‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 177 sur 373 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

Considérations générales.

). Soit que l'on fût persuadé que le pouir temporel est une dérivation du pouvoir rituel et doit lui être subordonné, soitque,

vertu de ces paroles de l'apôtre saint il : Omnis anima poteslatibus sublimiori- , subdita sit; non est enim polestas nisi a

: (juœ autem sunt, a Deo ordinatœ sunt /»mM XIII, 1), on supposât que la plénitude dJa souveraineté temporelle et spirituelle d ait résider en l'Eglise de Jésus-Christ; soit q; le droit de soumettre les princes aux usures ecclésiastiques parût impliquer ceide les contraindre à les observer, même )- la privation de leur dignité et le dépouillent de leurs Elats; soit que les populaliys, alors sincèrement religieuses, se crusset déliées du serment de fidélité envers <" souverain, lorsque celui-ci cessait d'être Ode à Dieu et à son Eglise, et ne le jugeasse: plus apte à régner dès l'instant où il se trivait séparé de la communion chrétienne P' une sentence d'excommunication ; soit <U les princes s'accordassent, dans un esprit fôaix, à regarder le pape comme le juge •airel des différends qui pouvaient survenir 'ne eux; soit que les nations voulussent jDirpour arbitre conciliateur quand il s'ajnit de décider entre le roi et les grands Cataires de la couronne, ou entre ceux-ci 1 urs vassaux ; soit que loutes ces consistions réunies eussent contribué à l'éta- Miou à le maintenir, il est certain que le p oir de lliglisc sur le temporel des prin- 1 chrétiens était reconnu, au moyen-âge, J.'np légitime et faisait partie du droit pull fut longtemps respecté; mais enfin

» rinces, dont il humiliait la fierté c» qui,

peut-être aussi, avaient été justement blessés par l'abus qui en avait été fait dans quelques circonstances, cherchèrent à s'y soustraire.

10. Les jurisconsultes, les diplomates et tous les courtisans prirent parti pour eux. On parla, on écrivit contre le pape et contre le clergé. La passion, comme cela arrive presque toujours, se mêla à ces sortes de discussions. Bientôt les défenseurs de l'Etat devinrent les ennemis de l'Eglise, et non contents de lui contester le droit de dominer les puissances temporelles, ils prétendirent qu'elle devait être dominée par celles-ci.

11. Une pareille prétention ne tendait à rien moins qu'à détruire la véritable religion pour mettre à sa place un vain simulacre de culte politique, dans lequel tout serait mensonger, et où le prêtre chargé de moraliser le reste de la société serait lui-même le plus vil et le plus méprisable des hommes ; puisqu'il ne feraii rien, ne dirait rien qui ne fût contraire à ses convictions, et désavoué par sa conscience. Elle eut néanmoins de nombreux partisans, et, chose à peine croyable dans un siècle qui se croit plus écairé que les autres, elle en a encore beaucoup aujourd'hui.

12. Graduellement augmentée, tant par une exploitation bien entendue des terres incultes qui lui avaient été primitivement concédées, que par les acquisitions nouvelles que de sages économies !e mettaient eu état de faire, ou par des donations, dont quelques-unes étaient des restitutions faites à Dieu ou à ses pauvres, et la plupart des autres un tribut de reconnaissance, la fortune du clergé était devenue immense. Les bourgeois , les gens de robe et la noblesse la voyaient d'un œil jaloux, les princes la convoyaient. Tandis que quelques prélats et surtout les riches bénéficiers de l'Eglise, méconnaissant la sainteté de leur état, et oubliant qu* la pauvreté et l'humilité chrétiennes sont peu compatibles avec le faste de l'opulence et la dissipation d'une vie mondaine, tenaient , bien souvent, une conduite qui pouvait, à bon droit, scandaliser les âmes pieuses et remplir d'indignation les cœurs honnêtes.

13. La collation des meilleurs bénéfices se faisait ou à la cour des princes, ou à Rome, ce qui donnait lieu à des abus non moins déplorables. Ecoutons le rapport que Jean Correro faisait au sénat de Venise, en 1569, au retour de son ambassade de France (1) :

(I) Pare bella cosa a quella maesia. col dislribuire cenio sei vescovadi, qualtordici arcivescovadi, soi in Bellecenlo ahlnzie , cd allrellanti priorati , potere senza métier ma no alla borsa, pagar debiti, far ineieedi, mariiar dame, e gralifioar signori : è l'abtizo è canuninalo lanto innanzi. che si fa cosi hone niercanzia di vescovati e d'abbazie a quella corlc corne h fa qui di pevere e di cannella. Ne mai o rare voile, se lie conlerisce alcnno, clie molli non ne guadagnino; cbi lo denoMzia, queffo che l'oltiene, c'olui a clii « d'io, e il sensale che s'interpone. Ovc si puo dire che i! disorduie non sia conosciuto, perche è lanto apeito, clie Ofn'un grida e confessa che il maie c procédure, da qucsla fonte. La regfnn pin vo'tC ha promesso de

Page 1