CHAPITRE PREMIER
Nonciature de Visconli en Espagne. — /« struclions qui lui sont données au sujet dei clôture et de l'exécution du concile, d'w\ entrevue entre les princes, du mariage de reine d'Ecosse , de la condamnation de reine de Navarre , et de quelques grâces qii les Français et les Espagnols sollicitaie\ au})rès du pape.
1. Avant que la gracieuse annonce de célébration de la session fût parvenue cl pape, il avait reçu des communications pif flatteuses de la part du roi Philippe, par l'e] tremisedeLouisd'Avila,son ambassadeur (:, Le roi , après avoir rappelé au saint-pèl que le concile avait été réuni pour déûif les dogmes, réformer l'Eglise et ramîner ' hérétiques, et avoir fait observer que rien tout cela n'était encore terminé , supplij Sa Sainteté de ne point interrompre une belle œuvre avant que ces Irois grandes! utiles entreprises ne fussent menées à bol ne fin. Le pape dans sa réponse avait lémf gné, avec les plus grands égards, qu'il pouvait partager cette opinion. Il ne vol lait pas , disait-il , calculer les charges ctj dépense que le siège apostolique avait à si| porter , parce que celte considération serait certainement' d'ancun poids dans il esprit contre la volonté des Pères ; ml eux-mêmes ne pouvaient plus porter le po| de la dépense, ni résister à l'âprelc du mat, et plusieurs étaient même déjà pal sans congé. L'occupation toute récente [ Vurtzbourg par les protestants faisait cr. dre que les hérétiques ne transportassl
(1) Tout ce qui suit est tiré de trois mstrncll datées du dernier jour d'octobre, qui se trouvent <l les papiers des Borghèse et dans les mémoire | GuaUieri.
ce-
jusque dans le voisinage de Trente le théâtre de la guerre, et qu'on ne se vît par là dans la nécessité de dissoudre encore une fois précipitamment le concile, comme au temps de Charles-Quint : tandis que la peste, qui allait étendant ses ravages à Inspruck, à quelques journées de la \ ille de Trente, n'inspirait pas de moindres inquiétudes et pouvait occasionner les mêmes malheurs. Pie IV ne se contenta pas d'exposer ces raisons par écrit : lorsqu'il envoya Visconti en Espagne le dernier jour d'octobre , il lui recommanda de les faire valoir auprès du roi , en ayant soin toutefois de faire entendre qu'il était chargé, non pas de recevoir 'sa réponse , comme si l'on était décidé à l'attendre avant d'agir, mais de disposer le oi à avoir pour agréable tout ce qui pour- '■ ait advenir d'un moment à l'autre par rapjpjrt au concile. Ce qui avait retardé le départ de Visconti , c'est que le cardinal de Lorraine, étant arrivé à Rome sur ces entrefaites, le pape avait jugé préférable d'atl'endrc le résultat des conférences qu'il devait 'noir avec ce cardinal, présumant qu'elles I lonncraicnl lieu peut-être à modifier sur juclques points les instructions du nouveau ïonce.
2. En effet, le cardinal ne s'était point ccupé à demander des grâces ou des dispenses au nom du roi et du royaume ; seu- ^ment il s'était joint aux autres minisires du oi pour prier le pape, avec les plus vives inittances,de procurer le succès d'un double proilde conférence du roi Charles et de la reine, 1 mère : l'une avec le roi Philippe et l'autre vec le pape lui-même ; et il avait assuré que la ïine Catherine et son fils étaient tout à fait dispsés à se régler, dans la conduite des affai- •s de la religion et du royaume, d'après les >nseils de Sa Sainteté. Le pape avait été d'asque les deux conférences proposées pourient, avec plus d'avantage, se réduire à une ule, où tous les personnages en question trouveraient réunis ; et même encore avec •ix. selon le désir de la reine, l'Empereur D le roi des Romains. Dans celte intention, iavait envoyé (1) à ce dernier Philippe Gé- I évêque d'Lchia, qui lui avait été proposé pet effet parles légats (*2) et principalement ]r Morone. 11 était donc recommandé à Vis- <nti d'engager le Roi Catholique à faire le orifice qu'on demandait, pour le salut, nonïilemcnt de la France en péril, mais de la frétienlé tout entière que ce. royaume pou- >it entraîner dans sa ruine. Le roi ne det t point craindre que. le pape ne se laissât à autoriser des innovations infiniment aiorrées de Sa Majesté en matière de reli- 6 n, parce que Sa Sainteté voudrait toujours a>ir pour mesure de sa condescendance et ^ ir règle de ses déterminations l'honneur dl)ieu et de l'Eglise. L'Empereur hésiterait Pit-êlre à donner les mains à un tel projet d réunion de tètes couronnées , pour ne pas
. ; Voyez Icilrc en chiffre du cardinal Horroîr.éc a oronc, 10 septembre 1 163 '■) Voyez letire du cardinal R