‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 6 sur 373 · Avant d'aller plus loin, il me paraît ne · texte numérisé non relu

Avant d'aller plus loin, il me paraît ne

(1) Réponse à la lettre ci-dessus mentionné-, du 16 novembre.

(2) Lelire-; du cardinal Borromée aux Iéga4s on commun, du 25 novembre; et au cardinal de Mantoue, du 5 décembre 1562.

(5) Ce décret fut signé, ilans te bois de Vu cennesj le 25 juillet 1*,62, cl envoyé par le pape aux lég:ill| le 25 novembre «le l:i même nni.éf

15 HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE. iG

cessaire de dire quels ordres le cardinal ap- L'administration des sacrements en langue,

portait véritablement de la cour. Or telles française;

étaient les instructions qu'il en avait re- Dans les églises paroissiales, le ralé-

çues (1): — Qu'après de mûres délibérations, chisme et les prières publiques pareillement

on ne trouvait pas de remède plus efficace en français , ce qui ne s'étendrait pas aux

aux dissensions religieuses qui désolaient le royaume, qu'une bonne réforme opérée tant dans l'Eglise de France en particulier, que dans la chrétienté en général; que, pour cela, il fallait retrancher du culte divin les usages superstitieux , corriger les cérémonies et tout ce qui pouvait induire le peuple en erreur et contrarier ses intérêts ; réformer les mœurs des personnes consacrées au serviee de Dieu , et surtout déterminer le mode des élections, de telle sorte qu'autant qu'il était possible, elles ne tombassent que sur des hommes reconnus pour en être dignes et capables d'instruire par leur doctrine et d'édifier par leur exemple; que le cardinal n'appuyât pas trop fortement d'abord sur la réforme de la cour romaine, de

peur que par hasard le souverain pontife ne

prît de là occasion de dissoudre le concile,

avant qu'on en eût recueilli les derniers

fruits"; et que, comme le pape avait plusieurs dont on était en possession, les ambassadeurs

fois répondu, quand il s'était agi de réformer de Sa Majesté missent tout en œuvre pour

églises collégiales, ni aux monacales;

La permission pour le peuple de chanter , à vêpres, les psaumes traduits dans le même idiome, mais revus préalablement par les évêques et les universités, ou par les conciles provinciaux.

11. A l'égard de la réforme générale des mœurs : — Que l'on remédiât à la vie impudique des ecclésiastiques, source de maux sans nombre, en n'ordonnant les prêtres qu'à un âge moins sujet à ces sortes de chutes , si l'un ne pouvait trouver d'expédient plus salutaire ; *

Qu'en outre, toutes les fois qu'on proposerait dans l'assemblée quelque concession capable de réunir à l'Eglise tant d'illustres provinces retranchées de son sein, et qui d'ailleurs ne fût pas contraire à la parole de Dieu , comme par exemple, le mariage des prêtres et l'abandon des biens ecclésiastiques

sa cour , qu'on devait faire la même chose dans celle des princes laïques , en y abolissant tons les usages mauvais et préjudiciables à l'Eglise , le roi aurait hâte de purger la sienne de ce qui pourrait s'y trouver de

que celte proposition fût adoptée, ayant soin de se faire appuyer par les évêques français. Et cela autant pour l'utilité qu'on en retirerait, que pour montrer aux dissidents les bonnes intentions du roi à leur égard ; que

mal réglé; mais qu'avant de rien statuer sur l'on pourrait même notifier à ces derniers h s cette matière, il convenait de l'en avertir, vues de Sa Majesté, ou par une voie secrète , afin qu'il pût faire valoir ses raisons et surtout les privilèges obtenus a si juste titre par ses ancêtres.

9. Quant aux chefs spéciaux de la réforme nécessaire en France : —Que le cardinal en était suffisamment instruit, et avec lui, l'archevêque de Sens et l'évêque d'Orléans. Ces prélats occupaient , tous trois , une place dans le conseil privé du Roi , et savaient par conséquent , les discours qu'on y avait tenus. En outre, ils avaient pu entendre de pressantes et nombreuses réclamations dans les états-généraux d'Orléans; et tous les évêques connaissaient assez ces matières parle gouvernement de leurs diocèses particuliers. Je ne dois pas laisser ignorer aux lecteurs que par archevêquede Sens , on enlendaitNicolas Pcllevé, quoique la résignation faite de cetteéglise, en sa faveur, par le cardinal de Guise, n'eût pas été admise jusqu'alors par le souverain pontife. Pcllevé fut ensuite, élevé au cardinalat, et parvenu à cette dignité , il soutint vivement la ligue appelée par ses partisans la Ligue sainte. L'évêque d'Orléans était Jean de Morviilier , personnage qui jouissait en France d'une haute considération.

10. Touchant les matières qui paraissaient tenir en quelque point à la doctrine : — Que l'on demandât l'usage du calice pour tout le royaume ;

(1) Voirie livre français que nous avons cité plus haut.

ou par le moyen de leurs représentants, s'il s'en trouvait quelqu'un au concile.

Ces diverses mesures ayant pour résultat une sainte réforme , le roi et la reine promettaient, et en leur propre nom, et au nom de leurs enfants et de leurs frères, d'accepter tout ce qui serait catholiquemeut décrété et réglé par le concile , et de ne pas permettre qu'un seul homme s'écartât de ses décisions dans tous les pays soumis à leur domination. De leur côté, le roi de Navarre et les autres seigneurs du conseil s'engageaient à sacrifier leur vie même à l'accomplissement de la volonté des Pères.

12. Soave ne nous dit rien des instructions que nous venons de rapporter. En faisant le récit du premier entretien qui eut lieu entre! le cardinal de Lorraine et les légats, il com-l met un grand nombre d'erreurs compilées au| hasard . d'après des rapports étrangers; e cela ne doit pas étonner, puisque c'est le propre de la renommée de ne transmettre ni la] vérité toute seule, ni la vérité tout entière Ces erreurs se constatent par la lettre don] nous avons déjà parlé, et dans laquelle Ie.«r présidents donnèrent au cardinal BorroméJ un détail complet et circonstancié des faits) L'historien se trompe plus gravement encoref quand il raconte" qu'à l'occasion d'une mala die survenue au pape, sur ces entrefailes| le seigneur de l'Ile , ambassadeur françai à Rome, trama secrètement afin que* il concile procédât , à Trente , à l'élecliof du futur pontife par votes de nationsf après lui avoir dicté des lois nar avance;

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