‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 35 sur 373 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Mort de Louis Teodoli, évéque de Bertinoro. — Cet événement donne lieu à deux nominations. — Réponse des présidents à une lettre du cardinal Borromée. — Liberté avec laquelle ils s'expriment dans cette circonstance. — Leurs conférences avec le cardinal de Lorraine au sujet du septième et du huitième canon. — Jour choisi pour la session. — Difficultés qu'éprouve le cardinal de Lorraine de la part des siens et de la part des Espagnols. — Il est nommé arec le cardinal Madrucci pour revoir la formule du décret de la résidence.

1. Parmi tous les hommes qui se dévouent à une grande œuvre, soit dans le métier des armes, soit dans la carrière de la vie sociale, il n'en est aucun qui ait autant de droits à l'immortalité de la gloire que celui qui, perdant la vie au milieu même de ses travaux , ne peut prétendre à une autre récompense. Je dois donc rapporter qu'à cette époque, c'est-à-dire le 10 janvier, mourut Louis Teodoli de Forli, évéque de Bertinoro, prélat dont les mémoires contemporains parlent avec éloge (1;, à cause de la droiture de son caractère, de l'appui qu'il prêta à ses collègues par sa science durant le cours de sa vie, et de l'édification qu'il leur donna à ses derniers moments, par le touchant spectacle de sa piété. Cet événement fournit aux légats l'occasion de recommander au pape deux évêques du concile (2) très-dignes de considération. Le premier était Egidius Falcetla de Cingoli, que le cardinal Borromée honorait de son estime et de sa bienveillance, et dont l'église (3) de Caurli était également pauvre de revenus et de toutes les autres qualités qui peuvent rendre supportable un séjour perpétuel. Le second était Jules Soperchio, de Mantoue, de l'ordre des Carmes; son évêché d'Acci , non moins dépourvu de ressources que le précédent, n'était pour ce prélat d'aucun profit, et n'avait fait jusqu'alors que lui imposer l'obligation de vivre conformément à sa dignité. Le dénûment de l'église d'Acci était même si grand, que Soperchio devait être prêt à accepter comme une bonne fortune ce que Falcetla désirait abandonner comme une condition misérable : ce qui prouve que la pauvreté est, sous un certain rapport , préférable à l'opulence , puisque l'indigent est susceptible d'éprouver tout à coup une grande joie, tandis que ce sentiment est presque impossible à celui qui est dans l'abondance de toutes choses. Le pape eut égard à la demande de ses représentants, et les deux évêques reçurent leur nouvelle nomination.

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