‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 37 sur 373 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Décret de la résidence dressé de nouveau par le cardinal de Lorraine. — Nouvelles difficultés qui naissent à cette occasion. — Entrevue des orateurs français avec les légats au sujet de la supériorité du pape sur le concile.

1. Dans cette alternative inquiétante les légats chargèrent les deux cardinaux (2) que nous avons nommés de revoir le décret delà résidence, et ils leur donnèrent en même temps la faculté de s'adjoindre d'autres prélats a leur choix. Ils en désignèrent quatorze différents de nation, mais tous recommandâmes par leur science. Dans ce conseil particulier (3), le cardinal, qui aspirait à la gloire d'une œuvre qui lui fût propre, donna lecture, sans qu'on s'y attendît, dune formule de décret différente de celle qui avait été antérieurement proposée par les légats dans les congrégations. Elle commençait par l'enumération détaillée des fonctions del'évêque, et elle ne contenait pas un mot qui parût favoriser un parti au détriment du parti contraire. Cependant on comprendrait difficilement {k) toute la peine que se donnèrent les deux cardinaux, surtout le cardinal de Lorraine ( précisément parce qu'il était l'auteur de la formule) pour accorder les variétés infinies des opinions. Le prélat français fut même tellement tourmenté que plus d'une fois il désespéra de pouvoir conserver sa pa-

(1) Voir une lettre des légats au cardinal Rorromée, 25 janvier 1563.

(2) Lettres des légats au cardinal Rorronaée, 19 et

21 janvier 1563.

(5) Lettre des légais au cardinal Rorroraee , ;2i janvier 1563.

(i) Voir deux lettres des légats au cardinal Rorvonie«, 21 et 25 janvier 1563.

tience au milieu de cet inextricable chaos. Un jour, entre lui et l'archevêque d'Olrante, un démêlé survint, lequel fut suivi d'un autre plus violent entre ce même archevêque et celui de Grenade. La chose n'était pas nouvelle par rapport à ces deux derniers, et même ils se trouvaient si souvent en opposition, qu'on commençait à soupçonner entre eux une rivalité. Or, 'la querelle* (1) s'éleva delà manière que nous Talions rapporter. L'archevêque d'Olrante avait blâmé dans la formule proposée par le cardinal l'énuméralion des fonctions particulières aux évêques. Selon lui, celte énumératioh était bien plutôt faite pour susciter de nouvelles difficultés que pour détruire les anciennes. De plus, continuait-il, en affirmant que les devoirs des évêques sont de précepte divin, on déclarait la même chose de la résidence. Or une semblable déclaration était évidemment contraire au sentiment du plus grand nombre; outre que la commission n'avait pas reçu le pouvoir de faire un nouveau décret, mais seulement de revoir celui qui avait été rédigé par les présidents. A ce que l'archevêque affirmait par rapport au sentiment du plus grand nombre, le cardinal répondait en niant que ce sentiment fût en effet celui de la majorité. Dès lors on dut produire des preuves. Le secrétaire eut recours aux conclusions écrites des différents discours ; et cette confrontation eut pour résultat, nonseulement de confirmer ce qu'avait avancé l'archevêque, mais encore de faire voir que ce n'était que le très-petit nombre qui aval demandé la déclaration. Sur cela le cardina s'emporta, comme font tous les hauts personnages qui se voient pressés dans la dispute; il répondit qu'il avait, lui aussi, le compte rendu des opinions, et qu'entre ses notes et celles du secrétaire, il y avait une grande différence , ce qui montrait assez qu'on ne pouvait se fier à cette manière d'enregistrer les votes. Il prit de là occasion de se plaindre de ce qu'il n'y avait qu'un seu secrétaire ; il lui semblait nécessaire qu'il y en eût plusieurs et qu'ils fussent de nations différentes. Mais l'archevêque confirma ce qu'il avait dit d'abord. Les choses en étaient là lorsque Guerrero intervint dans la dispute. Il soutint qu'on avait fait sagement de spécifier les diverses fonctions épiscopales, et il ajouta que ces distinctions e ces détails n'étaient répréhensibles qu'à cause de leur longueur. Selon lui encore, celui-là proférait une hérésie qui osait affirme que l'accomplissement des devoirs attachés pour unévêque, au litre de pasteur des âmes n'était pas de précepte divin. Ce mol d'héré sie choqua l'archevêque d'Olrante , et il som ma les cardinaux de donner une leçon d modestie à ses adversaires, sans quoi il n promettait pas de garder lui-même la réser ve convenable. Use croyait aussi bon calho lique, que qui que ce fût au monde; mai

(1) Voir une lettre des légats au cardinal Rorra niée, 24 cl 25 janvier; et une autre lettre de l'archtj vèque de Zara , 25 janvier 1563

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