‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 132 sur 373 · Quant au second point , on n'en a · texte numérisé non relu

Quant au second point , on n'en a

Sarlé que très-légèrement, sous Paul 111 (2). 'n a dit seulement qu'on n'accorderait pas de cures à des personnes peu dignes, trop puissantes , résidant en cour , ou déjà chargées d'un bénéfice. Ce dessein faisant toujours du bruit sous Jules III , ce pape écrivit (3) à son légat , dont j'ai parlé précédemment , qu'il venait d'apprendre que l'assemblée, composée d'évèques, pour la plupart Espagnols, pourrait bien se changer en concile de Tolède , tout dévoué aux intérêts particuliers de l'Espagne ; qu'il ne souffrirait jamais que les évêques eussent le pouvoir de conférer les églises paroissiales (les ois l'ayant déjà , relativement aux cathédrales et monastères consistoriaux) ; car on ;n'eût laissé alors au saint-siège que celui de distribuer les autres bénéfices , et encore les évêques le partageaient-ils avec lui à certains mois de Tannée; que l'ambassadeur espagnol ne l'en avait pas encore entretenu, et que, s'il le faisait quelque jour, il saurait, lui , répondre à Son Excellence de manière à lui en ôter l'envie. Tels avaient été les sentiments de Jules III. Mais les armes des hérétiques rompirent le concile , et celte affaire ne vint pas à maturité. On la reprit sous Pie IV. C'est alors que ce pape, après ^voir proposé les expédients que nous avons signalés (4) , finit par enjoindre en général lux présidents , et au cardinal Simonetla m particulier, de satisfaire le concile , et de ie pas arrêter pour cela la inarche de la •■forme, ce que le cardinal Borromée avait léjà notifié à Visconli (5).

12. Voilà pour le passé; et cela suffit pour uslifier les papes d'une accusation même ndirecte de rigueur vis-à-vis des évêques : >n voit combien ils avaient su se plier pour >rocurer la tranquillité et la satisfaction générale. Examinons à présent la déclamaion de Soave sur ce que les Pères jugèrent « propos de statuer, après que ce pouvoir

(i) Du 26 juin 1552.

gj Livre IX chap. ll,n°*3ci 10.

(3) Leurc citée.

(4) Lettres du enrdin;.! Borromée aux légats di f août el au cardinal Simonetla, du 21 aoûl 1563.

(5) Billet du cardinal Borromée adressé a Visconti c i3aoui, et renousc de celui- i. du 23.

de satisfaire le concile fut venu de Rome. Il dit que la faculté de conférer les paroisses est restée aux évêques : cela est faux. Les évêques sont obligés de suivre en tout le sentiment des examinateurs , de rejeter ceux qu'ils ont rejetés , et de préférer, même dans les examinés , ceux qui sont jugés les plus capables : d'où il arrive quelquefois, et cela se conçoit, que des personnes méprisées par l'ordinaire, appelant de son jugement comme d'un jugement injuste , triomphent à la fin dans la justice de leur cause. Soave paraît ensuite mesurer les pertes el les avantages des princes à un misérable intérêt pécuniaire : il se trompe évidemment ; ou bien il faut dire que la possession de Bologne, par exemple, est la même chose, pour le souverain pontife, qu'une somme de 6,000 écus de rente annuelle donnée par quelqu'un en échange. Mais cette règle, disons-le , ne convient qu'aux commerçants , et non aux dominateurs ainsi appelés précisément parce qu'ils dominent. Quiconque a un peu de sens comprendra donc sur-lechamp à quel notable détriment le souverain pontife a consenti, en renonçant, premièrement, au droit de concéder les bénéfices vacants dans tant de royaumes chrétiens , seulement durant huit mois de l'année ; ensuite à cette fréquence de clercs étrangers, qui se présentaient à sa cour, dans l'intention de s'y faire connaître avant d'obtenir un bénéfice de leur pays.

13. Mais il est temps de revenir au discours précité du cardinal de Lorraine. Sa proposition de formuler un décret spécial et séparé sur les cardinaux fut ce qu'il y eut déplus remarquable; tous aussi, ou presque tous l'agréèrent (1) : au contraire , peu consentirent à en voir diminuer le nombre, et on rejela cette suggestion qui venait de l'Kmpereur.

li. Après que le cardinal de Lorraine eut cessé de parler, le patriarche de Jérusalem, Elie , prit à son tour la parole. II s'attacha principalement au sixième chapitre ; et il tâcha de persuader à l'assemblée qu'on exceptât de l'abolition générale quelques exemptions. 11 voulait bien qu'on en supprimât la majeure partie, mais non point, disait-il, celles des collégiales qui avaient leur titre dans la fondation ou dans un contrat passé entre les parties et autorisé par le saint-siége : il suppliait les évêques de se montrer juges impartiaux dans leur propre cause, d'écouter les raisons qui appuyaient les droits des chapitres, et de se rendre au moins à tout ce que de sages pontifes, tels que Grégoire VII et Innocent III , leur avaient accordé.

lo. L'archevêque d'Otrante fit voir qu'il n'était permis à personne de gêner l'autorité du siège des apôtres , et il demanda le premier de tous qu'on y prit garde , en insérant celte clause : Sauf en tout et toujours l'autorité du saint-siége. Il condamna une prohibition , intimée dans le dix-huitième

(1) Lettres dos Impériaux à l'Empereur, du 8 sept., et des légats au pape, du dernier du même mois, i.*j63.

chapitre , à propos des possesseurs de plusieurs bénéfices ; il dit qu'elle contrariait les dispositions du chapitre de Multa et celles des conciles de Lyon et de Latran ; qu'elle rendait égaux les bénéficiers , seulement pour le nombre et non pour la valeur des bénéfices , et qu'elle écarterait du sacerdoce beaucoup de nobles.

16. Celui de Grenade loua ce que le cardinal de Lorraine avait dit des pénitenciers, et il joignit son vote au sien , afin que l'on statuât, dans le neuvième chapitre, leur établissement en chaque province.

17. Le cinquième chapitre contenait une loi sur les causes criminelles des évêques; Verallo exigea que la commission de les poursuivre , envoyée de Rome , fût signée du pape : il rappela que l'information en appartenait de droit au concile de la province, conformément au canon Quorumdam , distinct. 24 , et à cet autre, Quamvis, 6, q. 21; encore , dit-il , que le pape dût ensuite prononcer la sentence. Il ne fut pas content non plus que les évéques et le souverain pontife accordassent des cures sur un jugement d'examinateurs , et il remontra qu'il ne fallait s'en rapporter qu'à soi-même, lorsqu'il s'agissait de charges dames , et non à la conscience d'autrui. Enfin , il excepta les causes majeures des dispositions du vingt et unième, par lequel on abandonnait aux ordinaires toutes les premières intances.

18. Muzio Callino, archevêque de Zara, proposa de décréter, dans le premier chapitre , l'institution d'un tribunal d'examen pour les évêques (ce que dans la suite Clément VIII ordonna) , et d'arrêter qu'aucun ne. serait promu par le souverain pontife à lepiscopat, sans le consentement de Tévêque diocésain ou du légat apostolique de la province.

19. L'archevêque de Braga combattit l'cxceplion que le patriarche de Jérusalem voulait mettre dans le sixième chapitre, relativement aux exemptions par fondation : vouloir cela, dit-il , était négliger une difformité native , entretenir dans sa folie un hospice dont la loi première serait l'exclusion absolue des médecins.

20. Mais , au contraire , Gaspard de la Fosse , archevêque de Reggio , s'opposa à l'abolition générale des exemptions ; et , pour en recommander la cause , il remit sous les yeux l'exemple des chapitres d'Allemagne, qui s'étaient montrés inviolablcment attachés à leur devoir, lors même que plusieurs évêques y avaient forfait.

21. Il y en eut enfin , durant cette discussion des exemptions , qui critiquèrent fortement les procédés du comte de Lune envers le procureur, et d'autres qui les soutinrent.

22. L'évêque de Lérida se plaignit assez amèrement de paroles qu'il avait entendues dans l'assemblée ; ainsi qu'en un coin hérétique de l'Allemagne, on avait dit que le concile ne pouvait soumettre les princes à ses lois : c'est pourquoi cet évéque pensa qu'il était utile de monfrer l'usage contraire des papes et des conciles précédents , et il le

du

confirma par le témoignage de 1 histoire, il donna ce conseil , à l'occasion du premier article, de n'admettre au cardinalat personne déjà frère , neveu ou parent paternel d'un autre cardinal ou d'un pape , et jamais plus de deux en une province. En attendant la promotion, on devait encore prendre soin de la charge elle-même , et ne point la laisser vacante. Il exhorta à procéder envers les princes avec le plus de douceur possible, rappela celte parole : Gardez-vous de provoquer la colère de vos enfants ; ensuite , laissant voir qu'on avait besoin d'eux pour l'exécution des décrets , il représenta qu'on devait se ménager leur bienveillance.

23. Facchenelti de Nicastro s'attaqua à l'orateur français , au sujet du premier chapitre. L'orateur s'était plaint , en effet , de certains désordres qui avaient eu lieu en France ; l'évêque de Nicastro démontra qu'ils venaient directement des rois et de la liberté qu'ils avaient d'accorder à leur gré les bénéfices.

24. Quant au discours de l'évêque de Salamanque (1) , il occupa plus de temps. Cet évéque remercia Dieu , d'abord de ce que enfin le moment était venu de rendre à l'Eglise , en dépit de l'hérésie , sa beauté primitive , de ce que la noirceur des calomnies publiées contre le concile allait être dévoi lée, et, surtout, de ce qu'à l'exemple d huitième concile de Tolède, on faisait pré céder la réforme des fidèles par celle

•clergé. Celui qui se corrigeait déjà lui-même voulant corriger les autres , acquérait , d' sait-il , une grande autorité, et prédisposai en sa faveur. Il n'aimait pas , généraleme»! dans les décrets proposés , cette diffusion contraire à l'usage des conciles en malien grave , à l'honneur du concile actuel et àl tranquillité même des sujets ; et on savai en effet que plus on multipliait les paroles plus on donnait aux disputeurs l'occasioi de s'exercer. Il condamna aussi cette parole gratuitement, du premier chapitre , sure qui regardait les informations avant l'épis copat; encore que les sacrements s'adminis trassent réellement sans rétribution pou eux-mêmes , on devait cependant en exige Une pour compenser la peine de tous ceu qui concouraient à les procurer. Il repn senta qu'à l'égard des émoluments des card ïiaux qui proposaient les collations d'églj ses , il ne convenait pas , puisqu'on leur r tranchait déjà tout bénéfice ayant charjj d'âmes, hormis lepiscopat, de les priver ei corc de ces autres droits dont ils jouissaie en pareille circonstance. Dans le troisièi chapitre , il était dit que les métropolilai visiteraient les diocèses de leurs suffragant ce passage, controversé, comme nous ve| rons plus loin, ne reçut point l'approbati de Mendoza, qui assura que c'était une chc, absolument nouvelle pour l'Espagne ; il en « montra les inconvénients et les fâcheux î sullats , même pour les diocèses des métij politains visiteurs , à cause de la Ionjf

) Voyez les Anes de cet évéque.

absence de ceux-ci , et ensuite la multiplica- néficiers ce qu'on avait prescrit antérieure-

tion indéfinie des charges pour les bénéficiers ment sur les patrons des paroisses : premiè-

peu aisés , puisque ces bénéfleiers seraient rement, de choisir la personne, et ensuite de

obligés de répondre aux frais de visites faites la soumettre à l'examen de juges, qui recon-

à eux par les archidiacres, les évêques et naîtraient si elle est , ou non capable, sans

les archevêques. Au lieu de ces règlements, quoi l'élection serait nulle; et afin d'empê-

il y en avait d'autres à faire ; et les conciles cher la connivence, entre les examinateurs

provinciaux, que le premier chapitre près- et l'ordinaire, touchant l'approbation de per-

« rivait pour tous les trois ans , pouvaient sonnes incapables, il conseilla de statuer

eux seuls suffire à tout. Selon lui , il était que les premiers ne seraient jamais les fa-

oncore bien à désirer que l'on insérât dans miliers de l'ordinaire, et qu'ils seraient en-

le cinquième chapitre le troisième canon du core astreints au serment,

concile de Sardique, proposé en ce concile 25. x\près Mendoza on entendit les raison-

par le grand Osius, accueilli des Pères, peu nements de l'évêquc de Guadix, Melchior

après inscrit dans les actes, sous ce nom : Avosmediano. Ce prélat, dit l'archevêque de

Osius, 6, q. 4, et enûn renouvelé par le pape Salamanque, avait le cœur ulcéré par une

Sixte III. (Le sens de ce canon était que les offense qu'il reçut de ceux qu'il nommait les

causes des évêques fussent déférées en cour Romains : il profita des circonstances pour

de Home.) Le sixième chapitre fournit àMen- parler du sacrement de l'ordre ; et, se voyant

doza l'occasion d'attaquer l'exemption des à couvert derrière l'ambassadeur d'Espagne,

chapitres ou collégiales : mais, tout en *dé- qui était présent, il se vengea. Le texte de

montrant qu'ils étaient une source de dis- son discours fut cette parole, gratuitement,

cordes et de relâchement , il prélendit qu'on dite à propos des provisions d'évêchés , et

devait excepter, en Espagne, le chapitre d'Al- sur laquelle le cardinal de Lorraine et plu-

cala; en quoi il reçut l'approbation de plu- sieurs autres avaient déjà tant disputé. Sans

sieurs grands évêques ; et il apporta diverses en rapporter aucuns détails , disons que le

raisons. S'il semblait si fortement insister, discours de l'évéque de Guadix fut plein d'ai-

ce n'était assurément pas, disait Mendoza, greur ; que ce fut plutôt une véritable invec-

parce que l'académie de cette ville l'avait tive contre les officiers et les employés de la

instruit dans les sciences , ce n'était point cour de Rome. L'évêquc alla même jusqu'à

parce qu'un archevêque de Tolède, le canii- produire une note de tout ce qu'il avait dé-

nal Ximcnès, qui en était le fondateur, en pensé dans sa nomination, et de tout ce qu'il

avait spécialement chargé les Mendoza, pour avait payé nommément à chaque employé

qu'ils la protégeassent toujours; mais il vou- pour L'obtention de ses bulles : aussi l'on

lait qu'elle fût récompensée d'avoir nourri s'aperçoit facilement qu'un semblable dis—

i dans son sein tant d'hommes célèbres, dont cours venait de la passion et non d'un saint

plusieurs brillaient encore dans les àssem- zèle. En général, il déplut, mais surtout aux

blécs du concile; il voulait que les chanoi- Espagnol, et au comte lui-même, qui crai-

nes de son chapitre fussent honorés au-des- gnirent de voir l'odieux et le blâme de ce

sus des autres. Ils étaient, en effet, si in- discours retomber sur toute leur nation au

comparables : car ils étaient théologiens , concile.

docteurs, maîtres dans les sciences libérales; 26. Le premier qui en releva l'amertume

: à toute heure du jour ils prêchaient la divine fut Paul Jove , évêque de Nocera : il ne ba-

i parole, ou ils étudiaient pour eux-mêmes, lança pas à dire que l'évéque de Guadix

ou ils confessaient, ou enfin ils combattaient avait suivi , dans tout cela, les suggestions

• dans des disputes les opinions erronées, de sa conscience plutôt que les préceptes de

Toujours paisibles, ils n'étaient jamais en la science ; qu'il n'était permis à personne

repos ; ils travaillaient sans cesse, donnaient de dépouiller le premier pasteur de l'Eglise

l'exemple de l'activité et des vertus les plus de ses droits, et de le priver de l'honnête

'signalées. Leur illustre fondateur les ayant sustentation due à un chef suprême. De mê-

doneexemptés de toute juridiction étrangère, me, disait l'évéque de Nocera, qu'on accusc-

excepté de la sienne, et d'ailleurs, ayant rait justement de lèse-majesté cet imprudent

voulu qu'ils fussent annuellement visités par qui voudrait l'abolition des tributs dus aux

un recteur universitaire, i! suppliait les Pè- princes laïques, de même, et plus justement

res du concile de ne point contrister cette encore, on pourrait accuser de crime grave

académie, qui avait rendu à l'Eglise de si l'hommo qui tendrait à ôler au prince de

'grands services, et de ne point abolir ses l'Eglise, au vicaire de Jésus-Christ, ses reve-

priviléges et ses droits. Mendoza appuya en- nus. Toutes les églises du monde chrétien

suite fortement la disposition du dix-neu- doivent reconnaître leur pasteur : la raison,

vième chapitre, qui n'accordait les bénéfices les lois de la justice, et même la coutume de

qu'après un examen, s'efforçant de prouver tous les siècles le commandent.

que les meilleurs bénéficiers, en Espagne, 27. Il y eut ensuite de la part de l'évêquc

étaient ceux qu'on avait établis par cette de Faënza, Jcan-BaptisteSighicelli, Bolonais,

voie; mais il condamna la voie de concur- une opposition vigoureuse à la révocation de

ronce, qui pouvait être, à son avis, un foyer l'exemption des chapitres. Sighicelli objecta

le brigues, d'ambitieuses menées et de que- que si l'exemption avait été aussi domma-

relles incessantes. Il proposa, pour la plus geable en Espagne que le prétendaient les

grande paix du clergé et la plus grande prélats de ce royaume, elle aurait été depuis

zloirc des évêques, de prescrire sur les !>é- longtemps combattue par h s papes, et sur-

tout par les papes Calîxte m , Espagnol, et Adrien VI, évéque d'Espagne lui-même; que quant à l'exemption dans les autres royaumes , elle n'avait point nui évidemment; qu'au contraire elle n'avait été que très-utile, qu'elle avait fort souvent préservé une église particulière de sa ruine, malgré la chute de son évéque, témoin en Allemagne et en France.

28. Vanzio, l'évêque d'Orvieto, réfuta celui de Guadix. « La vénalité des charges à Rome, dit-il, remonte à un temps immémo-

un grand nombre d'un semblable confesseur.

30. Enfin , le 2 octobre, Diego Lainez fut admis à porter la parole : ce fut le dernier qu'on entendit. 11 rappela* au souvenir et aux décisions de l'assemblée cette clause conseillée par l'archevêque d'Otrante : Sauf Vautorité du saint-siége. Le saint-siége , ditil, peut être considéré de deux manières différentes , selon l'esprit et selon la chair; je veux dire en tant qu'il est le centre de la charité et de la religion , et en tant qu'il est rial, à un temps plus reculé que' le pontificat une source d'avantages temporels. Le saint

même de saint Pierre : lisez à ce sujet les derniers livres du code, Leg. prima, § Nec castrensc, deCollatione Oonorum, et leg. fin. cod. de Pignoribus, et leg. fin. cod. de Silen!., et leg. Omni modo, § Impetrare, de lnofficios. testam. Plus tard, Constantin le Grand a laissé au siège des apôlres le pouvoir de conférer ces charges, selon que le canon Constantinus, 96 dis tin. , et cet autre, Futurum, 16, q. 3, en font foi. Innocent III a décrété ensuite que les lettres apostoliques recevraient leur complément d'employés fixes, poïir se mettre en garde contre l'erreur, cap. Dudum et cap. Licet , de Crimine falsi. Or n'est-il pas juste de récompenser ces employés pour le temps et les peines qu'ils y consacrent? Si le pape distribue après cela a ses ministres honoraires une partie des revenus que le droit civil même lui accorde, authent. de Sanctissimis episcopis, parag. Jubemus, pourquoi s'en fâcher, dès lors qu'il peut en disposer à son gré? » Vanzio s'attacha ensuite au vingt et unième chapitre, qui traite des premières instances. Il se montra désireux d'une exception touchant les causes des personnes misérables qui peuvent déjà exiger leur premier jugement en grande cour, d'après la fameuse loi unique ; touchant celles de personnes de haute naissance, d'après la loi première cod. Ubi sénat, vcl clar. ; touchant les personnes de la cour romaine , selon ce que porte la même loi première, cod., de Curial. urb. Rom.; et enfin touchant les causes qui ont rapport en matière grave, aux bénéfices, cap. Pcr venerabilem, paragr. Jgitur, qui filii sint legit.

29. Naturellement Vincent Justinien, général des frères prêcheurs , dut controverser beaucoup sur le quatrième chapitre, par lequel on privait les réguliers de la liberté d'annoncer la divine parole. Il représenta à l'assemblée que cette liberté leur venait directement du concile œcuménique de Vienne suivant la clémentine Dudum, de Sepul. ; qu'elle n'entravait point le pouvoir des évêques, ceux-ci pouvant, à leur gré, interdire les réguliers , et les punir quand ils prêchaient l'erreur, et qu'il n'était pas juste de condamner au silence ceux dont la bouche avait tant de fois honoré Dieu. Quant à la question d'un pénitencier, déjà soulevée dans le neuvième chapitre, il opposa beaucoup de résistance, donnant pour motif que la crainte de passer aux yeux du public pour avoir commis quelque crime réservé éloignerait

siège doit persévérer dans ces deux manières d'être, pour qu'il soit encore en quelque considération auprès des imparfaits ; car ceux-ci , tout charnels , ne voient que ce qui est selon la chair; ensuite ce second mode d'existence donne secours au premier, et amène doucement les hommes à en recevoir l'influence. « Je vois, poursuit Lainez, deux affections envers le saint-siége : l'une ressemble à celle de l'illustre saint Bernard, et l'autre à celle des hérétiques : la première, loute-puissanle, a la vertu de rendre la vie aux membres morts, épars çà el là, et de les réunir à leur chef; et la seconde, vertu corruptrice , attaque et ronge les membres vivants, les sépare de l'unité et les disperse. » Lainez, après ce préambule, s'ouvrit sur ce qu'il pensait des décrets énoncés; il dit qu'il désirait en général trois choses : une plus grande concision , une correction légère des anciens décrets, et des règlements d'exécution plus facile : que la loi promulguée par Dieu, à propos de cette troisième demande qu'il faisait, était loin de ressembler à celle que portent les hommes ; que le législateur divin donnant la force d'observer sa loi, cette loi divine excluait la sévérité ; mais que la loi humaine avait besoin de rigueur, parce que son auteur se réglait , pour la sanctionner, sur les forces qu'il trouvait dans les hommes , et qu'il ne pouvait augmenter. « Il est bon de remarquer, dit Lainez, que le clergé n'est point accuse par ses ennemis de manquer de lois sages, mais de les violer. Pour moi , ajouta-t-il, il me semble que l'on charge un peu les épaules de tous les autres! fidèles, excepté des évêques, auxquels on n'ose rien imposer. Les décrets que nous avons vus renferment trop de choses contre! le pape, les cardinaux , les archidiacres;! beaucoup trop contre les chanoines, les cu-l rés, les réguliers, et ne disent rien des évê-l ques. » Lainez après cela, parlant des dé— | crets en particulier, considéra que les conciles provinciaux , dont il était fait mention! au chapitre cinquième, ne se tiendraient qu'assez difficilement, et que les nationaux en deviendraient dangereux à l'Eglise: i désapprouva qu'on eût fixé le temps des con ciles généraux, fit voir que les contumace: auraient là un prétexte réel d'appeler du ju gement du pape à celui du premier concile que la soumission des sujets était atteinte e l'unité du christianisme compromise, 'fou chant les exemptions mentionnées au sixièni chapitre , il jugea que l'on ne devait pas in

différemment traiter de la même manière toutes les collégiales ; qu'en Espagne on pouvait les souiiietlre à la juridiction des évoques, si les évêques se conduisaient d'une manière orthodoxe , et que c'était le désir du roi : mais qu'il devait en être autrement, dès que les évêques sortaient de la catholicité et se dégradaient par une vie infâme ; tel était encore le conseil des princes. 11 appuya fortement pour que l'on réglât par une loi les ameublements épiscopaux , la relation des prélats avec leurs parents , la manière dont ils pouvaient conférer à ceux-ci des bénéfices , et pour que les résignations de personnes qui voulaient fuir la résidence ou la peine ne fussent point accueillies ; il insista également dans l'intention de faire abolir par un décret toute pension injuste, et afin qu'à l'avenir nul n'en eût qu "à litre raisonnable. Enfin (et il finit par là) il fut content que l'on n'accordât à un seul homme qu'un seul bénéfice, quand ce bénéfice pouvait être suffisant. Mais la suffisance du bénéfice devait se mesurer au ministère de la personne et non à sa noblesse; parce que, faisait observer Laincz , l'Eglise n'était point

J>our l'avantage de ses ministres , mais bien es ministres pour l'avantage de l'Eglise ; dans ce dernier sens, un seul homme pouvait donc posséder plus d'un bénéfice, soit , par exemple, quand on manquait de pasteurs capables auxquels on pût les répartir , soit lorsqu'un seul pasteur, à cause de sa vertu ou de sa science profonde, pouvait être plus utile qu'un grand nombre.

31. Telles furent les opinions des prélats sur les vingt et un articles. Cependant il en restait encore àdiscuter,entreaulres l'article des rois ; mais on fut obligé d'en différer le jugement jusqu'à la réponse définitive de l'Empereur; et on y fut engagé par toutes sortes de raisons : par les contradictions amères sorties de la bouche des Français; par une protestation non moins alarmante, quoique plus voilée, du comte de Lune , et par une dispute opiniâtre du même comte, ces jours-là , à propos de l'éclaircissement tant demandé de la clause ProponenLibus. Ajoutez encore, que le 4 octobre, les Vénitiens présentèrent aux légats une requête (1), pour exposer l'attention continuelle de la république à protéger les libertés et franchises de l'Eglise, et montrer qu'elle ne devait pas être comprise dans le décret médité contre les puissances. Ils demandèrent en termes respectueux un sursis de quelques jours, aGn de s'entendre avec le sénat, touchant les moyens de conserver leurs privilèges, leurs coutumes, cl en général les prérogatives de leur autorité; ils représentèrent aux légats combien il était injuste de faire ainsi tort à une principauté obéissante et singulièrement attachée au saint-siége , sans l'entendre. Bien plus, celte requête, pour obtenir un délai , fut suivie d'une autre des Impériaux ;

(I) Lettre des lcgais au cardinal Borroméc, du 4 octobre 1563. Les mémoires de Guallieri placent U requête au 7 du même mois.

c'était le même jour, k octobre. Ils se montrèrent aussi décidés que les autres, et dirent qu'ils voulaient prier à ce sujet le con- ' cilo, d'une manière solennelle ; que le secrétaire du comte le ferait pour eux , les intérêts des deux nations étant les mêmes. Selon ce qu'ils ajoutèrent , l'orateur français se serait offert aies appuyer de toute sa puissance; mais, ayant entendu son discours , ils ne l'auraient pas admis à l'honneur de leur compagnie.

32. Tant d'instances aussi unanimes, survenues en même temps, déterminèrent l'esprit jusque-là indécis des présidents (1); ils comprirent que s'ils usaient en cette occasion de condescendance, on ne les accuserait pas d'avoir agi moilement, et que s'ils résistaient, ils deviendraient au contraire opiniâtres et téméraires : c'est pourquoi, le 8 octobre (2), le premier légat, sans faire une mention publique des requêtes que les orateurs lui avaient présentées , vint y répondre en ces ces termes (3) :

« Si ce qui fait l'objet de nos souhaits les plus ardents , dit-il à l'assemblée , pouvait être aussi bien réalisable, nous n'aurions pas besoin à présent d'eu venir à délibérer. Mais, le malheur des temps ne nous laisse à choisir, au lieu du plus grand bien, que le moindre des maux. Nous avions résolu de procéder , après ladiscussion sur les vingtetun articles, àcelledcsautrcsqui restaient, surtoulà l'examen sévère du trente-cinquième, qui touche les rois : Vous savez, vénérables Pères , que les envoyés des rois, parleurs instances, par leurs protestations , nous contraignent de négliger ce dessein. Les envoyés nous disent que leurs maîtres ne veulent rien d'opposé aux franchises et libertés de l'Eglise ; qu'ils ne demandent seulement, dans une si grave circonstance, que du temps pour composer la justification de leurs coutumes , prouver leurs droits et leurs privilèges. Or il nous semble conforme aux lois de la justice de ne point refuser à des princes catholiques ce que nous n'oserions refuser à des hérétiques mêmes ; il nous semble, d'un autre côté, que ce que nous leur accorderons de temps , ne pourra être si court qu'il ne nuise beaucoup, par l'inaction dans laquelle il plongera le concile : c'est pourquoi nous disons qu'il serait bien , pendant cet intervalle , de célébrer la session qui doit régler les discussions sur le mariage et sur les vingt et un articles de lois. N'est-ce pas un bonheur de prévenir ainsi le jour fixé de celle session, et d'effacer, en quelque sorle, la honte que tant de prorogations nous ont fait subir? Alors encore nous dévoilerons la calomnie de nos ennemis : car, nos ennemis ont dit que la haine de la réforme nous avait fait mêler aux autres chapitres l'article des rois, afin que, re-

(1) Lettres des légats au cardinal Borromée , du 4 et du 7 octobre 15G3.

(2) Soave place ce discours au 7 ; cela est faux.

(3) Lettre des Impériaux à Ferdinand, le 8 octobre 1565 ; Actes du château Saint-Ange, de Paleotio; journal du h octobre; lettre des légats au cardinal Borromée, du 9 octobre 1503.

doutant d'être atteints eux-mêmes , les rois ne nous pressassent point de réformer le clergé. Nous éelaircirons en outre une foule de questions; et nous pourrons, dans une autre session, conduire le concile à son terme si désiré , et si désirable en effet. Si par hasard la malice d'autrui suscite des obstacles, abandonnez, nous le voulons, l'œuvre de la réforme; vous aurez satisfait au devoir en beaucoup de choses, et vous aurez montré pour le reste, de la promptitude etdelabonne volonté. Mais faisons pour nous ce qui est en

décrets , avait été si varie et avait roulé sur tant de choses, qu'il semblait non-seulement impossible'dc satisfaire chacun d'eux, mais encore de retrouver ce que plusieurs avaient émis (1). Or, afin de rendre le travail plus facile, on divisa en trois congrégations les Pères choisis à cet effet ; trois cardinaux , Hosius , Simonetta , Navagero les présidaient.

Chaque congrégation se partagea donc une partie des opinions que leurs auteurs avaient données par écrit, pour mieux éviter les

notre puissance; ne retardons pas un bien équivoques et les omissions auxquelles sont

que nous pouvons faire; les occasions en sont sujettes les reproductions hâtées des secrétai-

courtes et peu fréquentes. » Le légat recom- res; on assigna à chaque décret sa proposi-

manda ensuite ces motifs aux Pères : « Pe- tion principale, sorte de lieu commun, au-

sez, leur dit-il, ces raisons; les légats ont dû tour duquel venaient se grouper lesdifféren-

vous les proposer ; vous devez à présent en tes opinions : ces lieux communs quelque-

juger vous-mêmes. » Tel est le moyen ha- fois, dans un décret, montaient jusqu'à trente,

bile dont les légats se servirent; moyen or- et réunissaient les jugements des prélats ré-

dinaire à ceux qui président, quand ils veu- dacteurs, formés du sentiment des trois con-

lent, dans les assemblées, faire passer des grégations ensemble ; puis on choisit deux

demandes qui déplaisent, et quand, très-ja- Pères dans chaque congrégation, pour com-

louses de leur liberté , ces assemblées pré- parer entre eux les index particuliers et en

tentfent être plus libres , alors qu'elles se sentent plus violentées.

33. A celte proposition du légat, les sentiments varièrent ; beaucoup de Pères ne voulurent pas y consentir; mais, la plupart, conformant leur volonté à leur degré de puissance, ou consentirent en propres termes,

former un index général sur chaque lieu commun , et pour trouver de cette manière où était la pluralité des opinions, avant de redonner aux décrets leur forme nouvelle. 2. Ce travail , si habilement conduit, fut cependant un objet de critique pour le comte de Lune : il vint se plaindre auprès des lé-

ou s'en rapportèrent à la conscience des lé- gats (2j de ce que, disait-il, plusieurs avaient

gats. On choisit alors les Pères qui devaient laissé là leur première opinion pour en don-

corriger les canons et les décrets, suivant ner une autre par écrit, en tout différente de

le sens qu'ils avaient ouï dans l'assemblée : la première qu'ils avaient émise dans l'as-

naguère une foule de voix avaient demandé semblée ; et de ce que dans leur écrit ils s'é-

qu'on fît ce choix par nombre égal entre ton- taient prêtés à beaucoup de restrictions que

tes les nations; en ce moment tout fut muet d'autres avaient suggérées. «Sans doute, con

pour renouveler celte demande, el on s'en remit unanimement aux légats. Peut-être le comte, qui avait poussé les autres à faire cette demande , jugeait-il alors qu'il était plus sûr pour son honneur d'abandonner cette lulle nouvelle; peut-être encore commençait-il à comprendre que celui qui s'engage dans plusieurs procès à la fois, indispose contre lui dans chaque affaire l'opinion des hommes , et que les plus grands princes ne conduisent jamais plusieurs guerres de front, pour ne pas être malheureux dans toutes.

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