‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 123 sur 373 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Trouoie qu occasionne parmi les évéquesî retranchement de l'article qui concerne^ princes. — Bruits de prorogation; ce y donne lieu. — Conférence des prélati des théologiens du second ordre, dant but de mettre tout le monde d'accord sut mariage clandestin ; issue de cette coni rence. — Nécessité de proroger la sessn

1. Après avoir traité en particulier du il riage , restait à s'occuper des autres mal res de réformation. Le pape n'était pas (si que le concile réglât ce qui concernait^ princes séculiers, et cela pour deux fins,! se résolvaient en une seule : la premnl parce qu'occupés à défendre leurs prof intérêts, ils le seraient moins à oprim<|

(1) Tome dernier des actes du château SainHi pag. 99.

cour romaine ; la seconde, parce qu'ils sauraient que partout il y a des abus, que partout on en parle , et que s'ils entendaient i faire de grandes plaintes contre les pontifes romains, les pontifes romains en entendaient • aussi faire de grandes contre eux ; que si de ' part et d'autre elles étaient injustes et mal fondées sous plusieurs rapports , il tallait : convenir aus-i qu'il y en avait d'occasionnées par des maux, véritables, mais en partie incurables : même avec les meilleures lois, si Dieu ne remédiait à l'imperfection des hommes, et en partie susceptibles de guérison et dignes pour cela de l'attention et des soins de l'un et l'autre pouvoir. C'est pourquoi le cardinal Borromée, dès le mois de juin, écrivait de cette sorte(J)aux présidents: Puisque chacun tombe sur nous dans cette bénite réforme , et qu'il semble que tous les coups soient dirigés contre le saint-siége et lnous autres cardinaux qui en sommes membres, Sa Sainteté est d'ans que, pour l'amour de Dieu, vous laissiez ou fassiez chanter encore sur l'air de la réforme des princes, sans avoir *égard à rien , en ce qui est juste et raisonnable. Vous ferez aussi en sorte qu'on ne croie oas que la chose vienne de nous.

2. Telles étaient les dispositions du pape. Néanmoins tes ministres espagnols l'ayant orié alors de recommander les droits et les privilèges de leur souverain, il écrivit à ses égals la lettre suivante (2) : Don Louis d'Aila et Y argus, ambassadeurs du Roi Catholiue près de nous, ont fait les plus vives intances pour que nous vous écrivions, à l'ocasion du tort qui est causé , suivant eux , à ,»a Majesté Catftolique , dans la réforme des • ^rinces. Nous leur avons répondu que vous t les Pères vous ne feriez rien que de juste et 'honnête, que telle était du moins notre inime persuasion ; nous avons ajouté que le oncite était libre, selon la liberté qu'on y tait faite, et qu'ainsi nous n'avions point de ai à lui imposer; que néanmoins, par égard our eux, nous vous recommanderions les inirêts de Sa Majesté , comme nous le faisons ar la présente, vous exhortant à marcher roit,et à leur accorder tout ce que Injustice, iraison, votre honneur et le nôtre vous permettent de leur accorder. A celte lettre en ait jointe une autre du cardinal Borromée, iquelle était destinée à en corriger l'effet ; n voici un passage : Tout ce que Sa Sainteté ande à Vos très-illustres Seigneuries au sujet 'e la réforme des princes , doit s'entendre si comte de Lune les presse là-dessus; mais ils'ubstienl comme il promet de le faire pour '■■- pas gêner la liberté du concile, vous ferez mb tant de ne rien savoir, et vous agirez avec même liberté et bonne intention que par le issé. Le cardinal leur avouait que le pape avait pas pu refuser cette lettre aux EspaioIs, parce qu'il était d'accord avec Avila ir la prompte conclusion du concile, et qu'il

(1) Lettre en chiffres du cardinal Borromée, 26

(2) Lettre du pape et du cardinal Borromée, du S ût, et réponse des légats, du 6 septembre 1565.

avait là-dessus le consentement du roi ; mais que ce n'était cependant point son intenlioa que les légats, en vertu de cette lettre, prissent un parti différent de celui qu'ils avaient arrêté.

3. Les présidents du concile apprirent avec joie la bonne intelligence qui régnait avec Avila et avec le roi lui-même, cl dont ils voyaient déjà une sorte de preuve dans les démarches du comte de Lune. Mais il leur restait de grandes inquiétudes, parce qu'ils supposaient que la lettre du pape , écrite à la réquisition des Espagnols, et par conséquent connue d'eux , ne pourrait échapper à la connaissance du comte, qui en demanderait l'exécution ; et ainsi ils se trouveraient seuls chargés d'une lâche qui était au-dessus de leurs forces; mais ensuite ils eurent la certitude (1) que la lettre du pontife n'avait été communiquée qu'aux d< ux ambassadeurs présents à Rome , et encore sous le plus grand secret, ce qui faisait que le comte ne pouvait la connaître , ou du moins s'< n prévaloir. Cédant donc aux sollicitations du pape, ils s'appliquèrent à donner satisfaction entière aux évêques. Ils tirèrent même parti pourcela d'une espèce deviolenec extérieure qu'on leur fit , car on était sur le point de passer des définitions du dogme aux articles de discipline ; les Pères voyant qu'on avait retranché celui qui avait rapport aux princes séculiers, en marquèrent la plus pénible surprise; cl un grand nombre de tout rang et de tous les pays (2) allèrent protester aux légats que si l'article n'était rétabli, plus de cent d'entre eux étaient décidés à ne donner leur voix sur aucun des autres. Us voyaient bien , ajoutaient-ils , et il avaient appris de Rome qu'on avait dessein, après la prochaine session , de suspendre le concile, el de renvoyer ies évêques à leurs églises , sans avoir obtenu le résultat le plus important qu'ils s'en promettaient.

k. Ces bruits de suspension, répandus généralement , étaient faux sans doute , mais non entièrement dénués de fondement. En effet, le souverain pontife, à la réception de la lettre mentionnée plus haut, dans laquelle les légats témoignaient croire que l'Empereur et le roi de France, quand il s'agirait de se décider, préféreraient la suspension du concile à sa conclusion, leur avait fait répondre de cette manière par le cardinal Borromée (3) : Si, où en sont les choses, on parle de prorogation , on pourra prendre ce parti plutôt que d'amener une rupture; mais ce n'est pas à nous de le proposer, et nous n'y devons consentir qu'à la prière des princes ; parce que Sa Sainteté juge qu'il serait utile avant tout àVEglise d'en procurer la conclusion. Mais si l'Empereur et le roi de France demandent laprorogation pour avoir le temps d'arranger les choses en Allemagne et en France, comme

(i) Lettre du cardinal Borromée aux légats, du L> septembre, et des légats au cardinal, le 19 septembre

(2) Lettre des légats au cardinal Borromée, du- 11 septembre l.*i(>r>.

(3) 25 août 1565.

c'est principalement à cause de ces deux pays avait répondu plus d'une fois (1) que mieux

que le concile a été convoqué, Sa Sainteté , valait l'omettre, afin qu'il ne devînt pas un

encore qu'elle veuille être priée, comme je vous nouveau cap à doubler lorsqu'on louchait

l'ai dit, ne refuserapas de consentir aune chose déjà au port. Les légats, qui goûtaient cet

demandée par la majorité des Pères. Le car- avis, répondirent à Sa Sainteté qu'ils la

dinal ajoutait qu'il ne fallait pas hésiter par la crainte de quelque résistance de la part des Espagnols , si telle était la volonté de l'Empereur et du roi de France, en faveur de qui principalement le concile avait été assemblé; qu'il devait suffire à Sa Majesté Catholique qu'on eût pourvu aux réformations qu'elle avait désirées jusqu'alors, et quil y avait lieu de croire que, disposée comme elle était à complaire en tout à l'Empereur sou oncle, elle ne refuserait pas la suspension, si elle voyait qu'il la désirait. Voilà à quoi se bornaient les instructions du pnpe à ses légats; mais la renommée, qui se plaît toujours à grossir les choses, publiait la prochaine suspension du concile, et les évêques commençaient à y ajouter foi. C'est pourquoi les lésais leur promirent que, clans trois jours, ils leur remettraient l'article si ardemment réclamé, avec les autres qu'on

priaient d'user de son influence auprès du cardinal de Lorraine pour l'y amener, lorsque cette Eminence viendrait à Rome. Ils ajoutaient qu'on était tellement partagé sur cette matière , qu'ils penchaient eux-mêmes, quelques-uns au moins, à croire que les mariages clandestins ne pouvaient en aucune manière être annulés. Mais avant de passer outre , ils essayèrent encore d'éclaircir (2) U. vérité et d'ôter tous les sujets de division, au moyen d'une conférence tenue à cet effet le 13 de septembre ; elle se tint avec beaucoup, de solennité chez le premier légat , en présence de ses collègues et des autres cardinaux, de tous les ambassadeurs ecclésiastiques , d'un grand nombre des prélats les, plus savants, et des théologiens du second ordre. Quelques-uns seulement devaient prendre la parole , les autres ne devaient être que simples auditeurs. 11 s'y trouva aussi

avait également jugé à propos de retrancher, beaucoup de laïques, parce que l'entrée fut

non pour les mettre en état d'être présentés à la prochaine session, le temps ne l'eût pas permis , mais pour leur donner la certitude qu'ils ne seraient point omis dans celle qui devait suivre. Ils pensèrent que l'Empereur n'aurait pas sujet de s'en plaindre, et parce qu'on avait attendu sa réponse au delà du terme convenu , et parce qu'il s'agissait non de décider sans son avis, mais seulement de discuter.

5. Tranquilles de ce côté , les Pères commencèrent à tenir, le 11 de septembre , les congrégations générales sur les réforma-

permise ce jour-là à tout le monde. Ceux qui avaient été choisis pour disputer furent partagés en deux bandes : d'un côté étaient ceux qui combattaient le décret, et de l'autre ceux qui le défendaient; ceux du premier rôle étaient Adrien Valentico , qui succéda plus tard à Stella sur le siège épiscopal de CapodTstria ; François Tories, prêtre séculier; le jésuite Salmeron ; Jean Pelletier, docteur de Sorbonne, et un Anglais dont je ne puisl trouver le nom. Leurs adversaires élaientl François Foreiro, de l'ordre de Saint-Do-| miniqne, et Diego Payva, prêtre séculier ,1

lions. Mais pour ne pas interrompre l'exposé tous deux Portugais, Simon Vigor et Richard

des opinions qu'ils émirent durant l'espace de plusieurs semaines , je rappellerai ici divers incidents qui survinrent alors , surtout au sujet du mariage clandestin, ce qui obligea à remettre la session. Les présidents voyant bien (1) que , quoique la majorité se prononçât pour le décret , néanmoins près de soixante évêques s'y opposaient invinciblement et avec tant de persistance , que si on voulait , malgré eux, le faire passer en loi , il était grandement à craindre qu'ils n'en appelassent au pape , et qu'on ne prît de là occasion de soulever cette fameuse question : S'il est supérieur au concile , et si on peut appeler du concile au pape? Les légats écrivirent donc (2) à Rome qu'ils se sentaient déterminés par cette raison à proroger la session; qu'ils comprenaient bien qu'il était peu honorable pour le concile d'en venir à de pareils moyens par suite de discordes intestines , mais qu'il y avait un moindre mal à cela qu'à s'exposer au danger d'un schisme. Et comme le pape, à la nouvelle des contestations qui s'étaient élevées sur cet article ,

(1) Lettre des Impériaux à Ferdinand , 14 seplem bre. Lettre des légats au cardinal Borromée, 15 septembre 1565.

(2) Lettres des légats au cardinal Borromée des 1 1 14 et 15 septembre.

Drupé , docteurs de Sorbonne . et Pierre| Fonlidonio, Espagnol, théologien de l'évêque de Salamanque : ils étaient assis vis-àl vis les uns des autres au milieu de l'as-| semblée.

6. La dispute fut ouverte par le cardinal Hosius , le seul d'entre les légats qu'on pûf regarder comme un excellent théologien , el celui qui paraissait le mieux au courant dj la question. Il avait embrassé fortemenl l'opinion contraire au décret, et ce fut el particulier pour lui complaire qu'après troif tentatives toujours favorables à la nouvellj loi qu'on proposait , comme cela ne lui sull lisait pas , on en vint à celte nouvel!! épreuve. Ls cardinal avertit les uns et kl autres qu'ils étaient assemblés, non poul faire montre d'une vaine subtilité d'esprif mais pour s'appliquer uniquement à cheij cher la vérité dans une affaire de cette inl portance ; que les présidents comptaieif beaucoup sur le jugement des Pères , ma|

(i ) Lettres du cardinal Borromée aux légats, des ] et 25 août 1563. I

(2) Lettres des légats au cardinal Borromée, 14| 15 septembre; de l'archevêque de Zara, 16 septel bre, et des Impériaux à leur souverain, le 14 si lenibre. Voir les actes de Paleollo et ceux de l'éf que de Salamanque, à la date du 14 septembre.

que , n'étant pas disposés à se laisser emporter par le plus grand nombre , ils voulaient des raisons qui puissent les convaincre ; que toutes les difficultés n'avaient pas été levées dans les disputes précédentes ;

I qu il en restait toujours une principale , qui était de savoir comment l'Eglise pouvait in-

[ troduire le nouvel empêchement dont il s'agissait, d'autant que, dans tous les autres établis jusqu'alors, on avait toujours eu égard à quelque crime qui eût précédé, et pour lequel on avait mis un empêchement entre les contractants ; mais que cela ne se trouvait pas dans la question qu'on allait

, agiter ; sur quoi il les priait d'exposer leurs

i avis en paix et avec toute la charité possible.

7. Ceux qui étaient favorables au décret dirent d'abord que c'était à leurs adversaires à les attaquer ; que , pour eux , ils étaient en possession, et qu'il leur suffisait de répondre, puisque cette possession était fondée sur le jugement des Pères et des théo- . logiens ; que c'en était assez pour soutenir le décret , tant qu'il ne serait pas renversé Ipar des preuves opposées. Les autres réipliquèrent que le droit de possession favorisait les défenseurs de l'ancienne coutume de l'Eglise, dans laquelle ils ne vou- Ïlaient pas qu'on introduisît aucun changement. Ceux qui tenaient pour le décret repartirent que l'Eglise était en possession d'établir des empêchements qui rendent les mariages nuls, qu'ainsi celui qui niait que l'Eglise eût ce pouvoir était obligé de le prouver. Enffn le premier légat voulut que ceux qui soutenaient le nouveau décret exposassent leurs raisons ; mais il s'éleva un iautre sujet de dispute, en ce que le dessein de quelques-uns était de ne parler que du pouvoir, sans faire mention de la convenance, dont l'examen était du ressort des Pères. Cette dispute donna occasion à Jean Pelletier de remarquer que c'était manquer de respect envers l'Eglise, de dire qu'elle ne peut pas faire une chose, et qu'il croyait qu'on parlerait mieux en disant qu'elle ne doit pas. A quoi Adrien Vaientico répliqua qu'il n'y avait rien d'inconvenant dans ce terme, lorsqu'il s'agissait des sacrements, et qu'il n'y avait pas plusde mal que si l'on niait que l'Eglise eût le pouvoir de conférer le baptême avec de l'eau-rose,el la confirmation avec de l'huile de noix. Diego Payva prit la parole et dit que l'Eglise pouvait changer la nature du mariage, en étant au contrat son efficacité (1), comme cela était manifeste «ans les empêchements qu'elle avait établis entre les contractants, qu'il lui avait été permis de les établir, parce que telle qualité qu elle avait en vue dans les personnes était içpposee a quelqu'un des biens pour lesquels le mariage a été institué ; qu'au reste il était certain que la clandestinité des mariages était plus contraire à ces biens que l'affinité

H) On p^j.t lire à ce sujet la dissertation de F "Uttei : deJUatmmonio pertonarum divenœ reliqioni

lis,

imprimée chez flichel-Àng* Barbiellini.àFomc, Î77L

au quatrième degré. Un autre lui repartit que les maux occasionnés par les mariages clandestins ne sont qu'accidentels , parce qu'ils viennent de la méchanceté des hommes; qu'ainsi il n'en fallait pas juger comme de ceux qui sont essentiellement liés aux choses, et qui résulteraient, par exemple, des mariages entre proches parents. A quoi Payva répondit que, quand on établit des lois pour empêcher quelques actions, il n'y a qu'une seule règle à observer, c'est d'envisager le mal qui en peut arriver, de quelque manière que ce soit, ou par accident ou naturellement, puisque dans l'un et l'autre cas ce mal est nuisible, et a, par conséquent, besoin de remède.

8. Foreiro se servit d'un autre exemple : il dit que l'Eglise déclarait nul le mariage précédé d'un adultère commis par celui qui avait contribué à la mort de l'époux ou de l'épouse ; et de là , il conclut qu'il était aussi permis à l'Eglise d'annuler un mariage qui était, le plus souvent, suivi du crime d'adultère ; et, pour celle raison, il prétendait ilétruire l'objection du lég tt Hosius . puisqu'il n'était pas moins nécessaire d'obvier à un crime qu'on était près de commettre, que de prescrire une peine contre celui qui était déjà commis. Ces congrégations durèrent deux jours, et les Pères ne laissèrent pas d'y parler de temps en temps. Diego Lainez qui, outre sa qualité de général des jésuites, avait encore celle de théologien du pape, contesta à l'Eglise le pouvoir d'annuler le-, mariages clandestins, et insista sur cette preuve que, pendant quinze siècles, elle n'avait jamais fait une semblable loi, quoique les inconvénients dont on se plaignait eussent toujours été les mêmes. On lui répond t que l'Église avait toujours espéré d'y remédier utilement, et que, n'ayant pu y réussir, il fallait en venir là; que si la raison qu'il apportait était recevable, le concile ne pourrait faire aucune loi nouvelle, puisqu'il serait toujours permis de lui opposeï que l'Eglise , pendant quinze cents ans, n'avait point établi ces lois.

9. Peu à peu les esprits s'échauffèrent, et les voix s'élevant toujours tandis que les prélats faisaient de vains efforts pour se faire entendre, la congrégation dégénéra en une assemblée tumultueuse et confuse. Vaientico qui, pour ôter à l'opinion qu'il combattait l'autorité qu'elle recevait du grand nombre de ses partisans, produisit l'exemple du faux concile de Rimini et du second d'Ephèse, où le plus petit nombre avait soutenu le meilleur parti, excita contre lui de grandes déclamations, comme s'il eût voulu comparer ces assemblées illégitimes au concile de Trente, ce qui réellement n'était pas son intention. Mais il est naturel à l'homme , quand il se voit comparé à un objet qui est mauvais sous quelque rapport, de te prendre à injure , bien que la comparaison ne tombe pas sur la qualité mauvaise. Lainez, luimême, qui avait traité de moins raisonnables, c'est-à-dire de moins droites, les consciences de ses contradicteurs, fut repris par un des ambassadeurs. Après bien des contestations

de part et d'autres, l'assemblée se sépara avec assez peu de gloire et sans aucun fruit, comme il arrive toujours, ces sortes de discussions solennelles étanl moins propres à faire trouver la vérité que celles qui ont lieu en particulier et sans tout cet appareil. La nature elle-même s'est chargée de nous l'apprendre : en effet, plus l'arbre est chargé de feuilles, et moins les fruits qu'il produit sont bons.

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