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refusait d'adhérer à celle demande , loute l'Allemagne cesserait bientôt d'être catholique et même d'Être chrétienne. Ap es avoir reeuciir, à ce sujet, les sentiments secrets de beaucoup de prélats et de cardinaux, malgré l'horreur qu'il avait d'une telle nouveauté, il donna pouvoir à quelques évêques allemandsde permettre cet usage, non pas d'une manière absolue, mais seulement dans les lieux où les causes qui lui avaient été exposées se trouvaient véritables, et avec les conditions qu'il prescrivait. Celte grâce fut reçue à Vienne avec de grandes démonstrations de joie, et le nonce Delfini manda que les deux tiers des hérétiques s'étaient alors convertis. Que Dieu en soit loué 1 répondit le ponlife au cardinal ; mais peu après, on reconnut qu'il en était de tout cela comme du mieux momentané que procure quelquefois, à un malade, la douceur d'un breuvage nuisible. Néanmoins, etle expérience était nécessaire pour ôter aux Allemands la persuasion ou ils étaient que si le concile et le pape refusaient obstinément la demande, le salut du pays en serait compromis. D'ailleurs, la concession ne fut guère de plus longue durée que les conversions. Sous le pontificat de Grégoire XIII (3), et ensuite, sous celui de Sixte-Quint, quelques-uns des évêques a
(1) Actes consistorianx.
(2) Actes consistoriaux.
(5) C'estdans les mémoires dn pontifical deSixie \ , retrouvés parmi les papiers du dernier cardinal dij ftlonialie, el conservés dans les archives du Vatican*
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qui Pie IV avait délégué cotte faculté, étant venus à mourir , on mit en question si elle av ait été accordée au siège épiscopal ou aux personnes ; dans le premier cas , elle devait passer aux successeurs ; dans le second, elle s'éloignait avec la vie de ces personnes. Ce dernier sentiment fut adopté, de sorte que personne ne pouvait plus user de celte faveur, si ce n'est les prêtres à qui les évoques l'avaient communiquée avant de mourir. Tel fut le résultat de celte longue et fameuse enquête, par où l'on voit combien furent trompeuses les espérances du grand bien qu'on attendait en sollicitant, à Home, certaines dispenses insolites.
9. Tout en détaillant ces requêtes des Allemands, Soave mêle d'une manière indirecte beaucoup d'objections contre le célibat imposé aux prêtres. Celte matière ayant été épuisée par une foule d'écrivains controversistes , je ne fatiguerai pas ma plume à rapporter ce qui concerne son autorité et son antiquilé. Mais pour ce qui est de son avantage et de son côté utile, il n'est personne, pour peu qu'il ait de jugement, qui ne remarque combien le mariage détournerait des fonctions sacrées. Et puis, quel attachement à la chair et au sang l'amour d'une épouse et des enfants produirait dans les ministres Jes autels! Ces deuv amours ne sont-ils pas e que la nature a mis de plus ardent el de dIos impétueux dans le cœur de l'homme? 3î l'attachement qu'on a pour des collaléaux, quoiqu'il soit moins vif et qu'il n'emîorle pas toujours l'obligation de les pourvoir, si cet attachement cependant entraîne juelquefois Irop loin , que ne fera pas celui pie l'on porte à sa femme et à ses enfants, dus fort de sa nature, et rendu honnête par e devoir qu'on s'est imposé de leur procurer e nécessaire? Combien ce soin détournera e l'étude ! combien au contraire il augmenta l'ardeur avec laquelle on recherche les dens temporels! L'ecclésiastique ne perd rai tl pas d'autant plus ses droits à l'estime et l'amour des familles, qu'on le verrait plus ésireux d'en partager le patrimoine? Et pries , ce n'est pas sans en avoir senti la écessité. que les prêtres se sont engagés olontairement à observer une loi si dure et i révoltante pourla nature, loi qui n'est pas omme celle du jeûne, mais qui excepte les <ïques,etne pèse que sur eux. Quecetle iuîfdiclion soit l'occasion de beaucoup de fau- *s, c'est là une raison assez frivole , une ïison d'ailleurs qu'on pourrait alléguera;! si islcmcnt pour toutes les défenses insérées mis les lois divines et humaines; mais (pion -se le bien qui en découle, qu'on le compare k;c le mal qu'enfanterait l'abrogation du 'libat, et finis, qu'on prononce ! De même -ur les ordres religieux , niera-t-on que mlique usage joint à leur essence conslilive , renferme l'incapacité de contrarier 'ii,ig- il)? Toutes ces raisons sont pémploires. Aussi malgré toutes les requêtes
M) Le Concile de Trente! a eu raison, malgré tous . cffuri-> contraires, de c infirmer le célibat dans les
desAllemands, fortement appuyées par l'Empereur, jamais le pape ne sentit naître en lui le moindre doute sur la conduile à tenir.
10. Mais toutes ces requêtes finirent avec la vie du solliciteur. La mort de Ferdinand, qui causa tant de chagrin à Sa Sainteté, arriva le 25 juillet ; et le pape en fit !e triste rapport dans le. eonsisloiredu 15 aoôl(l). Là, après avoir ordonné, chose peu usitée dans la chapelle du pape, qu'on prononcerait à sa louange une oraison funèbre, parce que sa piété envers l'Eglise ne s'était jamais démentie . et que les services qu'il avait rendus à la chrétienté étaient extraordinaires . il désigna quatre cardinaux pour régler les cérémonies des funérailles, et pour en présider 1 sécution. Ferdinand fut un prince doué d'un esprit grand, mais non pas d'un esprit vaste. Courageux.'s la guerre, il était cependant très-enclin à la paix. Lorsqu'il recourait aux armes, sa valeur étai! rarement couronnée par le succès ; il vit même la plus grande partie de son royaume dotal envahie par la puissance ottomane : ce qui jeta la frayeur et l'épouvante dans le monde chrétien*. Les mesures de pacification au contraire acquirent à la maison d'Autriche, dans sa propre i ; sonne, deux royaumes héréditaires; puis il se fonda dans le cœur des Allemands un autre royaume héréditaire , de sorte qu'on peut dire qu'il légua à sa famille le droit de succéder à l'Empire. Son humanité, sa douceur, qui lui gagnaient l'affection des particuliers; sa modération, qui entretenait sa honni intelligence avec les grands; son application à remplir ses devoirs d'empereur ; ses soins religieux pour se conserver lui-même ainsi que ses Etats, purs de celle lèpre de l'hérésie qui désolait l'Allemagne : toutes ces qualités, il les posséda à un éminent degré. Mais les vertus humaines les plus éclatantes , comme les astres les plus radieux, sont toujours obscurcies par quelques ombres. On est obligé d'avouer que sa sincérité l'a rendu crédule, et sa crédulité parfois soupçonneux, que la douceur l'a souvent fait agir quand la sévérité seule eut dû être écoulée. Quoi qu'il en soit, le sainl-siége , qui lui avait longtemps contesté ses litres et ses droits à l'Empire sous Paul IV, lui est infiniment redevable : car ce prince se montra l'un des empereurs les plus respectueux qui se soient assis sur le trône d'Allemagne, et l'on peut surtout lui ait i bue r le bien inappréciable que l'Eglise a retiré du concile de Trente.
11. Le 18 d'août, on rendit à ce prince les honneurs funèbres dans la chapelle du Vatican (2). Ce jour-là même, le pape dit au sacre collège, que le nonce Dclfini donnait bonne espérance sur l'article de la religion, et qu'il annonçait que l'empereur Maximilicn, à qui il destinait pour légat le cardinal
canons 9 et 10 de la vingt-quatrième session sur le mariage, comme nous IVvons démontré dans le cfia-
pilre |« du livre III de notre llhtoirc potémiqi'e du célibat sacré, cl auebap. o de la dissertation deuxième de noire Justification du célibat sacré, ci -dcsbUS citée.
(1) Actes consisloriaux.
(2) Actes consisiorians.
Altemps,son neveu, ainsi que les autres enfants du prince défunt, marcheraient sur les traces de leur père. On ne saurait nier que les descendants de Ferdinand aient été ensuite dans le Nord, les Josués et les Gédéons du peuple de Dieu. Aussi, non-seulement le concile de Trente fut reçu comme un oracle du ciel, quant à ses définitions dogmatiques, tant dans les provinces que dans les autres possessions de la couronne d'Allemagne , mais il y fut encore reçu solennellement quant à ses statuts touchant la discipline. Indépendamment de l'acceptation (1) qui eut lieu dans les principales églises de ce pays, spécialement à Augsbourg , au synode qui y fut tenu (2) par le cardinal Olhon Truxes, en l'année 1567; on tint la même conduite dans les provinces héréditaires de la maison
feclé par la nouvelle hérésie qui, des membres les plus vils et les plus ignobles, s'était étendue jusqu'aux parties les plus vitales de ce grand corps. Commendon (1), selon l'ordre qu'il en avait reçu, résidait auprès du roi Sigismond Auguste, en qualité de nonce apostolique. Le pape lui adressa le volumû imprimé des décrets du concile, afin qu'il crr obtînt l'acceptation. Il était alors à Helsperga, pays de la Prusse, appartenant au diocèse du cardinal Hosius, à qui, à son retour du concile de Trente, il était venu rendre visite ; car c'était un homme qui lui était très-cher, et dont les conseils, très-influents auprès de Pie IV, lui avaient valu cette nonciature. Ils conférèrent ensemble de celte affaire. D'un côté, ils craignaient que, si le livre était remis en particulier entre les mains du roi, le
d'Autriche (3), dans la Styrie, dans la Carin- message n'eût pas une apparence assez hono-
thie et dans ie Tyrol ; au concile provincial tenu à Salzbourg (4), en 1569. Dans la partie catholique de l'Allemagne, ses décrets sont presque universellement observés, si l'on excepte la défense de cumuler des bénéfices incompatibles. En d'autres pays, une même personne ne saurait posséder deux évêchés, mais cela est permis en Allemagne : car il est nécessaire qu'il y ait là des évêques puissants, capables de contenir les sujets dans le respect, et de résister aux violences des hérétiques. Voilà ce qui rend utile et indispensable une telle concession.
C'est une propriété que possèdent presque tous les remèdes; ceux qui sont destinés à guérir les plus graves maladies, répugnent quand on veut les prendre dans l'état naturel, et c'est pour cela qu'on a raison d'en interdire l'usage aux personnes en bonne santé.