‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 24 sur 373 · LIVRE DIX-NEUVIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIX-NEUVIEME

dait immédiatement le jour marqué pour la célébration de la session, le cardinal Seri.pandi prit la parole dans l'assemblée et dit qu'il ne voulait pas se faire accuser de folie en examinant si l'on était, ou non, prêt à se mettre à l'œuvre le lendemain. Le doute, conlinua-t-il, ne pouvait tomber que sur la cause du délai. Or, en cela, les présidents étaient tout à la fois accusateurs et accusés : accusateurs, parce qu'ils avaient àreprocher aux Pères la superfluité de leurs paroles; accusés, puisqu'on trouvaitdansleurtolérancela raison de ces longueurs. Cette dernière inculpation n'était point trop à charge aux légats ; car après tout, on ne les rendait responsables que d'un excès de déférence et de longanimité. Toutefois , ils conjuraient les Pèresd'être désormais plusconcis et plus modérés dans leurs discours. Le cardinal rappela ces paroles qu'il se souvenait, disaitil, d'avoir lu, jeune encore, dans certain poète :

. . . . Pastoreni , Tytire, pingues Pascere oporiet oves.

Cette citation pouvait bien s'appliquer à la circonstance présente. Les Pères ne devaient pas oublier que le pasteur est chargé seulement de paître son troupeau, et non pas les autres pasteurs.

Or c'était à des pasteurs que l'on s'adressait. Pourquoi donc rappeler si longuement à de tels auditeurs des vérités qui leur étaient si parfaitement connues ? Les amis de la religion avaient cherché un sujet d'éloges dans ces fréquentes prorogations, et ils ne l'avaient point trouvé : les ennemis de la foi, au contraire, y avaient cherché des sujets de blâme, et leurs recherches n'avaient point été vaines, puisque tous ces détails étaient en effet des signes de discorde, de mésintelligence et d'obstination. Or au point où l'on était arrivé, deux expédients pouvaient être proposés. Le premier consistait àajourner la session aune époque incertaine. On préciserait celte époque quand on serait en mesure de le faire sans danger. Mais les légistes pouvaient objectera cela que le jour de la session doit être certain et formellement indiqué en tant que décision. L'autre expédient consistait à accorder aux Pères les quinze jours suivants (et c'était tout ce qui restait de cette année) pour fixer le terme de la session.

On avait à choisir, enlreces deux mesures, celle que l'on jugerait préférable. La seconde fut adoptée à l'unanimité; selon ce qui arrive d'ordinaire que, de deux partis iproposés le plus agréable est celui qui laisse iplus de puissance aux acceptants. — Et ainsi se fit la quatrième prorogation.

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