‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 148 sur 373 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Congrégations sur la discipline et -sur les dogmes. — Le comte de Lune s'oppose à la clôlue.

1. Après ces préliminaires, on ouvrit, le 15 novembre (2j les congrégations générales-

rent pour condition à leur vote pour la clô- sut quatorze chefs de réformation qu'on avait

turc l'assentiment préalable du roi Philippe ; mais l'archevêque de Grenade ne fit point celle réserve. Soave fait donc ici une double erreur : la première , lorsqu'il affirme que l'archevêque de Grenade, en donnant son suffrage , s'en remit à la décision de l'ambassadeur d'Espagne ; la seconde, quand-il

encore a établir. Et comme , en toutes choses, par une sage dispensalion de la nature i le nécessaire se réduit à peu , et que le désir d'avoir bientôt fait apprend à le dislin guer du superflu , on procéda , contre l(f coutume , avec tant de brièveté dans l'émis] sion des voles , que dès le 18 chacun avait

dit, qu'à l'exception de cet archevêque, tous déjà donné son avis. Le premier légat com-

les autres donnèrent leur consentement pur mença d'abord par exposer en peu de mois:1

et simple. qu'on avait fait toutes sortes de diligences

5. Après qu'on fut lombé d'accord sur le pour gagner les hérétiques et les allirer ai;

fond, on traita ensuite de la manière; cl concile; .que celle sainte assemblée avail

l'on convint qu'il était à propos de s'occuper déjà produit un bien immense par les dog-

des autres articles de réformalion qui res- mes qu'elle avait expliqués et définis, et pai

taient à établir. Quant à celle des princes, on les points de discipline qu'elle avait corrigé-

jugea qu'il fallait y aller doucement ; d'au- et rétablis ; que sans doute on pouvait désirei

tant plus qu'on allait avoir besoin de leurs bras pour exécuter les desseins et et réaliser les plans que la plume du concile avait tracés sur le papier. On s'arrêta donc volontiers à une forme de décret envoyé par le pape, où l'on se contentait de renouveler simplement les règlements des conciles et des anciens canons , et où, au lieu des odieux analhèmes , on n'employait que de paternelles admonitions.

! G. Quant aux points de dogmes qui restaient à définir , savoir, sur le purgatoire, les indulgences, l'invocation des saints et les images , on observa que les conciles précédents renfermaient bien des choses sur ces différents articles, mais que, néanmoins , il était bon d'en dire quelques mois , comme pour corriger les abus qui pouvaient s'y rattac lier. Au sujet des images en particulier , le cardinal de Lorraine donna communication d'un décret de la Sorbonne qui fut beaucoup applaudi. Le lendemain de celle réunion, les légats tinrent conseil avec le cardinal

(1) Actes de revêfjuc de Salamftnqtie.

encore quelque chose de plus ; mais que après tout , ils élaient des hommes et not des anges , et que la condition des temps demandait qu'on s'arrêtât à ce qui est bien sans voaloir exiger tout d'un coup que tou fût pour le mieux. Il fallait espérer qù'avei la grâce de Dieu , les choses qui avaient éb établies par les Pères , à mesure qu'elles seraient mises à exécution , ouvriraient la voii à des réformes plus parfaites et plus impor tantes. Le peu qui restait à régler pour I moment avait été tellement digéré , tant pa: les éludes et les recherches que chacun avai pu faire pai>devers lui, que dans les entre tiens et les conférences particulières, qu'elle n'auraient pas besoin d'être longuement dis culées en public. Le chef suprême de l'E glise , le premier d'entre tous les princes s'était de lui-même réformé : pour les au 1res , ne valait-il pas mieux les gagner à I piété parla persuasion de l'exemple que pa

(1) LeUre.des légats au cardinal Borromée, du 1 novembre I5G5.

(2) Acie^ do P;ileollo el du château Saint-Ange et Ici ire de l'archevêque de Zara, du 15 novembre.

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