‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 69 sur 373 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Autres points contenus dans l'instruction du cardinal Morone, discutés par lui avec r Empereur, sur la clause : Les légats proposant ; sur la distinction fuite par l'Empereur, dans sa lettre, des évêques riches et pauvres qui se trouvaient présents au coni cile; sur ta réformation du chef de l'Eglise, , sur la promotion des cardinaux et des évêques, et sur la venue de l'Empereur à Bologne.

, 1. L'instruction discourait en cinquième eu sur la clause, tant combattue : Les légats roposant. Elle rappelait que celle clause vait été établie solennellement par les Pères un accord si unanime, que si l'on venait isuite à la retirer, ce serait renverser l'au- >rilé du concile, fournir une ample matière ,ix dérisions des hérétiques, et en même mps ouvrir une voie où les questions ne iraient jamais conduites à aucun terme ; n'avec tout cela le concile ne serait pas plus bre, attendu que la vraie et utile liberté lest point contraire à l'ordre et à la règle ;

observations et leurs réclamations, quand il y aurait lieu, et que leurs conseils lui seraient toujours agréables; que néanmoins dans le cas où les légats refuseraient de présenter au concile ses propositions et qu'il persisterait dans son opinion, il se réservait toujours le droit de les faire présenter directement par ses ministres : ce qui lui était bien permis en sa qualité de premier avocat et protecteur de l'Eglise ; qu'il pensait que les autres princes devaient jouir de la même faculté ; et que puisqu'on lui faisait entendre que cela ne déplaisait point à Sa Sainteté , il désirait qu'on en fit la déclaration expresse dans le concile.

3. Le légat, dans sa réplique, confirme de nouveau la promesse qu'il avait donnée, ajoutant qu'il n'était point nécessaire d'en faire un nouveau décret dans le concile, que la chose aurait lieu sans tant de façons et que cela devait suffire, d'autant plus qu'une nouvelle déclaration pouvait occasionner, tant pour le fond que pour la forme, beaucoup de contestalions, de trouble etde retard.

k. L'Empereur, dans la lettre que nous avons rapportée, avait fait une distinction des évêques non attachés à la cour romaine, qui, par conséquent, ne se trouvaient pas en position d'aspirer au chapeau, de ceux qui possédaient de riches évêchés, et enfin de ceux qui étaient pauvres , et avait dit qu'il était à présumer que les riches, tels qu'étaient la plupart des ultramontains, contents

lais qu'il serait plus populaire, plus tumul- de leurs églises, opineraient sur la question

feux et plus confus ; que cet ordre, auquel voudrait s'opposer, avait été gardé dans tus les conciles , qu'il s'observait même en tute espèce d'assemblée ; que l'exemple qui srait donné présentement par le concile de lenlc, sur les instances de tant de princes, ( rait pour résultat de causer par la suite un aïeux bouleversement dans toutes les as-

de la résidence avec plus de sincérité que les pauvres, tels qu'étaient la plupart des Italiens : d'où il concluait qu'on devait faire plus de cas des avis favorables à la définilion de la résidence comme étant de droit divin.

5. L'instruction réfutait cette assertion en observant : qu'il y a souvent moins de fran-

snblées ecclésiastiques et séculières, et par chise dans les évêques riches des autres pays

conséquent dans le gouvernement du monde que dans les pauvres évêques italiens, parce

etier,et que, cette barrière une fois renver- que les premiers sont retenus par de plus

sp, on verrait les peuples, toujours mécon- grandes craintes et stimulés par de plus

t ils de leurs maîtres, recourir à chaque ins- grandes espérances. Ils craignent pour leurs

t/it au concile, et demander l'allégement des revenus, qui peuvent être séquestrés par les

iiupportables fardeaux dont ils se prélen- (1 lient accablés par eux ; qu'il n'importait p nt au service des princes que leurs ambisadeurs fissent eux-mêmes les proposions dont ils seraient chargés, puisque, \é près les ordres du pape, les légats ne ferment pas difficulté de proposer en temps |civenable toutes leurs demandes.

4. La réponse de l'Empereur fut : qu'il In tait point douteux que le droit de propost n'appartînt en premier lieu au pape et <i : présidents ; mais que, sur le droit que d itres pouvaient avoir en second lieu, les o nions étaient partagées; que Sa Majesté

princes séculiers, comme il arrive si fréquemment dans ces pays, tandis qu'en Italie le pape n'y louche jamais ; et d'un autre côté, ils espèrent oblenir, parla faveur de ces mêmes princes, des églises encore plus riches dans leurs royaumes. Enfin il était observé que le droit de voter étant égal en chacun, ceux-là seuls étaient plus dignes de foi, qui apportaient les meilleures raisons. A cela encore l'Empereur ne fit aucune nouvelle objection.

6. En suivant toujours l'ordre de sa lettre, l'instruction avait à entamer la question de la réformation du chef. Elle représentait que

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