CHAPITRE VIII
ils en perdront le domaine; si c'est un fief, il retournera au seigneur direct. Les duellistes et ceux qu'on appelle leurs parrains encourront les peines de l'excommunication, de la confiscation de tous leurs biens, de l'infamie perpétuelle, et seront punis comme homicides selon les saints canons. Ceux qui mourront dans le combat seront privés pour toujours de la sépulture ecclésiastique. Tous ceux qui auront donné conseil en matière de duel ou pour le fait ou pour le droit, ou qui, en quelque manière que ce soit, auront porté les autres à se battre, ainsi que les spectateurs, seront excommuniés et encourront la malédiction éternelle.
« XX. On exhorte fortement l'Empereur cl tous les princes et seigneurs à maintenir les droits et les immunités de l'Eglise, cl à
avant la reprise de la session. — Vîtes du concile dans ce décret par rapport à la taxe des indulgences pour les croisades. — Second décret sur l'abstinence, sur le jeûne et sur les fêtes. — Troisième, sur le catéchisme, l'index, le bréviaire et le missel. — Quatrième, sur le rang entre les ambassadeurs. — Cinquième, sur l'observation des décrets établis par le concile. — On décrète enfin de relire les décrets portés dans les sessions tenues sons Paul 111 et Jules 111, et de clore le concile. — Acclamations par lesquelles on termine; litres qu'on y donne au pape. —Souscriptions : de qui? de combien? avec quelle différence?
1. Après qu'on fut sorti de la session, le désir de voir porter quelque décision sur les
indulgences se montra plus vif et plus uni- sont inutiles ou que l'Eglise n'a pas le pou-
versel que jamais parmi les Pères. 11 ne fal- voir de les accorder. Il désire néanmoins
lait pas, disait-on, donner lieu de supposer que, suivant la coutume ancienne et approu-
que l'article de la foi catholique attaqué le vée dans l'Eglise, on les accorde avec réserve
premier par Luther (1), n'aurait pas été et modération, de peur que, par trop de faci-
trouvé établi sur d'assez solides fondements, lité, la discipline ecclésiastique ne vienne à
et que, pour cette raison, il aurait été aban- s'affaiblir. Le concile, souhaitant de corriger
donné par ses défenseurs. Le cardinal Mo- les abus à l'occasion desquels ce nom pré-
rone seul était d'avis qu'on le passât sous cieux d'indulgences est blasphémé par les
silence, ou parce qu'il craignait qu'il n'a- hérétiques, ordonne qu'en général tous les
menât quelque dispute et qu'il n'occasionnât profits blâmables, d'où sont nés la plupart des
du retard, ou parce qu'il jugeait plus hono- abus, soient abolis. Quant aux autres usages
rable de se taire, comme il le disait, que d'en parler pauvrement. Il lui convint de céder néanmoins à l'opinion unanime des Pères, partagée par les deux cardinaux et par tous les ambassadeurs. Ainsi, avec le concours des hommes les plus habiles, et en se basant sur les travaux et les recherches dont cette matière avait été l'objet en plusieurs lieux et depuis plusieurs années, on rédigea le décret, dans la nuit môme, en des termes qui ne pussent donner lieu à aucune contradiction; et le matin on tint une sorte de congrégation générale où il fut lu. Le premier légat demeura ferme dans son sentiment , mais tous les autres persistèrent aussi de leur côté dans l'opinion contraire. Le décret fut donc approuvé à l'exception de la clause qu'on y avait mise portant défense de fixer une taxe des aumônes requises pour gagner les indulgences, et de suspendre les bulles. L'évêque de Salamanque exposa au cardinal de Lorraine que, en la maintenant, ce serait condamner l'usage suivi par le Roi Catholique dans la taxe pour les croisades : si cet usage était abusif, il fallait laisser au pape le soin de le reconnaître et de l'abolir avec tous les autres qui seraient trouvés pareillement répréhensibles, selon qu'il était établi généralement dans le décret; mais on ne devait pas faire au roi un pareil affront, ni lui porter un pareil préjudice par une décisionsolennelleduconcile. Le comte de Lune ayant joint ses instantes réclamations à celles de l'archevêque, la clause en question fut supprimée. Cette concession acheva sans doute de vaincre l'opiniâtreté du comte, car il ne s'opposa plus dès lors à la clôture : ce qui eût bien terni l'éclat et diminué la joie d'un acte si solennel. Celte affaire ayant pris une grande partie de la matinée, on ne rentra en session que fort tard. Le célébrant fut Nicolas-Marie Caraccioli, évoque de Catane. Comme ce n'était qu'une continuation de ce qui avait été fait la veille, il lut d'abord, sans autres cérémonies, le décret sur les indulgences dont voici la teneur :
2. « Le pouvoir d'accorder des indulgences ayant été donné par Jésus-Christ à l'Eglise, et exercé par elle dès les premiers temps, le concile veut que l'on retienne cet usage, comme salutaire aux chrétiens et approuvé par les conciles, et prononce l'anathème contre tous ceux qui disent qu'el-Ies
(1) Actes de Paleollo, de l'évèque de Sahminnqueet du Château ; lettre de l'archevêque de Zam , du 6 décembre; et lettres des légats au cardinal Borroméc, des 3 et 4 décembre 1563.
condamnables qui procèdent, ou de superstition, ou d'ignorance, ou d'irrévérence, comme ils ne peuvent pas être spécifiés en détail à cause de la variété des désordres et des corruptions des diverses provinces, chaque évêque recueillera ceux qui se trouveront dans son diocèse, et en fera son rapport dans le premier concile provincial qui en donnera connaissance au souverain pontife : Sa Sainteté prendra ensuite les mesures qu'elle jugera convenables pour le bien de l'Eglise universelle (1). »
3. Suivait un aulre décret pour approuver et déclarer obligatoires les coutumes et les commandements de l'Eglise que les hérétiques avaient attaqués. On disait donc que le concile exhortait et conjurait, dans le Seigneur, tous les pasteurs de recommander aux peuples et de faire observer tous les commandements de l'Eglise romaine, mère et maîtresse des autres Eglises, et toutes les prescriptions des anciens conciles et de celui-ci , et particulièrement celles qui visent à la mortification de la chair, comme sont l'abstinence des aliments gras et les jeûnes, ou celles qui contribuent à la piété, telle que la célébration des fêtes; enfin d'exciter le peuple à l'obéissance envers ses supérieurs. k. « Le concile, était-il dit, dans un troisième décret, ayant dans sa seconde session chargé quelques Pères de travailler à l'index des livres suspects et pernicieux, et apprenant que ce travail était terminé , mais n'ayant pas le temps de le revoir et de l'examiner, ordonne que ledit travail sera envoyé au pape, qui en fera ce qu'il jugera à propos (2). La même chose est prescrite à
(1) Remarquons ici la septième proposition, condamnée dans la bulle Auctorem fidel : « Ili'in in ,:<> quod horlatur episcopum ad persequeudam laviiet perfectiorem ccclesiastic;c disciplina consiitulioneiiT, idque contra omnes contrarias cimsiieludincs, exempt liones, feservaliones q\\x adversantor boiio on diœcesidolium.
prio suo judicio et arbitrait! slaluerc et deivnicre contra consueludines, cxcmptiones , reservationes.., sive quae in universa Ecrloia, Mve eiam in unaqu.v qtie provincia locum liabent, sine venia et intervetilH superioris hiérarchies polcslalis a qua inductae sififl aul probatae et vim legis obtinenl : induens in scltisnm et sub versionem hierarcliici regiminis, erronea. i
(Noie a" Antoine Zaccaria. )
(2) Nous renvoyons ici le lecteur à notre Histoiro polémique des mauvais livres, imprimée à Rome par GencrosoSalmoni, en 1777.
(Noie de Zaccaria.)
inajuri glorkt: Dei et majiri ivdificaliôui livrer id quod supponil episcopo fas esse pro
661 LIVRE VINGT./JUATIUEME.
l'égard du catéchisme, du missel el du bré- cilc avait condamne \ i.iire (1). »
On déclarait ensuite : « Que par le rang qui avait été assigné aux ambassadeurs, tant ecclésiastiques que séculiers , on n'avait point prétendu donner ou ôter aucun droit à qui que ce soit. »
5. Venait après cela un décret sur l'observation et l'exéculion des décrets du concile, io:çu en des termes mûrement réfléchis et pe es avec le plus grand soin par les deux cardinaux non légats et par deux des plus doctes évéques, savoir : Antoine Augustin, de Lérida, et Diego Covarruvia de Ciudad-
Rodrigo.
« La malice des hérétiques de ces derniers temps, disait-on, a été telle, qu'il n'est rien le si clair dans la foi qu'ils n'aient eu la ténérité de le mettre en question (2). Le con-
(I) C'est qu'il n'appartient en aucune façon aux véques de réformer la discipline universelle de l'Elise ila:is leurs diocèses. On n'.i qu'à voir 1 1 savante éplique du cardinal Genlil aux observai ions menmigèrss de l'auteur des lléllexions sur le lirel du nuverain pontife Pie VI, qui condamne le livre 'Eybel : Qu'est-ce que le Pape? On n'a, dis-je, qu'à nir 1« réplique du savant cardinal, à la pag. 6G du euxième vol. de son ouvrage, ininri'iié à Rome en 789. sous ce titre : Iléfutalion de deux livres dirigés mire le bref Super solidilate. intitulés, l'un : Lu voix 'la vérité, etc.; Vautre : Réflexions sur le bref du ntverain pontife Pie VI, qui condamne le livre d'Eyl : Qu est-ce que le pape? A plus forte raison les êques doivent-ils se tenir en garde contré l'esprit innovation en matière de doctrine. Nous avons mvé bon de faire connaître ici un décret tout cent de la congrégation de l'inquisition universelle, ■iidu en pré-ence du souverain pontife Pie VI, ac-
ellement régnant, le I i de la présente année
:%; décret qui condamne le livre ayant pour litre : tamen des réflexions tliéologiquet et critiques sur pluurs censures dirigées contre le catéchisme composé r ordre de Clément VIII, el approuvé par la cou-
■ '■galion de la Réformation, oh l'on traite parliculièie-
■ nt des enfants morts sans baptême, et où l'un donne telmtes règles pour composer comme il faut un nou- »m catéchisme, corriger l'ancien et expliquer l'un el htre aux fidèles. — Sen'iments sur les actes de foi, kspérance, de charité , et sur les autres vertus chréivies; par Jean Baptiste Guadagnini, archiprèlrc de vidale ili Vulcamonica, tomes î et n, in8;iin- |mé à Pavie, 1780, par Pierre Galenz/.i, avec pernsinn. Ce livre est justement probibé et condamné tyme contenant des sentiments el des propositions iH>ecliveinent fausses, captieuses, téméraires, per- 1 euses, scandaleuses et même hérétiques, et injurivesaux écoles catlioli(|ues, aux saints Pères de ''dise, aux souverains pontifes et au saint concile dï'renle. (Note de Zaccariu.)
2) On n'est donc point fondé à dire que les vérités dite foi et de la morale soient obscurcies, comme 1* retendent encore de nos jours les hérétiques les pif récents. Qu'on lise le vingt-neuvième chapitre ges 160 et suivantes ) de l'Explication raisonuée d> livre des Prescriptions de Terlullien , imprimé à une en 179j, ci qu'on fasse bien attention à la Pmière proposition condamnée par la constitution *l natique, si cé'èbre, de noire souverain pontife ■tellement régnant, Pie VI : < Propositio qua» ass,: postremis hisce xculis sparsam esse gêneraient °' iirationem super verilales gravions momenti,
Huantes ad nbgionem et quœ sunl basis fidei et |""ilib doclrinae Jesu Cinisii : ttœrelica. >
(Sole de Zaccuria.)
es plus remarquables de leurs erreurs. Maintenant, comme la nécessité des Eglises ne permettait pas que l'absence de tant d'évéques assemblés de toutes les provinces de la chrétienté se prolongeât plus longtemps, et comme il n'y avait plus aucune espérance de convertir les hérétiques, qu'on avait tant de fois invités en leur tetroyant le sauf-conduit le plus étendu, et qu'on avait vainement attendus pendant un si Ions temps, il ne restait plus aux Pères qu'à avertir les princes, au nom du Seigneur, d'observer eux-mêmes cl de faire observer par tous leurs sujets les décrets du concile. Si, contre l'attente de l'assemblée, il venait à s'élever quelque difficulté par rapport à la réception ou à l'interprétation de ces décrets , ou, s'il était besoin de quelque nouvelle définition, elle espère que le pape, en outre des moyens établis par la p.ésenle assemblée, ne manquera pasde pourvoir aux besoins des provinces et à la tranquillité de l'Eglise, soit en appelant à lui, des lieux où il sera nécessaire, les personnes qu'il jugera à propos , soit en assemblant , s'il était besoin , de nouveaux conciles généraux, soit de quelque autre manière. » Ces derniers mots furent ajoutés sur les instances de l'ambassadeur espagnol, qui ne pouvait se résoudre à consentir à une manière de clôture qui ne lui laissât pas au moins, dans l'annonce de la possibilité d'un nouveau concile, quelque fil où il pût s'accrocher.
6. Ces décrets obtinrent l'assentiment unanime (1) de tous les Pères : seulement une vingtaine de prélats, la plupart espagnols, entièrement ^opposés à l'usage de la taxe sur les croisades ', demandèrent que l'on rétablît la clause du décret sur les indulgences, qui avait été supprimée à la demande du comte: mais ces contradicteurs se trouvèrent en bien petit nombre, comparativement à ceux qui donnèrent leur approbation pure et simple.
On proposa ensuite d'ordonner que lecture serait faite de tous les décrets établis sous Paul 111 et sous Jules III, tant sur les dogmes que sur la discipline. Cette proposition fut pareillement accueillie par l'universalité des Pères et mise incontinent à exécution (2).
(l)Les actes porlenl : < Quibus decrelisleciis, idem Rêver. Dom. episcopus cataniensis interiogavil Patres an placeret, bis vernis videlicei : Illustiissimi domini, reverendissimique Patres, placentne harcomniavo- Lis ? El siatim Patres inicrregati etiam sunl singulariter ab Angelo Massaralli de Sanclo Séverine Camerin. diceceseos, epi-copo Thelesino, Sacri concilii seciciario, ac Rev. Dom. Banholonno Syrigo, episcopo Caslcllamllensi , uns cum PI). Marco Antonio Peregrino Comensi , ac Cynthio Pampbilo de Sanclo Séverine, nec non Angêlo Meliolo, bononiensi, et An tonio Guillelmo, veronensi; etiam notants ab illustrissimis 1)1». legatîs besiema die anleqnam ad Eccïesiam îretur ad nota praseniis sessionis desenb 'wda dcprecalis; el oinues responderunt simpliciter per verbum : Placet ; exceptis infra scriptis qui responderunt, ul sequitur, etc. » (Sole de Zaccuria.)
(2) Il y a dans les actes : < Et successive idem rêver, dom. episcopus cataniensis legil alla voce décréta ij sa quae in eodem concilio sub febc. record.
7. Soave tient à propos de ceci le discours suivant : «Ces mêmes Français qui autrefois avaient demandé avec tant d'instance que l'on déclarât que l'assemblée de Trente était un nouveau concile et non une continuation du précédent, tenu sous Paul III et sous Jules 111, se donnaient alors plus de mouvement que tous les autres , pour qu'on ne laissât plus
par expérience que celte croyance est plus conforme à l'intérêt général du genre humain que celle qui lui est opposée; d'où l'on devra conclure encore que celte religion et celte autorité, loin d'être un joug intolérable pour la société, comme il prend tanl à cœur de le prouver, sont au contraire l'instrument le plus précieux de son bonheur,
aucun lieu de douter que tout ce qui s'était Quant à l'application qu'il fait de sa maxime
fait depuis 15i5 jusqu'à la clôture, ne fût l'œuvre d'un seul et même concile : tant il est vrai que dans les choses mêmes de la religion, aussi bien que dans les choses humaines , la croyance change avec les intérêts. Chacun donc, visant à un même but, il fut décrélé tout simplement de lire les actes antérieurs à Pie IV, sans aulre explication; attendu que par celte mesure on déclarait assez ouvertement l'unité du concile, et l'on éludait la difficulté qu'aurait pu causer l'emploi de paroles d'approbation , laissant à chacun la liberté de juger comme il voudrait l'entendre, si de ce qu'on les avait lus il s'ensuivait qu'on les eût confirmés, ou bien qu'on les eût déclarés valides, ou enfin si l'on devait en conclure que l'assemblée qui les avait portés et celle qui en avait entendu la lecture ne formaient qu'un seul et même concile.» Comme il est impossible à un homme d'avoir le jugement assez faux et l'inlelligence assez obtuse pour s'arrêter dans le même moment à deux pensées évidemment contradictoires, ainsi serait-on porté à croire qu'il devrait pareillement lui être impossible d'avoir une bouche assez impudente pour prononcer, ou une plume assez téméraire pour tracer, dans une même phrase, des paroles qui se contredisent manifestement.
Mais Soave nous fait voir bien clairement que cette dernière n'est pas réellement impossible à l'homme; si ce n'est en tant que la passion portée à son comble lui Ole la raison et fait, par conséquent, qu'il n'est plus un homme. Il a le front de nous dire tout à la fois que l'on prit ce biais pour ne plus laisser aucun lieu de douter de l'unité
aux évoques de France, ces religieux prélats ne méritent certainement pas qu'on lire de leur conduite une induction aussi oulrageuse. A défaut de toute autre réponse, il suffirait d'observer que les Français qui avaient demandé une nouvelle convocation pour mettre en doute les articles précédemment décrétés, n'étaient point les évéques, mais bien les ambassadeurs de France : el ces derniers ne persévérèrent que trop dans leurs mauvaises dispositions, comme il a soin de le rapporter et comme nous le dirons nous-mêmes plus loin. Je ne veux pas d'ailleurs remarquer que la question de savoir si la dernière assemblée de Trente devait former un nouveau concile ou n'être que la continuation du précédent, n'est pas par elle-même un article dont la solution puisse changer la croyance, comme le suppose Soave; car quand les différentes assemblées de Trente formeraient deux conciles , di moment que l'un et l'autre seraient autori ses, toutes leurs définitions seraient également de foi, tout aussi bien que s'ils n'erl faisaient qu'un. C'est pourquoi l'Empereur [ consulté par ses ambassadeurs sur ce qu'ili! devraient faire en cas que la dispute entre! les Français et les Espagnols sur cette quesf tion vînt à se réveiller, leur donne l'ordre dJ conseiller aux Pères, en gardant les menai gements convenables, de s'abstenir de prof noncer aucune décision sur un point aussi inutile; et si l'on persistait à en vouloir fainf cette déclaration, de se conformer sans diffij culte à l'autorité du plus grand nombre.
8. Mais reprenons notre récit. On demand.l aux Pères, en dernier lieu, s'ils voulaienl
du concile, et qu'on le prit pour laisser celle <ïue l'on mît fin au concile, et que les légat
même question dans l'incerlitude el pour l'abandonner à la diversilé des jugements de chacun. Quand ensuite il vient nous dire qu'en matière de religion la croyance change avec les intérêts, c'est sans doule qu'il juge tout le monde d'après lui-même; mais s'il avait eu un peu de sens, il se serait bien donné de garde de lâcher ces paroles pour ne pas donner lieu de tirer du sein même de la vipère le remède à son poison : car si celle assertion est vraie, elle détruit toute son œuvre par son fondement. Puisqu'en effet la partie la plus noble et la plus sage de la chrétienté et du monde entier garde la croyance en la foi catholique et en l'autorité du pape, il s'ensuivra qu'on a donc éprouvé
Paulo III el Julio III summis ponlificibus publicala fuere, lam ad dogmala quam ad reformationem periineniia ; sed illa quoe ad dogmala pertinent lecta sunt intègre: eorum vero qua» pertinent ad rcforniationem solum leclum est principiutn hoc ordine videlicet.elc. »
{Noie de Zaccaria.)
demandassent au pape, en son nom, la conl firmation de tous ses décrets. Soave rapport! que sur cette dernière proposition les sull frages ne furent point donnés, comme dl coulume, un à un, mais que les Pères réj pondirent tous à la fois : Placet. Or on 11 précisément tout le contraire, non-seulemerl dans les actes authentiques (1), mais encoil dans un écrit digne de foi, qui fut livré F
(1) On lit dans ces actes : « Et stalim Patres onl nés interrogati singulariter a nobis Thelesino et Cal tellanettensi episcopis, nna cum notariis supra scriptif respondeninl simpliciter per verbum : Placet; excel lis infrascriptis. qui responderiuit utsequitur. R. I archiepiscopus Granalensis dixit : Placet qnod finit lur, sed non peto confirmationem. R. D. Derlhunenf dixit : Peto confirmationem tanquam necessariai R. D. Pactensis cum domino Derthnnensi, R. D. Si malinensis cum domino Derthunensi : Quibus veï iltustrissimis dominis legalis et prfesidentibus votai 111. D. cardin. Moronus, primus prœsidens, pnvfal pronnntiavit heee verba , videlicel : Placuit omnibï Patribus finem huic sacro concilia imponi, confirmait
l'impression, et qui n'a pu, à moins d'une extrême négligence, échapper à la connaissance de Soave. Je veux parler du journal de Servanzio, qui assistai» à la séance, où il était aux ordres de Massarelli, secrétaire du concile. Servanzio dit expressément que ce dernier, avec les notaires, prit, comme de coutume, le suffrage de chacun. Il y a plus , dans la narration détaillée de ce fait, Servanzio rapporte qu'un des Pères refusa son assentiment à la demande de la confirmation, et que le premier légat le déclara à haute voix, en annonçant aux Pères, selon l'usage, que le décret était approuvé. Les actes imprimés à Anvers en 1564 disent qu'il y en eut trois qui contredirent à cette demande; mais de ces deux témoignages, celui du témoin oculaire se trouve de fait, et comme de raison, le plus véridique. Car il est bien certain, d'après les actes conservés au château, qu'il n'y eut qu'un seul contradicteur, savoir l'archevêque de Grenade. Ce prélat répondit : // me plaît que Von mette fin au concile; mais je ne demande pas la confirmation. Sans doute qu'il parla de la sorte, dans la pensée que le concile était sufGsamment confirmé par l'autorité des légats que le pape y avait envoyés munis de ses instructions sur tous les points qu'on avait eus à décider. Quant à l'erreur commise par l'éditeur des actes imprimés à Anvers, lorsqu'il nomme trois contradicteurs au lieu d'un, elle vient sans doute de ce que tous les autres ayant répondu simplement par le mot placet, trois des volants dirent, à l'opposé de l'archevêque de Grenade : Je demande la confirmation comme nécessaire (1). Ces derniers
\nemque a SS. Domino peli, uno dumtaxal exceplo qui eam confirmationem se non petere dixit. Ideoque nos apostolicœ sedis legati et prœsidentes eideinsnero concilio (inem imponimus , confirmationem vero quant priîmuma SS. Domino nostro pelemus : vos aulem Patres illustrissimi et reverendissimi , post gralias Deo actas , ii/e in pace. El Paires dixerunt : Amen. *
(Note de Zacccaria.) (I) I! est indubitable que les décrets d'un concile œcuménique ne peuvent avoir force de loi dans PE- Jglise catholique, qu'amant qu'ils ont été confirmés \nr le papn , du consentement et de l'autorité duquel ils doivent être publiés. Pour établir cette vérité, nous ne pari rons pas de la lettre synodique du premier concile général de Nicée au pape Sylvestre alors récent, rapportée par Baronius(à l'année 3-25, nuin. 171 , on». iv, pag. 145, édil. Luc), puisque celle lettre \'pm pas admise par lotit le monde. Mais le même >ape Sylvestre, an concile de Rome de l'année 325 Labbe, tom. II Concil. coll. 417, édil. Venet.), dé- :lare en propres termes : Se quidquid in Nicrea Biliiniœ constilutum est... a tandis sacerdotibus trccenlis lecem et oclo , suo ore confirmiler conftrmare. C'est lourqtioi le pape Félix III , dans sa lellre quatrième Labhe, loin. V, coll. 2470), atteste que : Trecenti 'ccem et ecto SS. Patres apud Niceam congregati conirmalionem rerum atque auctorilatem sanctœ romanœ îccleùœ delulerunl. Ce qui est conforme à l'ancienne ègle mentionnée par Socrale dans son histoire (liv. n, ■ H, pag. 71, et c. 17, pag. 83, édil. Maurin., 1747). .e célèbre Biancbi dans son ouvrage : De ta puissance l du gouvernement de l'Eglise (liv. Il, c. 3, § II, n. 3 ,t seq., tom. IV, pag. 556 et suiv.), parle assez au >ng des deuxième et troisième conciles œcuméninés, savoir ceux de Constanlinople et d'Ephésc, et
étaient tous trois de la même nation que Guerrero : c'étaient le fameux Antoine Augustin, évêque de Lérida, Barthélémy Sebastiani, évêque de Petti , et Pierre-Gonzalve de Mendoza, archevêque de Salamanque. Andrt Morosini, dans son histoire de la république de Venise (1), fait mention de ce décret comme d'une chose arrêtée avec calme et en un parfait accord, et non pas d'une manière confuse et tumultueuse.
9. Tous les écrits dont j'ai parlé s'accordent à rapporter, à propos de la clôture, que la joie et l'attendrissement surpassèrent de beaucoup l'attente, et que l'on vit tous les yeux baignés de larmes. Quelques-uns d'entre les Pères, qui durant la tenue du concile avaient montré du ressentiment les uns contre les autres, tels que des soldats d'une même bannière qui se réconcilient au jour de la victoire, s'embrassaient alors avec les plus vives démonstrations de l'amitié fraternelle. On se félicitait de voir enfin terminée, après dix-sept ans de travaux les plus épineux, une œuvre hérissée de tant de difficultés et riche de tant de fruits. Mais, pour concevoir les unes et les autres ainsi que pour les expliquer, il faudrait relire d'un bout à l'autre tout le détail de cette histoire. Encore, même de la sorte, on ne parviendra point à s'en faire une juste idée; parce qu'il en est des tableaux de l'historien comme de ceux du peintre : autant les petites choses s'agrandissent parfois, autant les grandes se rapetissent toujours, sous leur plume ou sous leur pinceau.
10. De joyeuses et solennelles acclamations vinrent donner une nouvelle expansion à la commune allégresse. Elles furent composées par le cardinal de Lorraine à la manière des anciens conciles, et prononcées à haute voix par lui, comme étant le premier membre de celte illustre assemblée : tous les Pères répondirent en chœur à chacune de ces acclamations.
On pria Dieu d'accorder de longues années et une éternelle mémoire au pape Pie IV, que le cardinal de Lorraine appelle en propres termes le pontife de la sainte Eglise universelle : comme s'il eût voulu en ce moment faire profession de reconnaître en lui cette suprématie sur l'Eglise universelle (2),
fait voir la part qu'eut le siège apostolique à la tenue et à la stabilité des décrets de ces conciles. Enfin, les Pères du quatrième concile général qui fut célébré à Chalcédoine, dans la relation qu'ils adressèrent à saint Léon le Grand, de ce qu'ils avaient fait (Labhe, tom. IV Conc, coll. 1778, édtt. Venet.), demandèrent au souverain pontife l'approbation et la confirmation de toutes les choses qu'ils avaient établies. La même marche fut suivie constamment par tous les conciles généraux qui se tinrent dans la suite.
(1) Au livre VIII.
(2) Le pontife romain a toujours élé reconnu et regardé par tous les catholiques comme 'e monarque souverain de l'Eglise universelle, ainsi qu'il est prouvé au chapitre i, tom. 1 de la Itéfutalion des erreurs et des calomnies contre l'Eglise cl son chef, déjà alléguée, et au chapitre 28 de l'ouvrage que nous venons de citer tout à l'heure : Explication raisonnée des Prescriptions de Tertultien. (Note de Zaccaria)
que lui et les Français lui avaient autrefois refusée. On pria ensuite pour le repos de l'âme des papes Paul III et Jules III, de l'empereur Charles-Quint et des autres rois défunts qui avaient prêté aide et assistance au concile. On souhaita de longues années au sérénissime empereur Ferdinand, toujours auguste , orthodoxe et pacifique , et à tous les rois , aux républiques et aux princes qui avaient conservé la foi. On se contenta de les désigner en général pour éluder ces disputes fâcheuses de premier rang, qui, aujourd'hui ne laissent guère plus de facilité pour accoler ensemble les noms que pour réunir les personnes. On rendit grâces à Dieu, et on lui demanda de répandre ses bénédictions sur les présidents , sur les révérendissimes cardinaux et sur les très-illustres ambassadeurs. Après on pria le Seigneur d'accorder aux très-saints évèques, hérauts de la vérité , une longue vie, un heureux retour, une perpétuelle mémoire.
Tous professèrent la foi du concile et l'observation de ses décrets. Enfin on invoqua le Christ, prêtre souverain, la Mère de Dieu toujours vierge, et tous les saints, et l'on dit ariathème aux hérétiques.
11. Mais ces doux épanchements des cœurs étaient trop louables, trop sincères, pour ne pas exciter l'humeur maligne de Soave, et lui donner envie d'y mêler son fiel. Il critique ici deux choses.
La première est que, dans les anciens conciles , ces sortes d'acclamations n'étaient point préméditées comme elles le furent dans celui-ci ; mais qu'elles étaient le pur effet de l'enthousiasme de quelque évoque, et prononcées selon le mouvement de l'Esprit - Saint à mesure qu'il les inspirait. Quant à moi, je me tiendrais au contraire plus assuré de voir le mouvement de l'Esprit-Saint, qui s'appelle lui-même un Esprit de conseil, dans un discours médité à loisir et même délibéré par un concile général assemblé dans le même esprit, que dans celui qui vient tout à coup à l'esprit et au cœur d'un évoque particulier et se trouve ensuite, comme par hasard , applaudi par tous les autres. Voilà pour la question de droit : et quant à la question de fait, il s'en faut de tout que ces sortes d'acclamations aient toujours été, dans les anciens conciles, le fruit d'un enthousiasme soudain et imprévu. On peut voir, dans les actes de plusieurs des sessions du huitième concile général, et spécialement à la fin de la huitième, qu'elles furent préparées et préméditées selon le vœu de l'assemblée.
12. Le second point sur lequel s'exerce la critique de Soave, est que le cardinal de Lorraine voulut être non-seulement le principal auteur et rédacteur de ces acclamations, mais encore le principal héraut pour les prononcer : ce qui fut regardé, dit-il, généralement comtne une légèreté et une vanité ; parce qu'il parut peu convenable à un tel prélat et à un si grand prince, de remplir un office qui appartenait plutôt à un diacre du concile qiïà un archevêque et à un cardinal d'un si haut rang. Je dois déclarer que dans aucun
des mémoires du temps que j'ai feuilletés, je n'ai eu la chance de rencontrer la moindre trace de celte commune opinion de légèreté : tout au contraire , j'ai trouvé que cette action du cardinal avait été universellement applaudie. Il doit suffire, pour la justification d'un Français, que ce témoignage lui soit rendu, tant en son nom qu'en celui des autres, par un Espagnol, lui aussi de très-haut lignage, et en cela même bon connaisseur et bon estimateur en matière de bienséance et de dignité : je veux parler de Pierre-Gonzalve de Mendoza, archevêque de Salamanque, que nous avons déjà tant de fois nommé. Ce fui, sans aucun doute, une bien grande témérité de la part d'un homme sorti de la lie du peuple comme était Paolo (ce que je ne lui reprocherais certainement pas, puisque ce n'est pas sa faute, si ce n'était une circonstance qui aggrave de beaucoup son arrogance) ; ce fut, dis-je, une grande témérité à cet homme qui, des derniers rangs du peuple, était passé dans le cloître où il vécut toujours comme simple religieux, de s'établir le juge de la manière dont les gens de la condition la plus élevée et revêtus des dignités les plus éminentes doivent garder leur rang; et d'avoir l'audace, en se couvrant du masque ordinaire de l'opinion commune, de blâmer, comme ayant manqué de jugement et n'ayant pas su tenir son rang dans une circonstance si solennelle et si bien préméditée, l'un des personnages qui brillaient alors le plus en Europe par l'éclat de leur naissance, de leurs d:gnités et de leur réputation. Comment d'ailleurs pouvait-il appar tenir à un diacre de proclamer les premières parties de cette sorte d'hymne dont les reprises devaient être prononcées, non par un chœur de musiciens, mais par un concile œcuménique de toute l'Eglise ? Nous ne voyons pas que cela se soit passé delà sorte dans les sessions du huitième concile gêné rai , dont nous avons parlé. Il y a plus , à la fin de celle session même du concile de Trente, l'hymne de louanges accoutumé fu entonné, comme on va voir, non point par un chantre, mais par le premier légal.
13. Les présidents en dernier lieu défendirent à chacun, sous peine d'excommuniée lion, de partir de la ville de Trente a\ant d'avoir souscrit ou approuvé, par acte public, toule la teneur des décrets du concile. Les promoteurs requirent tous les notaires présents de dresser cet acte. Enfin, le cardinal Morone entonna le cantique dont nous venons de parler; et quand il fut fini, se. tournant vers les Pères, il leur donna la bé nédiction et dit : Allez en paix. Les décret;' du concile réunis et authentiqués par le secrétaire Massarelli et par les notaires funn souscrits, selon l'ordre des légats, par (ou; les Pères, au nombre de deux cent cinquantecinq : d'abord les quatre légats et deux au très cardinaux, puis trois patriarches. (C'est par inadvertance que l'historien Morosini compte parmi ces derniers, au lieu de Barbaro, Grimani, qui ne fut jamais admis a aucun acte synodal.) Il y eut ensuite vingt-
;inq archevêques, cent soixante-huil évèjues, trente-neuf procureurs d'absents, in- ,estis d'un mandat légitime; sept abbés, -.avoir, un de Clairvaux, quatre du Montbassin, un sixième de Cluny, et le septième le Villa-Bertranda, dans la province de Tar- •agone, en Espagne. Les deux abbés franais approuvèrent purement et simplement es décrets de loi ; mais , pour ceux de réforuation, ils se contentèrent de déclarer qu'ils taient prêts à s'y soumettre. Les décrets jrent encore souscrits par sept généraux 'ordre, savoir, celui des Frères prêcheurs, elui des Mineurs de l'Observance, celui des fineurs conventuels, ceux des Ermites de aint-AugusIin, des Servîtes, des Carmes et es Jésuites. Tous à ces mots : J'ai souscrit, joutèrent en définissant, excepté les simples rocureurs, qui n'avaient jamais joui du •oit de suffrage.
• 14. On n'avait point renoncé au projet de ire souscrire aussi les ambassadeurs, suitat l'ordre de leur arrivée au concile. Car , en que l'absence des ambassadeurs fran-
• is dût ôter beaucoup de son prix à celle - puvelle solennité, ilsemblait bon néanmoins
]ur l'honneur du concile et pour donner |is de solidité à ses décrets , que du moins Ijs les autres ambassadeurs présents les Jceptassent au nom des princes qu'ils ressentaient, et en assurassent ainsi l'exécuta dans leurs Etats. Mais on ne put obtenir 1 comte de Lune qu'il promît de souscrire JKrement que sous cette forme conditionnle : Sous la réserve de l'assentiment du roi iilippe (1). Soave ayant eu connaissance «1 cette difficulté , part de là pour bâtir sur cle vérité tout ce qui lui paraît vraiseml»l)le. Il s'exprime donc de la sorte : Quoi- (jon eût résolu précédemment de recevoir l< souscriptions des ambassadeurs après celles d Pères, on prit alors une détermination UUe contraire, et cela pour plusieurs rai- Y' s : la première , parce que l'ambassadeur w içais étant absent, on craignait que la siv.l'lure des autres ambassadeurs apposée sous yd'enne n'annonçât que les Français ne re- Y nient pas le concile; la seconde, parce que Veomte de Lune manifestait l'intention de ne jp< souscrire purement et simplement, mais Peinent d'une manière conditionnelle, à |f" e que le roi son maître n'avait pas confci à la conclusion du concile. C'est pour- '(» les légats publièrent qu'il n'était pas duta' de faire souscrire les décrets par d'autres n")(ir ceux qui avaient voix délibéralive, et \n ;e serait une chose tout à fait insolite que I* ecevoir les souscriptions des ambassa-
Or, on fit préeisémentl'opposédcccqu'il
[ll V l'exception du comte, qui refusa de
r» rire, on prit, deux jours après la e!ô-
lr<lu concile, les acceptations de tous les
l'ïiissadcurs qui étaient à Trente, dans les
(H.'est re qu'on voit par une icllre du enid. Hor- I'1" aux deux nonces d'Espagne, en dalcdn l'r fé-
formes les plus étendues (1) ; et leurs souscriptions, apposées aux actes consisloriaux et aulhentiquement enregistrées , furent néanmoins séparées de celles des Pères.
Quant au mode de souscription, on crut prévenir les jalousies et les débals de préséance, en déterminant le tour des souscripteurs , non pas suivant l'ordre de leur arrivée , comme on l'avait décidé d'abord , mais suivant le rang accordé par l'usage à chaque ambassadeur. Un fait assez singulier et dont j'ignore absolument la cause, c'est que l'acceptation des Suisses fut enregistrée à part et signée par un notaire différent. Ainsi l'enregistrement général se trouva composé de quatre pièces : la première contenait les souscriptions de tous les orateurs ecclésiastiques, Polonais , Savoisiens , Florentins, Jérosol) milains , qui avaient assisté au concile au nom de l'Empereur ou du prince héréditaire; et parmi eux on dut admettre l'orateur impérial Sigismond Thon , simple laïque, mais assesseur de l'archevêque de Prague : au reste, comme il n'avail point de concurrent , celle concession ne souffrit point de difficulté. La signature de Joacbim, abbé de Vaux, et représentant de tout le clergé suisse, formait la seconde pièce. Dans la troisième étaient consignées d'une manière expresse l'acceptation de l'ambassadeur de Portugal , et celle de l'ambassadeur de Venise, c'est-à-dire de Nicolas du Pont , fondé de pouvoir de Dandolo , alors absent. Enfin la quatrième pièce contenait l'approbation de Mclchior Lussio , député des cantons suisses catholiques. Tous les ambassadeurs jurèrent, au nom de leurs maîtres , obéissance au concile. Si dans ces souscriptions authentiques qu'on trouve imprimées à la suite du concile et qui attestent l'adhésion tant des orateurs que des Pères et des procureurs , Soave n'a voulu voir qu'une liste pure et simple de ceux qui ont assisté au concile à tel ou tel litre , je prie le lecteur de ne pas le confondre pour cela avec ces tristes philosophes qui nient la vérité de tout ce oui ne tombe pas sous les sens.