SECT. VII. CONVEN. DE TEMPS ET DE LIEUX
>a tous les princes chrétiens de l'Europe voulussent envoyer leurs sujets et pussent es y envoyer sûrement. Paul I II de concert ivec eux (1) avait choisi, de prime-abord, diminue ; mais le duc de Mantoue, qui avait :onsenli à recevoir le concile, chercha bienôl des prétextes pour retirer l'engagement ju'il avait pris, et le relira en effet, donnant iinsi,sans le vouloir et sans même y penser, edémenti le plus imposantàceux qui, comme lenri VIII, disaient que cette ville élait toute i la dévotion du pape, et que c'était pour :eltc raison qu'elle avait été préférée à toute intre.
'721. Le concile fut alors convoqué à Vi- :ence, pour le premier mai 1538. Il ne fut >as y être tenu, par la raison qu'aucun des ouverains catholiques n'y envoya ses évalues.
722. On négocia de nouveau, et la ville de [Vente fut choisie conformément aux désirs le l'Empereur et des princes électeurs cathoiques (2). Les protestants eux-mêmes l'a- Téèrent par la suite, de sorte que, quand les mbassadeurs du roi de France communiuèrent, en 1562, l'ordre qu'ils avaient reçu >e s'entendre avec eux pour demander la *anslation du concile dans une des villes 'Allemagne, ceux-ri leur répondirent que ■s protestants ne faisaient pas cette dilfi- 'illé, qu'il était par conséquent inutile de «n occuper (3).
'723. La ville de Trente, dit Godeau dans la
'e de Barthélémy des martyrs, est située sur
frontière d'Allemagne et de l Italie, dans les
près du comté du Tirol. C'est une fort belle
lie, qui ne cède pas aux plus grandes villes
(!) « Pour a quoy parvenir, fault entre autres chop, choisir lieu <le leur accez p'>ur ceulx qui auronl 'se y trouver : en l'eslection duquel lieu ledit seifeur est délibéré de plus suivre l'opinion et voulenié < nostredicl Sainl-Père, que de nul aultre, tant a pour le lieu que Sa Sainteté lient de Père univsel et neuirat, que pour luy appartenir l'indiclion, î'.lorilé et conduite d'iceluyconcile entre tous nuits cliresliens , que aussi pour estre ledit seigneur c tain qu'il n'a aullre respect en tous ses actes que a bien, union et repos de la ehresiienté.» (Instruci. ôinées par François 1", au cardinal du Bellay parlt pour Rome, 24 juin 1555.)
i) < Uemum imperatoris ipsius voluntate, cœleris |jm christianis principibus assistentibus , ipsisque aoposcenliliusGerinanis.S. V. Tridenlum delegil, t- manorum gralia, propler quos id praecipue conc «m liebal, quod il In m approbaverant civitalcm, <1 uiadniodiim imperalorii, iisque m publicis eorinn I* sbonse habitis coinitiis in provincia Germanise C'braridum eadem S. V. quod locus esset apissi- D'ob liberiaiem, securilatem et opporlunilateui. |1| Muni posiius est ut lam llalia: propinquus (piam G mania; silus esset : nec a Gallis aul llispanis
|° issime distare videretur Tridenti est inquau
m (uni concilium générale omnium consensu. >
) c El quant à ce que par nostre instruction, il
n< > est commandé faire instance de changer de lieu
g'Jil commuiiicqué avec lesdils ambassadeurs de
l'jipereur, ils nous oui dit ne sembler pas à propos
i'1 parler encore, pareeque les protestants ne fai-
it pas celte difficulté, et que quand ils le requer-
il nous serions loui à temps de le demander. »
|v7 un 1562).
d'Allemagne, pour la grandeur et la commodité de ses maisons et de ses hostelleries. Elle est dans une situation avantageuse, et elle abonde en toutes sortes de vivres et de marchandises. La rivière d'Athesis passe au pied de ses murailles, arrose une partie de l'Italie, et va se rendre dans la mer Adriatique. Lair decette ville est sain, parce que estant touteenvironnée de hautes montagnes, que les anciens appelloient les Alpes de trente, la fraîcheur qui vient des neiges qui en couvrent toujours le sommet, et l'épaisseur des grands arbres, dont elles sont toutes revestues, tempérant l'ardeur du soleil d'esté, qui darde ses rayons dans cette vallée avec une violence excessive.
72i. On ne pouvoit pas choisir un lieu plus avantageux pour le concile ; car elle est comme dans le centre de l'Italie, de l'Allemagne, et de la France. Et de plus, comme elle n'est sujette à aucun roy, à aucun souverain, elle pouvoit assurer entièrement les hérétique:., qui feignant de craindre la juridiction des puissances séculières, couvroient de ce faux prétexte l'aversion véritable qu'ils avoient de comparoistre devant une si sainte assemblée.
725. Tandis que les protestants disaient que venir à Trente, ce serait se jeter dans la gueule du loup, que celle ville n'élait pas allemande, qu'elleélait à la dévotion du pape; le cardinal de Tournon écrivait de Rome : Monsieur, S. S. m'a dit qu'il escrivoit par ce porteur un bref au roy, pour le prier d'envoyer quelqu'un de sa part au concile avec les prélats de son royaume : sur quoy on a disputé de ce que le roy pouvoit alléguer pour en estre excusé ; 1° C'est que le lieu de Trente luy est grandement suspect, et non si libre qu'il est requis pour un bon et vrai concile ; car le roy des Romains en est souverain seigneur et maistre, et le cardinal de Trente, serviteuret subjet de l'Empereur et dudit roy des Romains, en est seigneur temporel, qui commande et dispose de ce lieu comme il luy plais t et sans contredit. 2" Que les prélats que le. feu roy son père # envoya ont fait entendre au roy d'aprésenl le peu de liberté oii ils se trouvaient pendant qu'ils demeurèrent là: et que quand les légats en voulurent déloger pour le danger de la peste qui y estoit, on les menaçoit de les y arrester par force, jusques à leur faire fermer les portes, et par ce moyen que ledit lieu de Trente ne se peut dire tel que la liberté y soit, comme le requiert un bon concile général. Sur quoy Sa Saincteté dit que le roy quand il lui plaira ainsi respondre , cela ne se trouver oit sans fondement, et qu'elle n'oseroit, ni voudrait juger que cetteresponse ne fusl avec grande raison; toutefois que s'il ptaist à Sa Majesté d'y envoyer des ambassadeurs et prélats, il ne pour, oit que grandement le louer, mesmement pour pouvoir estre traité que selon le contenu eu lu bulle, en laquelle il n'y a matière, où le roj p: usl avoir interest, et ijue si Sa Majesté y veut envoyer, SaSainC" tête la prie de vouloir enjoindre aux prélats qu'il y envolera, qu'ils s'entendent et unissent
DISCUSSION DES 06JEGT10NS CONTtUS LE CONCILE. W
poser une digue puissante aux progrès toi) jours croissants de l'erreur.