SECT. X. LES PROTEST. INVAL. CONTRE LE CONC
lèrenl, aucun évêque de France ne parut, assemblée, pour laquelle promouvoir tout le
ais leur présence n'était pas indispensa- monde sait ce que le feu roi François, son
e. Dailieurs corporellement absents, parce frère et lui depuis, ont fait, aiant bien mon-
ie le roi ne voulait pas les laisser sortir de tré par là de quel pied il a cheminé, dont il
n royaume (1), ils étaient unis de cœur ne se lassera jamais, tant qu'il verra que l'on
d'esprit, avec les Pères de ce concile 09i- A la seconde reprise sous Pie IV, i 1562, la France envoya des ambassaurs et des évêques, comme si de rien n'é
y traitera les choses, qui appartiennent à l'honneur de Dieu, et réunion de son Eglise ; à quoi il faut commencer par la dite ré formation. Sa Majesté veut que les dits ambassa-
it, laissant tomber elle-même la protesta- deurs s'oposent, en cas que les Pères voulus-
m de Henri II (2). Mais elle donna ordre sent atenter, et prendre aucune connoissance
ix uns et aux autres de protester, dans le des droits et privilèges des rois, et qu'après
s où le concile voudrait attenter aux droits avoir formé la dite oposition, sans atendre le
roi, ou aux privilèges de l'Eglise galli- jugement des dits Pères, ni se remètre à leur
ne. discrétion, ils partent de là, et se retirent à
995. Sa Majesté, portent les instructions Venise. Quant aux prélats françois. qui sont
\\ leur furent données, veut que ses ambas- au concile. Sa Majesté les croit si bons su-
\leurs fassent vivement entendre aux Pères, jets, que s'ils voioient, que l'on y mît en déli-
ipleur pouvoir s'étend seulement à la ré for- béralion aucune chose contre les droits de sa
ition d'eux et gens de leur ordre, sans en- couronne, et les privilèges de l'Eglise galli-
tjr aux choses d'état, et droits roiaux, puis- cane, ils ne manqueront de s'absenter, sans
t,ce et juridiction séculière, qui est du tout alendre les opinions, et le jugement, qui sur
ùiincte et séparée de l'ecclésiastique : que ce se pourait faire.
Utes les fois que les conciles se sont avancés 99G. Le 28 du mois d'août 1563 , le roi de
Itraiter telles choses, les rois et princes y France répondait ainsi à ses ambassadeurs :
o tellement résisté, que de là sont procé- Messieurs, à ce quej'ay veu par vos lettres
Et beaucoup de séditions et guerres fort du 11 de ce mois, je suis bien loing de ce que
timaqeables à la chrétienté ; qui est bien le j'attendois de l'issue du concile, si les Pères
idraire de ce que Sa Majesté attend de leur procèdent au jugement des articles qu'ils vous
ont voulu communiquer : qui feroit rongner
les ongles auxroys, et croistrt les leurs, chose que je ne suis pas pour endurer : voulant que suivant le mémoire que je vous ay envoyé, vous leur fassiez sur ce les remonstrances y contenues , avec la prudence , dextérité et vivacité qu'il appartient , pour leur faire cognoistre que allant le concile comme il doit, il n'y a prince en la chrestienté qui me puisse passer de zèle , ferveur , et affection , à promouvoir et chercher le bien qui en devroit sortir, et dont ladite chrestienté a tant besoin : mais de charmer seulement la playe qui saigne et fait la maladie, en passant si légèrement pai--dessus, pour en faire une plus grande au préjudice des roys , dont je vois bien qu'ils me foudroient faire sentir les premiers coups. Je ne veux pas que par votre présence l'on die que j'aye approuvé ce que je veoy qu'ils ont préparé de faire, et si j'ose dire que je scay bien qu'ils feront. Mesme, je suis adverty de bon lieu, qu'ils ont délibéré de déclarer nul le mariage du feu roy de Navarre et de la royne, l'enfant bastard , et elle , incapable de tenir ledit royaume , qui est autant à dire que de le bailler en preye, et s'il se doit faire, j'ayme mieux que vous n'y soyez pas : au moyen de quoy je vous prie ne faillir lesdites remonstrances par vous fuites, et ayant satisfait au contenu dudit mémoire , partir sans nulle excuse et JU danscêux^ raison vous retirer à Venise, où je vous ferai après
sçavoir ce que vous aurez à faire, advertissant bien les prélats françois que je veux qu'ils continuent et demeurent audit concile, pour y faire toujours le mieux qu'ils pourront et en advancer le fruit autant qu'il leur sera possible, jusqu'à tant qu'ils voient que l'on vienne à toucher à mes droits et à tues privilèges , auquel cas ils auront aussi à s'absenter, ainsi que je leur escry , rt qu'il ett porté par ledit
pi el orihodoxo rege universa Ecclesia faeienda quam unus ab illo in (idem , el is alienus s ac subditus, slipendiariusque, receplus. Ncchristianissimum regem deect ob privaiam <>fonein, olficium erga communein matrem dee, el rem Christian* reipublicae maxime salun non adjuvare.
m quod accessus illis esse liuc parum tutus vi- L propter bellicos videlicet molus, liac excusajf minime licet uli episcopis; qui nec bello doini kenlnr, cl in locum quieiuni et pacalum , el ■ uimullu vacuum, ad concilium vocanlur, et fliliiicre illuc pervenire possunt. Al enim foris metiiuni, ne si forte aliqua de re actum fuewuœ illis minime probelur, p.irum illis libère, Kienserini, liceat dicere quod ncquaquani illis Itiidum est.
{ < Qui plus est, notredict saint-père le pape lui après avoir indicl le concile général et univerlel mt requis et nécessaire pour le bien de l'E- |li> et de nostredicte religion chreslienne si irou- |lé i affligée qu'elle est, auroit industrieusement ne il est aisé à croire) par le moyen de la
^;, qu'il a ouverte contre nous, voulu empes- |he jue l'Eglise gallicane, faisant l'une des plus l01 es parties de l'universelle, ne s'y trouvast, Pin no ledit concile ne se peut célébrer, comme il l>i' principalement pour la réformation des abuz, p et erreurs des ministres de l'Eglise tant en
*■ u'en membres. »
[Otraist d'une ord. du roy Henry 11,3 sept. 1551,
Nie Fontainebleau, enregistrée le 7.)
Pe ! bonne foi
(' Fra-Paolo dit que le roi de France dépêcha [bl de Manne à Rome, tout exprés pour rei.dre Hî au pape de la résolution qu'il avait prise de 1e** ' r les décrets du concile, el du départ pro- 7a' lu cardinal de Lorraine, avec un nombre d'é- M1 , lui et son conseil n'ayant trouvé personne l11"1 :ipable que ce cardinal, qui avait la doctrine 1 )érience, de réussir aux moyens de réunir la l'midaiv, son royaume. (L. 7.)
DISCUSSION DES OBJECTIONS CONTRE LE CONCILE
mémoire, dont vous ferez aussi part à mon cousin le cardinal de Lorraine, auquel semblablement j'en escry , priant Dieu, messieurs, vous avoir en sa garde (23 août 1563).
997. Le cardinal répondit de la manière suivante, à la lettre qu'il venait de recevoir :
Sire, par les mesmes lettres de Vostre Majesté il vous plaisait ni advenir que vous aviez entendu, que nous autres prélats qui sommes en ce i.ainct concile, voulions entreprendre de réformer les roys et en faire déclarer quelquesuns inhabiles de leurs royaumes: ce que vostre majesté ne pouvait trouver bon. Surquoyjc
constances rendaient nécessaires, il s'e pressa d'écrire au roi et à la reine les 1 très suivantes.
1001. Madame, depuis mon partement Rome, je suis passé par Venise, venant en lieu, et y ay trouvé les ambassadeurs du i en ce concile, lesquels dient que par i commandement ils s'estoient relirez là, atU dant ce qu'il lui plairoit et à vous, madar leur commander. Quant a moy, madai voyant leurs instructions, je riay jam pensé que le roy ny vous entendissiez que c se fist , si non en cas que l'on voulust romi
vous puis asscurcr , sire, qu'il ne fut oneques les privilèges et droicts du roy, et que le a parlé en cette assemblée de tels et si importuns cile voulust en cela passer outre ou quil affaires, comme l'on le vous a fait entendre, et parlast de juger aucuns princes, mesme n'esloit de besoin que votre majesté priai la particulier la reyne de Navarre... Or D peine de nous en écrire , ni de nous commun- mercy, la session s'est faite avec grand acco der de plustost nous retirer, sans en sçavoir et par l'opinion de tous les Pères, qui estai la vérité. Et n'est point à croire qu'en une si plus de deux cens, a esté dit que les clan saincte compagnie , comme est cette cy, en la- apposées au décret qui touchoit nostre roy* quelle il ne se propose rien que nous ne jugions esire entièrement pour le bien et repos de la chrestienté, il se prist de telles et si fascheuses résolutions, etc. (17 sept. 15G3). ^ 998. Charles IX avait donc été induit en erreur, voici comment et à propos de quoi : douze articles concernant l'abolition de certains abus que l'usage avait légitimés et convertis en droits royaux, furent proposés par les légats. Ils devaient former le chapitre trente-cinq de la réforme. M. de Boistaillé envoya au roi de France des observations sur chacun de ces articles, établissant qu'ils étaient contraires au concordat, à la pragmatique et aux ordonnances de nos rois. Et faut noter, ajoutait-il, que quand lesdils Pères de Trente auront arreslé lesdils articles , comme ils ont délibéré de faire par canons affirmatifs, ils feront par mesme moyen les ca~ nous négatifs contre les princes, qui ne les voudront observer et faire observer, les baptisant schismaliques, et invoquant le bras séculier des princes catholiques à rencontre d'eux : à quoi/ il faut obvier et pourvoir.
999. Boistaillé pouvait être de bonne foi; mais en ce cas il manquait d'intelligence, ses observations le prouvent. Quoi qu'il en soit sur les représentations des ambassadeurs du roi de France et de ceux de l'Empereur, les articles lurent retirés ; il ne restait donc aucun motif de protester. Cependant les protestations furent faites et les ambassadeurs se rétirèrent à Venise.
1000. Le cardinal de Lorraine était alors à Rome. 11 blâma hautement la conduite des ambassadeurs français : il revint à Trente, et après avoir présenté le 11 novembre des déclarations et protestations (1J que les cir-
(1) Déclarations et protestations faictes par M. le cardinal de Lorraine, sur aucuns des canons de réforma lion, publiez le xi novembre 15t>5, en la Xe sess.
Ces jours passez, disant mon opinion sur les articles de réformalion proposez, j'ay déclaré, a présent aussi je déclare mon désir eslrc que tant qu'il sera possible l'ancienne discipline de l'Eglise fust remise et restituée : mais voyant qu'au temps et mœurs corrompus ou nous sommes, il est malaisé ou im-
me, seroient ostées , commeil vous plairavi et ce que moy pour les François aydit etpr] acte. Ainsi, madame, si nos ambassade
possible promplement appliquer les remèdes nei saires, cependant, il m'a semblé bon approuver; décrets de réformation qui sont faits a prése t, pas que je juge ou pense iceux esire suffis l pour apporter remède entier à la maladie dont i«i voions esire travaillée la republique ebrestienej mais par ce que j'espère qu'après l'appliciiioi ceste légère médecine, et l'Eglise ayant repris a. nement sa première santé el guérison pourra ai-emenl endurer ce qui sera trouvé nécessaire les pasteurs souverains et principalement par n< saint-père le pape Pie a présent qui par sa prude' boulé et piété, mettra lel ordre qu'il rcmetir; iisage les anciens canons desia oubliez el abo!' principalement les quatre premiers, lesquels jejj d'advis esire de près ensuivis le plus que fait pourra, ou bien s'il vous semblera cxpedien,j remettant en fréquent usage la célébration des | ciles généraux, peu a peu le mal de l'Eglise se rira el pourra estre restituée en son antique S|j deur et dignité. De ceste mienne opinion et tant en mon nom que de tous les evesque] France, -je demande que par les notaires eu soi» acte.
au canon 5. — (Causœ criminelles.)
Sy ayanl esgard au temps ou nous somme: décret est agréable, pour celle raison m 'est-il ' agré ble el quand a ce que en la congregaticl assemblée qui fut liier faicie fut coiiclud et dé] de ne desroge'f aucunement aux privilèges des ces s'entend avoir esté déclaré qu'il ne sera ;j nemenl dc.srogé ne prejudicié aux droicts, privij et sainetescousiumesdu royaume de France.ce désire el m'est grandement agréable el de ce loi mon nom que de lous les evesques de France, vc j fais protestation el requestc . laquelle je derf estre insérée et mise es actes de parles notaire ;| au canon 20. — (Causœ onmes).
J'accorde que aux nations ausquellcs n'avej cores esié permis que les premières instance; sent terminées a présent ce leur soit permis e| cédé ; mesmes voyant que pour cela n'est fo| cun préjudice aux autres nations qui de tous oui jouy de semblables et autres plus grands, le^eset principalement au irès-chrestien royauj France, ce que je veux estre notoire a un chaf demande tant en mon nom que de tous les ques de France que ceste mienne prolcslaïio I mise et rédigée es aetes du saint concile. »