CHAPITRE XV
Conférence de vive voix entre VEmperew le légat sur les chapitres qu'on a rappon — Ils s'accordent entre eux sur tous points, excepté trois, sur lesquels ils ci viennent ensuite par lettres. — Le carai retourne à Trente.
t. Les matières qu'on vient de rappoi furent l'objet de plusieurs répliques de \ et d'autre ; mais comme on ne faisait que péter en grande partie les mêmes choses
plusieurs façons, il sjerait plus ennuyeux qu'intéressant pour le lecteur de les rapporter. Le légat sachant qu'en ces sortes de discussions par écrit et dans ces pièces qu'on s'échange réciproquement, il se dit souvent bien des choses inutiles, tandis qu'on en Sinet beaucoup de nécessaires, les unes et 'es autres ne pouvant être facilement discerîées qu'à la pleine lumière d'un colloque , :e moyen si puissant d'arriver à la conclusion des affaires les plus embrouillées, demanda à traiter de vive voix avec l'Empereur n personne et sans aucune intervention de es conseillers ; car ces sortes de gens, pour aire montre de leur zèle et de leur sagacité, ic manquent jamais de faire naître de nouelles difficultés contre la fin de toute négoiation, qui est d'en venir à un accord. Le
l'expérience. Il avait toujours vu avec peine, non-seulement à cause de ses longueurs, mais encore à cause de ses dangers, la marche qu'on avait suivie d'abord dans le maniement des affaires. L'Empereur commettait successivement à un conseil de ses théologiens (1) l'examen des différents points qui ne cessaient de surgir à toute heure de la discussion des articles traités avec le cardinal , dans les écrits qu'on s'échangeait de part et d'autre. Or, bien que le légal mît à profit la bonne volonté de quelques-uns des membres les plus zélés de celte assemblée , et particulièrement de Slaûle et de Canisius , néanmoins, outre la difficulté d'arriver à aucune conclusion sur les matières proposées, il vivait dans une anxiété perpétuelle , dans la crainte qu'il ne s'élevât des questions ora-
ardmal avait possède autrefois la faveur et geuses et séditieuses, par exemple, sur l'au 'estime de Ferdinand . aunrès de nui il ct;iii lorilé du «niivomin ,.,,„i;r,, rvi ~..-~..A:
'estime de Ferdinand , auprès de qui il était temeuré plusieurs années comme nonce de •aul III, qui l'avait choisi pour assister aux iètes les plus fameuses et les plus importes qui se tinrent alors pour lesaffaires de religion. Et depuis, dans la cour romaine, avait toujours montré un dévouement bien arqué, en général pour la maison d'Au- *che, dont il était sujet, et en particulier pur la personne et pour le succès des affai- *s de l'Empereur. Aussi , quoiqu'on eût
torité du souverain pontife. C'est pourquoi , usant de l'ancienne confiance de l'empereur^ qu'il avait retrouvée, il lui déclara que ce n'était pas là le moyen d'en venir à un accord, comme le désirait Sa Majesté, tant en raison de sa bonté d'âme et de son zèle pour la tranquillité publique, qu'à cause de l'attachement dont elle faisait profession pour le souverain pontife ; que toutes ces voies qu'on avait suivies, non-seulement ne conduisaient pas à une telle fin, mais ne pouvaient qu'en
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fsaye dans ces derniers temps de le rendre éloigner; que si l'Empereur daignait conférer
( ieux a ce prince, en attribuant à ses con- sans intermédiaire avec le légat, connaissant
ilils la défiance et l'extrême réserve que la souveraine équité et la sagesse de Sa Ma-
lettait le pape dans le maniement des affai- jeslé, il ne doutait point de lui faire com-
is du concile, on n'avait pu éteindre dans prendre que le pape accordait tout ce qu'il
lcœur tendre de Ferdinand ses antiques pouvait, et que ce qu'on demandait de plus
sntimenls de bienveillance pour Morone.
len avait donné une première preuve dans 1 réponse qu'il fit au pape (1) à l'annonce ds deux légations dont ce cardinal était
n'était certainement pas conforme aux véritables intentions de Sa Majesté; en sorte que, étant mieux informée , elle aurait pour agréable ce qu'elle regardait en ce moment
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carge, 1 une auprès de l Empereur lui-même avec déplaisir , comme un excès de ténacité e autre dans le concile. Ferdinand récrivit, de la part du pape. L'empereur ne fit point
aie les démonstrations d'une joie ci d'une s. isfaclion singulières, quele pape ne pouvait p; choisir un homme qui lui fût plus agréab,, à raison des anciennes relations qu'il a lit eues avec lui, ni qui fûtplus avant dans su estime pour l'expérience qu'il avait faite d.son savoir et de son zèle ; et qu'il se profitait de cette élection la restauration de
de difficulté d'acquiescer à la demande du légat , et le succès fut égal aux espérances que le cardinal avait conçues. A la suite d un long et secret entretien qu'ils curent ensemble seul à seul, ils convinrent de ce qui suit :
3. Que l'on mettrait de côté les questions superflues et principalement celles qui n'é-
la-hre henté affligée, qui était l'objet de ses taient point soulevées par les hérétiques •
IJrs les plus ardents. L'Empereur donna Qu'on laisserait à lous les Pères une pleine
liu. le une nouvelle marque de son affection et entière liberté de leurs opinions , ce que
P< i le légat a sa première réception , étant l'Empereur promit expressément de la part
ci à sa rencontre jusqu a un mille de chez de ses représentants dans le concile ;
•v .. .. , Que 'on s'opposerait aux digressions et
le"., H8fnt"iî?i,l,?ï Fe/din.an<l étant qu'on exigerait des orateurs qu'ils gardas-
■V^rii , ? a M°u0ne de d,ss,Per P^ sentla retenucconvenablc. L'Empereur as-
•r^ïï?p8JnU8 ?mbra&es' su*P0,sé 3"'" s,ura également qu'il écrirait à ses ambassa-
, estât encore quelque peu contre lui dans deurs sur cet objet. Ce n'était pas sans
oril de l'Empereur, et de recouvrer toute aonfiancedont il avait joui autrefois. Il y emld autant plus, qu'il n'ignorait pas qu'en oieespecede négociations, la confiance ré- '[oque est de tous les moyens le plus effi- •\ pour arriver à un accord. Il en fil alors
( 28 mars 1*563. ( Acies de Paleotto
j— -- -^^ ■■ vuui puj Juin
Desoin, parce que Ciurelia ne cessait de provoquer les éclats de rire ou plutôt les frémissements de l'assemblée (2) par ses prédictions ridicules et inconvenantes, au point
(1) Voyez la relation complète adressée par le légat au cardinal Borromée, et envoyée de Trenie, la 17 mai 1563; et les différentes pièces échangées ênire lui et I Empereur, dont nous avons parlé.
(2) Deiu letircs de Yisconti, -21 cl 29 avril 1563,
flnp lt, sicur deLansac s'émut d'indignation, ron-senSent contre l'insolence M ^coureur , mais encore contre la tolérance aes
P1lStetnaussi convenu que le pape laisserait au conçue , selon ses offres , une entière h-
beLe fë *$£&$* à l'Empereur que
pi même du pape actuel, avait cornue piu sieurs us a° es de la cour romaine qu .1 ava. sieurs usages t iEnipCreur ayant
paru utile de cnau8ei, ^ i . .
nr p Ip cardinal de souffrir que 1 on lit uc morne à 'é'ard de ceux qui restaient encore Cseulemfnt le légat le lui proan mais a
aux exemptons 'les chapitres de la juridiction des ordinaires : deux grandes sources
^S^mporVùr, sachant que la dispute
U , nn^tion • si la résidence était de droit
S. i ?vaU excité de grandes contestations
ll^it per i-rhien du" temps, avait songe
aueîquefois qu'il aurait beaucoup mieux valu
?a meure de côté et se contenter d obliger s
laques à résider; mais <juc puisque cette
dispute avait été poussée si avant , et qu on
Ïv-Kt été sur le point de la terminer, Sa Ma-
iesté prîeraù les présidents de faire en sorte
qu'on en vînt à un saint accord ;
Oue l'Empereur, ayant appris qu il para s- XeJ convenable, à plusieurs et pourplusîêu rPs?a?8ons, qu'on n'eût employé jusqu a
trpr les actes du concile, il priait attectucu "m ni ^ïégat de peser mûrement cette réclamation avec ses collègues et d y ! fe re Ti^it „p fût-ce uue pour faire cesser les nH nies et les Chicanes. Quoiqu'il parût au SS qu'un seul secrétaire était bien su usant e que la plainte était sans fondement , Ur^so ut néanmoins en lui-même de sa Usure l'Empereur sur cette demande, s il y nersV ai vu surtout que Ferdinand ava, fui-même déclaré que le choix de celui qu on adjoindrait au secrétaire déjà établi devait être fait par l'autorité du pape et des légats . ce qui frisait disparaître tous les inconve-
'" Enfin que dans l'impossibilité où se trouvait alo^s l'Empereur d'aller a Bologne pour y recevoir la couronne, comme e pape l'y invitait, il ne manquerait pas de s^conJrmcisleplus tôt Ub Q *• ce juste et louable usage de ses atac«res
Outre ces conventions, qu ils arrêtèrent naVécrU, ils convinrent verbalement que, sTu^ainl-sicge venait à vaquer pendit a ènuc uu concile et durant la vie de Ferdinand™ appuierait de tout son pouvoir le collese àpo tolique, afin qu'il retînt pacifiquement l'itique droit de créer le nouveau Sape S cardinal, durant tout le cours de sa Féïat on, avait ét'é dans l'inquiétude sur ce point, c aignanl que quelques-unes des pro-
positions qui lui étaient faites ne tendissentà changer cet usage.
k 1 1 y eut pourtant trois points, que nous
expliquerons tout à l'heure, sur lesquels îli
ne purent s'accorder entièrement, ainsi qu<
le prouve clairement un écrit qui, a la suit.
de ces entreliens, fut remis au légat delà par
de l'Empereur , à l'instant de son départ. L
cardinal fut d'ailleurs comblé des marque
d'honneur les plus distinguées, au point qu
l'Empereur, pour lui épargner 1 incomniodil
de se faire porter auprès de lui a cause d un
attaque de goutte qui l'empêchait de marche.
prenait la peine de venir lui-même le trou
ver (1). Sentant néanmoins que sa presenc
était nécessaire au concile, Morone pr
congé de l'Empereur, le 12 mai au main
Avant de le quitter, il ne manqua pas d
toucher un peu sur ces trois points qui n(
talent pas encore résolus. Mais, le temps.
ia nature de cette audience ne lui permet
tant pas de s'expliquer autant qu il 1 aura
voulu et que le demandait l'affaire il prit I
parti d'écrire ce jour même a Ferdinan
une lettre qu'il lui Gt présenter par le nom
Delfini, et où il lui disait en substance :
5 Que Dieu lui était témoin qu après h béissance qu'il devait, comme cardinal, a souverain pontife et au siège apostolique, n'y avait personne pour qui il professai pli de respect et de déférence, et pour qui il | crût obligé à plus de reconnaissance qi pour Sa Majesté; qu'il voulait pour cet raison lui écrire comme à un prince a q il se reconnaissait redevable de réméré ments infinis et d'une reconnaissance ete nelle pour son extrême bonté; que danse sentiments il lui avait parlé le matin p librement que de coutume, mais peut-ei plus brièvement qu'il n'était nécessaire, < se plaignant de trois des articles du derm écrit qui lui avait été remis de la part de
Majesté. ., f rtr
6. Or, le premier demandaitque l on fonr des conférences particulières de chaque n lion. Sa Majesté dans sa réponse, se monir inébranlablemeni décidée a reclamer ce mesure ; mais Morone observait qu il e impossible aux légats de rien accon de plus que ce qu'ils avaient fait, ainsi qu lui avait expliqué, etqueSa Majesté poun s'en convaincre d'après les rcnseignemt que lui donnerait le nonce sur le vèijw étal du concile, et sur le compte qu il m tenir du nombre des prélats : serait-HjJen effet, qu'un ou deux Anglais ou lrlana eussent autant d'autorité que trente *« cais ou Espagnols, pour ne pas parier Italiens ? qu'il n'était point au pouvoir princes ni du pape lui-même d mlro-o dans le concile, contre la volonté du grand nombre, une coutume nouvelle, n'avait jamais été usitée, si ce n est en q ni e manière par le concile de Constaii-*temps où il n'y avait point de pape l'Eglise, et par celui de Baie, qui ne
(i) Voyez lettre des légais au cardinal Borr< 1U mai 1563.
point été confirmé; que d'ailleurs cette marché, qu'on proposait comme la plus courte, aurait certainement un résultat tout à fait opposé, parce que la discussion seule d'une pareille nouveauté dévorerait beaucoup plus Je temps qu'on ne pourrait jamais en gagner par un semblable expédient; qu'il ne suffisait pas que Sa Majesté déclarât qu'elle s'en émettait au jugement du. pape, des légats •l de quelques autres, parce que dès qu'on aurait qu'elle professait un pareil sentiment, e serait assez pour susciter les plus grands roubles, dans la disposition où étaient cerlins esprits de saisir avidement toutes les ^casions d'en f.iire naître.
7. Le second point réclamé par Sa Majesté ail la déclaration de la manière dont on Bvail entendre la clause : Les légats propoint. Le légal disait, dans sa lettre, que celle pmânde serait juste, si les légats relus aient i négligeaient de proposer les requêtes ,ites par les princes pour les besoins de rs Etals; mais que puisque les légats
Sa Majesté, parce qu'il lui était grandement pénible de voir que sa légation ne se fût pas terminée à la pleine satisfaction et de l'Empereur et du pape; qu'il désirait outre mesure que Sa Majesté signalât, par sa condescendance sur ces trois points en discussion, celle pielé qu'elle avait exercée sur tous les autres points envers le siège apostolique et pour le bien publie, parce qu'il était persuade que ce bien dépendait en très-grande parlie du bon succès du concile, et le bon succès rfu concile du loyal concours du pape et de Sa Majesté dans les menus pensées et dans les mêmes sentiments.
8. L'Empereur accueillit avec bienveillance celle lettre, ainsi que les arguments que lui proposa Delfini pour la fortifier. Aussi il récrivit dès le lendemain, 13 mai, au cardinal une lettre où il donne les plus grands éloges
que puisque {omettaient de le faire exactement , il n'y ;,ait donc plus aucune raison d'insister ; u'une pareille déclaration serait regardée (mine un voile pour cacher un véritable rangement, et qu'à ce litre elle ne manqueil pas de causer une grande perturbation t Un grand déshonneur au concile; qu'on i rail lort de prétendre que ces paroles , ises dans le sens naturel qu'elles ont dans décret, ont besoin d'être expliquées pour « point porter préjudice au droit des prinj, puisqu'on y donne le pouvoir de propo- ; aux légats, sans dire qu'on le refuse pour a aux ambassadeurs. D'ailleurs, si l'on uibuait expressément à ces derniers un tel iuvoir, comment pourrait-on le refuser aux épques ? Et dans ce dernier cas , Sa Majesté n v oyait— elle pas quelle confusion ne manquait pas d'en résulter dans une si grande n llitude?
•m fin l'Empereur faisait de nouvelles iustnees pour que la bulle du conclave fût pq osée au concile. Mais, ajoutait le légat, lie convenait point que le pape soumit au lement d'aulrui ce qui avait été établi mù- 'uent et de l'avis des hommes les plus • ments : d'autant plus que les Pères du ce ci le n'avaient que peu ou point d'expérine sur cette matière, non moins difficile, singulière. Jamais on n'avait traité dans conciles de cette sorte d'affaire, si ce n U en présence du souverain pontife; et l'i ne pourrait faire une pareille innovail i, sans porter un grand préjudice au siège lolique , pour ne pas parler des lonurs, des contestations et des dangers 1 elle entraînerait. Si Sa Majesté pensait cetle constitution n'avait pas suffisamn.iit pourvu aux entraves que mettaient les p nés dans les conclaves, et trouvait bon : l'on proposât quelque règlement dans oncile pour ce qui les concernait, qu'elle ce sujet, ce que sa prudence lui aurait 'ié.
e cardinal disait, en terminant, qu'il avait
i t au nonce qu'au légat, cl où il assure Moroue qu'il n'aurait eu pour agréable de conférer de ces affaires avec personne au inonde plutôt qu'avec lui.
Il explique ensuite, par rapport à la proposition de former des conférences particulières de chaque nation, qu'il ne l'avait mfsc en avant que pour répondre à la demande que le cardinal lui avait faite de lui donner conseil sur les moyens d'abréger; qu'il n'avait point prétendu qu'un ou deux Anglais fussent d'une autorité égale à trente d'une autre nation ; mais que de la manière dont il concevait sa proposition , après que les députés auraient fait entre eux leur travail, on le présenterait au concile qui l'accepterait ou le rejetterait à la pluralité des voix; qu'on aurait lire de là cet avantage que les nations qui avaient un moindre nombre de prélats au concile et qui se trouvaient précisément les plus affligées par l'hérésie, et par conséquent celles qui avaient le plus besoin de remède et qui avaient le plus d'expérience du mal, ne se croiraient pas négligées dans les délibérations ; qu'au reste il n'avait mis tout cela en avant que par forme de conseil, sans vouloir l'exiger; quant à la clause : Les légats proposant, qu'il avait véritablement désiré qu'on fît une déclaration expresse de la manière dont elle devait être entendue; mais que, pour lui prouver le désir qu'il avait de lui complaire, il se contentait de se réserver la faculté de faire communiquer aux présidents les requêtes qu'il jugerait convenables pour le bien de ses Etats; de sorte; que, si après avoir entendu leurs avis, il persistait à désirer qu'elles fussent proposées, et que, contre son attente, ils refusassent de les présenter, il lui fût permis de le faire par l entremise de ses ambassadeurs ; et qu'il entendait que la même faculté fût réservée pareillement aux autres princes.
Enfin I Empereur assurait le cardinal que, la bulle du conclave lui plaisait merveilleusement, cl qu'il ne demandait rien autre chose sinon que le pape en assurât invariablement l'exécution; et qu'après avoir réglé ce qui regardait les cardinaux et leurs c >nclavisles, on prit aussi de justes mesures par
vi lu mettre ces choses devant les yeux de rapport aux ambassadeurs des princes et au
r,euole romain. Il lui semblait que ces der- S sortes de mesures pourrait trèsbien être établies dans le concile.
11 finissait par des paroles d un singulier attachëme'nt II d'une" soumission profonde pour le pape , au jugement de ?««»<*£; rait soumettre toutes ses conceptions a.ns qu'au jugement du concile et de tous les hommes plus entendus que lui.
9 Celte réponse de Ferdinand fut remise au nonce le jour même 13 mai, et portée par lui in cardinal qui s'était arrête a Matera, a une "reVpètUe Ltance d'inspruck; Morone en fut très-satisfait , car il lui sembla que la proposition d'appeler toutes les nations a Œ leur a vifet à faire leurs observations servirait beaucoup aies conjenle^a^ac,^
ans pas
HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE. m
lise le court passage où il expose ce fait, et nu'il en confronte chaque petit mot avec ce nue nous avons raconté et appuyé sur des mémoires authentiques et complets que nous avons en main et que nous pourrions produire au besoin. ,., 11 A cette relation d'affaires publiques qu il donne pour indubitable, il en joint une secrète, fondée, assure-t-il, sur un bruit tresconstant et très-digne de foi, qui se répandit alors. C'est que le légat aurait fait voir à l'Empereur qu'on ne pouvait espérer aucun fruit du concile, parce que chacun prenait a tâche d'afficher un grand zèle pour 1 œuvre si désirable de la réformalion, mais que personne n'était disposé à accepter 1 exécution pénible des points qui seraient a sa charge; et que c'était pour celte raison que le pape y procédait avec tant de ménagement, sachant que les malades n'auraient pas voulu d un remède plus efficace. L'Empereur, frappe de la justesse de ces observations, et perdant alors tout l'espoir qu'il avait conserve jusquelà, ne songea plus qu'à laisser le concile marcher de lui-même à une honorable sépulture. Tel est le récit de Soave. Je î
liter l'acceptation unanime de ce qui se réglé pari! «concile, et qu'elle sera» . aucun danger, dès qu'on ne ^1^11 accorder à chacune une égale autorité oe Son pour ôler à la nation italienne son avantage. Il lui sembla pareillement que la faculté de proposer pouvait être accordée aux ambassadeurs, avec ^restrictions admises par l'Empereur, et qu elle et .juste » . lure reproche de ce qu'à l'exemil savait, d'ailleurs, qu'elle ne déplairait pas pas lu a F u faU ^ au ,é au pape. Et quant à l'extension de la bu le pie iue gra mais ce >u du cnuclavc. il comprenait qu'elle ne porte non pas , ce ju u ^ vérUé . rait aucun préjudice au pape, mai s quelle au™7du^edait la réforUtion pour les serait plutôt onéreuse ™*P™**\f"l?S. auires , et que nul ne la voulait pour Implication que le concile ferait ^a leurs am- autres - * 1 une insupportable calom- Lsadeurs des P^esport^r^^ ™ïïefaiîe dire à l'Empereur par le.carfi-
nal, que le concile ne pouvait produire au-
cun fruit. Oe ce que l'imperfection humaine
devait empêcher que cette assemblée ru
sanctifiât entièrement l'univers et ne rétabli
les enfants d'Adam dans leur premier éta
d'innocence, merveille que n'opéra jamais
aucun concile et que le Verbe fait chair n»
voulut pas même accomplir , était-ce une
raison de rejeter toute espérance et de lais
ser là ce bien immense qu'il a fait au moncti
plus que tout autre concile? Au reste
toute la conduite de Ferdinand et de se:
ministres , après l'entrevue avec Morone
leur ardeur, leurapplication infatigable, qu
Soave n'ose pas ^me dissimuler, font bici
voir si le légat avait cherché a éteindre dan
le cœur de l'Empereur son zèle etsabonn
volonté pour le concile. Si d'ailleurs cet U
torien avait vu toute la suite des discussion
qui furent continuées sans interruption
entre l'Empereur et le cardinal jusqu a i
dernière heure de sa légation, et la ieui
très-longue et très-pressante que ce ae
nier écrivit à Ferdinand , après son a
dience de congé, pour obtenir trois arli d
de la plus haute importance , <J™ "f/J
pu remporter jusqu'à ce moment , ilnanrd
pas donné entrée dans sa tête a une P
reille rêverie. J'ajouterai que le cardia
Borromée, dans les lettres qu i Récrivit
légat (1), après avoir reçu la relat on con
plète de ce qui avait été conclu a Inspruc
témoigne que le pape n'avait jamais epro
bassaueurs ues peines F*,...wv.~ r bulle, s'ils contrevenaient à ses dispositions. C'est pourquoi le légat répondit sans délai \ l'Empereur , pour lui exprimer sa vive îecouuSfssance.son allégresse et ses espérances pour une heureuse conclusion des affaires publiques. L'écrit que Ferdinand avait fait remettre la veille au légat, contenant, comme nous avons dit le sommaire des conventions arrêtées entre lui ^Empereur, fut corrigé et modifie conformément a cette dernière lettre, que nous venons de
raiO°Orr,'de toute cette négociation, si variée, si épineuse, si ample et d'un résultat si grand pour le concile de Trente que SoavegcoSfesPse que c'est elle qui le fit passer du trouble à la paix, cet auteur qui écrit l'histoire du concile, et qui voudrait nous faire croire qu'il en a pénétre, avec le plus grand soin, tous les replis les plus caches, n'a su s'approprier qu'un court et obscur récit: c'est à peine s'il touche superficiellement ce fait dans les deux ou trois lignes nu'il v a consacrées, et ou il a le front d assurer qu'il ne fait que rapporter ce qu il trouve établi par des documents authentiques. Passe encore si dans ce petit nombre de limes il Y en avait une seule pour la vente. Mais on pourrait certainement changer pour lui le proverbe: En beaucoup de paroles il i/ a toujours un peu de fautes, et dire , en faisant allusion à cet endroit de son histoire • En peu de paroles il y a beaucoup de fautes. Il serait trop long et trop ennuyeux d'en faire le dénombrement. Si quelqu un est curieux de les connaître en détail , qu il
(I) 19 et 28 mai 1563.
ré autant de joie et de satisfaction de la part d'aucun de ses ministres durant tout le :ours de son pontificat, et se montre, ainsi que son oncle , plein d'ardeur et d'espoir doui- le bon succès de cette sainte entreprise. Il déclare que c'est dans le zèle et l'halilcté d'un tel légat qu'ils mettent, après )ieu, leur principale espérance ; et, quoi- ,ue les rivalités dangereuses et interminades ambassadeurs pussent fournir un