‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 119 sur 373 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Difficultés entre les ambassadeurs impériaux et les légats au sujet de la réformation des princes séculiers. — Les légats demandent au pape la permission de rompre le concile et de partir si la nécessité les y contraignait.

— Difficultés sur l'élection (le Maximilien au trône des Romains. — Le pape est disposé à suppléer aux défauts qui s'y trouvaient, à condition que le roi lui prêterait serment selon une certaine formule et promettrait obéissance par son ambassadeur.

— Maximilien s'y refuse; raisons qu'on allègue de part et d'autres. — Démarches à cet effet ; fin de cette affaire.

U Avant que ces lettres de l'Empereur (1) arrivassent, avant même qu'elles fussent écrites, les articles de réformation avaient été tellement modifiés, qu'ils ne donnaient presque plus lieu aux observations dont ils étaient l'objet. Les légats, soit pour les abréger, de manière à ce qu'ils fussent en élat avant le jour marqué pour la session, soit à cause des difficultés qu'ils y avaient reconnues, les avaient réduits aux poinls les plus indispensables et les plus faciles à décider, au jugement même des Impériaux. Il restait néanmoins deux articles, qui étaient fort à charge à l'Empereur : l'un qui regardait les princes laïques et qui les soumettait

(1) Lettres de l'Empereur en date du 10 et du 29 août.

comme les autres à la réformalion, en ce qui pouvait les concerner, et que l'on avait exprimé néanmoins en termes plus modérés; l'autre par lequel on annulait les droits de patronage fondés sur un privilège. Les ministres impériaux firent voir leurs ordres au comte de Lune. Celui-ci fut d'avis qu'on ne s'opposât pas en particulier à ces deux articles, lorsqu'ils seraient proposés, de peur que cela ne donnât atteinte à la liberté du concile; qu'il fallait seulement répondre, en général, qu'on ne les approuvait pas; et que, quand on voudrait les confirmer, il failait alors s'y opposer de toutes ses forces. Mais les Impériaux n'approuvèrent point ce conseil, comme trop violent et propre à causer du bruit. L'évêque des cinq églises et Sigismond étant malades, l'archevêque de Prague (1) seul alla trouver les légats, et leur exposa combien l'Empereur répugnait à la proposition de ces deux décrets. Le cardinal Mo-

gat opposa aux prétentions des ambassadeurs; et ."près qu'on eût longtemps disputé, il conclut, avec ses collègues, que l'article ne pouvait être retranché.

2. L'archevêque de Prague répliqua qu'il n'avait jamais cru que les légats dussent en venir aune pareille résolution; que personne n'ignorait avec combien de modération l'Empereur s'était comporté jusqu'à présent, cl qu'il s'était entièrement remis à la prudence des légats, mèmedans les choses qu'il avait droit d'exiger; que lorsque d'autres, dans des circonstances semblables, avaient fait une opposition si hostile au souverain pontife, on ne leur avait pas répondu si sévèj rement; qu'il fallait examiner sérieusement les difQcultés formées par l'Empereur, sur ces deux articles, puisqu'il savait mieux que les autres ce qui convenait au bien de l'empire.

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