CONCLUSION
1078. De tout ce que nous venons de voir, il résulte que les protestants d'un côté, et les Grande objection , disait-il , si un concile jurisconsultes de l'autre, soit volontairement ! 'umenique prescrivait pour lu discipline des et de mauvajse f0j t soit par légèreté et par
œcumeni
mœurs une règle de conduite qui fût contraire aux lois de l'empire, faudrait-il donc s'y soumettre ? Assurément , il faudrait changer vos lois ou renoncer à l'Evangile qui vous dit d'écouter l'Eglise. On se récrie que l'Eglise n'est point infaillible en matière de discipline, mais c'est une restriction insensée. L'Eglise est la colonne de la vérité consciencieuse, elle en est par la nature même des choses, la directrice suprême ; car elle prononce les oracles de toutes les consciences, dont elle est la voix publique. Cette voix publique des consciences, prononcée par l'Eglise, est parfaitement infaillible. Il est donc impossible que les organes de l'Eglise prescrivent à toute la catholicité une doctrine , en quelque genre que ce soit, qui fût fausse ou injuste ( p. 81 ).
routine, ont, sans raison valable et sans mo tifs légitimes, attaqué le concile de Trente , incriminé ses actes, calomnié les personnes1 qui y ont pris part, et sont parvenus ainsi à colorer aux jeux de plusieurs , le refus' qu'ils faisaient d'accepter ses décrets.
1079. Il est pénible de voir des magistrats , des théologiens, des prédicateurs de l'Evangile , s'armer ainsi du mensonge, et combattre avec une déloyauté insigne , pour échapper à un adversaire qu'ils désespèrent de pouvoir terrasser. Et quand on pense que ces armes sont les mêmes que celles dont Luther, Calvin, Zuingle et tous les apôtres de la réforme, se servirent pour attaquer l'Eglise romaine et défendre leur doclrine, on se demande s'il est bien vrai que des po
1073. Essayez de concilier cette doctrine pulalions entières aient reconnu en eux les de l'abbé Fauchet en 1789, avec sa conduite prophètes du Seigneur, les juges d'Israël ;
el ses discours à la convention , jusqu'au 31 octobre 1793, époque à laquelle il fut condamné à mort, comme Girondin, vous rencontrerez tout autant de difficultés que si vous vouliez mettre d'accord entre elles les idées de Jurieu. Ces deux hommes étaient du
aient accouru à leur voix , se soient rangées sous leur bannière, aient fait la guerre avec eux, et pour eux , au détriment, non-seulement de leur repos , mais encore de leur salut?
1080. Nous avons pu reconnaître dans la|
nombre de ceux qui changent leur manière résistance opiniâtre des parlements , tout de penser avant même de l'avoir complète- comme dans les mauvais raisonnements de ment exprimée. Avec ces gens-là, il est im- Leibnitz , la funeste influence que l'intérêt ,
possible de raisonner.
1074. Du reste , il n'est pas plus vrai de supposer avec l'un, que si le concile était infaillible quand il explique, développe ou définit les vérités dogmatiques, il le serait pareillement, quand il fait des lois pour la bonne administration de l'Eglise , qu'il ne l'est de dire avec l'autre, que le concile œcuménique ne peut faillir en rien. On peut à cet égard, voir les principes que nous avons posés dans la section seconde, en traitant cette question.
1075. L'auteur anonyme de l'Histoire de la réception du concile de Trente se réfute luimême. Il suffit de lire son livre jusqu'au bout, pour »e convaincre que le concile de Trente a été reçu dans tout l'univers par l'autorité ecclésiastique , et que de tous les Etats catholiques, dont l'acceptation avaitélé
l'éducation, l'esprit de corps et les préventions exercent sur le jugement des hommes les plus recommandables.
1081. Dépouillez-vous donc de tout préjugé, examinez avec soin les points conteslés, si vous voulez reconnaître de quel côté se trouve la vérité entre les protestants et les catholiques romains, et ne recevez les assertions graves que lorsque vous aurez de bonnes raisons pour croire qu'elles sont exactement conformes à la vérité.
1082. Si on eût voté par nation, dit M. Léopold Ranke, dans son Histoire de la papauté. en parlant du concile de Trente, à quelles singulières décisions ne fûl-on pas arrivé. Mati cela n'eut point lieu; et les trois nation!' même prises ensemble, restèrent toujours et minorité. Les Italiens, bien plus nombreux défendirent alors, sans grandes difficultés, ei