CHAPITRE VIIÏ
Bruit des armes à Trente entre plusieurs nations, calmé à grand peine. — Lettres de V Empereur aux présidents et au pape, et ses quatre demandes. — Autre lettre secrète du même au même, et réponse du pape èi ces différentes lettres.
1. Un pou avant que ic carainai seripandi n'eût rendu le dernier soupir, il arriva que, pour mettre le comble à l'anxiété que causait aux légats la mort ou le danger imminent des deux premiers çldcs plus accrédités d'entre eux, aux contestations des gens de robe vinrent se joindre celles des gens d'épée. Le S mars (1) il s'éleva entre les serviteurs de deux évêques, l'un français, l'autre espagnol , une dispute dans laquelle un des Français reçut un coup mortel. Le bruit courut, soit qu'il en fût ainsi, soit que la renommée eût \oulu, selon la coutume, opposer sa faveur à celle de sa fortune , que les Espagnols s'étaient rendus coupables d'une violence atroce, en se jetant plusieurs ensemble sur le Français : c'est pourquoi quelques Italiens se mirent en devoir de le secourir ou de le venger. Les Espagnols, irrités contre la nation italienne, commencèrent dès lors à outrager tous les Italiens qu'ils rencontrèrent au dépourvu. De là des rixes fréquentes, et chaque nouveau conflit ne faisait que nourrir la haine et la colère, bien loin de l'apaiser; on en vint à un tel point que les prélats n'osaient plus envoyer leurs serviteurs hors de chez eux, et qu'à peine osaient-ils sortir eux-mêmes, ou pour la messe, ou pour les congrégations, craignant toujours quelque nouveau bruit. Ces deux mots, souvent proférés au milieu des rues, Italie , Espagne, faisaient, sur les esprits de celle foule légère et inconsidérée, l'effet d'un
(I) Voyez deux lollres des légats au cardinal Borromee, 1-i mars lo63, et le journal du 8 mars , dont le récit diffère néanmoins sur quelques points de celui des légats.
neordewn^^^ftî^^S^ valent qu'à faire verser, du sang Et parce
rnndit : ilresia mémo sui h-»^ r • û~ «
îSé ou blessés. Les légats, dans un si hor
•w« ïnmiiltp eurent recours non-seulement
aulouveïneurd^rente, Darius Poggiolini
d TnoUi (î) mais encore au commandant i m-
linn -ivaU la garde de la cité. Ce der-
Pen ni ?n sitôt sonner le tocsin et rassembla
sur la place 'un bon nombre de soldats qui
rénr mè ent pour cette fois le mouvement.
WiïSS* lacrain'.e fut pas sée le lumuUe
ne tarda pas à recommencer. C est pouiquo
ks présidents dépêchèrent un courrier au
les picsiue y attendant la diète,
dignité, il serau permis a iu. ^ « ~
bre déterminé de leurs serviteurs de porte» des armes , mais qu'ils donneraient au magistrat le nom et le signalement de leur* gens, de telle sorte qu'on ne put s y meprenare: que la môme chose serait permise ai cardinal de Lorraine, sans aucune l.mitatioi de nombre à raison des circonstances particulières où il se trouvait, mais qu il donnerait aussi la note de son monde ; enfin qu i serait interdit à tout autre de faire porta des armes à ses gens. Les légats, sachan
neiaiuapa«'7v rmirricr au des armes a ses gens, m» icga •..-..»««"—
les présidents dépêchèrent un couriicr au ces a » le d»iIOnneoi
cardinal Madrucci qu., cn1a"en,dInn'iuCdk,e c[ J" t?0uve engagé, l'exemple des chefs es
Se TÏent'e! pour qu'ils vinssent mettre un feî.ïd Jrdr. ïl rétablir le came Ma,
R^»^» 1 s faisant a— et
he cô é te corps de milice ordinaire étant devenu tout à fait insuffisant pour contenir Tes mutins, on ne vit plus d'autre expédient que de les désarmer. Mais cet expédient ne 2nt nis d'abord être mis à exécution. En £r nfier lieu,ïé cardinal de Lorraine, ayant FouUieu de craindre que ses ennemis n eussent le dessein d'attenter à ses jours, voulait nue a famille fût armée. Les légats lu. offri- ?ent une garde de hallebardiers publ.es ; mais il ne crut pas devoir s'en conlen er Or ce que le cardinal demandait par une juste suscept ibilité de sauver sa vie, les autres le demandaient par une fausse susceptibilité de manilenir Murs prérogatives. Le seigneur de Lan ac prétendait qu'il était de son honneur, dans le poste qu'il occupait, de maintenir ce p?ivilége sans aucune limitation de nombre et sans s'astreindre à donner par cent le notnde ses gens qu'on réclamait, afin de pouvoir distinguer ses vrais serviteurs des faux De leur côté , les Espagnols ne consentaient Boint à désarmer. Quel part, prendre? On K voyaitaucun, et il y avait déjà six jours nue les congrégations se trouvaient suspendesEnfmles légats mandèrent tous les ambassadeurs à la. fois ; ils leurre— eren nue s'ils voulaient un concile a Tiente, l fallait qu'ils y voulussent aussi la paix. 1 s Sur firent comprendre que quand lesespr. sont échauffés, il n'y a pas moyen d avoir la naix à moins qu'on ne leur ôte des mains instrument de la guerre , c'est-à-d.re les
t\\ Cela se voit d'après divers instruments authentiaui lui sont entre les mains de l'auteur et qui *a- K»t que Ï>1«3 lard les légats eux-mêmes donnèrent aussi à Poggiolini .la J"ridiciion pour la partie qu. tes concernait.
se trouve ung<>&<-, • v-~\iv$" plus fort que toutes les défenses , commencèrent à mettre la loi à exécution dans leu propre maison. Par ce moyen le tumult cessa, et dès le lendemain, 16, on recom mença à s'assembler. Ce qui contribua en core beaucoup dans la suite au maintien d la tranquillité publique,ce fut un ed.t impé rial portant que quiconque serait trouve . se battre serait chassé de la ville.
2 On ne cessait point de négocier pendan
qu'on avait cessé de réunir les congrégations
Drascowitz était revenu de la cour de 1 eœ
pereur (1), et il avait rapporte aux lega
une lettre de Ferdinand en date du 3 man
et la copie d'une autre adressée au pap<
L'ambassadeur les conjura instamment d en
ployer leurs bons offices auprès de ba ban
telé par rapport aux demandes qu elle conu
nait. Les légats s'attendaient qu'il sortira
du colloque d'Inspruck et de tant de consei.
de ministres et de théologiens, quciqi
chose de plus grand et peut-être de pli
formidable. Mais Drascowitz n ajouta ne
de vive voix à ce qu'exprimaient les lettre
et celles-ci ne contenaient, avec que.qui
plaintes générales, rien autre chose qj
quatre chefs particuliers. On se plaign*
que le concile ne procédât pas avec lorû
espéré par les princes et nécessaire ai
chrétiens; que depuis plusieurs mois <
n'eût pas célébré une seule session; et qu.
lieu de travailler à la réconciliation des oi
sidents , on voyait de la discorde et des u
sensions parmi les Pères eux-mêmes, ^
grand scandale des fidèles, a quoi 1 Lmf
?eur priait Sa Sainteté de porter remède.
Le premier des quatre chefs particuln
mettait en avant que le bruit courait q
l'on songeait à dissoudre ou a suspendre
concile; que c'étaient peut-être les.lroub
survenus qui avaient porté le pape a pi cm
ff) Lettre des légats au cardinal Bcrroniée, 9 snars iil'3.
celte détermination. Mais l Empereur lai leur, nous allons d'abord exposer la teneur déclarait, en fils respectueux et dévoue, qu .1 de la réponse publique à la lettre nubliane
, n était pas du tout de cet avis ; que celte me- que nous venons de rapporter • ensuite no. s sure serait pour plusieurs un sujet de déses- donnerons sans interruption le sommaire de
, poir, pour plusieurs un sujet de blâme et de la lettre et de la réponse secrète mépris, pour presque tous un sujet de scan- oans la réponse à la lettre Dublinue (i)
dale, parce qu on ne manquerait pas de Jc pape commençait par les éloges accoulu- 1 attribuer au des.r d éviter la reforme pro- més sur la piété de l'Empereur et nar c es jelee;qu il pourrait en résulter cet inconve- paroles de blâme sur les dissensions YÂ nient, que les peuples, se voyant comme en Pères.
,un naufrage, recourraient, comme à une planche de salut, aux synodes nationaux, réputés si nuisibles à la religion par Sa Sainteté, et au contraire demandés avec instance par tant de provinces.
Le second chef contenait une vive réclamation pour qu'il y eût une pleine liberté dans le concile, et qu'il fût permis aux ambassadeurs et aux évoques de proposer ce
qu'ils jugeraient à propoi pour maintenir la religion et l'obéissance due à Sa Sainteté et pour l'utilité particulière de chaque royaumequ'il n'y eût pas moins de liberté pour dire jon sentiment ; qu'on s'arrangeât de manière i ce qu'on pût délibérer sans recourir ail-
Sur le premier chef, il tombait d'accord que toute suspension du concile serait trèsnuisible, mais il affirmait qu'il n'y avait jamais pensé, qu'au contraire il avait résisté a cet égard aux instances dequelques grands princes.
4. Quant au second, le pape assurait qu'il voulait que*Ie concile fût libre, surtout pour donner ses avis : que si la faculté de proposer avait été réservée aux présidents, selon 1 usage des assemblées bien ordonnées , le concile lui-même y avait consenti d'une voix unanime, excepté un ou deux; mais que la volonté de Sa Sainteté était que les légats satisfissent aux requêtes des ambassadeurs
eurs, voulant dire à Rome ; que tels étaient £ vrin^klZlJtTV^ ^'r aSSadCUrS
es exemples que nous avaient laissés lesan- i^SVl^t^S^Û'V^S' ?
;iens, et que dans un temps où les esprits 12 orJe \TvuiZuZ' °, y 3Ura,t ? S
inrmi les chrétiens étaient si ulcérés et si ï° P!?!^"?1"88™ ce Pomt CD ™ Pl*>
>armi les chrétiens étaient si ulcérés et si igilés, il fallait bien se donner de garde de es émouvoir en introduisant des noueautés.
3. Le troisième renfermait l'expression 'un zèle ardent pour la réforme. Ferdinand
gnant vivement des dissentiments auxquels s'étaient arrêtés les Pères sur des matières non proposées parles présidents et non contestées par les luthériens.
Venant au troisième, il protestait de son zèle pour la réformalion, donnant pour
suppliait le pape, dans les .ermes les plus =£££, ,"„ *S 'iSlB
tespcclucux, de vouloir bien demeurer ton- 'exécuter san« ^2 ,„,.„ - a « aincu qu'il ne disait point cela dans le des- près intér6?s g 3 S°S pr° "
in de rien ôter à la sagesse ou à la loyauté Rnen ;i ** i-, . .,
b Sa Sainteté, ou de dérogera sa préém- k. 5ffi °Jl 5&nf * Lâ?, V***** chcf: ^ ence et à son autorité, pour lesquelles il 5* 1 L5 ^ lT°P pClUe Ct offrail
lait prêt à exposer ses royaumes e? salie .Ti.^JSî'ÏÏSî, T !, ,COnten!r- de,UX ais seulement parce que ayant entendu la USS^SSilS^ié^iU^W9hî!ÊÛta •lation de certaines choses qui auraient pu ic ,'P n U'SnS el d(iS,Pa>'s occuPes Par
fcéner les esprits du sainl-siegc apostolique, meuïe? f'un iflCr. T S , "T^i y dc" l'avait cru de son devoir de les lui déclarer K "- • ? dut,ccn toute surelc, ctquc < mme étant son fils aîné et le prolecteu de \fZ7i f. ?-""? ,OU,le fra,c,,c dc ,a
Église, afin qu i. y pourvût félon sa pru- Sg *£ ^Jt1™*?^0"*^*1* tnce, après avoir invoaué le serons flivin. ?U' "c Pou™'1 Pas d ailleurs s'éloigner
beaucoup de Rome sans crainte de quelque tumulte causé par la terreur de l'armée ollomanc ; et qu'enfin sa venue â Trente ferait un mauvais effet et paraîtrait avoir pour objet d opprimer la libertédu concile. Le pape oflrait bien d'aller couronner l'Empereur à Bologne, disant que peut-être le concile s'y
dîner toute "aûlr'ëVffaTwpowVnè œuvre si nlîe éthHr°J?l U ^'méme' et 1ue lc *"'■*
«•'rite, et il exhortait Sa Sainteté à faire de £, ' , , , ,a lcfon,ne' presque cnliôrenme. dirc uc me"t selon les vues dc Sa Majesté. 11 s'en
, ïnfln il suppliait le pape de vouloir bien S?!™ Pour.loul leres,le à cc <lui M *e-
lt répondre promplement fai1 °XpOSC dc v,vc V0IX Plus amplement par
."Empereur avait parlé, dans cette lettre i no,uvcau lc6al Moronc; tel fut le contenu
«la relation en Ses USÏÏ%JS&', tTcrtZ" ^ ^'^ ' "U0*> aUX d°UX M les légats en furent tout étonnés. Mais «i venait de cc qu'il avait écrit au pape, Oc s le même temps, une lettre particulière <P I avait tenue secrète el qui ne leur avait P< U été communiquée. 11 avait jugé celle ■o ie plus convenable sur un pareil sujet.
<nce, après avoir invoqué le secours divin: l il lui offrait d'y coopérer de toul son pouvir.
Il exposait en dernier lieu qu'ayant lu, tins l'histoire des temps passés, que la pres îcc du pape et des empereurs avait souvent é: très-profitable aux conciles, il était prêt à soporler toutes les incommodités cl à aban
il 4 A . m •
secrètes.
5. L'Empereur commençait la sienne par remettre devant l'esprit dû pape la fragilité de la vie humaine, ct par lui faire entendre qu'il ne fallait point perdre de temps pour achever la réformalion avanl qu'un grand
(I) 18 mars laGG,
de l'autre parce qu'il savait que cette dernière passerait en plusieurs mains , que s il ne l'avait pas écrite de sa main
pour
mnllK-urne vînt mettre fin à celle œuvre:
SffiS&i «»•» a,aU déjà lr°P tarae a ne .„„ ,- -,-- , ,
convoquer le concile. ,raw<l nen- point fatiguer les yeux du pape par la torni
U lui semblait qu'on devrait dabor d peu po Ç de ^ ^.^ „ rU fa
cm- t nrendre des mesures pour que i eiec . ,A CJA1„ Annt iXtt^
lion des souverains pontifes se fit d une manTère parfaitement sainte et régulière, et sur louons aucune ombre de simonie vu que
ne
me
écrire par un serviteur très-fidèle, dont il employait la plume dans les affaires les plus secrètes, et qu'il priait Sa Sainteté de lui rc-
-' -—*»-:— A la fin il
tout sans aucune ombre de «morne vu que ^ ^ ^ ^ .fe
de la saine constitution du chet depena cène ^ ^.f^, de ^ proprc ^^ c
' wf S il se plaignait, avec un peu moins de réserve que dans la lettre publique, Ton s'occupât tant à Rome de délibérer ; que "es matières y fussent traitées dans la JonVré-aUon du pape avant qu'elle ne le fussent Trente dans la congrégation du concile qu'ainsi il semblait qu'il y eût deux conc les ?qa'il vaudraitmieux, au contraire, que le pape prît conseil du concile gênerai que de in ronarLation particulière, et qu'il établit désorS avec approbation des Pères les règlements relatifs au conclave et a la reformalion de la cour romaine.
mî démontrait ensuite le besoin extrême rto li résidence épiscopale. Quant a la nue non, alors débattue, si la résidence 2liitou non de droit divin, il [était fonde, dîsit il à soupçonner que beaucoup d eïeques se rangent d. côté qui leur pariissait le plus du goût de Sa bainteit. n Si tintait en outre trois espèces d'évêques : le un°s aspirant au chapeau, les autres pau-
vrerdSres enfin dotés de riches églises
Sont ils demeuraient contents. On ne devait
nas douter, continuait-il, que les derniers
ne dussent donner franchement et sincere-
rnenUeur avis: mais il y avait ont l.eu de
roupconner que les premiers et les seconds
n°edPevaientqpas tenir beaucoup > à la jési-
dence En un mot il priait Sa Sainteté, si eue
nensait pouvoir le faire selon Dicu.dc la.sser
Soîter celte définition ; et bien qu'il ne refusât point au pape le pouvoir de dispenser
de la résidence, il le suppliait néanmoins
pour le bien général de n'en point user A Dieu ne plaise, ajoutait-i , qu il lui vint
à l'esprit de disputer au pape le pouvoir qui
lu aval été conféré par Jésus-Christ en
vertu duquel il était, après le même Jésus-
Christ,le chef de 1 Eglise sur -la ici ic. ^ i à é (lo nouvcaux çard
vait certainement que le pape devait dêren ne p P g , ,„ en cûl lintc
dre l 'autorité pont ^ile e t.l lu ienoave i de choisir des hommes q
^f ne fa r;PS oubl ieTquMl SevaU la réunissent les qualités qde Sa Majesté mais il ne lai au Pas °"u"r * vît au'U nc mandait en eux ; et que le cardinal Moro défendre de telle so r te que 1 on »t qu il ne JJJ > flU } aycc lui r cc
cherchait en cela r.en au re ^osef^u * matière; qu'il était à désirer que la mê.
gloire de Dieu, 1 augmentation de la loi ma ^4^ à lion pour les é.
bien de 1 Eglise. ,. , ■ •■- ...:. jA:.«mr
6 Si cette lettre était toute remplie de
avait ajouté de sa propre main quelques il gnes qui contenaient la vive expression de son amour et de son obéissance, avec une nouvelle invitation de se rendre à Trente. 7. Voici le sens de la réponse du souverain pontife : que Sa Majesté avait bien raison de l'avertir qu'il pensât à la proximité du passage de cette vie à l'éternité ; qu'il nc perdait point de vue cette pensée, et que sa principale occupation, pour se préparer a ce terrible voyage, était de s'appliquer avec un zèle infatigable à la réformation de 1W glise, qui lui avait été confiée par Jésus-Christ; que Sa Majesté ne se trompait pas quand elle assurait que de la régularité el de la sincérité avec lesquelles se ferait l'élection du souverain pontife, il devait résulter un bien inappréciable pour toute la chrétienté ; mais que les conciles et les papes précédents avaient fait des lois si saintes et si sages sui cctobjet,qu'ilne paraissaitpas qu'on pût rier y ajouter; que néanmoins, pour couper jusqu'à la racine des moindres abus, il vcnai de promulguer une nouvelle bulle dont î lui envoyait copie ; qu'il l'aurait volonlier communiquée au concile avant de l'établi
ap
pa pré
pour ne la publier ensuite qu'avec son
probation, mais qu'il avait été retenu
l'expérience des discordes passées , ,
voyant qu'on n'y serait jamais venu à bout
rien conclure sur une affaire si important!
si étendue et si digne de réflexion ; en sor
que la remettre au concile, c'eût été, nonpa
la faire examiner, mais la faire échouer ;qu
cette même réponse s'appliquait égalemei
aux autres points de réformation de la coi
romaine sur lesquels il ne réglait rien d ai
leurs que d'après l'avis de beaucoup d non
mes éminents ; que si maintenant le conci
voulait donner son approbation solennelle
la bulle précitée, il en serait très-flatté ; qu
I ; » i I hI 1 1 1U111 v/ *-/ vu • v w — — — - — ^
termes un peu libres et expressifs, on avait eusoindelesadoucirenles entremêlant de paroles d'excuses, de respect et de soumission : c'est par là qu'elle commençait, et c est par là Welle finissait. On avait eu surtout la précaution de ne toucher en r.en, ni a la personne ni à l'autorité du souverain pontife: tout au contraire, l'Empereur discourait de l'une et de l'autre avec les pus grands égards. U disait qu'il avait sépare la présente lettre
inuueie; 4u11n.au. 0.^.^1*.' -i«« -- , chose s'observât à proportion pour les ei ques, mais que le concile v avait déjapour par son décret, dont il ne manquerait pas procurer l'accomplissement, en prepos.
aux'églises des hommes de mérite, en taiH une enquête exacte de leur vie passée et leurs mœurs, et en tenant la main a ce les procès d'information accoutumés se sent avec plus de rigueur.
En ce qui tient à la résidence, le pape p testait qu'il voudrait de tout son cœur 1 le concile eût décidé, et qu'il était Dien
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solu d'approuver ses décisions ; mais que de vive voix la réponse à ses quatre artijusqu'alors on n'avait fait que disputer sans clés ; que Sa Sainteté espérait que celte rérien conclure à cause de la diversité des ponsc serait agréée par l'Empereur; qu'en
attendant, Sa Majesté pouvait demeurer bien convaincue que le pape ne voulait ni la suspension, ni la dissolution d'un concile qu'on avait eu tant de peine à assembler et à maintenir avec le secours de tant de princes ; mais qu'il tenait à ce qu'il fût honorablement el. heureusement terminé, après avoir opéré la. réforme des mœurs et continué de rendre à la chrétienté tous les services qu'on en attendait.
9. Soave ne fut pas sans savoir que les réponses qui précèdent furent seulement conçues el non mises au jour. Je ne lui ferai pas grand reproche jusque-là. Mais en racontant le contenu el de ces réponses et des lettres qui y avaient donné lieu , il fait voir qu'il n'en est arrivé jusqu'à lui qu'uneombre confuse et qu'il n'en a aperçu que les plus gros traits, sur lesquels il se sera mis ensuite à broder témérairement cl à répandre les couleurs qui lui auront paru vraisemblables. En effet , non-seulement il ne fait aucune distinction des lettres publiques et des lettres secrètes , mais il ne rapporte presque rien de leur vrai et principal contenu ; tandis qu'au contraire il se met à rêver que 1 Empereur aurait molesté le pape en soulevant cette question : si son consentement cl celui des autres princes n'était pas nécessaire pour la convocation ou la dissolution ou la suspension du concile, et que le pape aurait répondu par de longs raisonnements pour établir sa puissance absolue. Quand Soave raconte de telles choses, non-seulement il s'éloigne du vrai, chose qui lui importait peu, mais il n'a pas même l'adresse de le feindre et le talent de faire son métier; car ce qu'il dit ne convient ni aux circonstances ni à la personne de Ferdinand. Il fait encore dire à l'Empereur, contre Rome, beaucoup d'autres choses outrageantes que ce prince sage el modeste n'était certainement pas capable d'écrire au pape. Il n'y a pas plus de vérité dans les longues plaintes qu'il met dans la hourhe du pape , en rapportant sa réponse contre ceux qui tramaient dans le concile le renversement de l'autorité donnée par Jésus- Christ au saint-siége apostolique sur l'Eglise universelle , et dans ces paroles mordantes qu'il lui fait prononcer : qu'il n'était pas moins nécessaire de réformer les cours des autres princes ; et que Sa Majesté, qui avait
avis; que soit que la résidence fût déclarée de droit divin, soit qu'elle fût déclarée seulement de droit humain, son intention était de la faire observer inviolablement par tous et iinème par ceux des cardinaux à qui l'administration des églises avait été confiée, parce , qu'il en voyait la nécessité, principalement en ce temps où l'hérésie répandait son , venin dans toutes les provinces et où le troupeau de Jésus-Christ réclamait la présence de ses pasteurs.
Il assura qu'il voulait une pleine et entière liberté dans le concile, qu'il n'avait jajnais défendu d'y rien conclure sans avoir entendu son jugement; que néanmoins il jetait arrivé quelquefois que les légats, dans [Certains cas difficiles, avaient demandé son conseil qu'il n'avait pu ni dû leur refuser,
?u'il n'y avait rien en cela de contraire à la iberlé du concile ; qu'il n'y aurait même rien d'inconvenant ni d'extraordinaire à ce :jue le concile lui-même demandât son avis au siège apostolique, comme à la première ohaire de l'Eglise et au centre de la vérité; jue le concile et le pape, son chef, en s'unis- >ant l'un à l'autre, ne rcssemblentpasplus à Jeux conciles, que la tête et les membres qui jui sont unis et subordonnés dans le corps lumain ne ressemblent à deux corps; que >ar la même raison il n'y avait aucun inconrenient à ce que le pape, consulté par ses egats, consultât, à son tour, des cardinaux loctes et prudents avant de donner ses concis, vu surtout qu'il ne prétendait point |uele concile fût forcé à les suivre.
Il le remerciait de ses bonnes intentions et e ses offres pour le soutien de l'autorité ponificale, et il approuvait de tout son cœur ce ue Sa Majesté ajoutait, selon sa grande piété, u'on ne devait songer à maintenir et à onserver cette autorité que pour la gloire e Dieu et le bien de la religion.
, Quanta l'invitation de se rendre à Trente, , répétait succinctement ce qui avait été dit lus longuement dans l'autre bref.
8. Il est vrai que ces deux lettres du pape l'Empereur, dont nous venons de donner abrégé, et dont on trouve la copie dans les îgislres du palais, furent seulement prépaies et non envoyées. On pensa que cette .alière si abondante et si crue avait besoin être amollie et apprêtée petit à petit par la
laleur vitaledela parole, pourqu'elledevînt énuméré beaucoup de désordres, avait néan-
us facile à digérer. C'est pourquoi, au lieu .moins oublié le plus grand, celui qui était la
è ces deux lettres, le pape récrivit à l'Em- source de tous les autres, savoir : que ceux
;reur un bref très-court, où, après l'avoir qui devaient recevoir la loi des conciles vou-
mercié de son dévouement envers lui et lussent la leur donner. Il est bien certain
• ivers le siège apostolique, de son zèle pour que dans ces lettres, toutes remplies de bien-
i bien de la chrétienté, des conseils qu'il veillance et de politesse, on ne mit pas un
li donnait pour opérer Sa réformation, et
< fin de sa discrétion âne point accueillir i faux bruits; il lui disait que le cardinal I )rone, qui jouissait de leur confiance récijoque elqui venait d'être nommé légat à 'ente, irait d'abord, en cette même qualité
< légat, auprès de Sa Majesté, et lui porterait