‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 72 sur 373 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

les

onnête prétexte de dissoudre prompteient le concile, néanmoins, ce sont ses prores paroles extraites de ses lettres, conserves dans les archives du Vatican :5a Sain- ]té ne voit rien de plus utile et ds plus sattaire qu'une bonne et heureuse conclusion u concile : et elle a une telle confiance dans ■^protection de Dieu, qu'elle ne croit pas ue la fausse prudence des hommes ou les sughtions du démon puissent avoir d'autre effet t)e de nous rendre à toute heure plus viqikts. *

12. Mais cessons de nous occuper de ce qui et vrai ou de ce qui peut être vraisemblable, jur ne parler que de ce qui est possible. ( aiment peut-il se faire que la renommée se s t alors répandue à Trente, comme le racnle Soave, et qu'elle ait fait regarder comme ctainpar les gens les plus sensés, que le cordial avait traité, avec l'Empereur et avec son fi , le roi des Romains, de quelques affaires ps secrètes? Comment, dis-je, ceia peut-il st/aire, s'il était dans la ville de Trente à la onaissnncc. je ne dis pas seulement des p s spiinos. mais du dernier valet, que le roi d< llomuns était alors à une immense dislace d Inspruck, et s'il est vrai que le légat nui jamais avec lui un seul moment d'en- ~ icn . comme l'écrit Morone lui-même au Eî nJin.il Borromée (1) dans le compte-rendu Jn cl entier de sa légation, et comme il • ail par une réponse dudit roi au pape (2), as laquelle, après avoir témoigné au saint- « la satisfaction du choix qu'il a fait de ce |ejt, il lui marque qu'il aurait bien désiré ovoir traiter avec lui des affaires publi- J's, selon les bonnes intentions de Sa Sainmais que, puisque le cours des événeuls ne lui permettait pas de goûter cette lai faction, il tâcherait de coopérer aux jiex desseins de Sa Sainteté en quelqu'au- ■renanière? C'est donc à dire que la renomme tenue pour certaine par les gens sensés leua alors les futurs désirs de Paolo et |au tout exprès en sa faveur. A vrai dire ^u ces faiseurs d'hisloire ont une tache anent difficile, et leur art est vraiment 'râble, obligés qu'ils sont de marcher ".animent entre trois grands écueils qu'il } peu près impossible d'éviter tous à la «s car il est de toute nécessité pour eux ees choses qu'ils inventent ne soient ni ,n,ees entre elles, ni opposées à la notopubl.que, ni opposées à la vraisem-

lel:

j* >e Trente, le 17 mai 1563.

- K Vienne, le 10 nui lMj->.

Le seigneur de Villemeur est envoyé à l'Empereur par le cardinal de Lorraine. — Instructions qui lui sont données par rapport aux affaires du concile et à la concurrence entre les trois ambassadeurs, et réponse de l'Empereur. —Entreliens du cardinal avec Navagero, et correspondance établie entre eux par ordre de Rome. — Retour de Musot lo. — Lettres de la reine d'Ecosse, présentées à la congrégation générale par le cardinal de Lorraine; son discours. — Son avis et celui de l'archevêque de Grenade, donné, dans la congrégation, sur l'élection des prélats et sur d'autres matières,

1. Le séjour du cardinal Morone à Inspruck, auprès de l'Empereur, tenait le cardinal de Lorraine dans une sorte d'anxiélé, parce qu'il craignait que ce prince, d'un caractère doux et facile, n'accordât quelque chose de plus qu'il n'aurait voulu, ou du moins qu'il ne fît certaines concessions sans sa participation : ce qui ferait retomber sur lui seul tout le blâme et tout l'odieux de la roideurque Ferdinand avait mise jusque-là dans ses réclamations. C'est pourquoi, trois jours après son retour à Trente, il envoya al Empereur le seigneur de Villemeur (1) pour lui faire part de son arrivée en celle ville et pour lui communiquer les avis de ses théologiens sur les articles du mémoire de Sa Majesté, dont nous avons parlé. Il se servait de ce prétexte et de celle occasion pour l'exhorter à ne rien relâcher, dans ses négociations avec le légat, de son zèle accoutumé pour le bien de l'Eglise, et pour h prier de lui donner connaissance de ce qui se traitait dans ces conférences, et de ne pas s'éloigner du voisinage de Trente d ici à quelque temps, afin d'encourager et d'animer le concile par sa proximilé : tel était, disait-il, le vœu unanime de ces bons Pères. Il lui fit passer par la même voie une lettre qui lui avait été adressée à lui-même par la reine d'Ecosse, où elle exprimait sa constance dans la vraie foi. Enfin il lui fit savoir que, pour se conformer -<ux ordres de Sa Majesté, il avait proposé à là reine de France de souscrire à quelque tempérament pour éluder la difficulté entre les ambassadeursmais que la reine avait répondu qu'elle aimait tendrement le roi d Esoagne, son fils (elle l'appelait de ce nom comme étant son gendre), et qu'elle désirait de tout son cœur non-seulement conserver, mais étendre même et augmenter ses droits et ses prérogatives d'honneur; que si ses ambassadeurs avaient été en possession d'avoir le pas sur ceux du Koi Très-Chrétien, il ne serait jamais venu à l'esprit de la reine de le leur disputer; mais qu'au contraire on voit constamment, dans tous les conciles, les ambassadeurs du roi de France avoir rang au-dessus de tous les autres après ceux de l'Empereur,

(4) Voyez, dans le livre français déjà indiqué, l'instruction donnée par le cardinal, le 23 avril, el la iépor^ede l'Empereur en dalc du 3 mai.

et spécialement au-dessus ue ceux du roi d'Espagne ; que, par exemple, dans le concile de Constance, le fameux Jean Gerson, en sa oualilé d'ambassadeurdu UoiTres-Cbrelien, avait occupé la première place, et que Kaimond Floh, comte de Cardona, .fmbassadeur du roi Alphonse, n'avait pas faitdifficul e de siéger après lui ; qu'au dernier concile de LatraS, sous Léon X, en un temps ou Fer-

dant cette nouvelle; mais qu'aujourd'hui i avait le cœur navré de voir que l'effet avai si peu répondu à ses espérances, et que, puis nue Dieu avait placé Navagero à la télé di concile, il le priait de ne point perdre de vu» un si grand et un si vif désir de la chrétienté et spécialement de la France, et de s'em ployer de tout son pouvoir à le remplir. L> légat répondit à ce discours : que l'ai

Louis XII ; que la reine ne pouvait pas, pendant la minorité du roi Charles, se prêter a une innovation qui porterait préjudice a son fils et à la nation. Après avoir rapporte a l'Empereur cette réponse, le cardinal priait Sa Majesté de s'entremettre auprès du comte de Lune pour le déterminer à se contenter d'occuper le rang qui lui était assigne par l'usage, lui promettant, sur tout le reste, que Ses ambassadeurs de son roi, aussi bien que lui cardinal, feraient tout ce qui dépendrait d'eux pour faire jouir le comte de toutes les marques d'honneur et de toutes les prérogatives qu'il réclamait.

2. L'Empereur, après un préambule de rcmercîments accoutumés, lui répondit : que les négociations avec le cardinal Moronc n etaient pas encore assez avancées pour qu il pût lui en rien dire; mais qu'il lui renouvelait bien l'assurance de sa résolution per.^é

cher à l'avenir, aussitôt le retour de son co

lc^ue, et qu'en l'attendant, les députes soc

cupaient activement à préparer les matière:

k Le cardinal de Lorraine pressa, av(

encore plus de chaleur, Navagero sur (

même objet; car, comme la passion ne sa

pas patienter, il ne s'accommodait pas men

!lc ce fable délai, que l'on demandait jus

qu'au retour de Moronc. Aussi l'absence t

ce cardinal s'étant prolongée quelques jou

de plus qu'on ne l'avait pensé d'abord, pi

suite de cette attaque de goutte dont noi

avons parlé, qui avait ralenti le cours

ses négociations et de son voyage, il tall

se résoudre à proposer à rassemblée, ava

que le premier président ne fût arrivé, les cléments de réformation qui avaient été pr parés. Mais le cardinal de Lorraine, dans nouvel entretien avec Navagero, ne larda [ à laisser apercevoir la vraie cause de son i v^ant;^;Ti;n-négligerpourprocuir.e P^SEÇKS bien de l'Eglise; que, dans cette vue, Us e- ^J^^SSrt-Ull, autant qu'il lui av

élé permis de le faire, tandis que les aut légats n'avaient pas paru faire de lui plus cas que d'un simple évêque. 11 se promet! bien que Navagero procéderait avec lui d i toute autre manière, cl en revanche, il L sura que, sauf ce qu'il devait à sa conscien

tait arrêté à Inspruck plus longtemps que ne l'auraient demandé ses autres affaires. Quant à la question de préséance entre les ambassadeurs, qu'il ne voulait ni la juger ni la discuter; qu'il priait seulement le cardinal de se souvenir de ce que lui-même en avait dit à Sa Majesté; que les Français, en gardant leur place accoutumée et souffrant qu on

donnât un siège hors de rang à l'Espagnol, n'abandonneraient pas pour cela les droits dont ils sont en possession; que l'Empereur aurait désiré que les ambassadeurs convinssent entre eux à l'amiable, cl fraternellement, de quelque expédient, sans mêler davantage leurs maîtres dans celle affaire, et qu'il priait très-affectueusement le cardinal de faire tout son possible pour l'arranger. Telle était la réponse de Ferdinand.

3. Les Français n'attendirent pas que le premier légat lut de retour d'inspruck pour taire de nouvelles instances en faveur de la réformation (1). Le seigneur de Lansac dit à Navagero que lorsqu il était à Rome, en qualité d'ambassadeur du roi, pour traiter des affaires mêmes du concile, il avait trouvé le pape si bien disposé pour la réforme de l'Eglise, qu'à son retour en France il avait comblé de joie tout le rovaume en v répan-

(I) Lettre des légats au cardinal Borromée, des, 5, 6 et 10 mai 15135.

la considération de son intérêt pat ticuliei de celui de sa maison ne l'arrêterait jam; quand il s'agirait de rendre quelque sen au siège apostolique, sans pourtant voi perdre de vue le bien de sa pairie et les dres de son prince,

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