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judice à la liberté des Pères et des ambassadeurs ; et de plus de faire ( ce que le rappel même de la clause n'aurait pas fait), que dans le cas où elles seraient employées de nouveau par les conciles, il n'y eût plus à craindre qu'elles n'eussent pour résultat de dépouiller qui que ce soit d'aucun droit précédemment acquis.
8. .Maintenant que j'ai suffisamment répondu à toutes les attaques de notre critique, il me reste à rapporter les sentiments des Pères. Le cardinal de Lorraine, dans la crainte qu'il avait d'aller contre les vues de la cour de France, manifesta une double intention : la première, de ne pas se montrer entièrement satisfait des réformes que le roi avait regardées comme insuffisantes; la seconde, de ne point approuver tout ce qui pourrait porter quelque ombre de préjudice aux privilèges du roi. Il déclara donc qu'il renouvelait, tant en son nom qu'en celui de | ous les évèques de France, la protestation ]u il avait faite, deux jours auparavant, dans la congrégation, savoir, qu'il acceptait cette •éformation, non comme entière et suffisante, i nais comme le commencement et la prépaalion d'une plus parfaite, qu'on pouvait alendre de la sagesse de quelques nouveaux onciles, ou bien encore du zèle des souveains pontifes, et particulièrement de Pie IV; mis qui ne pouvait avoir lieu qu'après que, l'aide de ces premiers tempéraments, la lépublique chrétienne, alors trop infâme et rop corrompue, aurait été suffisamment préarée à supporter de plus graves épurations i à voir renouveler les anciens canons , jrtout ceux des quatre premiers conciles. ' ajouta qu'il approuvait le chapitre cinuième sur les causes criminelles des évêues, s'il était approuvé par les Pères, d'aunt plus que, dans la congrégation qui était tenue la veille, il avait été déclaré que )n ne prétendait point déroger par là aux "iviléges des princes. Il approuvait égaleent le, vingtième chapitre, relatif aux preières instances, pour toutes les provinces ri ne jouissaient pas déjà, comme la France,
• droits plus étendus. Il demanda que sa folestalion et celle de tous les évèques de :\ince fût enregistrée dans les actes par les blaires du concile, pour qu'elle demeurât Joerpétuilé et sous la forme la plus autheni|iie. Il déclara que ses observations sur les
• îquièmc et vingtième décrets avaient éga- Incnt pour objet le maintien des droits du ant-empire et de toute l'Allemagne. Il tsapprouva, en finissant, l'exception qu'on tait mise, au srxième chapitre, pour les lys où l'inquisition était établie, à la faculté ' ordée aux évèques d'absoudre de l'hérésie c.ultc.
<• Le cardinal Madrucci acquiesça aux (laralions du cardinal de Lorraine sur les t quième et vingtième chapitres, et sur 1 teeption dont nous venons de parler. Les a res donnèrent ensuite leur avis et mirent uc grande variété dans leurs suffrages, P ncipalemcnt sur les points que nous avons i» iqués plus haut en rapportant le senti-
ment de l'archevêque de Zara. Aussi, tandis que dans les autres sessions (1) on était tout étonné si par hasard quelques-uns, en trèspetit nombre, ne donnaient pas leur adhésion pure et simple à toutes les propositions précédemment arrêtées dans les congrégations, dans celle-ci, au contraire, il y en eut fort peu qui ne trouvèrent rien à reprendre. Les plus notables acquiescèrent néanmoins.
10. Quelques-uns auraient voulu que l'on maintînt l'usage des mandats de pourvoir en faveur des ecclésiastiques pauvres, d'autres que le décret sur les premières instances fût plus étendu, d'autres qu'il fût plus restreint, et cela de vingt façons diverses. L'un s'opposa à ce que l'on fit mention des pensions, pour ne pas avoir l'air d'en approuver le principe ; l'autre trouva mauvais que le pouvoir d'absoudre accordé aux évèques fût restreint aux péchés secrets. 11 s'en trouva pour demander que la défense de garder deux paroisses n'eût point d'effet rétroactif; d'autres pour trouver mal qu'en tel ou tel décret il fût fait mention des cardinaux.
11. Lorsque chacun eut donné son suffrage, comme l'heure était fort avancée et que chacun était épuisé de lassitude, vu l'impossibilité de faire dans la soirée le long et fatigant dépouillement des votes sur tous les articles les uns après les autres, le premier légat prononça à haute voix ces paroles : Tous les décrets sont approuvés presque unanimement ; néanmoins plusieurs ont fait sur quelques-uns certaines observations et déclarations qui n'en changent pas la substance. Sur le second, sur le troisième, sur le cinquième et sur le sixième, on a noté différentes choses qui devront être réformées selon le vœu du plus grand nombre; et ces corrections et changements auront la même valeur que s'ils avaient été rédigés et proclamés dans la présente session
12. Enfin l'évêque célébrant lut le décret d'indiclion de la prochaine session pour le 9 décembre, avec la clause que l'on pourrait en devancer le temps. 11 y était dit que l'on remettait à traiter alors du sixième chapitre concernant l'exemption des chapitres. Tous les Pères donnèrent à ce décret leur adhésion. En voyant ce succès, le concile, comme un équipage qui jusque-là n'avait aperçu que le ciel et une mer pleine d'écueils, crut entrevoir l'entrée du port vers lequel il se sentait poussé par un vent propice, mais non sans craindre que quelque ouragan furieux ne vînt encore l'en éloigner.
(i) Actes de Paleoilo.
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ARGUMENT
Instructions données par le pape Visconli, envoyé en Espagne pour traiter des affaires du concile, d'une entrevue des princes proposée par la reine de France, du mariage de la reine d'Ecosse et de l'aliénation des biens ecclésiastiques. — Les légats et le cardinal de Lorraine proposent aux Pères de conclure le concile : ils se montrent disposés d accéder à cette proposition. — Le comte de Lune s'y oppose et convoque à cette fin une réunion générale des prélats, soumis à la domination du roi Philippe. — 77 apprend, dans la nuit suivante, que te pape venait d'être attaqué d'une maladie qui ne laisse pas d'espérance de le sauver. — Les légats font alors toutes leurs diligences pour devancer te jour de la session et faire prononcer en même temps la clôture. — On apprend ensuite que le pape se trouve ihicux ; mais cette nouvelle rassurante ne retarde point l'exécution de ce qui avait été projeté. — La vingt-cinquième session se tient le S décembre. — Décret sur le purgatoire, sur les reliques, sur les images, sur l'invocation des saints : dans quelle vue ils furent dressés. — Vingt-deux décrets de réformation des réguliers et vingt de ré formation générale; opinions diverses des Pères sur ce décret et spécialement sur celui qui règle l'âge requis pour la profession religieuse. — Calomnie manifeste de Soave sur l'exception en faveur de la compagnie de Jésus. — Prorogation de la session pour le lendemain. — On se décide, après une longue hésitation, à ajouter un décret sur les indulgences ; mais il s'élève quelque dissidence par rapport à la taxe des indulgences des croisades. — Autres décrets publiés dans cette session sur l'abstinence, les jeûnes, les fêtes , le catéchisme, l'index, le bréviaire, le missel, le maintien des droits des ambassadeurs par rapport à la préséance,la clôture et l'observation du concile, la lecture et la confirmation des décrets établis sous Paul III , Jules III et Pie IV. — Le concile déclare qu'il se dissout. — Acclamations, titres qu'on y donne au souverain pontife. — Souscriptions de combien, de qui et comment. — Retour de deux légats à Rome, et pourquoi non des deux autres. — Réjouissances solennelles en cette ville pour la clôture du concile; empressement du pape pour la faire exécuter. — // en confirme absolument tous les décrets, et publie plusieurs bulles à cet effet. — Congratulation et acceptation du roi de Portugal. — Difficultés que l'on fait en France en ce moment et encore après, et pourquoi. — Réfutation des objections de Soave sur le prétendu préjudice porté par le concile au pouvoir temporel, sur les patronats, sur les mendiants, et sur les commendes. — Acceptation pure et simple du roi Philippe pour l'Espagne, pour l'Jtalie et pour la Flandre , nonobstant l'opposition du sénat de Flandre et la préséance accordée par le pape
à l'ambassadeur français. — Acceptation di sénat de Venise et des autres princes italiens
— Instances de l'Empereur et du duc de Bavière auprès du pape pour obtenir l'usage di calice. — Celle concession, faite avec cerlaitm restrictions, donne de grandes espérances qu ne tardent pas à s'évanouir. — Considérations sur la défense faite aux prêtres de » marier. — Mort de l'empereur Ferdinand
— Honneurs singuliers qui lui sont rendu. par le pape. — Éloge de ce prince. — Coin mendon décide , par son adresse , le sénat d> Pologne à recevoir le concile. — Réfutât foi d'une foule sans nombre de récits et de discours de Soave, particulièrement de ce qu'i, dit, à la fin de son histoire, à propos d'un promotion de cardinaux qui eut lieu quinz mois après la clôture du concile. — Consé quence qui résulte de toute cette histoire, pai rapporta la liberté avec laquelle chacun s comporta dans le concile. — Dédicace de et. ouvrage au souverain pontife Alexandre VU,