‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 17 sur 373 · LIVRE DIX-NLUVIEMF · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-NLUVIEMF

nal Charles de Bourbon, homme paisible et pieux, mais qui s'entendait assez peu au maniement des grandes affaires, et qui paraissait avoir plus d'aptitude pour l'obéissance que pour le commandement. C'est ce qui fit croire à quelques-uns que le cardinal de Lorraine retournerait en France (1) dans l'espérance que les rênes de i'Etalseraientconfiées à ses mains. Tandis qu'on se livrait à ces conjectures, le cardinal, en sa qualité de parent du prince défunt, se tenait renfermé chez lui, ne voulant pas même assister (2) à une entrevue qu'il avait demandée, peu de temps auparavant, aux présidents, et qui devait avoir lieu le jour de l'arrivée du courrier. Le lendemain il reçut de ces prélats la visite ordinaire de condoléance. On s'entretint des mesures qui pouvaient être prises par le souverain pontife, pour arracher à l'hérésie le fils du roi de Navarre, enfant de sept à huit ans, élevé de la manière la plus déplorable, par samère et par un précepteur huguenot, dans les erreurs de la secte ; mais le cardinal, après y avoir beaucoup pensé, jugea que, dans les circonstances présentes, il n'était pas convenable de poursuivre celte affaire avec trop d'empressement. Les légats se bornèrent donc à prier le pape de faire au cardinal de Ferrare les recommandations nécessaires, et de sedérhargersur luidusoin du jeune prince. Quoique ce prélat eût déjà fait ses préparatifs pour retourner au concile, on croyait que la mort du roi Antoine le retiendrait en France; et on espérait qu'étant sur les lieux il pourrait discerner ces occasions propices qui, pour être bien suivies, exigent non-seulement beaucoup de perspicacité dans le regard, mais encore une grande proximité des objets. Car il en est du sens moral à l'égard de certaines choses , comme du sens physique à l'égard des aliments : le goût, même le plus exquis, ne saurait apprécier leur saveur, à moins qu'il ne soit en contact avec eux.

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