TROISIEME
tous les articles aux Pères , comme ayant eu lieu ensuite de la prorogation; tandis que l'une et l'autre l'ont précédée à dessein de l'entraver.
21. Feignant que l'Empereur a écrit au cardinal Morone, il fait dire à ce prince que les maux passés ont procédé des oppressions tentées par le clergé sur les peuples et leurs souverains. Insigne calomnie 1 ce religieux empereur n'a jamais manifesté, soit aux légats , soit à ses ambassadeurs, une pensée si remplie de fausseté et de scandale; j'en atteste toutes les pièces déjà rapportées. 11 savait au contraire que si ses Etats d'Allemagne devaient à l'Eglise leur formation, ils lui devaient de même, en grande parlie, leur conservation jusqu'à ce jour.
22. Suivant le même auteur, les Français auraient été provoqués; un évêque aurait, le même jour, 22 de septembre, proposé aigrement de remettre eu question l'article des princes, que, dit-il, on avait omis. Or, tout cela est faux et mensonger : les Impériaux , dans la relation qu'ils adressèrent à l'Empereur, n'en ont rien dit (1). On sait, en outre, que les Français avaient demandé et obtenu des légats, deux jours auparavant, la permission de porter la parole au nom de leur maître, tout en déguisant le sujet de leur discours.
23. Pour passer enfin beaucoup d'autres erreurs, je dirai que Soave, agissant au nom de du Ferrier, s'est efforcé de persuader quela
fjrotestation de cet orateur s'accordait avec es sentiments que lui avait fait connaître le cardinal de Lorraine avant son départ : au lieu que la lettre, imprimée à Paris et non à Rome, et que le cardinal écrivit au roi lorsqu'il eut reçu les ordres de Sa Majesté ; celte lettre, dis-je, convainc Soave d'imposture : et le cardinal était-il homme à tromper par un langage double les orateurs? Le livre français, publié du vivant même de Soave , en haine du concile et de la cour de Rome, ne renferme point celte lettre, il est vrai ; ce n'est que plus tard qu'on l'y a ajoutée (2) avec un appendice : sans doute, afin que l'ouvrage en eût plus de prix. Mais si c'est une raison d'excuser le silence dont Soave a enveloppé la vérité, ce n'en doit pas être une suffisante d'avoir osé soutenir l'erreur. Notre historien se serait-il aperçu, en lisant les Offices de Cicéron, que l'on met en doute s'il est permis de mentir pour des amis? Or, ses amis, à lui, sont les ennemis de l'Eglise catholique; se déclarant formellement pour l'affirmative, il s'est atlaché au seul devoir de l'ami fidèle, en négligeant celui de l'historien impartial. Cherchons à le remplacer, et revenons aux événements. Il faut toutefois lui savoir gré de ce qu'au prix de son honneur il a rendu notre sincérité plus recommandable, en nous forçant à ne point dissimuler pour aucun parti : si cette bonne foi, du reste, peut nous éviter le reproche, elle ne mérite pas un seul éloge.
(1) Lettre <léjà citée du 28 septembre.
(2) A Pari», ebexCnuBoag, lt>S4.