En toutes les sessions qui ont esté
Bea sous Paul III, nous ne trouvons que
dix Français, et enaucunes point du tout...
Assi lust-ce au temps que le roy Henri II
p»testa contre le concile et deffendit aux
i^'lésiastiques de son royaume d'y aller,
iCnme il sera dit ailleurs. Telle protestation
s< rouve aujourd'hui imprimée en date du
rç s d'aousl 1551, de laquelle nous avons
li (es mois : Il a proteslé, comme il lui est
P<wis de droicl, ne lui estre nécessaire, es-
jta occupé en des grandes guerres, d'en-
mer au concile de Trente les évesques de
|»o royaume comme ceux qui n'y pour-
FO'iil avoir libre et seur accès, et que le
fo:ile mesme, duquel il estoit exclus coa-
w«»a volonté, est tel qu'il ne fust pas tenu et
•"cité pour général cl de toute l'Eglise,
P0» pluslosl qu'il fust censé et repulé un
SECT. IV. LE CONCILE FUT IL OECUMENIQUE
concile privé, recherene non pour un désir de réformer et remettre sus la discipline, et reprouver les secles, rrtais pour favoriser à quelques-uns, bref auquel on a plus d'es gard, au particulier qu'à ce qui est du public. »(Voy. sect. X.)
« Quant aux autres sessions faites sous Pie quatrième, depuis le dix-huitième janvier 1562 jusqu'à la fin dudit concile, les évesques et autres ecclésiastiques de France, y furent voirement, ores que non en fort grand nombre, et aussi les ambassadeurs du roy Charles neufiesme : mais voici qu'on allègue que, par les régies de droict, ce qui esl nul du commencement ne peut être rendu valable par traict de temps , que les dernières sessions ne peuvent donner force aux premières ni purger le vice viscéral qui esten icelles »
188. Spanheim. — Sed œcumenici loco , recle diceris œconomicum, ubi omnia a legatis ponlificiis, prudenliœconomia, secundum papœ voluntalem, et curiœ romanœ intéresse, fuere dispensata. (Voy. sect. V, § 3.)
189. 7° Heidegger. — « De-nique concilium hoc a minima chrisliani orbis parte probatum, confirmalum, receptum et inlroductum csi , adeoque non œcumenicum , sed parliculare ; non Ecclesiœ christianœ . sed conspirants adversus eam factionis fuît. Elenim primo non modica Ecclesiœ christianœ pars suntorienlalcsEcclesiœGrœcorum , Armenorum , Abyssinorum , etc. At constat illas ad hoc concilium nec légitime vocatas osse, nec per delegatos comparuisse , ac proinde concilium Ecclesias orientales minime représentasse.... Secundo in Europa protestantes ad concilium illud légitime vocati non sunt, neque adeo in eo, si paucos œquas habeiidi concilii leges impetraturos , exeipias , coi!<paruerunt, multo minus illud firmuiu ratumque habuerunl. Pertinent hue Ecclesiœ amplissimœ, pula anglicana, scolica, hybernica, danica , norvregica, suecica , livonica, maxima pars Ecclesiarum Germaniœ, Galliœ, Belgii , Bohemiœ , Hungariœ, Poloniœ , Lilhuaniœ, Helvetiœ , Rhetiœ , Styriœ , Carinnithiœ, Austriœ , Transylvaniœ , etc. Quœ majorent Europœ partem constituunt. Tertio inter eos ipsos , qui communioni pontificiœ , addicli sunt, concilium respuerunt multi, universa puta Gallia ponlificiis cœteroquin parlibus addicta. (Voy. sect.X.) Quarto concilio huic nec Imperator, nec reges vel principes nec eorum in concilio oratores subscripserunt.Gonslilulum cquidem in concilio erat , ut post patres etiam oratores subscriberent... Quinlo denique non paucos in ipso concilio patres , hispanos imprimis , liberis subinde sermonibus suum de concilio interiorem animi sensum prodenles in ipsa quaque historia induxim-us. Ex qua proinde prœmissa... deduci potest... concilium Tridcnlinuinnon fuisse synodum œcumenicain , inSpiritusanctolegitimecongregatamuti inscriplio habet , sed congregationem profanorum hominum , adeoque, ut paucis omnia complectar, chrislianissimi et chrisliauoi uni principuit) sacrum ludibrium , cui apud ora»
DISCUSSION DES MOTIFS CONTRE LE CONCILE
ncs bonos et salutis œternœ animarum cupides nulla prorsus Odes et auctoritas constatée debeat. » (P. 1270 et suiv. Voy. n. 123.)
190. 8° Jurieu. — « Après tout, c'est bien abuser des termes que d'appeler œcuméniques ou universels des conciles composés de deux ou trois cents évêques, qui sont venus de cinq ou six nations S'il y avait quelque concile qu'on pût appeler général, il faudrait qu'il fût composé tout au moins des conducteurs de l'Eglise, de tous les savants et de tous ceux qui ont médité les mystères de la religion : il n'y a point de lieu au monde qui puisse tenir une telle assemblée ; et il seraitimpossible qu'on y pût délibérer. Mais de ce nombre prodigieux de conducteurs de l'Eglise universelle, on se contente d'en députer deux ou trois, qui sont presque tous d'une même nation. Car les provinces voisines du lieu où se tient le concile général fournissent plus d'évêques et de théologiens que tous les royaumes éloignés ensemble ; et l'on veut que ce petit nombre soit pourtant appelé l'Eglise universelle, et qu'elle ait son esprit et son infaillibilité. Je ne sais s'ii y a jamais eu une pensée moins raisonnable. Il est donc certain qu'il n'y a jamais eu de conciles qu'on ait pu véritablement appeler généraux.
191. « Mais laissons les raisons générales, et considérons ce concile de plus près. C'est un concile de l'Eglise romaine, et non pas de l'Eglise universelle: pourquoi veut-on donc que nous le regardions comme un concile
général Les Grecs ne sont pas entrés
dans les conciles des Latins, ni les Latins dans ceux des Grecs depuis six ou sept cents ans. L'Eglise latine n'est pas la moitié de l'Eglise chrétienne, il s'en faut beaucoup : cependant elle veut que les conciles qu'elle tient dans l'Occident soient des conciles généraux; et que les conciles des Eglises du midi et de l'Orient, ne soient que des conciliabules. C'est une témérité prodigieuse à une Eglise qui n'est que la quatrième partie du monde chrétien, de se regarder comme le tout, et de compter tout le reste pour rien (i). C'est donc un concile de l'Eglise romaine tout au plus.
192. « Mais encore n'est-il pas vrai, que ce soit un concile général de l'Eglise romaine; c'est le concile de l'Italie et celui des Italiens; c'est un concile de soixante et quelques évêques , dont plusieurs étaient pensionnaires du pape ; ce concile a été convoqué trois fois : la première sous Paul 111 , la seconde sous Jules III, la troisième sous Pie IV. Dans les deux premières convocations , il n'y eut guère plus de soixante
(I) Du temps de Jurieu, il n'y avait personne, dans la plupart des Etals d'Italie, d'Espagne et de Portugal, qui ne fût catholique romain. En France, les protestants étaient dans la proportion de 1 à 50. Il y avait, comme il y a encore aujourd'hui, beaucoup de catholiques dans les Etals protestants ou schismaliqnes. Nous serions curieux de savoir comment il faisait son calcul pour trouver que l'Eglise catholique romaine n'était que la quatrième partie du monde chrétien.
évêques (Voy. n. 181 et suiv.), presque loi espagnols ou italiens. Où est le concile g< néral qui ait été composé d'aussi peu i gens ? Ce petit nombre de personnes a poui tant décidé des plus importantes affaires seize sessions ont été tenues dans ces dei premières convocations ; on y a décidé 1 controverses de l'Ecriture , des traditions du péché originel , de la grâce , de la ju tification , du baptême , de l'eucharislie , i la pénitence, de l'extrême-onction. Soixan personnes entreprennent de donner des le à toutes les consciences du monde sur d matières qu'ils n'entendaient pas. 11 fa avoir une foi bien aveugle pour se soume tre aux décisions d'un si petit nombre i gens aussi peu éclairés. Rien n'est plus ra sonnable que la pensée de Paul IV , qui d sait ordinairement que c'était une grani folie d'avoir envoyé soixante évêques, d moins habiles, dans des montagnes , et i s'imaginer que ces gens-là avaient plus < lumières, pour trouver la vérité, que le siéj de Rome , où il y a toujours un très-grai nombre d'habiles gens , qui font leur pn fession de l'étude de la théologie (1). 11 e vrai que, dans la troisième convocation, se trouva plus de deux cents prélats concile ; mais d'où étaient-ils venus?... n'étaient pas les luthériens seulement; c'j tait toute l'Europe qui appelait ce concilJ le concile du pape et des Italiens. » (RéflA his., p. 25 et suiv.)
193. 9°. Leibnitz. — « On aurait tort Allemagne d'autoriser un concile, lequj tout bien fait qu'il est, semble n'avoir i tout ce qu'il faut pour être œcuménique. 1
194. « Quand tout ce qu'il y a dans le ccl cile de Trente serait le meilleur du mon( comme effectivement il y a des choses exil lentes, il y aurait toujours du mal de i donner plus d'autorité qu'il ne faut, à cal de la conséquence. Car ce serait approu et confirmer un moyen de faire triomp l'intrigue , si une assemblée dans laquJ une seule nation est absolue pouvait s'atj buer les droits de l'Eglise universelle. Ce pourrait tourner un jour à la confusionl l'Eglise, et faire douter les simples delà
(i) Jurieu ne peut avoir tiré celte anecdote qui Frà-Paolo. Or, scion cet historien, si justement [ pect, Paul IV répondit au cardin.i) Pu Bellay: il s'il [allait un concile, il le tiendrait donc à Ilol n'étant pas besoin d'aller ailleurs; et que c'cUj raison pourquoi il n'avait jamais consenti qtiT mis à T tente, ce que tout le monde savait, d'ail que c'était le mettre tout au milieu des luihérl car le concile, ajoutait-il, sedoil tenir seulement les évêques; et quoique l'on y puisse bien adrol d'autres gens, pour conseil, ils doivent cire loi! tholiques, autrement il y faudrait recevoir ausf Turcs. Que c'était une grande folie que d'en] dans les montagnes soixante évêques et quai docteurs, des moins habiles, comme l'on a*ail par deux fois , et de croire que ces gens-là fil plus propres, pour instruire et réformer le ml que le vicaire de Jésus-Christ et tous les cardil qui sont l'élite et les colonnes de toute la chrélf ni que les prélats et les docteurs célèbres qui Rome, et toujours en plus grand nombre quej qui s'en pouvait trouver à Trente. >
SECT. IV. LE CONCILE FUT-IL OECUMENIQUE
rite des promesses divines.» (Lettre à madame de Brinon , juillet 1691.)
195. « Car quoique le royaume de France suive la doctrine du concile de Trente, ce n'est pas en vertu de la définition de ce concile, et on ne peut pas inférer qua la nation française ait rétracté ses protestations .ou doutes' d'autrefois , ni qu'elle ait déclaré que ce concile est véritablement œcuménique. Je ne sais pas même si le roi voudrait faire une pareille déclaration sans une assemblée générale des trois Etals de son royaume ; et je prétends que celle déclaration manque encore en Allemagne, même du côté du parti catbolique (Voy. sect. II.).
culièrement, ne devait pas être négligée, à cause des traditions anciennes dont elle peut rendre témoignage contre les opinions nouvelles, reçues on devenues communes parmi les Lalins, par l'ascendant qu'y avaient pris les ordres mendiants et les scholasliques sortis de ces ordres, souvent bien éloignés de l'ancien esprit de l'Eglise.
198. « Ainsi on peut dire que les prélats n'étaient pas en nombre suffisant, à proportion des nations, pour représenter l'Eglise œcuménique; et, afin de balancer les Italiens et les Espagnols, il fallait bon nombre, nonseulement de Français , qui , avec lesdits Italiens et les Espagnols , composent pro-
jCependant , il faut rendre cette justice prement la langue latine ; mais encore de la "à M. l'évéque de Neustadt, qu'il souhaiterait langue allemande, sous laquelle on peut fortdcpouvoirdisposer les protestants, cl tous comprendre encore les Anglais, Danois, Sué-
les autres à tenir le concile de Trente pour ce qu'il le croit être, c'est-à-dire pour univer- >el; et qu'il y eût moyen de leur faire voir ju'ils ont lieu de se contenter des exposiions aussi belles et aussi modérées que celés que M. de Meaux en a«données de l'aveu le Rome même.
196. «Ceux qui doutent de l'œcuménicité 'un concile ne savent point que l'Eglise a i éfini ce qui est défini dans ce concile : et s'ils nt des raisons d'en douter, fort apparentes iour eux, qu'ils n'ont pu surmonter après ivoir fait de bonne foi toutes les diligences et scherches convenables, on peut dire qu'ils morent invinciblement que le concile dont I s'agit est œcuménique : et pourvu qu'ils ^connaissent l'autorité de tels conciles en .énéral, ils ne se trompent en cela que dans \ fait, et ne sauraient êlre tenus pour hé- Hiques. Et c'est dans cette assiette d'esprit ue se trouvaient les Eglises protestantes ,
dois , Flamands ; et de la langue sclavone, qui comprend les couronnes de Pologne , de Bohême, et autres peuples , et qui se pourront associer les Hongrois, pour ne rien dire des Grecs et des Orientaux. Et il ne sert de rien de répliquer qu'une bonne partie de ces peuples est séparée de l'Eglise; car c'est prendre pour accordé ce qui est en question , et de dire qu'on les a cités , cela n'est rien. Il fallait prendre des mesures pour qu'ils pussent venir honnêtement et sûrement , et sans vouloir les traiter en condamnés ; on en sut bien prendre avec les Grecs dans le concile de Ferrare ou de Florence ; et le prétendu schisme où l'on veut que les Grecs se trouvent enveloppés, n'empêcha pas leurs prélats d'entrer dans le concile et de traiter avec les Latins d'égal à égal. On les ménagea même dans les matières qu'on a précipitées à Trente sans ménagement, et M. l'abbé Pirot a bien remarqué
ui peuvent prendre part à cette négociation, qu'on ne voulut rien décider à Florence, en ;squcllcs se soumettant à un véritable con- présence des Grecs, à l'égard de la dissolu-
le œcuménique futur, à l'exemple de la mfession d'Ausbourg même , et déclarant î bonne foi qu'il n'est pas à présent en leur juvoir de tenir celui de Trente pour tel , .ni connaître qu'ils sont susceptibles de communion ecclésiastique avec l'Eglise >maine, lors même qu'ils ne sont pas en
tion du mariage par adultère : quelle apparence donc de le décider par après dans un autre concile en leur absence, sans aucune communication avec eux ? C'est cependant ce que le concile de Trente n'a pas fait scrupule de faire, passant ainsi par-dessus toutes .es formes. C'était apparemment pour
at de recevoir tous les dogmes du concile conlr^rrcr d'avantage les protestants ; car
i Trente. » ( Lettre à madame de Brinon ,
)sept. 1691. )