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donner lieu aux protestants de remuer, dansla crainte qu'on ne tramât quelque ligue pour les exterminer ; mais il était facile d obvier à cet inconvénient, en les assurant par avance que celte assemblée ne dovait point avoir pour but de troubler la paix parmi les Allemands, mais de la maintenir au contraire chez d'autres peuples où quelques esprits turbulents ne cessaient de machiner des révoltes, sous prétexte de religion. Si le roi Philippe paraissait craindre qu'il ne s'élevât Quelque différend dans ce congrès par rapport à la préséance, le nonce exposerait que le jeune roi de France pourrait fort bien s'arrêter en quelque endroit voisin de celui où les conférences devraient avoir lieu , et que sa mère , qui avait la conduite cl le gouvernement des affaires, tiendrait sa place : alors les deux rois ne se trouverai; nt ensemble que dans les \isitcs qu'ils se feraient réciproquement, et chacun ferait chez lui les honneurs à son hôte. Quant au lieu qu'on pourrait choisir pour y tenir ce congrès, le pape était près d'agréer celui qui paraîtrait le plus à la convenance de toutes les parties, bien persuadé qu'on aurait égard à son âge et à sa dignité. Les endroits qui lui paraissaient le mieux satisfaire à toutes les exigences étaient Nice., Villafranca ou Verceil.
3. Pour ce qui était du concile le nonco était chargé de rappeler au roi loules les dépenses que le pape avait faites , toutes les peines qu'il s'était données pour satisfaire aux instances de beaucoup de princes au sujet de cette entreprise. Notait-il pas temps de penser maintenant à mettre les choses à exécution et à recueillir ic fruit de ces travaux , non pas tant dans la conversion des hérétiques, qui serait longue et difficile à obtenir, que dans la régénération des provinces catholiques , et surtout de celles si grandes et si nombreuses que possédait Sa Majesté? Los Français d'ailleurs faisaient entendre qu'ils avaient attendu la fin du concile pour prendre les mesures nécessaires au maintien do la religion dans leur patrie, après que le» dogmes auraient été définis à Trente, et que celle attente avait été le point de mire du dernier accord avec les huguenots.
k. Le nonce avait ordre égalemcntde donner connaissance au roi de la citation qui avait été lancée contre la reine de Navarre et du terme de six mois qui lui avait été assigné pour se disculper; passé ce délai, il serait procédé contre elle à la sentence de déposition, cl son royaume appartiendrait au premier occupant. La conduite intolérable de Jeanne avait contraint Sa Sainteté à prendre celle mesure de rigueur. Mais le pape revint sur ses pas, comme nous avons dit, et ne donna pas d'autre suite à celte affaire.
5. Visconti devait encore faire savoir à Sa Majesté que le cardinal de Lorraine avait parlé du mariage de la reine d'Ecosse, sa nièce, et avait l'ait voir qu'il convenait de lui donner pour époux, préférablement à tout autre, Charles, archiduc d'Aulriche, second fils de l'Empereur; parce que tes Beossais, qui aimaient leur reine au delà de toute