevé.;!" ' *''cètqûidoit être rigoureusement observé: » "On l'pbsëtvait
>siy pen ,-*'qj^6n i^llait souvent plus loin que le. pape. . - UQjE^agnol^phbnse'de^Castro, loue hautement *FeK *(|in^Qeti,Isabèlle d'avoir, dé leur chef , interdit t&ujté ■ |radu§iaSîl./Ên 175^4ia4nquisiteùr général, Perez del '
Prado, s'écrié^en;^gémissant quq;.« quelques hommes, ont
■ij&" 'î-'^'
* Des hérésies, ch.-x«i.
g H I S T 0,1 RE?§D U G N G I h E DE j3®ÎE Njî E
poussé l'audacé iusàu'à VexécvàUe ea?/reniîfe... »' delkëè la Bible en langue vulgaire? Non. rue i)ea<mdnaér/jfl jpermîs^iow de la lii'e *. )) .^^-;" ;f -. ^'
Ainsi jipartout où l'Église ^it là maî^psg^ lïôus voyons le décret de^rente se transformer. :^daéménte^ une défense absolue de lire et mêméde pos^éfelia Bible. •' Les peines varient. En Espagne, le feu ; ailleurs, laprisou seulement ; mais partout c'est un crime, oii aiynoins uft grave délit. Aujourd'hui même, enSâvoiè, -SlÉux liéuiBs de Genève, ayez chez vous une Bible, et vôusirez^poùr dix ans âù château de Pignerol, ce qui est incontestaibleme^| plus monstrueux au dix-neuyièmie siècle qu^le M? cher au seizième^. En France, il arrive sOi^^Bt.qu'apr^^g en avoir vendu plusieurs^exeni^lairesdàtosu||yillAge,||^ colporteur protestant, à sa seconde tournée, n'enffeutfè^ trouver un seul. Le curé les a brûlés. (( Ce sorivaes Ciblés protestantes, » a-t-il dit ; et le paroissien effrayé s' ^n est défait. Or, la plupart du temps, c'était la version dé Sacy, version catholique, approuvée 'ja|is par pliispirs évêques, et à laquelle on s'est imposé la loi de ne!ips changer une syllabe, bien que, faite sur la \^I|ke, ell^^ soit souvent très fautive, Cen'estdonCipas laBfflii|i^sg>^ testante que le curé a brûlée: c'est la Bible, et il Lè^sait
bien. Mais ce qu'il sait encore mieux, c'est l'impOssiBi-ï^
■■■^<>/.-.-:, >■ • V ' ip''"* " -i^'-
iité OÙ il serait dé se tii'er d'affaire avec qui la priendi'iait"
pour champ de bataille. «Emser, rhomm%sage;^^|a- •
vait pas trop, disait-il, s'il était bon qu^la Bible êjït
* Llorente, Hist. de finq. ch. xiii,^ ^i ^ : , ^
2 Cela n'est plus; la Savoie peutîiréWlit Ta' Bible.. Si nous n'avons pas effacé ces liguesi écrites il y a sept ans, .c^est que fes doléances et les cris du clergé c'pntre ce noû^É état de choses, ne nous prouvent que trop ce qu'il ferait s'il redevenait le maîtte.
été traduite" en allemanti... Peut-être ne savait-il non jtlus j)à^ trop s^il^it bon qu'elle eût été écrite en hér |éu,%n'gre£^ou en M^^^ Elle et l'Église sont en tropniauvais accord 1*. )) ' - ■ ^..-
C'est donc contre les versions de la Bible que Rome ^â^est mise à exhaler le dépit qu'elle n'osait exprimer contre la 'B^le ell^%iême. Du pape au curé de village, du Vatican aux pauvres huttes où le missionnaire romain va porter%a foi, c'est-à-dire, avant tout^ le Pape et la "Cierge, —voilà bientôt quarante ans que nous enr tendo^ s'élever un concert, de malédictions contre les traduWurs, les colporteurs, les lecteurs de ce livre qu'un Augustin bénissait Dieu d'avoir (( multiplié » dans toutes les langues du monde. C'est Pie Vil qui, en 1816, a donné le signal. Qu'avait-on fait? On avait réimprimé uçe version polonaise, publiée pourtant, en 1599, par le jésuite Wuick, avec l'approbation de Grégoire XIII et dé Clément Vin. Mais, non content de la réimprimer j on l'avait répandue à profusion. De là la colère du pape ; de là ce débordement d'épithètes, très commun jadis dans tûiisf^les pamphlets, mais qu'on ne retrouvé plus que dans le style de là chancellerie romaine. Ce sera . donc, selon Pie VII, <( la plus maligne des inventiOn/j; tine peste, la destruction de la foi, la concept tion d'un nouveau genre d'ivraie. Une impie machination^: une ruine irréparable, la malice d'une société scé%ate^ etc. ^ etc. 2. » Mais cette société n'y a pas seiilétrempé ; un prêtre, un archevêque a publiquement conseillé d'acheter ces Bibles. Nonveau bref; nouvelles doléances. Nous avons été accablé d'une grande et
* Luther?dans une de ses préfaces.
* Bref à l'archevêque de Gnesen.
^156" ''HÏiSTOIRÉ DU ^Ç^NCM^ d;E T^ -^
profonde doiileur quarfd nous avon& eu-connaîssanGé^da funeste projet, coiùmeilnfen fut' j^^is conçu auparavant, de répandre partout les trè^^ints^liyfes^^déïl Bible dans dei^oùvelles traductions faites, contrairement aux règles salutaires de l'Église... Mais nous avons été saisi d'une affliction infiniment plus grande encgjïëf quand nous avons parcouru certaines letlj^s^dansleèrquelles tu exhortes le peuple à acheter ces'nouvélles ver- . sions, h les accepter quand elles lui sont offertes gratuitement, k les étudier avec attention. Rien, certes, ne pouvait nous arriver de plus douloureux,... etc^ »=— - Qu'ajouter à ces lignes? Quand nous aurions ownné à un rhéteur la tâche de rédiger un écrit diamétralement contraire à nos citations de tout à l'heure, s'en serait-il mieux tii'é ? Autres temps, autres lois, nous dira-t-on. Cela est vrai; — nous ne prétendons pas que tout ce qui était bon il y a quinze ou seize siècles soit néces- " sairement bon aujourd'hui. Mais, entre l'opinion des Pères et celle du pape dans ces deux brefs, il y aun abîme que quinze cents ans, que quinze mille ans ne sauraient avoir creusé , pour peu que les*principes fussent restés les mêmes. Et que signifient ces mots : « Ce funeste projet, comme il n'en fut jamais conçu aujjaravant?)) Oui, sans doute, les sociétés bibliques ne datent pas d'avant l'imprimerie ; mais quand Chrysos-; tome disait : « Lisez, lisez l'Écriture dans vos mai- ' sons, » quand d'autres se plaisaient à énumérer,; comme font aujourd'hui les sociétés bibliques, le nombre des langues en lesquelles la Bible avait été . traduite, — à qui fera-t-on croire qu'ils n'eussent pas béni Dieu d'une
> Bref à l'archevêque de Mohilew.
'insJitutjQji.àyantjjour b^^^ deyia'a'éposér, ; si posablej • ' (dansTtdutes les maisons de. l'ùnivérs ? ."^ '' - '
^pîn;i82iv à l'occàsionl^xiu jubilé annoncé pour 1 825,"' nouvel assaut, au livre dont Luther s'étlit appuyé pour . dite, juste trois cents ans avant cette époque : «Nous savons, Dieu merci, que ceux qui croient à l'Evangile ont' à toùté'héure, un jubilé Kn — (t Plusieurs de nos prédécesseurs,, dit Léon XII, ont fait. des lois pour détourner
• cefléaù (les sociétés bibliques). De notre temps,! Pie VII, ^d'heureuse mémoire, a envoyé deux brefâ... Dans ces brefs, on trouve des témoignages tirés, soit de la sainte Écriture, soit de la Tradition, pour montrer combien cette invention subtile est nuisible k la foi et à la mor raie. » Ces témoignages « tirés de la Tradition, de L'Écriture, » — nous n'avons pas besoin, après tout ce qui pr&ède, de dire à quels sophismes, à quels abus d'idées et de mots il avait fallu recourir pour les trouver. Le pape ne les reproduit pas. « Et nous aussi, poursuit-il, pour nous acquitter de notre devoir apostolique, nous vous exhortons à éloigner vos troupeaux de ces pâturages mortels. » Pâiiirages mortels ! La Bible ! Et s'il le dit, c'est en vertu « de son devoir apostolique!... » papes ! k défaut de la pudeur dés idées, il faudrait au moins conserver celle des mots, et ne pas affronter, de gaieté de cœur, des contrastes aussi scandaleusement écrasants.
Grégoire XVI entra aussi dans la lice 2. Plus modérée dans les tenues, la bulle est encore plus injuste dans ses attaques, encore plus sévère dans ses dispositions. Les protestants y sont formellement accusés
■ * Sur la bulle du jubilé. 1525.
2 Mai 1844.
;158 , - 'h¥s TO I RE DU^^N CIL E D E^ T R E N TE,
çl'altéyëï la Bible ; "m, pape se refuse positivement. à : croire qu'ils puissent avoir une autre intention gué ^
"celle de bouleverser l'Église et de perdre les âmes;: c'est dans cette bulle, enfin, que se trouve l'étrange falsification dont nous avons parlé. Puis :« A vousdoncj. dit-il aux évêques, à vous d'ôter des mains des fidèles la Bible traduite en langue vulgaire, » c'est-à-dire, en
; définitive, (t à vous de leur ôter la Bible, » car on ne voit pas quelle différence il y a entre une Bible française pour qui parle français, et une Bible latine pour qui sait le. latin.
Dira-t-on, en effet, que la connaissance du latin suppose un certain degré d'instruction, grâce auquel la Bible est moins dangereuse ? Écoutons Alexandre YH*. « A moins que, daiis toutes leurs pensées... ceux qui s'appliquent aux lettres n'adhèrent immuablement à toutes les décisions du Saint-Siège... — plus l'esprit a de pénétration et de force, plus il est entraîné hors du vrai chemin. » Mais qui risque le plus de ne pas (( adhérer immuablement aux décisions du Saint-Siège, » si ce n'est ceux mêmes à qui on sera forcé, puisqu'ils sont instruits, de ne pas refuser ce qu'on refuse au vulgaire? C'est donc h eux que devrait tout particulièrement s'appliquer la loi. Si Bome osait être conséquente, ils y' seraient les premiers désignés. .
Et qu'on ne nous réponde pas en citant ceux que de hautes lumières n'ont pas empêchés d'être et de rester catholiques, tout en lisant, en étudiant la Bible. Nous avons déjà vu ce qu'il faut penser de leur prétendue; soumission aux décrets de leur Église; notons seule-
* Lettre à 4'université de Louvain, 1665.
Mi^-- '■ ' *
mènff;p6ur?rester dans notre sujet, ijue si" (^s'^ln^V^ ^ ïfôtiigiés étaient ou paraissaient çathoiiqiies. sur divers ; points, il y en avait certàineinent un sur lequel iïs'^l'étâientjpeu et s'inquiétaient peu de le paraître :* c'était là lèeture'même du livre qu'ils aimaient et admiraienit ! tant/ Était-il' bien catholique, Pascal, lorsque, contr|rS , renient k tant de décisions papales, il disait* : a MàHo* met s'est établi en défendant de lire, et Jésus-Christ eh ordônnanfde lire? » Ce livre qu'on proscTit, ieslhommès: ' de Port-Royal n'en parlaient pas autrement que les an--* ' ciéns Pères, pas autrement que Luther. Ils vdfulaiènt le "^^ voir entre les mains de tout lêinonde ; il ne leur a man^ que', en vérité, que de fonder Une société biblique. J0« là, la .version de Sacy ; de là ces hardies paroles , con-t damnées h. Rome en 17132 : « Il est utile et nécessaire en tout temps, en tout lieu, et à toine espèce delffér'^ < sonnes ^ de lire l'Écriture sainte. » Gomment les jansé^ ' ilistes entendaient concilier cette idée avec le décre/dè - Trente, — c'est ce que nous n'essayerons pas d'expliquer; en tout cas, ce serait encore plus facile' que de .comprendre comment Clément XI osait appeler « faus- > ses, captieuses, scandaleuses, impies, blasphématoi- , res..., etc., 3 » des assertions qu'on lui eût "montrées, ., mot à înot dans les écrits de vingt Pères. Mais il est con-r p' solant de voir renouer par de pareils hommes, cent cih-, ,. quante ans^près que le concile l'eut brisée, cette longue 'chaîne de témoignages en faveur de la Bible laissée^ à tous et lue par tous. C'est que, au risque d'être incon^ is^qûents, ils mettaient la vérité avant l'Église ; et notre
■^ y Pensées, art 12. „''•
\^^ Balle Untgenittis. ' ' <' : * >^,
'^ /'^l^ En toxxtfitix-neitf épïthètés. . '/''^ > ;f ? -^^
^^G^ncilëviau Gô'ntfâirei^ nou'sdè Yerroïis ptésime Atdùf - ' ^ jours inetfaptrÉgliae.avanVlatyéri^^ ÏQ0aiiî-
* vïieiî *d,e l^Églisç, voilà, dans'tbutes les discussions et dàns'^ •", tous les décrets , Vidée ûxe,,VùUïma ratio ae jprçsgue: t :ï ïtôu^îes évêqués. « Y à-t-il un Dieu? n disàit^une êfande' J 'V dame, du /siècle passé ^l un jeune abbé- libertin. « ÇéEtai- ^■;-' neinent; dit cëlùi-ci, puisque je suis abbé. w-^Cet'ar:^ l?r\. giûnént,; qui n'étaitlà qu'un impie quolibè^yôusyie. -^^ . '*rétrouvez'j plus grave, au fond de toutes lés' déGisioris '
î^roinaines? La Tradition sera-t-elle égalé aux.Écriturès J - > /-^fT Gertainment, puisque l'Eglise s'y appuie: également; ;;r yâ r Lesf livçes apocryphes sérôntTils ; canoiïipieS:?/^^ér- ^> , • , fainement, puisque l'Église les emploie' cdniine tels.' La : JVulgatè serà-t-elle le seul texte officiel et inattaqp|ble ? /.-'"^ Certainement, pùisque'dei riôùveilé'strÂdùctioîiipo^^^ ^ î*,^* raient ^ébranler l'Église et inquiéter ses docteurs: ' JLa
* ■ ; "• Jjbre jnterpîrétatioii des' Saints-Livres sera-t-elle intéri^"' ..*^>'dite? ^Certainement, car c'est jde là qx>B>là:RéJyTMi^
, '- est née. Et il n'y a ^uëre plus dé-^vingt aiig-^tfuft câùTr^ '^^ "dînai disait.encore naïvement à Lamerinafs : a' iîvec votre ^.^liSerté^ que deviendrait l'inquisitioriv? » '1^ ■
■..Jihême système. « Gela est, donc.celâ doit être.tL'inqùi-;* >^,.s /sitionf existe ; donc ce qiii liii serait contraireine doit ^ , '.Mpàs'exister.' » Toujours le lit de : Procusté ; â^ cela près ' ' '".que celui-ci, en coupant les jambes aux- gens,- ne. clier-^a^J
• .- chait pas à leur persuader qu'ilné leui*^ fît \aucuii ; tMtf ;^ » ' tjmdis qu'aujourd'hui le câtholicisme,^parto1iVoùil^nW
■'■^ ,., ï^s' le nwîtfe, fait sOmiér.^ j)his'haut que'personn^ :le%: ' ." '. droite -de -la' coriscience et dt la raison. A l'éntendïêl, iS -*.» ,^!^st:,prêtà reconûaître et à sanctionner tolités les^libértés •- ^. çpnguises, d.ejuis trois -siècles , dans lès états le^plfej '■' -■ Jibres. Mais , ijifârid' il le vtfijdmt'^ >-c ce que'coùt^ *.
^ppsitiyi^ènt sa conduite partout où ilYegri^,„ff .le pouç-^ ràitTiiÉrDépendrait-il de lui de renierlestlôisvoù il: a' pr^^ le contraire , et cela , non pas temporâirenfent^^;^ ' ,;^^^n ^rt\4de principes* qu'il déclarait immuables^ * Cétirnels? Ên^it de promesses, qui croirons-^nous,? JLà - \,'Gazetté dé France, ou le concile de Trente? Un abKé" quelconque, prêchant une liberté sans bornes, ou le' iïpape^Gjégoire . XVI appelant la liberté de conscience «^linè inaxime aJbsurde, un délire *, » et la liberté de la p^sse^une liberté monstrueuse, qu'on ne saurait assez' i dételtér, assez exsécrer^? «Oublierons-nous qu'en'180/j, un des' premiers inotifs du refus que faisait le pape dé yeni1| sacrer ;Napoléon, c'était que le serment dii; sacre mentionnait la liberté des cultes ? Oublierons-nous qu'en 1832, le fameux cardinal. Pacca, premier ministre du pape, écrivait f « Si, dans certaines circonstances, la ^ iprudenceexige.de les tolérer (la liberté des cultes et la - ^itfèrté de la presse), comme on tolère un moindre mal; '^é^iièiles doctrines ne sauraient jamais être présentées par M Catiioïique*comme un bien, ou comme une chose désirable. ? » Voilà qui est franc, au moins; et ce qui ne Pèst guère, par conséquent, c'est qu'en présence de déclarations semblables il se fasse encore des livres, des prédications , des journaux, où le nom du catholi-r À^cisme se mêle aux plus larges idées de tolérance èt^'énÉncipation.
: Défions-nous de ce prétendu catholicisme, qui n'est ;|^i- celui des conciles ni celui des papes, et qui ne pom- |ràijf régner deux jours sans redevenir forcément ce que
V** Lettre encyclique de 1832.
,-^^^ jLibértas illa (eterrima, ac mmquam satis exsecranda ac detes-
■"■■ ;•.■ ill*
Ii2 HISTOIRE DO GONGILB PB TRENTE ^
le catholicisme a toujours été, ce (îu'il est partout où-il* le peut, ce qu'il déclaré, quand il l'ose, vouloir|ètrïi à 'toujours. Mais comment seraient-ils si scrupuleux, dans leurs promesses, ces hommes qui le sont, si^'péu fiteD^;' en parlant du passé ? Il n'y a pas longtemps qu'il â été; dit à Paris, en chaire, à Notre-Dame, devant des miU, liers d'auditeurs^ que l'Église romaine n'a jamais eu re* cours à la violence, ni pour s'étendre ni pour^.Sie,con??% server; Il n'y a pas longtemps qu'un concile provii^ialj celui de Tours, a osé donner à cette assertion là foiHe d'un décret, enjoignant aux professeurs d'histoire % la développer -dans leurs leçons. Il n'y a pas longtemps qu'une brochure catholique, publiée à Genève^, contenait ces mots : « L'inquisition ne força jamais personne à embrasser le catholicisme... L'inquisition û'ài-' jamais puni que les révolutionnaires en armes... Jamais elle m pénétra dans le for dfe la conscience pour dire aux gens : Que croyez-vous? » ^-Réfuter sérieusement de pareiiliê^ assertions, ce serait presque aussi étrange qUê dClèP avoir écrites ; mais ces travestissements du pâssé^ sbtit ce qui peut le mieux donner aux moins défiants, pour peu qu'ils ne soient pas incurabtement aveugles, là ni#i sure de ce que valent les engagements pris pour ravemï*v il y a d'ailleui's une autre thèse, qui, pour déno^'' moins de mauvaise foi, U'en est ni moins fausse ni môîié^ étrange. Ce qu'on reprochait le plus au cathdicisine, «ê que tous les homïùes de bonue foi, même lat-ès «atàôliques par leurs croyances, avaient fini pâï lui reproche^' aussi, savoir son intolérance, son 'despotisme, sès/éï)puvantables persécutions d'une époque qui n'est pas loin, — voilà qu'on s'est mis à l'attribuer, non à lui, inais, au contraire, à sou affaiblissement. C'est la thèse actuelle
-^ ' LIVRE DE ÙXtÈMB-; 163
.del' catholiques soi-disant libéraux; c'était, en particu-l î^^ celle que Lamennais et ses disciples développaient.
,*Étns leur journal l'Avenir, quand Rome leur ferma la bbuciie. Tiois ans plus tard, dans ses Affaires de Rome,
fijiàmennais y revient encore. Profondément détaché, rcômmé la suite l'a prouvé, non-seulement de la disci-
;;pline romaine, mais du catholicisme, il ne peut se ré^ soùdre à abandonner son ancien sophisme. Si le pape,
. dans cette faiâeuse Encyclique de 1832,. a condamné en bljoc et la liberté politique, et la liberté civile, et la liberté des cultes, et la liberté de la presse, — l'auteur ne veut voir Jà « qu'un triste dépérissement de l'esprit catholique. » Donc^ n'est-ce pas? — écrivions-nous en 1846^
*#■ sf'i'i^pnf î:mholique était dans toute sa force, si le ipàpé et sa cour n'étaient sous le joug de l'Autriche, il n'aurait rien de plus pressé que de donner à son peuple toùteiîès libertés qu'il exsécrait en 1832 ? —Vous ne le
, jerôyezv^u fond, pas plus que nous, et, sous cette foroîe,
^ yî^us n'oseiiez l'affirmer ; mais comme vous ne pouvez sîïfigéripaire accepter des hommes du jour ni voti'e pajjàuté telle qu'elle est, ni votre catholicisme tel qu'il a tonjours'été^ il faut bien trouver un moyen d'associer fout cela, tant bien que mal, aux idées et aux instincts de l'époque. Ainsi, parmi ces hommes que notre premier mouvement serait d'accuser de mensonge, il y en a de sincères. Attachés h. la fois au passé et au présent, aux croyances de leur église et aux idées libérales de leur temps, ils ne peuvent se résigner, en dépit des actes les ffeats, clairs ^ des déclarations les pks formelles, à croire à on pareil abîme entre Rome ^ île siècle. Us vcàent dans d'avenir la papauté, mieux infôrmée, tendant la smain à tout ce qu'il y a de raisonnable et de boa dans tes idées
•Jru'èlle a'*â)ïiorréés iuWii'icif mais corîmfr ils n'.^^.. .raient là montrer secontredisant, ce ne sera, selôûîe^^ qu'ion retour àuxi vrais et "éternels" principes dji çattiorip;
;,=."cisme etde l'Église. Consolante fiction.^ I^ùiyja'a été nulle part plus mal reçue qu'à Rome, nbplus vivement^; repqussée que par le pouvoir qui devait^ disait-6n;'yar= réaliser. -;. - >■ ' > n,
i^Voilà, disons-nous, ce que nous écrivions en 18^61 r Dans une note écrite à la mort de Grégoire- XVr et tandis que tout retentissait des louanges de Pie IX, nous demandions si le nouveau pape nous ferait modifier ces réflexions,, et nous disions : « Qu'ille yeuille, (ç'est^ossible; qu'ille puisse, nous ne le ■pènsôns'ipas. » ~ Les^ événements ont montré si nous avions^'îtort de ibroii^ peu à la possibilité d'une alliance; entre^lé pouvoirpapatet les libertés modernes. Et si "PîW'ÏXf? en politique, -a fait au moins quelques tentatives louables, il n^a'été^ leii TeligÎQiiy: ^ue le continuateur des autres jpap^^e jsçfu^ ;
<puJms^ Hé^ leur horreur pour la BiblêI^|on;^|^-
cyclique de 4 849 appelle « ennemis"' dé rÈgl|se|et '4^^m.^ société humaine » ceux qui « né rougissent pas de'làr^i pandre. !> Les évêques doivent inviter les fidèles;«#i fùlr^^ avec horreur cette lecture empoisonnée, ng " ':^'^
éNous voilà, ce semble, bien loin de Trente; mais nous n'en sommés réellement pas sortis. Ge n#- serait pas faii'e l'histoire d'une loi, que de ne pas la suivre dan|| les eflfets qu'elle a eus.
- ., ■ : LIVRE DEUXfÈME>^ : ,. .16^'
Les principes votés, il s'agissait de voir sous quelleforme on les rédigerait. ' . :\.."
Or, il était d'usage que les décrets des conciles fussent "ou ne fussent pas accompagnés d'anattèmes, selon ^' que l'infraction était réputée , hérésie ou simplfe desor*^ ; / béissance. L'anathème est comme le sceau aucpieUlés^^» .fidèles reconnaissent" qu'un article est de foi, et qu'fliy'^ ,^^ aura crime à le nier ou k le mettre en dojite. . ,; - : ,1 '
II y aurait, avant tout, plus d'une remarque à."^faire • '
sur cette manière de sceller et de sanctionner tout'fcfei* ';
. qu'on prétend être de'foi. t ^ ::.■; ^'^>^
Que signifie une inalédictioh attachée à l'admissio^su ' ■?' à la non-admission d'un dogme ?-r- Quand il -s'agitJTuB^^ acte,^<i là bonne heure.;1îfilfôwpi%(per(^^ père. iBawaîr^pir qiufaiura^sciemment fait pécher so.n .-
\ , freine ■; » Encore^ neiàudrait^il pas en abuser ; ce serait^
e,tigB aegUgeùt;.: t6ut'ce,que vdûs;avéz à croire,? on ^voùsi^vg !5J^^pi|4éiftç,' on vous Ti
■psltoatise ppiir non-ac-
*i^-,cêp'tati(fh.d'^rie~ iàée\ c'é^t^^ slir, un faif indépendant ^ ■ - ^éTvotre' volonté, que .tombe la malëdictibn. « BroVez ■*% Geci,*vouS' dit-on. -^ En mon àmeMtv^GÔns.ciéncjë,- ré- * pond:ez7.vbus, je.ne le puis, -r- Eh .biér|i^^^ >
■ --- Yoilà l'exacte traduction d&tout dicr^tde foi açcomr '* 'pàigné d'anathème. Ou c'est cela, .ouvcë'Ti' eBj||ie^^^p|^: i^feun grand mot pour .épouva:nter les simples,.' • .•" • • * "^Ptî^-înot, Rome l'entendait et l'avait tojijoûrs^fait^n- .
tendre dans le plus effrayant des sens dont il est susceptible. Anathème, chez les Grecs, signifiait originairement déposé dans un temple, consacré à un dieu; plus tard, ce fuï consacré aux dieux infernaux ^ et, par conséquent, maudit: En passant dans le christianisme, ce dernier
■^. sens se trouva encore aggravé par l'idée d'un enfer bien
'\ plus terrible que celui des païens. Être anathème, c'était, être damné, et damné pour l'éternité.
Dira-t-on que saint Paul a employé cette expression?
>En effet : « Si quelqu'un annonce un autre Evangile,
qu'il soit anathème *. » Mais outre que cette formule, .
(encore toute païenne, ne pouvait avoir sous sa plume un
.sens bien précis, — autre chose est de maudire, en gé-
^"iilérjàl,, celui qui annonce wnaMtre Évangile^ ou d'attacher cette effrayante sanction à chacun des points de dé-^ , tail dont on prétendra que se compose laioi. Puis, ce
' qu'aiait un apôtre dirigé par le Saint-Esprit , l'Église r à-t-elle nécessairement le droit de; le faire ?l Toute ohf : ^^êbtiôiï' contre son înfaillibilité,rr- et liotis'^îavoïis^u "s'il* ^Hy^n^i; pëw, -è^ est to objection au droitii'iatiïa^^Pgr :^ ^