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LIVRE DIX-NEUVIEME

venir là, ils ne manqueraient pas de protester, avant de partir, contre les excès qui les auraient réduits à celte extrémité.

2. Un grand nombre de pieux personnages s'affligeaient profondément de ces désordres, les considérant comme une tache imprimée au front de l'Eglise catholique. Mais beaucoup d'autres, avec plus de portée dans le regard, découvraient dans ces permissions de Dieu une éclatante confirmation de la même Eglise, dont le principe fondamental, et qui la sépare de toutes les hérésies, est de reconnaître un chef visible et suprême de la religion. Et celte remarque, appuyée sur l'expérience, était assurément pleine de sagesse : car si, alors même que les évêques étaient soumis à un chef, on voyait régner une si grande confusion, parce que ce chef, se pliant aux circonstances, ne faisait que faiblement sentir à ses subordonnés le frein de sa puissance, que devait-on attendre d'un gouvernement ecclésiastique en dehors de l'autorité souveraine , d'un gouvernement abandonné aux mains d'une foule d'évêques libres et indépendants ?

3. Le décret donna lieu à trois opinions principales (1). Quelques-uns désiraient que la résidence fût déclarée de précepte divin; mais le nombre et l'ardeur de ceux-ci diminuèrent sensiblement. Plusieurs prélats, il est vrai, s'étaient d'abord rangés de leur ■côté; et même Visconti (2) eut connaissance qu'une assemblée de théologiens, convoquée par le cardinal de Lorraine, avait adopté ce sentiment. Mais ils comprenaient tous qu'il était nécessaire de remettre les faisons légitimes de l'absence au jugement du souverain pontife, et partant qu'une définition de celte nature ferait grand bruit et n'aurait que fort peu d'effet.

D'autres voulaient qu'on s'en tînt à ce qui avait été établi sous Paul III, sans qu'il y fût rien ajouté, excepté les cas légitimes d'exemption.

Les partisans de la troisième opinion approuvaient la formule proposée; mais ils demandaient tant de modifications, et ces mortifications étaient si diverses, que presque ous leurs avis tendaient à proposer autant le décrets particuliers.

4. Le cardinal de Lorraine disait à Gual- 'ieri des choses merveilleuses (3) sur l'em- )ressement que mettaient les Espagnols à rechercher son union avec eux , et il raconait même que l'un de ces prélats avait corndé d'éloges l'évêijue de Melz, à cause de la iberlé dont celui-ci avait usé dans son disours précédent. Il ajoutait que l'ambassa-

eur Fabre, récemment arrivé de la cour,

levait, en conséquence des ordres du roi,

.dresser au souverain pontife des réclama-

< ions qui ne lui seraient pas agréables; et

il) Letire de Yisconli au cardinal Borroméc ; de scararl au cardinal Morone, ii décembre 1562; autres lellres écrites à la même époque,

(2) Lettres de Visconti au cardinal Borromée, i décembre lr>62.

(3) Plusieurs lellres deUtraliicri au cardinal Bor- 'inée, 7, 9, 10, 12 et 15 décembre 4562.

ces ordres, selon le cardinal, étaient une nouvelle preuve que Sa Majesté avait été mécontente des conditions sous lesquelles Pie IV avait envoyé en France, par l'abbé Niquct, Je subside des cent mille écus. Il s'engageait néanmoins à faire en sorte que ces réclamations n'eussent pas lieu; mais on soupçonna le cardinal de vouloir, par de pompeuses paroles, rehausser l'éclat de sa puissance et le mérite de son intervention • car Gualtieri s'aperçut que les évêques français ne le reconnaissaient point pour arbitre, ayant élé témoin d'une vive contestation entre trois d'entre eux, qui faisaient absolument et sans restriction de la résidence une obligation divine, et le cardinal qui attaquait cette proposition. Quant aux reproches que ce dernier adressait au souverain pontife au sujet des conditions du subside, l'évêque de Viterbe y répondit en disanl qu'il répugnait que le roi, en même temps qu'il empruntait le secours d'un bras étranger, voulût tirer de ce bras le sang qui faisait sa force. Gualtieri désignait par là les différents droits que le siège apostolique était, depuis très-longtemps, en possession de percevoir sur les bénéfices du royaume de France.

Mais le même prélat ne donnait pas ainsi gain de cause au souverain pontife et à ses représentants pour les idées fâcheuses qu'ils s'étaient formées des intention* du cardinal. L'évêque de Viterbe désirait ardemment voir régner enfin la paix, et ce désir le jetait dans de perpétuelles agitations. A chaque instant il trouvait le cardinal exaspéré ou par de nouvelles lettres qui arrivaient de Rome, ou par de nouveaux bruits qui couraient à Trente. Le prélat français était ainsi informé de tout ce qu'on pensait sur son compte, et dans la capitale du monde chrétien et sur le théâtre même du concile. Les soupçons du chef de l'Eglise lui arrivaient à toute heure, et il no pouvait non plus ignorer le jugement défavorablequeporlaientdeluile légat Simonetta et deux évêques de sa confidence, Caslaneo et Buoncompagno. Ceux-ci s'étaient surtout alliré l'animadversion du cardinal, qui ne se donnait pas la peine de dissimuler ses sentiments à leur égard, ne pouvant dès lors prévoir la grandeur future que leur préparaient en secret, sous la médiocrité de leur condition présente, les impénétrables desseins de la Providence.

5. Cependant on touchait à l'époque indiquée pour la session, sans que le plus grand nombre des Pères se fût expliqué sur le décret de la résidence, et sans que la question doctrinale, qui présentait le plus de difficultés fût sur le point d'êlre résolue. Les légats sentaient vivement la nécessité d'un nouveau déiai. Or, sur ces entrefaites, il leur vint de Rome plusieurs (1) lettres dépositaires de la pensée du souverain ponlife sur les deux canons proposés par le cardinal de Lorraine, et sur toute cette affaire en général. Dans le

(1) Lettres du cardinal Borromée au cardinal de Ma Moue en particulier, et aux légats en commun, des 5 el 12 décembre L%2.

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':i ^«nnn Hp rps lettres . cité du temps pour calmer l'agitation unicompte-rendu qu tt^toj&JffZk "lie. nour mettre un frein à la violence

compte-rendu qu u uu.u - uc ^ ~; hisl verselI 0'ur mettre un frein à la v Soave se montre, en çerta ns cndr o s J .F diverses, et pour réduire torien s. fidèle, qu il semble qu il au eu les V nrAtpntions excessi

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juste mesure les prétentions excessives des "arriver à ces résultats, on

orWnau, ouV s yeus, Undis qu'ailleurs juste mesure ta

originaux suuj5 comme au partis. Et afin d

on pourrait 1 acccu!frpd.a,IXeïù d 'que son pouvait, écrivait-il, retarder la session jus-

hasard et sans suivre d au ^e |" d.e ^^ Su'à la moitié de janvier; et comme les

aveugle témérité. Il dit ^qu le chef de 1 E .se qu a lf0Uvaitfnt excessivement dimi-

Parladc l'opinion qura^ nuées à cause de ia saison, ce devait être

des eveques a linsti talion de ^ Jésus > i, rendre ^ g que de

Ce°„ ToTa à "sTs TégTu^e^o'rmuTe'p'récis? du pas les astreindre à la double séance qu

canon discuté, pa°r laquelle il était défini que le dienne

pontife romain a reçu de Jésus-Christ le pou- ges d i

voir d'assigner aux évêques leur juridiction, de la

comme ^£^«2^j^ ^En dernier lieu le souverain pontife fit

PSSSSSS2 au senliment ttà^iïxstt&ft

tout ceia' " Ul' „lhro„ dps congrégations chef de cet hiérarchie, qui est le vicaire de

Sr Scunère de Rome™ surtouTfes ?héo.o- Jésus-Christ. Il était donc .nécessaire de

Sfens vova ent plusieurs modifications à in- s'expliquer sur ee point ; mais ,1 fallait se

traduire dans laformule du cardinal, et que servir pour cela des expressions mêmes du

reUe aff lire ne pouvait être terminée sur-le- concile de Florence, ou, si on voulait em-

oh^mo à cause delà gravité de la matière, ployer d'autres termes , on devait exiger

ffite U Proposait trois expédients divers qu'ils ne fussent n. moins significatifs m

que nous aUonPs rapporter. moins précis que ceux du concile de Flo-

Te nremier celui aussi qui lui agréait rence. davanfa "e était Te même dont le cardinal de 7. Les légats, ayant reçu ces instructions LoS avait précédemment donné l'idée, reconnurent tout d'abord (1) qu il serait lî^Sait à laisser peu à peu s'éteindre et également impossible de faire oublier la tomber dans r oubli la question de l'instilu- question de l'institution des évoques, et d'atton des évênues, question très-épineuse et jouter de nouvelles matières a celles que Coffrait une foule de périls, outre qu'elle renfermait déjà la session, quelque éloigne n'avail au fond aucune utilité réelle. Au que fût le terme auquel on voulut la remetreste ne semblait-il pas étrange d'établir tre. llsprévoya.entmemequ en ag.ssan avec une vérité de foi au milieu de tant de contra- le plus de celer.le possible, on seraitcntraine dictions et quand il était pour cela néces- plus loin que ne le croyait et ne le voulait suite de condamner, de part ou d'autre, le souverain pontife; et n espérant pas , reusl'oninion d'un grand nombre d'écrivains re- sir a lui donner une juste idée de I état des marouables par leur science et leurs vertus, choses par une lettre qui ne saurait jamais O espérait donc que le cardinal, à qui on être qu'une exposition froide et incomplète, était redevable de ce conseil, ne négligerait ils résolurent de devancer 1 époque du derien pour qu'il fût mis à exécution. Ainsi il part de Visconti et de changer le but de sa aurait à lui seul, toute la gloire et tout le mission. 11 fut convenu que 1 eveque de mérite d'un double bienfait. Vinlimille partirait sans attendre les demande second parti, tant dans l'ordre de la des du cardinal de Lorraine, et on se releltrc ciue dans le désir du pape, était que, serva de faire porter ces demandes ou par li les Pères ne pouvaient se résoudre à aban- Antinori ou par un autre envoyé. Les légats donner entièrement cette matière, on lâchât sentaient qu'il fallaitdépeindre avec les plus du moins d'obtenir qu'elle fût remise à un vives couleurs, aux yeux du pape et du carautre temps l'intervalle qui devait s'écouler dinal Borromée, le tableau qu offrait alors le iusqu'à la prochaine session ne paraissant concile, et ils étaient persuadés que personne nissuffisant pour éclaircir une question en- n'était plus propre à cela que Visconti. Er" core si pleine d'obscurités et d'incertitudes. effet cet évêque avait été tout a la fois e I e troisième expédient était que si la me- le témoin des plus secrètes opérations de sure précédente semblait pareillement irréa- légats et l'instigateur de leurs résolutions le lisable à cause de l'exaltation des esprits, plus importantes. En outre, il ne pouvai on suivît le conseil que le souverain pontife êtresuspecté ni par le souverain pontife, don avait déjà donné aux présidents, de retar- il était le confident (2) , ni par le cardina der la session elle-même. Par ce moyen, Borromée, auquel il était uni par les lien on la rendrait plus brillante et plus riche, plus étroits de la parenté, en ajoutant aux matières qu'elle devait Cependant, le 16 décembre (3) qui prece renfermer, les articles concernant le ma- m LeUre des légats au cardinal Borromée, U riage. D'ailleurs le souverain pontife agis- i7\4embre m± sait encore , dans celle circonstance parti- ^) Actes de l'aleotto.

culière , d'après un principe qu'il ne perdaM (3) Diario, 1 6, et lettre des légats au cardinal Boj

jamais de vue : il voulait recourir à l'effica- romée, 17 décembre 1562. Acies.

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