Gualtieri se trouvait vivement preoc- pdM:A L .„„J
(1) Lettre des légats au cardinal Borromée, 22 avril 1563.
(2) Le 20 avril t56d.
lisiUc : mais dans le moment de 1 n talion se laissant aller sans mesure aux démonstrations les plus emportées, ne parlai que de plaies et de ruines, en sorte que celi qui l'aurait entendu dans un de ses momen et qui aurait cru que sa langue ne faisai qu'exprimer les sentiments de son cœur, au rait pu le prendre pour un méchant homme dans ses moments de bon vouloir, au con traire, si libéral en promesses, qu'un aulr qui les aurait comparées ensuite avec 1 effets, aurait imputé à une duplicité hyp crile 'ce qui n'était venu chez lui que d'un franchise inconsidérée. En somme, il ressen bîail à ces palais d'un ordre inférieur ou 1 o a soigneusement étalé tout le plus grand c le plus beau dans la façade et dans la sali* iMais les ornements de cette façade cl c celte salle étaient nombreux cl rares : raq gnanimité, affabilité, libéralité, piété, scienc
pénétration, éloquence, courage et zèle j bien public, aucune de ces qualités ne I manquait.
Gualtieri avait eu ces jours mêmes m nouvelle preuve de son naturel changeai) Le cardinal de Lorraine avait écrit, conin nous l'avons dit, qu il désirait avoir un e trelien avec le cardinal Morone avant qu ne se rendît auprès de l'Empereur, et av. promis de revenir à Trente au plus tôt po e voir avant son départ. Mais, après tout
1 avait ian a ue&stiu, yan.c 4^ »~ .-B-aurait peul-êtrc communiqué la teneur t
(1) Lettre et chiffre de Gualtieri au cardinal B roinée., 12, 19 et 22 avril 1563.
LIVKE VINGTIEME
instructions dont il était chargé auprès de l'Empereur, et qu'il ne voulait pas qu'on pût le soupçonner de s'être mis à la traverse pour empêcher le succès de sa mission. D'autres néanmoins lui trouvèrent ou lui I supposèrent une raison plus fine et une J marche plus rusée (1). Ils prétendirent que . le Lorrain, étant à Venise, avait tiré de la . bouche du cardinal Navagero la plus grande partie des instructions données à Morone pour l'empereur, et qu'il l'avait mandé d'avance à Ferdinand par un courrier. Telle ,était la raison pour laquelle il ne s'était plus montré si pressé de parler à Morone. Mais ces subtiles conjectures de vues politiques ne sont le plus souvent que des erreurs (2). Aussi je trouve dans les Registres du palais ,que le cardinal iNavagero avait reçu l'ordre de vcilleràVenise aux impressions lâcheuses ,que le cardinal de Lorraine aurait pu tenter par hasard de produire dans le sénat, et de s'y opposer; mais qu'il n'eut jamais qu'à se féliciter de ses rapports avec le cardinal et avec la république. Cependant le légat échoua dans une des entreprises qu'il s'était proposées dans son voyage (3), savoir de aire rentrer en grâce avec la république le jardinai Amulius : il ne put rien gagner nalgré les lettres les plus pressantes et les ,)ius affectueuses dont il était chargé de la kart du pape, et malgré tous ses efforts pour aire valoir une si haute recommandation, vec celle éloquence vive et animée dont la lature l'avait doué et qu'il avait si souvent Bercée sur ce théâtre même : tant est rftjule l'inébranlable fermeté do ce sénat ans ses déterminations. C'est ce qui rend autant plus remarquable et l'autorité d'A- •xamlrc VII et l'habileté de Charles Caraffa, vèque d'A versa, son nonce, et la déférence f la république envers ce pape, à la requête jquel, pendant que j'écris ces pages, il a u a ces seigneurs de réintégrer ma reliieuse famille dans leurs Etals. El c'est pour foi un sujet particulier d'allégresse que nus ayons obtenu un si grand bonheur Jus le gouvernement de Gosuvino Nichel . <ii, m'ayant déterminé par son autorité à UrepreiHirc cette affaire, m'ayant mis en Jflin par sa bienveillante charité tous les J>yens iiy réussir, tel qu'un général à Igard du soldat qui a combattu sous ses olres, mérite beaucoup plus que moi toute '■louange du succès que j'ai remporté dans c combat pour la cause de la justice. Mais Prenons notre discours.
I. Le caractère changeant du cardinal de Mr me se dessina encore d'une manière
huguenots , il s'en montra
rjpante, que Guallieri ne manqua pas de "e remarquer au pape, le jour même de se relourde france. Discourant avec Anti- Bji, qui était allé le plus loin à sa ronconli suri accord conclu, en France, avec les ) LeUws de Visconii au cardinal Borromée, 22
O, du \7) an 24 avril 1563.
Morosini, livre VIJj de S(„,
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extrêmement aflligé et assura qu'il regardait le royaume comme perdu. Mais peu d'heures après, s'entrelenant avec Guallieri sur le même sujet, il ne voulut plus blâmer cet accord ; mais il jeta loute la faute sur le pape et sur les Espagnols, qui avaient soutenu la France trop faiblement. Je ne puis m'empècher de rire ici en voyant Soave écrire gravement que la nouvelle de cette paix arriva à Trente ce jour même, 20 avril, où le cardinal y rentra ; tandis qu'au contraire, dans les trois semaines qui précèdent, il ne s'est pas noirci à Trente une seule feuilie.de papier qui ne soit pleine de celle nouvelle, qui, pour son importance et pour les nombreuses conséquences qu'on était à même d'en tirer, servait de point de départ et comme de base à presque tous les discours qui se firent alors de vive voix ou par écrit sur les affaires du monde, ainsi que nous l'avons fait voir en plusieurs endroits.
9. Pour en revenir au cardinal, soit légèreté, soit artiGce imaginé dans le dessein d'éluder toute espèce de reproche qu'on était en droit de lui faire pour avoir proposé si chaudement et si instamment à Pie IV de venir à Bologne, et avoir retiré ensuite toutes ses avances aussitôt que le pape eut donné son consentement, il trouva commode de s'excuser en prenant lui-même l'offensive. Il se mit donc à dire qu'à une proposition «aussi honorable que celle qu'il avait faite à Sa Sainteté , il semblait que le pape dût répondre franchement au lieu de venir lui exposer dans une lettre mille prétendues difficultés que Sa Sainteté trouvait à ce voyage : comme s'il n'avait pas mérité de grands remercimenls pour avoir amené l'Empereur à conserver le pape en possession du droit de lui donner la couronne, et à s'avancer pour celle fin au moins jusqu'à Manloue. Remarquez que le cardinal avait toujours parlé jusqu'à ce moment de Bologne et non p as de Manloue. Celte lettre posait d'ailleurs, ajoutait-il, des conditions très-disproportionnées à sa qualité : savoir qu'il devrait faire en sorte que les princes se contentassent de la réformalion que le pape avait faite et que le concile se terminât promptemeni. Mais il est bien étrange que le cardinal osât se plaindre de ces conditions, puisque c'est sur ellesmêmes qu'il avait appuyé sa proposition. En somme, il se montrait tout autre qu'auparavant et tout de mauvaise humeur.
10. 11 avait envoyé de Venise à Rome Musotlo : il répandit le bruit que son intention avait été non-seulement de se justifier auprès du pape, mais encore d'obtenir qu'on lui fit la grâce de lui apprendre les motifs particuliers des imputations qui avaient été mises en avant, disait-il, par le pape : savoir qu'il se faisait chef de parti et qu'il répandait des semences de discorde entre le pape et l'Empereur. Cela lui tenait d'autant plus au cœur, que la reine lui avait notifie, de son côté, que le nonce s'était plaint des prélats français qui étaient à Trente et les as ail accusés d'empêcher le bon succès du concile. Or il
2,1 L -, ronvprsor Or bien nue le cardinal eut 1 air
,„i semblait que cette l^.^»ï£EE "' f^ Voiloir arrêter à cette considé-
. «^lin mu avait la Plincipan. uo . i . .. „ „ fQ,t />r»mmnne-
rimlemcot sur celui qui avait la pnncipam ulor é sur ce drapeau. Rappelant donc a cette occasion et retraçant sous les couleurs les plus avantageuses, selon sa coutume, ce qu'il avait fait, il disait que s. accusât on du pane tombait sur ce qu il avait excite ÎEmpereur à s'entremettre, pour obon, concile plus de liberté, afin qu'on n attendît nlus désormais les instructions de la cour
renverser, v^i, mui M"~ -~ --de ne pas vouloir s'arrêter a cette considération et de dire , comme on fait communément, qu'il ne voulait pas d'autre garant que sa conscience, il n'en était pas moins facile de s'apercevoir que le trait avait pénétré profondément dans son cœur.
12 Le président du Ferner paraissait être
dans les mêmes sentiments contre le cardinal • il lui reprochait son inconstance et de n'avoir en vie que l'intérêt particulier de sa
omaine avanï de régler les affaires les plus n avoir e -^^VKiUeSrs les opinions
minutieuses; pour que l'on pourvut a a ie- ™J'sonw pau siége apostolique et donnait,
s ience , que' l'on établît l'insl. ut-on , dmoe ^«™1 de beaucoup de sens, les raisons
des évêques et que l'on purgeât 1 Eglise ides Jn " fortcs p0Ur qu'il ne fût permis qu aux
abus Sa Sainteté pouvait 1 appeler a in- esPu DropJSCr, et que le pape exerçât la
quisition pour tous ces M*^**®** ^périSrifé sS? le concile. Cet avis était en-
voudrait. Mais si elle ne lu. faisait point un super lusieurs autres Français et
crime d'avoir donné ces conseils, s. elle tenu- ^.gf^Vpar Jérôme de la Souch.ere,
vait d'ailleurs que.dans a T'^f^n non abbé 1 Clairvaux (1) , religieux qui men-
résidence, il avait favorise de tout son pou- ^ e ^ ra'nde réputat,on de pro-
voir le siége apostolique, et que i su lu- g« e i a * Du Ferri qm nc „,,.
sieurs autres points encore, il avait contre- J de temoi er sa désapprobation
venu même aux ordres de son roi pour soi rv.r gna \ ^.^ ^ Je g0pverne-
le pape, il lui semblait que Sa Sainteté lui oe w méme ,a d a
devait des éloges et non des reproches .Enfin ment ae s p y ^ ^^ ^^
il disait d'un ton de mécontentement et dm- cette , H g mQments pour donner *
donation,, que Dieu avant rompu en son que ^ §on ^
que les Français, tandis qu ils demanaaien avec tant d'ardeur la correction des abus, e« Produisaient eux-mêmes à toute heure de: plus scandaleux et des plus dangereuse n'est pas que Gualtieri se fiât entièrement , ui (2), car ayant trouvé à son retour d Rome qu'il tombait d'accord avec lui sur too
cœur par la mort de son frere tous les liens et toutes les affections humaines, il voulait a l'avenir donner son avis dnns le concile avec cette liberté pleine et entière qui n a pas d'autre règle que la gloire de Dieu et la con-
science •
11. Toutefois, Gualtieri , par la connaissance qu'il avait du caractère de l individu , £ome'^ , crut sur aucUn et soupçonn liait moins effrayé de ses menaces e de son point 1 ne le c ^ |p.
irritation que de voir que le grand chance- que c jr QU c que,qUc chose
— "" M» ™,e DOUr ,a rC' Ma» quand un homn^exprime fortement
notre avantage une opinion vraie et 1 appui sur des raisons solides et très-propres a po ter la conviction dans l'esprit des autres, c n'est pas assez d'un simple soupçon po
r ... l„ ,.,.„,/,iicnnlnnr PI flll 11 l
îrriiauuii ijuc <j& •"■■ -i — -- ^ - .
lier de France, ministre peu zele pour la re lieion, comme nous lavons remarque prece demment, avait fait nommer a la place de srand maître du palais , vacante par la mort de l'un des Guise , le neveu du cardinal, en dépit du connétable qu. aspirait à ob- n esi j» sérieusement et qu'i tenir cette place pour un de ses fis (1), et qu. doute , q , ^ émc de ce qu'ji dit (3). fut si piqué de la préférence donnée aux son persua Guise, qu'il quitta la cour non sans faire naître des soupçons. Ceci avait réconcilie en
quelque sorte le cardinal avec le grand chancelier, et rallumé dans le premier le soin
avec l'espérance de se rendre la reine lavo-
rable; en sorte qu'il ne lui parut plus aussi
urgent de jeter son ancre dans la seule protection du siége apostolique, qui semblait
d'abord devoir être son unique retuge. L est
pourquoi Gualtieri, dirigeant l'assaut vers le
îôté le plus faible, raconta au cardinal , et
il disait vrai , que plusieurs prélats français
se plaignaient de ce que, par un excès de
complaisance pour les Espagnols dans la
controverse de l'ordre, il avait abandonne les points qui tenaient le plus au cœur a la France, en sorte qu'il était à craindre que les ennemis secrets ou déclarés qu'il avait en si grand nombre à la cour ne se servissent de cette union si étroite qui était entre lui et les Espagnols comme d'une arme pour le
(1) Outre la lettre ci dessus indiquée , voyez leltrc de Gualtieri au cardinal Borromée, 5 niai 1?>63.