Quant àl'établissemint d'un séminaire
(1) La lettre des légats porte les articles an nomlire de quarante quatre; mais c'est une erreur, comme on le vil par les actes de Palello, et par la réponse du cardinal Borromée à la même lettre, i 1 août 15b3.
(2) La lettre est du 1 1 août.
(3) La lettre est datée du H août 1563.
rente, se célébraient publiquement. Ainsi ill vivait dans un adultère habituel , et il y était retenu et par ses nouveaux liens de parenté] et surtout par la présomption du for exté-l rieur, devant lequel le second contrat étail réputé légitime, le premier ne pouvant êlrJ constaté. Par tous ces motifs , les ambassa-l deurs français, dans le royaume de qui peut!
(1) Lettre du cardinal Borromée aux légats, 4 aoûl
(2) Lettre des légats au cardinal Borromée, dernier jour de juillet, et instruction donnée parMcl roue à Cuahieri pour y être jointe.
LIVIŒ VINGT-DEUXIEME.
être ce désordre arrivat-t plus fréquemment et avec des suites plus funestes, présentèrent le 24 juillet (1), une requête au concile, au nom de leur roi , pour demander qu'on décidât la nullité des ces sortes de mariages , en rétablissant les anciennes cérémonies ; que si , pour des raisons importantes, on jugeait à propos de faire autrement, on déclarât du moins qu'un mariage fait sans la présence du curé , et de trois témoins ou plus , ne serait pas légitime; et que les mariages des enfants de famille, sans le consentement de leurs parents , seraient nuls , comme dangereux et déshonorants le plus souvent pour les familles , et comme source de haine plutôt que d'affection entre les époux. Mais en même temps, pour obvier à la négligence coupable des parents qui se mettaient peu en peine d'établir leurs enfants, ils ajoutaient que l'on prescrivît un âge au-delà duquel les enfants pourraient d'eux-mêmes se marier , siles parents n'y avaient point encore pourvu. .17. Cette requête qui fut présentée solennellemenlet que l'on inscrivit parmi les actes du concile, se trouve toute dénaturée par Soave ; d'une part il ne dit point que les Français demandèrent l'annulation des mariages clandestins, et d'une autre part il raconte qu'ils demandèrent pour les parents le droit de valider ou d'annuler à leur gré le mariage de leurs enfants , sans mentionner la limitation apposée à ce droit. Celte question causa beaucoup de disputes, tant sur l'autorité de l'Eglise à cet égard que sur l'utilité d'un pareil règlement. Le pape , sui- 1 vant la résolution qu'il avait prise , fit écrire à ses légats (2) de faire ce qu'ils jugeraient le plus avantageux ; il les avertissait néanmoins qu'il avait tant d'horreur pour le rapt, qu'il pensait à faire un décret , en vertu duquel il ne pût y avoir de véritable mariage entre le ravisseur et la personne enlevée ; qu'il voulait voir là-dessus les anciens canons remis en vigueur, mais qu'il préférait leur confier ce soin-là.
18. Dans l'autre article, qui n'était pas moins épineux, il s'agissait de la collation des bénéfices à charge d'âmes. Les évèqucs croyaient conforme à la raison et à la juslice qu'il n'y eût aucun mois de l'année dans lequel le pape eût droit d'y nommer, et que la collation fût dévolue tout enlière aux évéques qui connaissaienlmieux les sujets de leurs diocèses. Pie IV comprenait assez (3) tout ce qu'il y perdrait, et que s'il laissait les évéques prononcer sur celte matière, ils ne manqueraient pas de s'accorder à euxmêmes ce qu'ils demandaient. Mais ne voulant pas que celte affaire pût relarder les 1 progrès du concile, il proposa trois expédients à ses légats, afin qu'on en choisît un. Le premier, que tous les bénéfices à charge d'âmes, en quelques mois qu'ils fussent va-
(1) Actes du château Saint- Ange, p. 7 du dernier tome.
(2) Leitrc du cardinal Borromée aux légats, du i août i."i03.
(3) Lettre du cardinal Borromée aux légats, dernier jour de juillet 1563,
cants, seraient à la collation des évéques, à condition que pareillement le pape nommerait aux bénéfices simples. Le second que, comme l'avait déjà écrit plusieurs fois le cardinal Borromée, il ne donnerait les bénéfices que in forma dignum, comme on s'exprime à la daterie, en sorte que ceux qui voudraient les obtenir, se présenteraient à l'ordinaire pour être examinés, et faire connaître s'ils en étaient capables. Que si on rejetait ces deux expédients, ils proposassent le troisième, par lequel le souverain pontife conférerait dans ces mois, tous les bénéficescures à des sujets dignes et du diocèse, dont les ordinaires lui enverraient une liste. En faisant de lui-même ces offres, le pape espérait satisfaire en ce point les évéques, par la raison qu'en offrante qui ne possède rien, une bonne partie de la chose contestée, on lui Ole souvent la volonté d'enlever tout à force ouverte, même lorsqu'il le pourrait.