‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 244 sur 373 · En cela le concile faisait preuve · texte numérisé non relu

En cela le concile faisait preuve

bon goûl et agissait avec inlelligen-

car de tontes les versions de l'Ècri-

e sainte la Vulgale est inconte^table-

nl la plus pure et la plus exacte. Jamais

ne se serait entendu , la confusion aurait

■ pire qu'à la lour de Babel , si l'un des

•Meurs avait cilé le texte hébreu, un autre

;rec, un autre la version syriaque, un au-

I) liMiper eadein sacrosancla synodus eonside- )i, non parum ulililalis accedere posse Ecc csi e 1 si ex omnibus latiuis edilionibus, quae cirCUMfniiir sacrorum librorum quxuain pro aullienlica »: *ntl;» sii innoiescai; slatuil et déclarât, ut h.i c P velus el vulgala edilio, qua? longo lot sxcnlo- "mj in ipsn Ecclesia probata esl in publicis lecl»u-, disputaiionibus, prxdicaiionibtis el esposil)us, pro aullienlica habeatur; et al nenio illam j*îre quovis pr.eiextu audeat vel pnMUnM. "'erea ad coereenda pciulaniia ingénia, decernil, w :ino su .• prndenliae imiixus, iu rébus Udei cl ino- B ad aedilicaiionem doctrinae chrislianx perlinen- 'M sacram Scriplurain ad suos sensus conlor- "■>, contra eum seusuin rpicni teiiuit et tenel 6a n-

|ta aier Ecclesia, cujus est judicare de vero sensu 1 erpreiaiione Scripiararuin sanclarum, aul eliani "'aunanimemconst'usuin pal ru m ipsoromScripluftueram inierprelari audeat, eiiamsi hujaimodi '"ireiaiiones nullo nnquam lentpore in luceni forent, Qui contra vencrinj, per ordu :'- i i •> ■■ .» jure si uiianiur

DECISIONS M CONCILE lJ^

tre la version de Luther ou de Michel Ser- \ et. etc.

858. Une raison semblable portait le concile à arrêter la manière d'interpréter les livres saints, et à déclarer qu'on s'en tiendrait à l'interprétation reçue dans l'Eglise cathoii-

859. La première et la seconde de ces difficultés furent présentées à Bossuel par Leibnitz. Nous ne saurions mieux faire assurément que de mettre ici la réponse que fit cet illustre et savant prélat.

8G0. Ce que vous avez remarqué comme le plus convaincant, c'est que nous exigeons comme articles de foi des opinions dont le contraire était reçu notoirement par toute l'antiquité, et tenu encore du temps du cardinal Cajétan, immédiatement avant le concile de Trente. Vous alléguez sur cela l'opinion de ce cardinal, qui rejette du canon des écritures anciennes la Sagesse , l'Ecclésiastique et les autres livres semblables que le concile de Trente a reçus. Mais il ne fallait pas dissimuler gué le même cardinal exclut du canon des écriture* l'Epitre de saint Jacques, celles de saint Jude, dtux de suint Jeu», et même l'Epître aux Hébreux, comme n'étant ni de saint Paul, ni certainement canonique; en sorte quelle ne suffit pas à déterminer les points de la foi par sa seule autorité.

8G1. JI se fonde, comme vous, sur saint Jérôme, el il pousse si loin sa critique qu'il ne reçoit pas dans saint Jean l'histoire de la femme adultère comme tout à fait authentique, ni comme faisant une partie assurée de l'Evangile. Si donc l'opinion de Cajétan était un préjugé en faveur de ces exclusions, le concile n'aurait pas pu recevoir ces livres, ce qui est évidemment faux, puisque vous-même vous les recevez.

802. Vous voyez donc, monsieur, que dans l'argument que vous croyez sans réplique vous avez posé d'abord ce faux principe, qu'il n'est pas permis de passer pour certainement canonique un livre dont il aurait été autrefois permis de douter.

863. J'ajoute que detns tous vos autres arguments vous tombez dans le défaut de prouver trop, qui est le plus grand oii puisse tomber un théologien et même un dialecticien et un philosophe, puisqu'il Ole toute la justesse de la preuve et se trouve contre soi-même. J'ajoute encore que vous ne donnez en effet aucun principe certain pour juger de la canonicité des saints livres. Celui que vous proposez comme constamment reçu par toute l'ancienne Eglise pour les livres de l'Ancien Testament , qui est de ne recevoir que les livres qui sont contenus dans le canon des Hébreux, n'est rien moins que constant el universel ; puisque le plus ancien canon que vous proposez, qui est celui de Méliton chez Eusèbe, ne contient pus le livre d'Eslher, quoique constamment reçu dans le canon des Hébreux.

8G4. Après le canon de Méliton, le plus ancien que vous produisiez, est celui du concile de Laodicée; mais si vous aviez marqué que ce concile a mis dans son canon Jérémie avec Barùch, les Lamentations, VEpitre de ce pro-

phète, où l'on voit avec les Lamentations, qui sont dans l'hébreu, deux livres qui ne se trouvent que dans le grec, on aurait vu que la règle de ce concile n'était pas le canon des Hébreux.

865. Le concile de Laodicée était composé de plusieurs provinces d'Asie. On voit donc par là le principe, non pas seulement de quelques particuliers, mais encore de plusieurs Eglises et même de plusieurs provinces.

866. Le même concile ne reçoit pas l'Apocalypse , que nous recevons également, encore qu'il fut composé de tant d'Eglises d'Asie, et même de l'Eglise de Laodicée, qui était une de celles à qui cette divine révélation était adressée. Nonobstant cette exclusion, la tradition la plus universelle l'a emporté. Vous ne prenez donc pas pour règle le canon de Laodicée, et vous ne tirez pas à conséquence cette exclusion de l'Apocalypse.

867. Vous produisez le dénombrement de saint Athanase dans le fragment précieux d'une de ses lettres pascales, et l'abrégé ou synopse de l'Ecriture, ouvrage excellent attribué au même Père; mais si vous aviez ajouté que dans ce fragment le livre d'Eslher ne se trouve pas au rang des canoniques , le défaut de votre preuve eût sauté aux yeux.

868. // est vrai que sur la fin il ajoute que pour une plus grande exactitude il remarquera d'autres livres qu'on lit aux catéchumènes par l'ordre des Pères, quoiqu'ils ne soient pas dans le canon, et qu'il compte parmi ces livres celui d'Esther;mais il est vrai aussi qu'il y compte en même temps la Sagesse de Salomon,la Sagesse de Sirach, Judith et Tobie. Je ne parle pas de deux autres livres dont il fait encore mention, ni de ce qu'il dit des apocryphes inventés par les hérétiques en confirmation de leurs erreurs.

869. Pour la Synopse, qui est un ouvrage qu'on ne juge pas indigne de saint Athanase, encore qu'il n'en soit pas, nous y trouvons en premier lieu, avec Jérémie, Baruch, les Lamentations et la lettre qui est à la fin de Baruch , comme un ouvrage de Jérémie ; d'où je lire la même conséquence que du canon de Laodicée.

870. En second lieu, Eslher y est; mais non pas parmi les vingt-deux livres du canon. L'auteur la met à la tête des livres de Judith, de Tobie, de la Sagesse de Sulomon et de celle de Jésus , fils de Sirach. Quoiqu'il ne compte pas ces livres parmi les vingt-deux livres canoniques, il les range parmi les livresdu Vieux Testament qu'on lit aux catéchumènes. Sur quoi je vous laisse à faire telle réflexion qu'il vous plaira. Il me suffit de vous faire voir qu'il les compte avec Esther et leur donne la même autorité.

871. Vous alléguez le dénombrement de saint Grégoire de Nazianze et l'iambique III du même saint à Séleucus , que vous attribuez à Amphiloque. Vous deviez encore ajouter que saint Grégoire de Nazianze omet le livre d' Esther, comme avait fait Méliton avec l'Epître aux Hébreux et l'Apocalypse, et laisse parmi les livres douteux ceux qu'il n'a pas dénommés.

872. L'iambique que vous donnez à AmphilûQue , après U dénombrement des livw ,de

l'Ancien Testament, remarque que que, qui uns y ajoutent le livre d'Eslher ; le laissa par ce moyen en termes exprès, parmi les do teux. Quant à l'Epître aux Hébreux, it la » çoit , en observant que quelques-uns ne l'a mettent pas; mais pour ce qui est de V. pocalypse, il dit que la plupart la rejettent.

873. Je vous laisse à juger à vous-même ce qu'il faut penser de l'omission du lit d'Eslher, que vous dites faite par mégarde, par la négligence des copistes dans le dénoi brement de Méliton. Faible dénouement s en fut jamais , puisque les passages de sai Athanase, de la Synopse et de saint Gré go; de Nazianze, avec celui d' Amphiloque, fo voir que cette omission avait du dessem, et doit pas être imputée à la inéprise à laque vous avez recours sans fondement. Ainsi livre d'Eslher, quevous recevez pour consta ment canonique , demeure , selon vos pr\ cipes, éternellement douteux, et vous ne la sez aucun moyen de le rétablir.

874. Vous répondez, en un autre endre que ce qui pourrait faire difficulté sur le Hd'Eslher, c'étaient les additions; sans son* que, pur la même raison, il aurait fallu lais, hors du canon Daniel comme Esther.

875. Vous faites beaucoup valoir le déna brement de saint Epiphane, qui dans les liv des poids et des mesures , et encore dans ce des hérésies, se réduit au canon des Hébreu pour les livres de l'Ancien Testament.

876. Mais vous oubliez, dans cette m« hérésie 76, qui est celle des Onoméen$,l> droit où ce Père dit nettement à l'hérésX que Aétius, que s'il avait lu les vingt-d\ livres de l'Ancien Testament, depuis la nèse jusqu'au temps d'Eslher, les qm Evangiles, les quatorze Epîtres de saint P j avec les sept Catholiques et l'Apoculypsi saint Jean , ensemble les livres de la Sag\ de Salomon , et de Jésus , fils de Sirach, et tous les livres de l'Ecriture, il se condamna lui-même sur le titre qu'il donnait à ui pour ôter la divinité à son Fils uniqu\ met donc dans le même rang, avec les sa livres de l'Ancien et du Nouveau Testai)] les deux livres de la Sagesse et de l'Ecclé] tique ; et encore qu'il ne les compte pas les vingt-deux qui composent le canon p>\ lif, qui est celui des Hébreux, il les emA également , comme les autres livres divin combattre les hérétiques. [

877. Toutes vos règles sont renverséesl ces dénombrements des livres sacrés. Vox>\ employez à établir que la règle de l'anct Eglise, pour les livres de l'Ancien TestarA est le canon des Hébreux. Mais vous t(\ au contraire , que ni on ne met dans le cl tous les livres qui sont dans l'Hébreu, i] n'en exclut tous ceux qui ne se trouven, dans le grec; et qu'encore qu'on ne rnett\ certains livres dans le canon primitif, <l laisse pas- d'ailleurs de les employer a livres divinement inspirés, pour établi vrais dogmes et condamner les mauvais.

878. Votre autre règle tombe encore consiste à ne recevoir que les livres çt| toujours été reçus d'un consentement

61 SECT. IX. VALIDITE DES DECISIONS DU CONCILE. 969

tme ; puisque vous recevez vous-même des H- fondement de tout ce que nous avons écrit de-

res que le plus grand nombre , en certains puis.

ays, et des provinces entières avaient exclus. 884. Je trouve une autre réponse dans le

879. Je ne répéterai pas ce que j'ai dit d'O- même lettre du 14 mai 1700, où vous parlez igène, dans ma lettre du 9 janvier 1700, et ainsi : « II y a bien de la différence entre la ue vous avez laissé passer sans contradiction doctrine constante de l'Eglise ancienne, conans votre lettre du 14 mai 1700, en répon- traire à la pleine autorité des livres de l'Anant seulement que c'est là quelque chose de cien Testament qui sont hors du canon des articulier. Mais , quoi qu'il en soit , il y a Hébreux, et entre les doutes particuliers que ?ci de général dans un auteur si ancien et si quelques-uns ont formés contre Vépilre aux ivant, que les Hébreux ne sont pas à suivre Hébreux et contre l'Apocalypse, outre qu'on ans ta suppression qu'ils ont faite de ce qui peut nier qu'elles soient de saint Paul ou de e se trouve que dans le grec, et qu'en cela il saint Jean, sans dire qu'elles soient divines. » iut préférer l'autorité des chrétiens , ce qui est 885. Mais vous voyez bien, en premier écisif pour notre cause. Heu, que ceux qui n'admettaient pas Vépilre

880. Pendant que nous sommes sur Origéne, aux Hébreux et l'Apocalypse, ne leur ôtaient ous m'accusez du même défaut que je vous pas seulement le nom de saint Paul ou de saint ojecte, qui est celui de prouver trop; et vous Jean, mais encore leur canonicité ; et, en se- >utenezque les citations si fréquentes dans les cond lieu, qu'il ne s'agit point ici d'un doute .ivrages de ce grand homme, de ces livres particulier, m<ns du doute de plusieurs églises, intestés , aussi bien que celle de saint Clé- et souvent même de plusieurs provinces.

\ent Alexandrin, de saint Cyprien et de quel- 886. Convaincu, par ces deux réponses, tes autres, ne prouvent rien ; parce que le que vous avez pu aisément prévoir, vous n'en ■éme Origène a cité le Pasteur, livre si sus- avez plus que de dire, que quand on accordent. C'est, monsieur, ce qui fait contre vous, rail, chez les protestants, qu'on n'est pas uisqu'en citant le Pasteur il y ajoute ordi- obligé, sous anathème, de reconnaître ces deux 'irement cette exception : Si cui lamen li- livres [l'Epître aux J/ébreux et l'Apocalypse) llus illc suscipiciulus videtur; restriction comme divins et infaillibles, il n'y aurait pas c je n'ai pas remarqué qu'il ajoutât lors- grand mal. » Ainsi, plutôt que de conserver \'il cite Judith , Tobie et le livre de la Sa- les livres de la Sagesse et les autres, vous attise ; comme on le remarque en plusieurs en- mez mieux consentir à noyer sans ressource oits,el notamment dans les Homélies 27 et VEpitre aux Hébreux et l'Apocalypse, et, par sur les nombres, où les trois livres qu'on la même raison, les épUres de saint Jacques, •rnt de nommer sont allégués sans exception, de saint Jean cl de saint Jude. Le livre d'Esen parallèle avec les livres d'Eslhcr, du Lé- ther sera entraîné par la même conséquence, 'ique et des Nombres, et même avec l'Evan- Vous ne ferez point de scrupule de laisser le et les EpUres de saint Paul. perdre, aux enfants de Dieu tant d'oracles de

881. Vous aviez comme supposé votre prin- leur Père céleste, à cause qu'on mira souffert )e , dès votre lettre du 11 décembre 1699, et à Cajétan et à quelques autres de ne les pas

vous avais représenté par ma réponse du recevoir. On n'osera plus réprimer Luther,

janvier 1700, w° 15, que cette difficulté vous qui a blasphémé contre l'épîtrc de saint Jac-

ùt commune avec nous ; puisque vous rece- ques, qu'il appelle une épître de paille : il fau-

"z pour certainement canoniques l'Epître aux dra laisser dire impunément à tous les esprits

ébreux et les autres, dont vous voyez aussi libertins ce qui leur viendra dans la pensée

"n que moi qu'on n'a pas été toujours plus contre deux livres aussi divins que sont l'Epi-

iccord que de la Sagesse. tre aux Hébreux et l'Apocalypse; et l'on en

882. Si je voulais dire, monsieur, que c'est sera quille pour dire, comme vous faites en ce un raisonnement sans réplique, je le pour- Heu: « Que, le moins d'anathème qu'on peut, is démontrer par la nullité évidente de c'est le meilleur. »

■s réponses dans votre lettre du 14 mai 887. L'Eglise catholique raisonne sur de

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