LIVRE DIX-NLUVIOIE
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(|iioi Pit* IVaviiil été profondément peine. Or, ces menées n'eurent pas lien à Rome, mais à Trente, etelles doivent être attribuées au seigneur de Lansac et non pas au seigneur de l'isle; la preuve s'en trouve dans une lettre que nous avons citée plus haut (1) cl qui fut adressée à la reine par Lansac lui-même précisément à celle époque. lit comment Soave, ne remarquait-il pas que le fait, tel qu'il l'expose, csl dénué de toule apparence ne vérité? En effet, le complot d'élire le pape ailleurs que dans Rome, et par d'autres électeurs que par les cardinaux, ne pouvait se tramer à Rome au milieu des cardinaux, c'est à-dire dans un lieu et avec des personnes qui ne pouvaient que souffrir extrêmement de l'accomplissement de ce projet, mais bien plulôl à Trente, où on exciterait les évèques à s'arroger le droit d'élection et dans les cours des autres princes, où l'on ferait donner aux ambassadeurs l'ordre de protester qu'ils ne reconnaîtraient pas pour légitime pontife, quiconque n'aurait point été élu dans le concile et par le concile. Le vrai de tout cela c'est que ce qu'on avait déjà vu par le passé, se renouvela, mais avec une sensation plus vive, à l'arrivée des Français. Non-seulement ceux qui se sentaient dans l'impuissance de parler, ou qui étaient intéressés dans ces affaires (deux sortes de gens enclins au soupçon, ceux-ci par jalousie, et ceux-là par faiblesse), mais même les plus prudents cl les plus calmes, crurent remarquer dans les ullrainontains l'intention d'abaisser le siège pontifical , et tout à la fois de le transférer au delà des Alpes. La chose alla si loin, que les sénateurs vénitiens, en particulier, partagèrent bientôt les mêmes craintes (2). Ces esprits pénétrants ne manquèrent pas de remarquer qu'il ne pouvait rien arriver de plus désavantageux au monde chrétien, et surlout à l'Italie, la plus fidèle et la plus ferme citadelle de notre religion. Ayant donc donné à temps l'éveil à leurs prélats, et ayant cncouragéàune prompte et rigoureuse résistance, le souverain pontife, qui avait couiumc(3)de prendre conseil du sénat dans les circonstances les plus importantes, ils établirent un contrepoids à de si pernicieux desseins. On peut voir, parce que nous venons de dire, combien l'esprit et les vues de celte sage cl religieuse république s'accordent peu avec l'esprit cl les vues de Soave lui-même, puisque cet historien ne fait point mention des dernières circonstances que nous venons de rapporter : mais il y a certains hommes qui , tout en se montrant partisans d'un prince par vainc ostentation , ont, en effet, pris à tâche de rendre le prince conforme à leur passion, au lieu de se conformer eux-mêmes à la volonté et aux intérêts du prince.
(I) Dam le (Ici nier chapitre du livre VIII. (*1) André Morooini, historien de la république de Venise, livre XVIII, année 1562.
(3) Morosini, à l'en lu il indiqué.