‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 21 sur 373 · LIVRE DIX-NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-NEUVIEME

aussi des curés inférieurs, ODJets plus importants que la résidence; que cependant pour ne pas sorlir de la question, il remettait à une autre fois l'examen de ces matières Au nombre des privilèges qu'il crut utile d'accorder aux évêques résidents, il compta le pouvoir d'absoudre (1) même des cas renfermés dans la bulle In cœna JJomini; et i! protesta qu'il ne disait point cela pour restreindre l'autorité pontificale, mais parce qu'il était persuadé que ceux qui commettraient de semblables fautes n'iraient pas à Rome pour en recevoir l'absolution : et qu'ainsi il valait mieux les mettre à même de se faire absoudre dans leur pays, que de les y laisser mourir sans réconciliation.

6. Je ne me fatiguerai pas à réfuter les conjectures mal fondées dont notre historien entremêle le récit de tous ces événements Comme s'il était cette intelligence universelle qui n'eut jamais de réalité que dans 1 imagination des Arabes, Soave, expose avec une téméraire confiance, aux yeux de' ses lecteurs mille et mille pensées secrètes qu il voit naître dans l'esprit d'un chacun, devisant, à sa manière, sur les fins internes qui président aux actes extérieurs bien que ces fins, telles qu'il les assigne' manquent absolument de vraisemblance Je' veux me contenter de signaler ici deux inculpa lions de celte nature, afin d'en démontrer en peu de mots l'injustice. Premièrement boave assure que le cardinal de Lorraine ne s expliqua qu'avec une artificieuse ambiguïté sur le décret de la résidence, tellement qu'on ne put savoir ce qu'il en pensait. Or, il est évident que le contraire arriva ; car ' aussilôtque le décret lui entêté communiqué en particulier, le cardinal indiqua aux présidents les modifications qu'il jugeait les plus nécessaires, comme nous l'avons dit, et comme on le voil (2) dans les lettres des légats et dans celles de Visconti , de Gualtien et de Foscarari (3); et il agissait ainsi afin d'épargner aux représentants du saintsiège, les désagréments d'une opposition publique. Puis, quand vint la congrégation, il formula de la manière la plus précise son opinion sur la question spéculative, après quoi il accepta la teneur du décret, avec quelques conditions claires et favorables au pape, comme était celle de remettre, sans réserve, à son jugement, toutes les raisons de l'absence

7. En second lieu, cet auteur écrit que le même cardinal ne se rendit pas à la congrégation le sixième jour de décembre, afin de laisser les Français en pleine liberté déparier contre l'autorité du souverain pontife; et qu'ainsi la mort du roi Antoine sur laquelle il s'excusait, ne fut pour lui qu'un prétexte dont il sut adroitement s'emparer. Mais Soave ne pouvait-il prévoir que le lecteur le plus dépourvu de bon sens serait choqué de celte

(1) Leilro de Visconli au cardinal Borromée. du 10 décembre 15b2.

(2| Ces lettres sont cilées plus hauï.

(3) bu 10 décembre I5G2.

[Trois.)

calomnie? N'y a t-il donc que les peuples bïrbïrcs, qui'connaissent l'usage du djJjH Les sauvages habitants du Japon et de l Erhiopie sont-ils les seuls qui donnent des signesdedouleurenapprenantquequelquun,

quMeur était uni par les liens du sang a 2esséue vivre? et chez des nations civilisées si un personnage de haut rang , si un homme qui tient dans sa main les renés d^un grand royaume vient à mourir, doit-on s efonner qu'un autre homme, représentant de ce même royaume et parent du défunt refuse Se paraître en public, et se renferme dans sa mafson le jour où il reçoit la nouvelle de événement? Chose remarquable 1 parmi celte foule de mémoires contemporains que j'ai sous les veux et qui sont presque partout

: trouve exprime

cherche à justifier aux yeux du public les prérogatives pour lesquelles on l'honore. Et parmi toutes ces prérogatives, il en est une surtout dont les grands se font gloire : c'est la puissance.

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