‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 187 sur 373 · Vous comprenez (3), dit Henri VIII · texte numérisé non relu

Vous comprenez (3), dit Henri VIII

(1) c Poniifices enim, episcopi et reliqui ecclesiasl uoi uni magnâtes induira enneilium ( in qno pura divini verhi auciorilas soi;» valent) ferre nul admillere possuul.... Deus jiulex noster nuinqn.nn, ipiid per pouiilices, episcopos el concilia staiutum s'il, nec (piaula iongi temporis coiisucludinc lioc vel illud (Miifiniialiiin sit, a uobis requirel, sed num ipsius volunias ipsius verhum et pracepla cuslodita sint interrogent. Porro quid de judieibus ( quos extra Miiiversilates vicarius nusquam reperirc poiest ) dicerc alliuei? llabiMinis liic judices, qui nec personaiuiii respecln errarc, nec ul o alio affeclu excatcaii

"falli pO'Sunl, Dei niminini scripliiras, qu;e nec dllere nec menti li iioiuri. » (Œuvres, t. il, loi. (Jll.)

(2) ToM'Ourç inêiiie manière de raisimner. Yovez ii° ^5.

(,ï) < lutelligitis non hoc lempus conediis ceiebrandis idoncuin esse, non Maniuatn locuin esse idnficuni, iniillo minus nul. uni Uicmn iiioneuitl esse. Videiis ulii sil, nos neque ipsos venire debere , neqiie queuiquaui nos' ra causa eu mandate. Videiis \ix lehu'eui speni conedii g»ucialis cïSC. Admonilos vos

en terminant sa réponse à la première leltn de convocation qui lui fut adressée, que h circonstance présente n'est pas propre |à \i célébtation des conciles; qu'il n'est pas con venable de le tenir à Mantoue (1), encon moins dans aucun lieu. Vous le mettrez o{ vous voudrez. Nous ne devons ni nous ) rendre nous-méme , ni y envoyer quelqu'ui de notre part. Vous voyez qu'il reste à peini un léger espoir d'avoir un concile général Vois êtes avertis que chaque souverain avi sera aux moyens de pacifier, chez lui, le: troubles religieux. »

15G. Luther, condamné par le légat di saint-siege, en appela au pipe; condamni par le pape, il en appela au futur concile légitimement assemblé el en lieu sûr, afin disait-il , qu'il pût librement s'y rendre oi s'y faire représenter (2). Il pensait alors qin la tenue d'un concile œcuménique n'étai pas possible. Dans cette persuasion il la ré clamait vivement, accusant le pape de n pas la vouloir el de faire tout ce qui dépen dait de lui pour empêcher qu'elle eût lieu .Mais lorsqu'il s'aperçut que les difficulté s'aplanissaient, que les obstacles disparais saicnl les uns après les autres, et que I' jour de la célébration du concile œcuméni que pourrait bien n'être pas éloigné, ! changea de gamme et prit un autre ton (3' « Les imbéciles, dit-il dans un pamphlet <l soixante-quatre pages in-folio, les imbéci les , les niais se sonl persuadés que nous dé sirions vivement le concile, comme si le chrétiens ne pouvaient rien faire sans le concile et son aulorilé ; en sorte que noti devoir fui d'ambitionner leur bienveillant et de leur donner éternellement lieu de jouer de nous, et de nous tenir malicicust ment par le nez. Mais nous ne sommes pa

videiis quo paclo quisque principum donii sune religiouis alioqui uirbalas tranquiliei. > ( Piemièi lettre.)

(I) 11 prétend qu'à Mintoue le concile aurait été la disposition du pape ; qu'il n'y aurait eu aucune si rcié pour les ennemis de la cour de Ruine, et qui' ques lignes plus haut pari ni de la puissance du pup< il donne pour preuve de sa décadence le refus ou liné qu'avait fait le duc de Mauloue, de prêler ville.

("2) i Idcirco a pra-falo sanctissimo domino nosti

Leone non recie consulio ad fnluruni conciliu

legilime ac in loeo lut», ad quein ego vel procurât per me depulandiis, libère adiré pmero, vel poteri et ad illuni, vel ad illos, ad quem, scu quos de jur privilegio, consueludine, vel alias mihi provocare appellare licel, provoco el appello, etc. »

(3) < Nam insani isli Stulli silii peisuasenml, n stimmopere cup^re concilium , pennde ac si absq eoriim concilio et aucioriiale, cliristiani niliil âge possuil, proinde nostium e>se curumambirc graliai quo in a:lernum habeanl maleriam nos naso subd<> irriïionis sn>pendeic. Al nos bujus senieulia: m stunus, el e.m» Deo propilio, iilis aliam caiiliieii:i canlabo. si deireclanl (desideranl) conciliuiii, per n qtiidem fis licebit, nos nulle opus habenius CnllCili el si ob ul noliis ir.iscunlur, âge! lâchons eis jus c«> «ac.indi fcemnralia el a collo suspendendi , et h; essel bulla amaricini et osculum pacis pro id gi-n peiicaiis sanejulis. » (QEivrcs imprimées à Wijei berg, i. Vif, fol. VS2.)

SECT. III. EXAMEN DES CONDITIONS DKS l'UOTKSTANTS

reconnaître L'autorité de 'Eglise dans 1rs

de cet avis, et, Dieu aidant, je leur chaulerai, moi, une autre chanson. S'ils veulent un concile, nous leur permettrons de le tenir. Mais, quant à nous, nous n'en avons pas besoin. Si, pour cela, ils se fâchent contre nous, hé bien! accordons-leur la permission de remplir leurs chausses et de se les suspendreau cou. G'esl là la bulle d'Amaracin et le baiser de paix qui conviendrait à ces sortes de petits saints mignons. »

157. Le livre que nous venons de citer est , à la vérité, un de ceux dans lesquels Luther reconnut lui-même, à la diète de Worms , avoir mis plus de véhémence qu'il ne fallait en mettre; mais il déclara en même temps queecs li\ rcs là (l)ne renfermaient rien nu'il fût disposé à rétracter; et quelques instants aprè<, il dit positivement qu'il ne ■royait pas plus aux conciles seuls qu'au i^pe, et qu'il ne recevait pas leur auto- ;ilé (2).

158. Loin de revenir dans la suite sur elle déclaration de principes , il avait couurne de dire « qu'il avait été trop pusillanime i Worms ; qu'il était tellement certain de sa joctrine , qu'il ne voudrait pas même la oumetlre au jugement des anges; quec'éait à lui , au contraire , à juger avec elle les

ommes et tous les anges (3). »

159. Le concile s'assembla enfin dans la ille de Trente ; les sentiments des luthériens restèrent les mêmes. De là cette décla-

alion franche et n lie que nous remontons dans la préface d'un livre intitulé : cla concilii Tridenlini anno MDXLVJ cebraii, una cum annotationibus piis et leci dignissimis. Item ratio cur qui confesonrm Augustnnam profitenlur , non esse funliendum iniquis conci'ii Tridenlini sen- ■ntiis judicarunt : per Pliilippum Melunchlonem (1546). Les protestants , dit l'auteur, eurent jamais la pensée de venir à Trente: roleslantes nunquam Tridenlum venire co- Itarunt.

160. Mais si , d'un côté , les luthériens étaient pas mieux disposés que les calviistes , les zwingliens et les anglicans , à

(I) «Qui siiiit a me consciipti libri, non sunl ejus- •ni gencris nec argunienii oinnes... Terliuin gentil teorum qui scripli sunl in qiiosdam privatiin, qui et |nianam illam nc>|uitiam defendere volunt, ei ut>ie ealmnniam milii siruunt, in iisque faleor me ve- OTienlinrem fuisse quam dcceal : sed niillam sanciitniam mihiarrogn, neque de moribus aut mea viia, d de vera doehina professionem inst'nui : et tamen

his ipsis uiliil relraciare velim : hoc enira ipso illnrum insolenikc fenesirain palel'acerem.» (Slein, I. III.) (2)«Hi:c igiiur mea estsentenlia, quod nisi Scrip-

» sacra: leslimoniis vel evidemiraiioneconvicius

:ro, me nonposse quicquain enrum qu.c scripi vtl

•cui revocare. Nam ut conscieniiam i|>>e meain

Inerem, non comniilloin : ponlifici aiilcin roinano ladite conciliis non credo, nec ipsorum auclorilalem l'ipio. » (Ibid.)

3) i Marlino nsava di dire, clic in Yoimatia fn 1 ppo pusillanime e clie eral autu cerlu ilella tua dollii, clic coine diviiw non voleta inancu soiioinei- "a :>l gimlicio delgli auguli : an/.i , elie cou quella r<i eraper giudicarcgli htioiniiu, clgli Angeli lulii.» (a ï\iolo, Hit'., du Conc.de Trente, l. Ir,an. I52I.J

décisions d'un concile œcuménique, de l'autre, ils redoutaient l'Empereur et les souverains qui étaient restés fidèles à la religion catholique. Ils se sentaient liés par l'appel de Luther, par les déclarations et les proiestalions publiques qu'ils avaientsouvent faites d'accepter avec soumission tout ce qui serait décidé par un concile œcuménique. Ce fut pour sortir aussi adroilement que faire se pouvait de la position difficile dans laquelle ils s'étaient mis, qu'ils imaginèrent de demander un concile universel , libre et chrétien. On le leur promit, lis redoutèrent l'effet de cette promesse, surtout lorsque le concile de Trente eut été convoqué. Alors, sous le pseudonyme de secrétaire de Paul 111, l'un d'eux se chargea d'expliquer ce qu'ils entendaient par un concile universel , libre, chrétien.

161. Ces explications, présentées avec beaucoup d'adresse, pouvaient être considérées comme l'opinion individuelle de celui qui les avait écrites; ils eurent soin de les reproduire, de les développer et de les compléter dans les motifs de récusation que les Etats prolestants alléguèrent contre les premières sessions du concile de Trente. Là ils demandent expressément : 1° que le concile œcuménique soit convoqué et dirigé par l'Empereur, a qui seul ils reconnaissaient ce droit ; 2° qu'il soit tenu en Allemagne et non ailleurs}; 3° qu'il soit composé des prélals, évêques, grands ficaires, archidiacres de toutes les églises de l'univers, de même que des abbés, prieurs, supérieurs de communautés, doyens de chapitres, surintendants, théologiens, docteurs, curés, prédicateurs et autres ecclésiastiques recommandables par leur mérite ou par leur piété ; 4° qu'on y admette aussi, comme membres ayant voix délibérative, les empereurs, rois et autres princes chrétiens, de même que les minisires, les magistrats, les marquis, les ducs, les comtes, les barons et tous les hommes distingues par leur piété, leur mérite ou leur savoir; 5' que la convocation en soit faite dans tous les Etals de la chrétienté et dans chacune de leurs provinces; 6° que le pape délie du serment de fidélité qui lui a été prêté, les prélats, les évèques et tous les autres dignitaires ecclésiastiques; 7° que loulcs les procédures faites ou commencées soient déclarées nulles et de nul effet, que toutes les censures portées ou encourues soient levées; 8J que le concile soit préside par Jésus-Christ seul et par sa parole; 9' que l'Ecriture sainte soit la seule règle des décisions qu'on y prendra; 10° que les Pères de l'Eglise et les autres écrivains ecclésiastiques des premiers siècles n'y servent qu'à interpréter et expliquer les passages obscurs de l'Ecriture, et n'aient d'autorité qu'autant qu'ils s'accorderont avec elle,s'offrunt, néanmoins, dans le cas où il ne serait pas possible, pour le moment, d'avoir un concile œcuménique de celle nature, à prendre, dans les mêmes conditions un concile national libre et chrétien.

:T5 discussion des motifs contre le concile. 77e

102. Les bonnes gens! ils prévoyaient que supprimé quelques-unes de ces conditions cl

peut-élre on ne leur donnerait pas un con- modifié les autres. Ainsi, d'après Fra-Paolo,

cile œcuménique tel qu'ils le désiraient, et ils n'exigeaient plus que l;i convocation du

qu'il aurait été nécessaire, selon eux, de l'a- concile œcuménique fût faite dans tout l'u-

voir; et, en ce cas, ils voulaient bien se con- nivers chrétien et dans chacune de ses pro-

lenler d'un concile national fait dans les vinces en particulier; que les procédures

mêmes conditions? Pouvait-on montrer une commencées contre eux et les autres d.ssi-

hu tueur plus pacifique et des dispositions dents fussent annulées, et les analhèmet plus conciliantes? - levés; que; le concile fût présidé par Jésus-

163. Il est vrai que reconnaître à l'Empe- Christ et sa parole. Au lieu de le faire con» reur d'Allemagne seul le droit d'assembler voquer et diriger par l'Empereur, qui vraile concile et de le diriger, c'était de prime- senihlahlemenl avait été le premier à déclinai abord rendre son œcuménicilé impossible; cet honneur, ils requéraient seulement qu il aucun des princes de l'Europe, et encore ne lût ni convoqué, ni présidé par le pape: moins ceux des autres parties du monde au lieu d'y appeler comme membres tous les chrétien n'étant disposés à lui reconnaître le hommes instruits ou pieux, ils se conteodroit dont les Etals protestants de son empire laient de demander que les théologiens des voulaient bien le gratifier. princes protestants y eussent voix délibéra-

164. Exiger ensuite que la convocation du live; mais ils ajoutaient de plus les troii concile se fit dans tout le inonde chrétien et conditions suivantes : 1° que les suffrages m dans chaque province en particulier, c'était fussent pas comptés, mais pesés et estimé; une raison pour qu'on ne le tint nulle part; d'après leur conformité avec la parole d( car si les luthériens pouvaient demander Dieu; 2° que si les différends n'étaient pai qu'il fût tenu en Allemagne, parce que c'é- terminés par le concile, les arrangement.' lait là que le luthéranisme avait pris nais- provisoires pris à Passaw et à Ausboufj s^nce, les calvinistes pouvaient demander, à devinssent définitifs; 3° que l'acceptation di leur tour, qu'il fût teni. in France, les zvir.- ces deux conditions leur fût garantie, gliens en Suisse, les anglicans en Angleterre, 168. La première de ces conditions, com tous les hérétiques ou schismaliques, tant binée d'un côlé avec les modifications qu'il: anciens que modernes, chacun dans la pro- voulaient obtenir pour la présidence et 1; vince qui avait vu naître leur secte, ce qui direction. du concile, et de l'autre, avec l< fournissait à tous un prétexte légitime de ne droit de suffrage qu'ils faisaient accorder i pas s'y rendre, et parait admirablement aux leurs théologiens, aurait donné à ceux-c embarras d'une pareille assemblée (F. n° 325 la prépondérance dans toutes les décisions et suiv.). car ils avaient la prétention de connaître

163. La présidence de ce concile monstre et d'interpréter l'Ecriture sainte mieux qu< était, du reste, parfaitement bien conçue, les Pères de l'Eglise , et à plus forte rai Jésus-Christ seul, du haut des nues, aurait son mieux que le clergé catholique, repu se faire entendre de tous les Pères. On marquabîe selon eux par son ignoranci conçoit alors que, expliquant lui-même et crasse et sa stupidité. La seconde, c'éla complétant les prophètes, les évangélistes et une planche de salut en cas de naufrage, les autres écrivains sacrés, on aurait été dis- leur suffisait de décrier les actes de fassent pensé par le l'ait de recourir au témoignage Idée et de les rejeter, pour rendre définiti des Pètes et des écrivains ecclésiastiques qui les arrangements provisoires, qui avaientét nous ont conservé les traditions des temps faits en vue du concile et dans son attente apostoliques. 169. L'une et l'autre de ces deux condi-

166. Nous ne voyons pas dans quel but les tions étaient essentiellement contraires à

Etals prolestants comprennent au nombre constitution et à la nature du concile œcu-

des conditions requises pour avoir un bon ménique. Il n'y aurait pas de délibération

concile général, la remise du serment de possible, là où des contrôleurs viendraien

fidéli;é prêté au pape, et laissent subsister censurer les votes avant de les recevoir

celui qui est prêté au prince, soit par les Dailleurs, prévoir le cas on un tribunal su

évéques, soit par les fonctionnaires publics : préme ne terminera pas le procès, c'est dé

car si l'un peuî gêner la liberté du vote, clarer par avance, qu'on ne lui reconnaît I'

l'autre, ce semble, doit la gêner aussi (F. droit de juger en dernier ressort et de porte

n. 689 et suiv.). Mais nous comprenons qu'ils une sentence définitive qu'autant que soi

aient demandé l'annullalion des procédures jugement sera tel qu'on le veut,

commencées contre eux, cl la révocation des 170. Par conséquent, tout en substituât!

sentences ecclésiastiques portées contre les aux premières conditions qu'ils avaient fai

léréliques et les schismaliques depuis FôVi- les, des conditions qui paraissaient plus mi

jine du christianisme jusqu'au temps de Lu- sonnables peut-être, les luthériens ne lais

lier. C'est par là qu'on aurait commencé, saient pas que de faire des offres dont le relu

Or, une fois la chose l'aile, il n'y avait plus ne pouvait pas être douteux. Ils le savaient

ie schisme, plus d'hérésies. Il ne restait en- c'est pour cela qu'ils ajoutaient: Si vous n

tre les chrétiens que des opinions divergen- voukz pas nous faire un concile œcuméni

tes, dont la conciliation ne nécessitait nulle- que tel que nous vous le demandons, don

ment la tenue d'un concile. nez-nous un concile national.

167. Quand ils se présentèrent à la dièle 171. Celle demande subsidiaire é(ait-e!l

le Francfort, en 1562, les luthériens avaient franche, sincère? Nous en douions. Cejjeii

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