‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 16 sur 373 · Le second événement dont la nouvelle · texte numérisé non relu

Le second événement dont la nouvelle

un trait de plume au milieu du récit détaillé fut portée à Trente, en ce même temps, était des autres circonstances qui ont rapporta la mort d'Antoine de Bourbon, prince de la promotion. Vendôme, que son épouse dota du titre de Les légats écrivirent au cardinal Borromée, roi de Navarre. Il avait favorisé le parti pour lui donner avis du dessein qu'ils avaient huguenot, selon qu'il a été dit ailleurs, conçu, se réservant toutefois la faculté d'en Dans la suite, reconnaissant que la protecvenir aux actes sans attendre la réponse. Et tion qu'il accordait aux hérétiques ne le conen effet, ils mirent bientôt leur projet à duisait point aux grandeurs, comme il Inexécution, après avoir réfléchi qu'un plus vait espéré, et que même le roi Philippe se long délai pourrait bien passer pour un re- servait de ce prétexte pour ne pas s'acquitter fus opiniâtre, et que des honneurs ainsi diffé- envers lui de ce qu'il lui devait ou à titre de rés ressembleraient à des fleurs flétries restitution, ou à titre de dédommagement, qu'on n'ose plus offrir. La solennité fut Antoine commença à marcher en arrière donc annoncée pour le 8 décembre , fête dans la voie tortueuse où il s'était fourvoyé, de la conception de la très-sainte Vierge. Ce mais il ne le fit que pas à pas, et avec tant de jour-là, tous les cœurs étaient transportés ménagements, qu'il mérita de passer plutôt de la plus vive allégresse; car on venait pour un huguenot peu sincère que pour un d'apprendre que le couronnement avait suivi franccatholique.il craignait de déplaire à de près l'élection. Le célébrant était Muglitz , Jeanne, son épouse, princesse d'un caractère archevêque de Prague, orateur impérial ; et plus viril que lui, et au prince Louis de Conle discours d'éloges fut prononcé en latin dé, moins âgé que son frère, mais aussi plus par Sbardellato. Parmi les assistants on hardi et plus obstiné dans l'erreur. Le roi comptait six cardinaux, les orateurs des d'Espagne, fatigué de cette sortedindécision, princes et tous les Pères du concile. Les avait refusé (1) d'admettre à son audience premiers, les seconds et un grand nombre un envoyé d'Antoine, disant qu'il ne voulait des derniers furent conviés à un banquet rien entendre avant d'avoir vu les affaires de

splendide, complément ordinairede ces pom penses réjouissances. C'était l'archevêque célébrant qui donnait ce festin au nom de l'empereur.

France plus sagement dirigées. Un autre jour, l'ambassadeur français étant venu demander à ce prince je ne sais quelle faveur, Philippe se plaignit auprès de lui de ce que

Cependant le souverain pontife avait ap- le jeune roi était environné de gens qui vou pris que les légats se disposaient à fêter la laient l'élever dans la religion protestante, et nomination de Maximilien, par des démons- dont le vœu le plus cher était de voir se rétentions publiques, et il écrivit sur-le-champ pandre partout les désolantes doctrines de au cardinal Borromée (2) pour lui faire con- l'anarchie. Dans cette même circonstance, naître de quelle manière il envisageait ces Philippe déclara que, si on ne faisait justice préparatifs. Il lui semblait, disait-il, qu'a- de ces intrigants, il y pourvoirait lui-même vanl de se livrer à de semblables réjouissan- et susciterait, le premier, des difficultés à ces, le concile aurait dû attendre son exem- ceux qui tramaient pour jeter les autres

dans l'embarras. Mais le roi Antoine parut se laisser ramener à sa bonté naturelle par les exhortations du cardinal de Ferrare et de quelques autres seigneurs catholiques ; et peu à peu il fil rentrer dans son cœur l'a-

droit et défait qui mour de la religion qu'il avait d'abord proîtte élection. Mais, fessée, et dont on le croyait éloigné plutôt

pie. Or il ne pouvait lui-même s'arrêter à aucun parti, tant que la promotion ne lui aurait pas été dûment signifiée par Ferdinand et par son fils, et tant qu'on n'aurait pas eu recours à son autorité pour suppléer beaucoup de conditions de d manquaient a la valeur de ce

troisjours après. Jean Manriquez, étant venu extérieurement par des raisons de politique, à Rome, en qualité d'envoyé de Maximilien, qu'intérieurement par une véritable convicet ayant donné au pape une parfaite assu- tion des principes de l'hérésie. Il se joignit rance que ce prince se conduirait, en tout, même aux catholiques pour combattre, avec comme un roi sincèrement dévoué à la cause eux, contre les rebelles delà secte; mais, catholique, le souverain pontife changea de durant cette guerre, il fut atteint d'un coup sentiment (3). Il écrivit qu'il approuvait le d'arquebuse sous les murs de Rouen, etmoudessein des présidents, s'ils l'avaient déjà rut, après de longues souffrances, victime de

l'incendie funeste qu'il avait lui-même allu-

(t) Lettre de Visconti au cardinal Borromée , 10 décembre.

(2) Lellre du cardinal Borromée aux légals, 12 décembre 1562.

(3) Lettre du cardinal Borromée aux légats, 15 décembre 1562.

me.

Par la mort d'Antoine, les droits de la tutelle royale passaient à son frère, le cardi-|

(1) Lettre de l'ambassadeur français à Venise, à l'ambassadeur français à Rome, 28 novembre 15f«2.

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