CHAPITRE XIII
Mort de Pierre Soto, et ses lettres au M
— Arrivée du cardinal Navageroa Iren
— Explications entre le cardinal Moro et l'empereur, à lnspruch, sur les quai premiers chefs de la lettre secrète de te dinand au pape, ci-dessus exposée, savoi sur la longueur du concile, et, ace prop il est question de compter les voix par n lions; sur la suspension, sur la MaJ sur les communications des légats am pape.
1. Un fait mémorable, arrivé en ce tem (1) Lettre de Gualtieri au cardinal Borromée,
aV(2)Chiffre de Gualtieri au cardinal Borromée
mars 1S63 , ;„cii(irr
(5) L'événement sembla néanmoins jus mu soupçons de Gualtieri. Du Ferrier se lia plus larfl FraPaoloet lui fournil des mémoires puui son loue du concile de Trenle. Il lit profession de ^ «tisme dans ses dernières années. Note du
nous donno lieu de passer, dans noire récit, espèce de cérémonies de réception. Il avait ies Français à un Espagnol : je veux parler même , à celte On, prévenu d'un jour celé Pierre' Soto, dont j'ai déjà entretenu plu- lui où il était attendu. Le motif qui le désieurs fois mes lecteurs. 11 était en très- termina à prendre ce parti fut de ne point grande réputation de vertu austère et de fournir l'occasion d'éclater aux disputes de icience solide, et il avait toujours soutenu rang entre les ambassadeurs des deux rois,
es deux opinions des évéques de sa nation, lue la résidence et l'autorité épiscopale sont Je droit divin. Or, ayant été attaqué, le 17 tvril, d'une maladie qui l'emporta au bout je trois jours, il dicta une lettre, adressée au pape, conlenant la déclaration de ses senti-
qui seraient venus a sa rencontre.
3. Mais il semblait que tout ce qu'il y avait d'important, dans les affaires de Trente, fût alors traité hors de Trente, c'est-à-dire à Inspruck , dans les entrevues du cardinal Morone avec Ferdinand. Morone avait eu la
uprême, à faire en sorte que l'on ,uel droit est la résidence, tant des évéques ue des autres ministres de l'Eglise, et à la lire observer en pourvoyant aux besoins M cardinaux autrement que par des évêiiés.Il l'engageait également à faire déclarer
nents, tels que Vincent Justinien, alors son précaution de n'emmener avec lui aucun des
énéral , et depuis cardinal , témoigne les lui prélats du concile (1), parce que , s'il l'eût
voir entendu exprimerquelques joursaupa- fait, les Allemands auraient pu croire que
,avant. Cette lettre fut promptement divul- ses paroles ne lui étaient point dictées par
,uéeà Trente (1), à cause de l'importance de son propre jugement, encore pur de toute
3 matière et du mérite de l'écrivain, et de- impression des disputes synodales , mais
int ensuite célèbre dans toute l'Europe. Il qu'elles lui étaient peut-être suggérées par
xhortait le pape, parla fidélité et par la re- quelqu'un de ceux qui avaient pris pari à
pnnaissance qu'il lui devait, à ce moment ces disputes, et qui étaient entraînés par la
définît de passion et par l'esprit de partialité. On lui envoya néanmoins par après le promoteur Castello, pour qu'il lui donnât les renseignements dont il aurait besoin sur tous les faits.
k. Les instructions qu'il apportait de Rome
ae l'institution et l'autorité des évéques est roulaient sur la teneur de la lettre secrète
î droit divin. Il disaitqu'il n'importait point de l'empereur au pape. PielV,dans la courte
Ja dignité du siège apostolique de procurer réponse dont il avait fait précéder son légat,
îbaissement d'autrui. Il affirmait, à la vie s'en remettait, comme nous avons dit, a ce
•, à la mort , que le pape est supérieur à Que celui-ci devait exposer plus amplement,
lus les conciles, et ne peut, en aucune ma- C'est pourquoi l'instruction écrite, après le
1ère, être jugé par eux. Il déclarait qu'il préambule officieux, se divisait en plusieurs
li paraissait convenable que ce sentiment chapitres correspondant à ceux de la lettre
lt également défini en termes clairs et pré- mentionnée. Pour plus de clarté et pour la
is , parce que l'opinion contraire tendait plus grande satisfaction du lecteur, nous
ianifestement à la révolte, à la guerre et rattacherons à chaque chef les réponses qui
c| schisme. Il recommandait en outre deux furent opposées au cardinal, et ses dernières
coses au pape, savoir : de n'accorder à répliques. Nous avons en main le sommaire
f rsonne la faculté de recevoir les ordres de de tout ce qui fut dit de part et d'autre
t Jt évéque indistinctement, parce qu'il était dressé, d'après les ordres de l'Empereur, par
i portant pourle bien de l'Eglise que le droit ses ministres, ainsi que les mémoires con-
d les conférer fût réservé à l'évéque dio- serves par le cardinal.
c»ain, et de ne point chercher, dans la dis- Le premier chapitre de l'instruction avait
t bution des bénéfices, son utilité ou celle pour objet la longueur du concile. Il y était
d ses ministres, mais le salut des âmes et le dit qu'elle ne faisait pas moinsde déplaisir au
b n de l'Eglise. Enfin il lui demandait hum- papequ'à l'Empereur, parce qu'il en résultait
b ment pardon delà liberté qu'il avait prise, des maux innombrables : le danger de per-
t. Cette mort, qui fut des plus édifiantes et dre, à toute heure, quelque nouvelle pro-
d ne d'un saint religieux, fut un grandsujet vince, comme il arrivait présentement en
dffliction pourle concile. 11 se crutmenacé, France, la dissension entre les Pè.es, qui
c quelque sorte, par les ténèbres , en se nuisait tant à la réputation du corn ile', les
vaut enlever, presque chaque jour, quel- dépenses au-dessus des forces, tant du siège
q ;s-unes de ses plus grandes lumières. Mais apostolique que des évéques particuliers
lehagrin que lui causaient ces pertes se trou- un grand détriment pour les églises privées'
v.t compensé, selon le cours ordinaire des vftssitudes humaines, par la joie que lui Ta aient naître ses nouvelles acquisitions. Psque aussitôt, savoir le 28 avril, il en re;enlit une bien grande de l'arrivée de Nav,f>ro. Ce dernier fit son entrée en litière, roime un simple particulier, un peu après e toucher du soleil (2) : il avait choisi escurité de cette heure pour éviter toute
) Voyez outre la lettre de Soto , une de Visconti m rdinal Borroméc, avril 1565.
) Journal du 28. Lettres des légats et de Vis- Mi au cardinal Borroméc, 29 avril 1563.
Cône, de Trente. ]\],
delà présence de leurs pasteurs , le danger d'une grande perturbation, si le pape venait a mourir, et d'un très-grand dommage pour le concile, si Sa Majesté, sur la religion et la protection de laquelle il était appuyé, venait à succomber ; la licence des procédés qui allait chaque jour croissant , enfin le danger des discordes intestines que pouvaient exciter des gens malintentionnés, sous prétexte de vouloir la réformation de l'Eglise, ou de quelque tumulte qui rompît le concile et le rendît infructueux.
(1) Actes de Pateotto.
(Huit.)