‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 147 sur 373 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

relative : dans celle qu

Allégresse et sentiments du pape lorsqu'il re- comte de Lune (2) le pape se montra un p çut la nouvelle de la célébration de la ses- plus sobre de compliments, afin que, vena

réponse et la résolution des légats au ce que les menaces du comte se fussent réal, secs et que les évêques espagnols se fusseï retirés : son opinion était qu'en une telle oi currence ceux qui étaient chargés de la d rection du concile, loin de songer à l'aban, donner, auraient dû dénoncer la con(uma< des autres, et poursuivre courageusement cours des délibérations et des actes solci| nels. Aussitôt qu'il eut appris l'heureui réussite, il manda que cette annonce avaj comblé lui et sa cour d'une joie infinie; donna l'approbation la plus complète à toi| les décrets, et marqua qu'il regardait succès comme le gage d'une prochaine corl clusion : et pour animer le vouloir des pril cipaux moteurs de l'entreprise, il s'empresj de, les stimuler par des remercîments qui leur adressa, jugeant que celle sorte d';J guillon serait d'autant plus fort qu'il scnl plus doux. Il écrivit à cette fin des leltij spéciales au comte de Lune, au cardinal Lorraine et aux légats. Mais comme les bol neurs, ainsi que les éléments qui compose! les corps mixtes, n'ont qu'une importanj

fut adressée

sion. - - Congrégation tenue le lendemain pur les légats; proposition faite par le cardinal de Lorraine et accueillie par les Pères d'en venir à la clôture du concile.

1. Les légats dépêchèrent dans la nuit même (i) un courrier, pour porter au pape la nouvelle de la tenue de la session. Sur les instances du cardinal de Lorraine, ce fut

(I) Tous ces détails sont tirés d'une lettre des léas au cardinal Borromée, en date du 11 novembre ; et de la réponse de ce dernier, datée du 18 novembre

ga

à être communiquée, elle ne fît point pe| dre aux autres de leur valeur. Dans celle cardinal de Lorraine (3), il reconnaissait ql c'était à lui qu'il était redevable de tout I bien passé et en lui qu'il mettait toutes si espérances pour l'avenir ; il le félicitait el core des services qu'il avait rendus lorsr son passage à Venise, en employant ses bol

(1) C'est ce qu'on voit dans les lettres du cardij ISorromée aux légats, des 6 et 10 novembre. (-2) 21 novembre 1563.

(5)JLc 20 novembre 1563.

offices auprès de celle république. Et comme

le cardinal lui avait recommandé vers ce

même temps les affaires du cardinal Louis

d'Est, son cousin, regardé comme l'auteur

d'un grave excès commis par les gens de sa

[jmaison, le pape promettait de procéder dans

j celle affaire avec loules sortes d'égards et de

(mesures. Sa Sainteté désirait vivement que

! le Cardinal Louis ne fût pas Irouvé coupa-

j ble; mais que, quand il en serait autrement,

lia manière dont il serait traité serait aussi

f indulgente que possible, pour lui servir de

jjeçon et lui apprendre à modérer sa fougue

, À l'avenir. D'ailleurs le pape ne voulait rien

jfaire sans l'avoir communiqué d'avance au

1 cardinal de Lorraine.

2. Quanlaux légats, il leur donnales témoilignages les plus expressifs desoneslime et de Bon amilié pour lant de fatigues et de peines i qu'ils s'étaientdonnéesavec tantdesuccès(l); jmais en même temps il les encourageait et Mes excitait vivement à compléter leurs Iral^aux et à terminer leur grande œuvre : Ice serait ce dernier succès qui achèverait de 1 jonner du prix à tout ce qu'ils auraient fait ■par le passé. Toutefois il recommandait que |-:e concile définît lui-même par les voies or- I linaires toutes les matières, et qu'on ne lui j •envoyât tout au plus que quelque chapitre i le réformation, au cas qu'il s'en trouvât j quelqu'un qu'on n'aurait pas eu le temps de i )ien digérer.

3. Mais les légats n'avaient pas besoin i 'ju'on les stimulât. Ils n'avaient garde de » aisser échapper l'occasion favorable, voyant

fjue les évéques espagnols y allaient plus 'ranchement qu'on ne s'y serait attendu (2), •il semblaient vouloir faire tourner à l'avanage de l'avenir l'opposition même qu'ils ivaienl faite parle passé; car comme les levais avaient mis lous leurs soins et usé de toute eur influence pour amener les partisans de a cour romaine à consentir à la suppression le ce grand nombre d'exceptions que les espagnols ne pouvaient supporter (3,, prin- :ipalement dans le. décret des premières intances , ces derniers manifestaient haulenenl leur pleine et entière satisfaction des lécrets promulgués. D'un autre côté , les mpériaux ne cessaient de presser les légats, illéguant pour raison que l'Empereur éprouaii toujours de très-grandes difficultés dans :ous ses traités avec les Allemands, à cause le la défiance où le concile tenait les proeslanls. J'aurai néanmoins occasion de faire 'connaître au lecteur qu'en faisant tant d'intances pour hâter la clôture , ils allèrent un >eu au delà des intentions de leur maître. )uoi qu'il en soit , les légats voyant que les espagnols n'étaient point opposés à leur lesscin , et que les autres y étaient favo-

(I) Lettre du cardinal Borromée aux légats, 18 noembre.

Vpyez la lellrc de Geri, évèque dïsebia, à Jean lanriquez, 14 novembre 1565.

(3) Voir la même lettre.

QUATRIEME. g 10

râbles , réunirent chez eux (1), dès le lendemain de la session , les deux cardinaux et vingt-cinq prélats des plus influents de chaque nation. Ils leur mirent d'abord devant les • yeux les instances que faisait le cardinal de Lorraine au nom de la Erance, pour que le concile se terminât dans la session indiquée pour le 9 décembre. Celait aussi , continuèrent-ils , le vœu des ambassadeurs impériaux qui demandaient la même chose au nom de l'Empereur et du roi des Romains , dans la persuasion où ils étaient qu'une plus longue prolongation de celte assemblée serait plus nuisible qu'utile aux intérêts de l'Allemagne. Le pape, de son côté, avait encore le même désir, parce qu'il craignait que le concile, qui avait été convoqué pour le bien des âmes , ne devînt , s'il durail plus longtemps, la cause de la perle de beaucoup d'entre elles. La seigneurie de Venise et toutes les autres principautés d'Italie, les ambassadeurs de Portugal et de Pologne, étaient dans les mêmes dispositions. A lant de suffrages, on pouvait joindre encore celui de l'ambassadeur d'Espagne , parce qu'il n'avait point reçu d'instructions particulières de son maître sur cet objet; il avait néanmoins un ordre général de proléger la marche et de procurer l'achèvement des travaux du concile. Aussi les légats n'avaient plus qu'à se féliciter de la manière dont il avait commencé à concourir à ce dessein. En effet, si le roi d'Espagne avait été assez bon pour favoriser le concile par amour pour l'Empereur son oncle , et pour le roi de France son beau-fi ère, et par égard pour les besoins de leurs provinces ; dès qu'il apprendrait que ces deux princes avaient maintenant de justes raisons d'en désirer la lin , pouvait-on douter qu'il ne s'empressât de l'approuver? Ils priaient donc tous ces prélats assemblés de leur donner aide et conseil à cet effet.

h. Le cardinal de Lorraine prit alors la parole et rappela que, dans le principe, ni l'Empereur, ni le roi d'Espagne, ne voulaient consentir à la tenue du concile pour ce qui les concernait; mais que vivement pressés par la France et frappés de l'évidence de ses besoins , dans le danger où elle était de faire schisme et de se perdre elle-même par la tenue d'un concile national, ils avaient cédé, comme des enfants d'obéissance, à l'autorité de Sa Sainteté; il assura qu'au colloque de Poissy on avait eu beaucoup de peine à empêcher le clergé et les étals du royaume de prendre, à ce moment même, certaines mesures, sans vouloir attendre la fin du concile ; et que maintenant il serait encore beaucoup plus difficile de les retenir s'il devait se prolonger davantage. 11 y avait de graves inconvénients à le dissoudre ou à le suspendre, parce que ce serait, par là même , donner lieu à la célébration du concile national , pour la perte de ce royaume. Il y en avait à le faire durer plus longtemps , parce

(1) Lettres des légals au cardinal Borroméc du 13 novembre; leiirc de l'archevêque de Zara du 15 novembre, et actes de l'évê<|uc de Salamanque.

que les prédicateurs de l'hérésie mellaienl deLorraine (1) et arrêtèrent que l'on ne s'ocîes jours à profit pour enraciner de plus en cuperaiten effet que dos dogmes précilés, et plus profondément dans le cœur des peuples qu'on le ferait dans la forme que nous avons

dite: alors ils s'adjoignirent quelques prélats

leur doctrine subversive; de telle sorte que les décrets mêmes du concile n'auraient bientôt plus assez de force pour l'extirper. D'ailleurs, si l'on ne se bâtait de finir, les évêques de France allaient être obligés de partir, sans pouvoir attendre la clôture , les uns à cause de la dépense qu'ils ne pouvaient plus supporter, les autres pour des nécessités publiques ou privées. Pour lui, ces

à qui ils firent part de celte résolution ; ensuite on confia la rédaction de chaque article à une commission de cinq d'entre eux qui , avec l'adjonction de cinq théologiens , devaient, en peu de jours, préparer leur travail. Déjà les légats, dans leurs lettres, parlaient du concile comme d'une chose terminée , le comte de Lune paraissant disposé à

deux derniers motifs ne lui permettaient plus ne point mettre d'opposition à la clôture.

de différer son départ ; si pourtant le concile devait se terminer à la prochaine session, au jour prescrit, il ferait céder, pour jusqu'à ce jour qui n'était pas éioigné, toutes les autres considérations, au désir d'emporter avec lui celte immense consolation et ce salutaire remède à tant de maux. D'après les documents que j'ai sous les yeux (1), le cardinal sut dépeindre avec des couleurs si vives et si touchantes les besoins de la France , qu'il fit couler les larmes de presque tous les yeux , et qu'il enleva tous les suffrages. Seulement les évéques de Lérida et de Léon mi-

Mais quelque faible que soit du rivage la distance d'un vaisseau selon la canne du1 géomètre, souvent elle ne laisse pas de se trouver bien grande à la mesure du mari-1 nier.

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