‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 46 sur 373 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Premières conférences des théologiens. — Assemblée générale des Pères. — Lettre du ^roi de France présentée à cette assemblée. — Discours de du Ferrier, et réponse du concile.

1 . Dans la matinée du 9 février (fr) eut lieu, comme nous lavons dit, la première conférence des théologiens sur les articles qui leur avaient été répartis concernant le mariage. Mais je passerai sous silence, ou du moins je réserverai à un autre temps la plupart des considérations émises dans cette assemblée ainsi que dans les suivantes, parce que le dessein que l'on avait conçu d'ajouter à la première session ce qui avait rapport au mariage ne fut pas exécuté. Je remarquerai seulement que Salmeron, qui fut le seul a parler dans la matinée du 9, après avoir montré (5) que le mariage est un sacrement, ce qui est vrai même des mariages clandestins, et que la validité de l'acte est indépendante de la volonté des parents, ajouta qu'il était au pouvoir de l'Eglise de rendre leur consentement nécessaire; car, disait-il, l'Eglise a toujours le droit de faire ce qu'elle a lait par le passé, c'est-à-dire d'établir de nouveaux empêchements essentiels (6). Et après avoir appuyé ces principes de preuves solides, il examina s'il était à propos que la puissance ecclésiastique exigeât le consentement. Il apporta plusieurs raisons en faveur

(1) Lettre de Foscaraiï au cardinal Morone, 11 février 15b3. ,•...„ ■ ii i-

(2) Lettre de Visconli au cardinal Borromee, Il lévrier 1563.

(3) Actes de l'évêque de Salamanque. h) Actes du château Saint-Ange, 9 février 1563.

(5) On trouve le discours de Salmeron dans les Actes du Château et dans le Diario, 9 février. Visconli en parle aussi dans une lettre au cardinal Borromee, du 11 février 1565.

(6) C'est avec raison que dans la bulle dogmatique Aactorem fidei, du 28 août de l'année 1791, le souvetitn pontife Pie VI, entre autres propositions extrai-

ts!

de l'affirmative et en faveur de la négative, et il finit par laisser la décision au jugement de l'assemblée. La matinée du lendemain fut entièrement consacrée à entendre le sentiment de Nicolas Maillard sur la (1) question présente, et un discours du même, qui avail pour but d'intéresser rassemblée aux malheurs de la France. Maillard était doyen de la Sorbonne et le premier des Français. Il ne se trouvait pas en mesure pour ce jourlà ; car il n'avait été averti que peu de temps auparavant, à la suite de la dernière convention faite entre les légats et le cardinal de Lorraine. Aussi, ne pouvant se fier à sa mémoire, il fut obligé de lire, en s'éclairant d'une bougie. Cette lecture monotone et celte lumière qui offusquait les yeux de l'assistance, contribuèrent aussi à la rendre inattentive. Pourtant la plupart des auditeurs prêtèrent une oreille favorable à certain endroit du discours; c'était celui où le doyen, saisissant l'occasion de nommer le pape, lui donnait les litres de pasteur, de recteur et de gouverneur suprême de VEglise romaine, c'est-à-dire universelle (2).

2. Le lendemain matin, parla, selon l'ordre établi, le premier des théologiens envoyés au concile par le roi Philippe. C'était Cosme- Damien Ortolani, abbé désigné de Ville-Bertrande. Il occupa, lui aussi, tout le temps de la conférence; mais son discours, quoique long, mérita d'être écoulé jusqu'à la fin avec une attention toujours soutenue.

L'assemblée générale se tint le même jour; et les orateurs français présentèrent au con cile (3), delà part du roi Charles, une lettn signée du 18 janvier (Nous devons dire qut quelqu'un crut avoir découvert qu'elle élai

tes des actes et décrets du concile diocésain de Pis loie, tenu en 1780, a condamné la proposition 59m comme destructive des canons 3, 4, 9 et 12 de 1 session xxive du concile de Trente, de Reformation malrimonii, (et comme hérétique). Doclrina synoû asserens ad supremum civilem potestalem duntaxal ori ginarie spectare contractui malrimonii apponere impe dimenta cjus generis, quee ipsum nullum reddunt, dicun turque dirimenlia, quodjus originarium prœterea dicilw cum jure dispensandi essentialiter connexum, subjun gens supposilo assensu, vel conniventia principum po misse Ecclesiam juste conslituere impedimenta diri mentia ipsum conlractum malrimonii. (Voici la réponse Quasi Ecclesia non semper potuerit ac possil in chrii lianorum malrimoniis jure proprio impedimenta coi stituere, quœ matrimonium non solum impediant, tt et nullum reddant quoad vinculum quibus chrislia\ obslricli teneantur eliam in terris infidelium, in eisden que dispensais, canonum 3, 4, 9, 12, sess. xxiv, conci Trident, eversiva, hœretica... On peut lire sur cet matière un ouvrage de Pie Deodali, 'publié en 17& sous ce titre : Nouvelle défense des canons 3 et 4 ( la session xxive du Concile de Trente ; et aussi i écrit de l'abbé Louis Cuccagni, intitulé : Du maria, chrétien, etc., eic. (Note d'Antoine Zaccaria.

(1) Le Diario, 10 et H février. Lettres de Fosc rari au cardinal Morone, de Visconti au cardinal Bo romée, et de l'archevêque de îtara au cardinal Co naro, 11 février 1563.

(2) Actes du Château, 10 février 1563- Lettres i diquées précédemment.

(3) Lettres précédentes. Diario et Actes du Cli teau, 11 février 1563.

de plus fraîche date, et quelle avait été écrite à Trente par les orateurs eux-mêmes, qui voulaient s'en servir comme d'un texte pour des développements ultérieurs). Dans cette lettre, le roi donnait connaissance aux Pères de la victoire qu'il a^ail remportée sur les hérétiques. Cet heureux événement était, disait-il, un miracle éclatant de la protection divine , car on avait eu à combattre des ennemis redoutables. Les sectaires ne connaissaient plus de frein. Il n'y avait pas un crime contraire à la piété qu'ils n'eussent commis, pas un excès de cruauté auquel leur rage ne les eût entraînés. Et quel était le but de cette conduite abominable? la ruine de la religion catholique. Pour lui, fidèle à celte rcli

déjà se reposer à l'ombre de ses lauriers ; mais l'hérésie, quoique vaincue, marchait encore la tête haute et sillonnait tous les points de la France, jetant au plus profond de ses entrailles le venin contagieux de la licence et de la rébellion. Or l'unique refuge qui restât à ce royaume infortuné était le secours des Pères. Moïse, combattant les Amaléciles, avait un corps d'élite composé de tous les forts d'Israël, et ces vaillants guerriers marchaient sous les ordres d'un grand capitaine, Josué. Cependant si le législateur n'eût eu sous ses pieds la pierre, e| dans sa main la verge miraculeuse, si Aaron et Hur ne lui eussent soutenu les bras pendant tout le jour, il aurait perdu la bataille;

gion sainte, il voulait consacrer à la défendre puisque quand il laissait un instant retomber

tout ce qu'il avait de puissance, à l'exemple ses mains accablées de lassitude, aussitôt

de ses ancêtres, qui lui avaient légué comme Amalec triomphait. Le roi Charles avait, lui

un glorieux héritage les titres de fils aîné de aussi, des armées puissantes ; car il voyait

l'Eglise et de très-chrétien. Mais il n'ignorait rangée sous ses étendards une multitude in-

pas que ces mêmes malheurs, qui affligeaient nombrablcdesujetsdévouésetdefidèlesalliés.

alors la France et qui menaçaient de fondre Son généralissime, le duc de Guise, parais-

sur les autres Etats chrétiens, avaient été réparés, dans les siècles passés, par les saints conciles, composés d'une foule d'évêques catholiques. C'étaient ces Pères vénérables qui, toujours attentifs aux intérêts cl au salut de l'Eglise universelle, avaient attaqué, avec autant de zèle que de prudence, les erreurs naissantes, n'ayant aucun repos qu'ils ne les vissent anéanties. Il priait donc et il conjurait, au nom du Fils unique de Dieu, les prélats réunis à Trente de travailler séricu-

1 «ement à une réforme salutaire correspondant aux besoins et aux espérances des chrétiens, à une réforme qui eût pour résultat deréédifierdans l'Eglise les ruincsqu'avaienl entraînées les désastres de la guerre ou l'i-

1 iiiquilc des temps, afin que ceux qui, par 16-

1 gèrel6 et sans raison, s'étaient séparés du sein de leur mère affligée, fussent engagés à revenir dans ses bras, en voyant de nouveau briller sur son visage sa splendeur cl sa pureté primitives. Quand le prince épuisait volontiers tous ses trésors cl toutes ses ressources pour défendre la religion, quand un si grand nombre de valeureux soldats et d'il-

; lustres capitaines venaient de sacrifier leur vie à Dieu dans celle dernière bataille, étaitce aux Pères à manquer de force pour rétablir la discipline ecclésiastique? Ne devaientils pas au contraire apporter à celle œuvre toute la générosité et toute la pureté d'intentions qu'elle réclamait; et leurs efforts resteraient-ils donc sans fruit et ne seraient-ils pas couronnés d'assez de gloire, lorsqu'on verrait refleurir le culte de Dieu comme aux anciens jours, et lorsque les mœurs^evêtant de nouveau le chaste voile de l'innocence, on verrait non-seulement le désordre s'enfuir

, loin de la France, mais encore tous les autres royaumes redevenir la patrie de la religion el de la paix?

3. Après qu'on eut donné lecture de la lettre royale, le présidentduFerrierprononça le discours éloquent que nous allons essayer de reproduire. Dieu avait, dit-il, arraché la victoire aux mainsd'un ennemi qui croyait

sait conduit par les deux génies de la prudence et de l'héroïsme. Le prince trouvait dans la sagesse de la reine mère les lumières dont il avail besoin pour éclairer tous les actes de son gouvernement ; mais il lui fallait en outre le secours de la pierre, et ses mains défaillantes devaient être constamment soutenues. El qui eût pu remplir à son égard les fonctions d'Aaron et d'Hur, sinon les Pères du concile? Us étaient les véritables successeurs d'Aaron, et l'enfance du roi réclamait leur protection comme la vieillesse de Moïse réclamait l'appui de ceux qu'il avait fait monler avec lui sur la montagne. La pierre qu'ils devaient placer sous ses pieds pour le soutenir, était la base solide de leurs décrets. Pour aider à poser cette pierre, le roi avait envoyé à ses représentants une requête contenant plusieurs demandes particulières ; ces demandes avaient été communiquées par les ambassadeurs à leurs éminences illustrissimes les légats qui, selon leur promesse, se hâteraient sans doute de les proposer dans l'assemblée, d'autant plus que Sa Majesté avait un extrême désir de connaîtrcauplus tôt le jugement des Pères sur chacun de ces articles. On ne demandait pour la France aucun privilège spécial ; car les vœux exprimés par le roi s'étendaient â toute l'Eglise. Si quelqu'un trouvait qu'on eût oublié les choses les plus nécessaires, il était prié de considérer que les orateurs avaient mis en avant les articles d'une moindre importance pour se frayer la roule à la proposition des plus essentiels. Ils avaient agi prudemment, commençant par ce qui était d'une exécution plus facile. Si l'assemblée ne réglait ces matières avant de se dissoudre, les catholiques se plaindraient hautement de cette négligence; les hérétiques en feraient l'objet d'insultantes railleries ; et on dirait partout que les Pères de Trente avaient beaucoup de science el fort peu de bonne volonté; qu'à la vérité ils avaient créé d'excellentes lois , mais qu'ils refusaient de loucher eux-mêmes du bout du doigt au

HISTOIRE DU CONCILE nE TRENTE.

fardeau dont ils chargeaient ies épaules des communication afin de préparer à l'avance autres. Certains prélats semblaient vouloir une réponse en forme. 11 avait seulement inaccuser les Français d'impiété, sous le pré- diqué au secrétaire quelques-unes des ma-

lexte injurieux que les demandes du roi tendaient à établir une doctrine conforme, en quelques points, aux erreurs des hérétiques. Or les orateurs ne croyaient pas devoir s'appliquer à détruire une pareille accusa-

tières qu'il voulait traiter, se renfermant, pour les autres, dans un silence absolu. Certains prélats crurent que ce discours était favorable au souverain*pontife ; et comme l'oreille se trompe souvent, surtout lors-

tion. Il était loisible aux Pères de répondre qu'elle entend avec le désir, ils annoncèrent pour eux, s'ils le jugeaient convenable ; et dans leurs entretiens et dans leurs corresà ce sujet, du Ferrjcr emprunta au cantique pondances, que le président avait donné au

d'Ezéchias ces paroles : Répondez pour moi, parce que je suis victime de la violence. D'autres désiraient qu'on agît avec modération dans l'affaire des demandes, et semblaient devoir passer pour sages, en rappelant aux orateurs les règles de la prudence dont l'observation est si nécessaire dans l'usage ordinaire de la vie. Mais à ceux-là on donnait deux réponses. La première était le mot de

pape, relativement à l'autorité, les titres sur lesquels on était alors en discussion. Or dans le discours, livré ensuite par écrit, on ne vit aucune trace de ces attributions : et parce que de deux ou plusieurs faits passés et douteux, celui que chacun trouve le moins vraisemblable, est le fait de son erreur personnelle, Visconti (lj etlesautres qui,commelui, avaient bien voulu se laisser abuser, préten-

Cicéron contre ce que dit Néoptolcme dans dirent que l'original avait été altéré et qu'on

Ennius : qu'on doit pbilosopher, mais bric vement; erreur que Tuilius relève en ces termes : Celui-là se trompe qui demande de la réserve et de la retenue dans une chose excellente, et d'autant plus excellente quelle est plus grande en elle-même. La seconde ré-

n'en avait donné qu'une copie infidèle. Mais pour parler en toute sincérité, je ne vois pas quelle apparence il y a, ou que du Ferrier, sans aucune raison particulière, se soit servi de ces expressions, contre lesquelles il avait réclamé avec tant de force au nom de ponsc que l'on adressait à ces lièdes parti- la France, ou qu'ensuite il ait osé commettre

sans^de la modération n'était rien moins qu'un anathèmede l'Esprit-Saintainsi conçu : Jncipiam le evomere : utinam calidus aut frigidus esses ! Les Pères ne savaient-ils pas ce qu'avait produit la réforme opérée avec tant de ménagements dans le concile de

une alléralion si importante, et dont il pouvait être convaincu par deux cents témoins, nombre qui fait taire tout témoignage exceptionnel. Les légats montrèrent plus de pénétration dans le jugement qu'ils portèrent tout d'abord de celte allocution ; car ils s'a-

Conslance et dans le suivant (celui de Bâle), perçurent que sous les fleurs de son langage dont il évitait de prononcer le nom pour ne en apparence respectueux et soumis, le prépas blesser les oreilles délicates et suscepli- sidenl avait caché avec art une grande abonbles de quelques prélats ; et dans les suivants dance de ces herbes malignes qui se révèlent encore, à savoir ceux de Ferrare, de Flo- au toucher par les plus douloureuses at-

rence, de Latran, et dans le premier de Trente ; ou, pour parler le langage de ceux qui voulaient que ce ne fût qu'un seul et même concile, ce qu'avaient produit les dé-

teintes.

5. Le secrétaire s'était occupé, selon la coutume, de rédiger le texte de la réponse; et comme au travers de ces lueurs que du

crets dressés par les Pères de Trente pen- Ferrier n'avait fait que lui indiquer de loin,

dant les dix-huit années qui venaient de s'écouler? Hélas I combien de royaumes ne s'étaient-ils pas, durant cet intervalle, séparés du sein de l'Eglise catholique! La grande œuvre de la rénovation religieuse ne concernait pas les Français seulement. Les Italiens et les Espagnols devaient mesurer leurs propres périls sur les malheurs d'autrui. Et qui retirerait plus d'avantage d'une véritable et solide réforme que l'évéque de Rome, souverain pontife, premier vicaire de Jésus-Christ, successeur de Pierre, celui enfin qui exerçait dans l'Eglise la suprématie du pouvoir? — 11 ajouta qu'il se serait arrêté plus longtemps à ces considérations, s'il

il lui avait semblé apercevoir certaines ombres à l'aspect indécis et peu sûr, il avait fait en sorte que sa réponse se rapportât tout entière à la lettre du roi, et que pas un seul mot n'eût trait au discours de l'orateur. 11 avait pensé qu'en pareille circonstance le silence serait la réponse la plus prudente et celle qui comporterait le plus de dignité et de modération tout ensemble. Lors donc que du Ferrier eut cessé de parler, les ambassadeurs sortirent, et les Pères demeurèrent pour examiner la réponse rédigée par le secrétaire. En somme, ils félicitaient le roi de sa victoire, le remerciant de ce qu'il leur en avait donné connaissance. Ils l'excitaient à

n'eût su que l'assemblée était disposée par poursuivre le cours de ses entreprises mili-

elle-même à fournir glorieusement le reste taires, et à fermer l'oreille aux perfides avis

de sa carrière; et il finit en remerciant les de certains hommes qui, pesant toutes choses

Pères de leur dévouement aux intérêts du roi dans la balance des intérêts temporels, lui

et de la France. faisaient envisager une paix qui ne pouvait

4. Du Ferrier avait refusé de donner son être sincère et véritable. Ils promettaient de

discours aux légats qui en (1) demandaient s'occuper immédiatement, et de la réforme gé-

(1) Letire des légats au cardinal Borroinée, H février 1563.

(1) Lettre de Visconli au cardinal Bonomée, 15 février 1563.

nérale de toute l'Eglise, et des décisions particulières que réclamaient les besoins de la France. Enfin ils ne souffriraient jamais, disaient-ils en terminant, qu'on pût avec raison les accuser de manquer de zèle : car ils n'oubliaient ni les devoirs qui leur étaient imposés par leur conscience, ni les motifs pour lesquels ils étaient réunis à Trente sous l'autorité du très-saint pontife Pie IV. 6. Le cardinal de Lorraine, qui fut le premier à donner son avis sur celte réponse, fit les réflexions suivantes : le respect et les égards qu'il devait, et à ses parents, et à sa patrie, et à sa famille, si étroitement unie avec la famille royale, exigeaient de lui qu'il ajoutât quelque chose au discours des orateurs. Quand Israël se présenta en foule devant Roboam et le pria d'alléger le joug trop pesant que son père avait imposé au peuple, lui promettant en retour une éternelle obéissance, ce prince prit trois jours pour délibérer; après quoi, se laissant entraîner aux conseils de ses jeunes favoris plutôt que de suivre les sages avis des vieillards, il répondit à la demande de ses sujets par un refus. Or d'innombrables calamités furent les résultats de celle conduite imprudente. Un tel exemple était une leçon salutaire pour les Pères : ils devaient apprendre delà à céder quelque chose de leurs droits pour que le royaume de France et tous h s chrétiens se soumissent à leur autorité avec une obéissance pleine et entière. L'espace des trois jours était déjà écoulé. Le premier était l'époque à laquelle on avait fait les premières

Plusieurs prélats parlèrent dans le même sens relativement à la nécessité de la réforme. Mais la plupart approuvèrent par un simple Placet, la réponse qui avait été préparée et à laquelle on ne changea rien avant de l'envoyer.

7. On proposa ensuite dans la même assemblée de choisir un certain nombre de Pères pour dresser les listes des abus, et pour disposer à l'avance tout ce qui était nécessaire à la réalisation de la réforme demandée par les orateurs. Celte proposition fut adoptée, et on s'en rapporta aux présidents pour le choix. Alors Ciurelia (1), évêque de Budoa, qui parlait à son tour, fier des applaudissements qui avaient accueilli ses ineptes facéties, et regardant comme un éloge précieux le rire qu'il avait excité, prononça avec bien peu de sagesse ces paroles du Sage : Tout n'est que vanité. Les légats, indignés, écrivirent au cardinal Borromée une lettre dans laquelle ils couvraient d'ignominte cet insipide plaisant. Ils se voyaient forcés, disaient-ils, de faire pour la dignité du concile, ce à quoi on ne les avait pas encore obligés parle passé. Us racontaient les bouffonneries de l'évèque et se plaignaient amèrement du mépris qu'il affectait pour leurs avertissements. Cet homme prêtait à rire à plusieurs; mais plusieurs aussi ne le souffraient qu'avec peine. Les ultramonlains surtout ne comprenaient pas comment on pouvait profaner celte sainte et vénérable assemblée, jnsqu'à en faire une scène comique. Il convenait à la prudence et à l'autorilé du

nstances au nom de Sa Majesté, lors (le l'ar- souverain pontife de réprimer ces déplorables rivée des ambassadeurs. Le second élail le abus par un châtiment exemplaire. Le pape temps où l'on avait renouvelé ces instances, fut prompt à décider, et la punition qu'il orquand il avait lui-même fait son entrée dans donnait d'infliger à l'évèque était bien ca pale concile. Le troisième était le moment pré- ble de lui faire changer en larmes amères

senl. puisqu'on revenait encore une fois à la charge. Il ne disait pas : Obéissez à notre roi : une telle pensée ne pouvait entrer dans son esprit. Le roi priait et suppliait : c'est pourquoi il exhortait lui-même les Pères à calmer la juste douleur de Sa Majesté, et à chercher les moyens de faire renaître l'espérance dans les cœurs abattus. Si l'on tardait encore, la France allait voir se lever sur elle le jour le sa ruine, et celte ruine serait bientôt suivie de tant de désastres dans les autres pays

hrétiens, qu'on ne pouvait y penser sans Hre saisi d'horreur. C'était par les œuvres ju'il fallait répondre au roi. Aussi n'approu- ,aii-il la réponse adressée à la cour de <Vance par le concile, qu'autant que celle féponse serait suivie d'une autre plus éner- ;ique et plus expressive, celle des faits, il

uj vint naturellement en pensée de citer ce

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