XV
Les répliques des moines n'avaient pas été sans elTet. Le décret sur la prédication débute par des règles que ^ Luther eût signées. «Gomme il n'est pas moins nécessaire de prêcher l'Évangile que de l'enseigner dans des écoles, et que même c'est la fonction ■principale des évê~ 7Me5*, l6 saint, concile ordonne que tous les évêques, archevêques, primats, et tous autres préposés à la con- , duite des églises, seront tenus et obligés de prêcher eiix- : mémesje^aiht Évangile de Jésus-Christ. » Rien de mieux; mais jamais décret ne fut plus mal observé. Combien y a4-il 4'évêques qui prêchent? Le décret ajoute, il est vrai : «S'ils n'en sont légitimement empêchés. » A en juger d'après ce qui existe, il paraîtrait que c'est l'épis- (Jbpat même qui est considéré comme empêchement légitimé. Mais, après cette solennelle déclaration que prê- J^jcher est la principale fonction des évêques, on devi'ait ^ ^î?.8LVoir au moins la bonne foi de ne pas tant reprocher au protestantisme que ce soit aussi la principale fonction de ses ministres, ig; Pendant ces discussions, Paul III avait réitéré ses
* Et hoc est pràecipuuin epîscoporum munus.
premiers ordres. Il ne dfma^dait plus^il exigeait qu'pii abordât les dogmes , à comïnençerpar lé Péché Originel. Il fallut donc s'y mettre; mais les prélats du •partîjie l'empereur ne cherchaient même plus à dissimuler leiïr^ désir de reculer le plus possible le moment ou les luthériens seraient désignés et condamnés. Plus on avançait, plus la question politique se dessinait nettement au premier rang. Avait-elle jamai^f cessé , devait-elléïjamais cesser d'y être? Tout ce qu'on peut dire, c'est ^ue, selon les circonstances, elle y était plus ou mpins appâ- , rente, plus ou moins voilée. .^:
Les légats, qui ne demandaient pas mieux, au contraire, que d'engager fortement la partie,^afm qu'il n'y ^^ eût plus d'accord possible entre l'empereur et les protestants , les légats , disons-nous , avaient préparé une liste de neuf propositions à condamner. Ils avaient eu soin de ne prendre que celles contre lesquelles ils savaient qu'on serait unanimes; en quelques heures de délibération, tout serait fait. Alors, les impériaux changent de batterie. Ils demandent que l'on commence par établir la doctrine de l'Église sur le sujet en question; ils sentent qu'une fois la discussion engagée, on ne sera pas de longtemps en état de rédiger des décrets. Les légats le sentaient aussi ; mais comment refus.gr?
En conséquence, quatre questions furent posées :