CHAPITRE Xv.i
Nombreux défauts de Soave. - Négociations à Trente et à Rome relativement à la dispute de vréséance, entre les ambassadeurs des deux rois, et accord dont ils conviennent pour les congrégations.— L archevêque de Lanciano expose son sentiment sur la contumace des Allemands qui n étaient point venus au concile: ce discours occasionne le renouvellement de la dispute sur les droits nue devraient avoir les procureurs dans le concile. -Retour du cardinal Morone à Trente.— Nouvelle prorogation jusqu au lb
juin
1 Pour ne point contrarier le lecteur en inle'rrompant ma narration , je me suis abstenu , en plusieurs endroits, de repousser les traits de méchanceté dont Fra-Pao o a semé cette partie de son histoire. Cependant ie ne puis garder un silence absolu sur ces insinuations malignes; car je sais que la médisance a une telle force de f rsuasion qu'elle trouve toujours accès danslespnt
astucieuse dont il rapporte que plusieurs considéraient alors la grande probité de ce religieux et l'état non suspect de duplicité dans lequel il avait dicté cette lettre. Mais les deux opinions ci-dessus de Soto ne sont nullement contraires au siège apostolique , et la cour romaine n'a jamais défendu a ses partisans de les soutenir ; quoiqu'elle cherchât, en ce temps, à en empêcher la définition, dans la crainte que la vérité même, dans la bouches des hommes séditieux , ne devînt un instrument pour répandre l'erreur. Mais pour quelle raison Soave passe-t-il sous si-
faire
connaît la souveraine autorité du pape sut le concile , qu'il conseille qu'on en tasse une définition expresse, et qu'il flétrit l'opinion contraire, en l'appelant une semence de schisme? N'est-ce pas là la grande colonne qui soutient le Vatican? N'est-ce pas celte citadelle contre laquelle chaque phrase de Soave est dirigée artificieusement comme une mine souterraine pour la renverser?
2. Plus loin il rapporte, d'après le registre des lettres de Visconti au cardinal Bon*» mée, (1) que les évêques espagnols , se trouvant réunis chez le comte de Lune, et deux d'entre eux étant venus à sortir, celui de Grenade paria de ces deux prélats en termes méprisants, disant qu'ils ne savaient rien faire que par la volonlé d'autrui, et qu ne servaient à rien autre chose qu' nombre. Il ajouta que si les résolutions d vaient toujours être prises comme pnr passé à la pluralité des voix, il n'y avait pa grand bien à espérer, et qu'il serait bien ne cessaire que l'on comptât non les individus mais les nations. Mais pourquoi Soave ne di il pas un seul mot de ce qui fut declar hautement et dans les termes les plus précis, par Guerrcro lui-même dans la congre galion générale, comme nous l'avons rapJ porté, savoir que le pape n'était point sou mis au concile et qu'il était comme un die sur la terre? Comment ne s'est-il pas aperç que le récit même qu'il nous fait, renvers imprudemment ses propres batteries ? Cars la majorité étail opposée à l'archevêque o Grenade, si elle tenait par conséquent poi les opinions les plus favorables au papf ce n'était donc pas le pape mais l'archevéq" qui songeait à violer la liberté du concili puisqu'il est vrai qu'en toute société, il n a jamais de liberté plus entière que quai c'est la volonlé du plus grand nombre q prévaud. C'est pourquoi Sénèque obsen
(1; 18 mai 1565.
que ces paroles, le plus grand nombre est pour moi, élaient passées en proverbe dans les divisionsde la république, commeune preuve qu'on tenait pour la bonne cause, et que le parti opposé était celui des séditieux. Cet argument est d'autant plus fort contre l'évéque de Grenade que les deux prélats qu'il attaquait étaient Espagnols et non Italiens.
3. Soave fait dire ensuite au cardinal de Lorraine, dans le discours qu'il prononce pour expliquer ses sentiments sur les matières de
ordre, que l'épiscopat et le cardinalat lui paraissaient incompatibles, et il lui fait trouer mauvais parconséquent que les cardinaux oient évéques; tandis que ce cardinal énonça n propres termes une opinion toute conraire. Il lui prèle encore bien d'autres disours qu'il n'a jamais tenus et en revanche il ratée le silence sur un grand nombre de hopei, des p'us importantes, dont le cardinal vait parle ; sans compter qu'il ne fait pas lention de la contradiction qu'il éprouva our avoir voulu débiter son discours à deux éprises différentes ; mais qu'il a l'air de suposcr que ce discours fut prononcé tout ener dans le même jour.
Il ajoute qu'il n'y eut rien de remarquable Bng les dUcours des autres évéques : c'est ins doute qu'il n'avait pas connaissance de pus qui furent prononcés par les archevêques • Grenade et de Lanciano, et c'est pour cette tison qu'il aura méconnu la véritable orine de la querelle fâcheuse à laquelle donna ?u ce dernier, et qu'il attribue faussement tte dispute à une toute autre cause. Nous rons rapporté plus haut le premier de ces «cours, et nous ne larderons pas à faire conîlîlre !o second.
4. Mais suivons le fil de l'histoire. Le comte c Lune avait fait aux prélats espagnols de lis-fortes recommandations en laveur du s'-ge aposlolique. Le marquis de Pescara n'y élit point étranger; car il avait laissé à lente plus longtemps qu'il n'eût d'ailleurs h nécessaire son secrétaire Pagnano (1 1, an de lui donner le temps d'inspirer au nouv ambassadeur des sentiments convenables epour ne point laisser ce dernier en proie, Ml m arrivant, aux impressions que voudiient lui suggérer certains hommes animés p lot par l'esprit de discorde que par un v iiable zèle. Il avait en même temps reemmandé par ses lettres à quelques prélats d< ceux qui lui étaient le plus dévoués et q lui paraissaient le mieux disposés, de * tenir assidûment cette même cause. Néan- » us l'esprit djj comte était encore flottant l'incertain parmi les informations diverses «ifs conseils opposés qu'il avait reçus. Mais 'i était pas moins préoccupé pour sa propre Trtse nue pour la cause publique ; car quoi-
JM eut p|u 3ux Français de divulguer 1' Is étaient d'accord avec les Espagnols et i' la dispute de préséance était arrangée, i\\ était dans la realité plus embrouillée que
Plusieurs lettres de Pagnano au marquis, écrites rect«, *mii *rme les mains de l'auteur.
jamais. Il y avait même eu danger de quelque tumulte dès le lendemain de l'arrivée du comte (1). C'était le mardi de Pâques, et l'on tenait une chapelle solennelle dans l'église cathédrale. Le comte fut sur le point de s'y rendre; mais Jacques Sarmientoévéque d'Astorga,en ayant eu connaissance, mit tout en œuvre pour l'en détourner. On remarqua que le seigneur de Lansac était venu à l'office ce jour-là plus tard quede coutume, peut-élre parce qu'il avait eu quelque vent du dessein de son rival, et que pour ne point aller faire du trouble à l'église, il avait voulu s'assurer d abord si le comte avait renoncé à son projet. C'est sagesse en effet à qui a la conscience de son bon droit, de ne point remettre la décision au jugement aveugle de la force Aussi si le comte avait persisté, Lansac était bien résolu à ne faire rien autre chose que d'adresser ses protestations aux présidents en cas que ceux-ci ne l'eussent pas maintenu par leur autorité dans sa possession. Mais le comte de Lune changea d'avis : ensuite il pubha qu il ignorait que l'on tint chapelle ce jour la dans l'église cathédrale, lorsque, moitié par dévotion, moitié par curiosité, il lui élait venu en pensée d'y aller..
5. Or il semblait au comte et en général à tous les Espagnols que le pape aurait' dû s interposer av ec plus d'ardeur pour leur ménager quelque accommodement honorable • mais Pie IV ne procédait dans cette affaire* qu avec la plus grande réserve; car il savait d une p.irt que le roi de France et (oui son royaume avec lui, si l'on faisait aux Espagnols la plus petite concession, s'en trouveraient blessés comme si l'on avait touché à la prunelle de leur œil. et il lui paraissait contraire aux règles de la prudence de fournir a un tas de gens malintentionnés, qui fourmillaient dans ce pays, le prétexte de son honneur blesse pour lever l'étendard et indisposer les Français contre le saint-sié-e en 1 accusant de vouloir dépouiller la France de ses antiques prérogatives. D'un autre côté e roi Philippe se plaignait que plus il montrait de fermeté pour maintenir l'obéissance due au pape, plus le pape montrait de faiblesse pour défendre son honneur et maintenir ses privilèges. Il écrivit à ce sujet à y argas, son ambassadeur, une lettre pleine d aigreur dans laquelle il disait que si pour servir la cause de Dieu, il passait en ce moment par-dessus les égards qui lui élaient dus dans le concile, aussitôt qu'il serait termine il rappellerait de Rome son ambassadeur Lorsque le pape eut reçu communication de cette lettre, il en fut vivement ému • «1 répondit, pour justifier sa conduite, qu'il conjurait les Espagnols de dire en conscience otd expliquer en particulier ce qu'il pourrait la.re en leur faveur, sans provoquer ces troubles et ces révolutions qu'ils avaient eux-mêmes en horreur plus que personne Uais le comte de Lune lui-même trouva cette lettre du roi beaucoup trop acerbe et consi-
(!) Diverses lettres de Viscoi.ti au emKml Borromee, 19, 22 et 28 avril; et actes de l'évêoue de S.U. manque.
,,,.. écrément que les princes, pour ne pas donne?S de faire peu de cas de leurs menaces ne devraient jamais s'avancer jusqu a Réclamer d'un ton 'menaçant ce qu'ils ne nouîïiient peut-être pas s'empêcher de con- Sîmnîr comme une imprudence si on 1 avait f,T Les Sts ne recevant donc aucun ordre
téciafdu pape et n'ayant pas le pouvoir innover, on cherchait, mais vainement, a trouver quelque tempérament. D'abord le comte avatt résolu en lui-même de se presen-
eTaans la congrégation généra e accompaîmP des deux ambassadeurs de 1 hmpereu , Sui rauraient pris au milieu d'eux selon le
ni flatteuse pour le concile. 1
à leur parti extrême, et toujours fâcheux de omettre ce nœud inextricable de eurs mains dans celles du pape, à qui les deux partis pxDOseraient leurs droits. #
7 A l'embarras que causaient les rivalités des 'ambassadeurs séculiers, s'en joignit un autre, soulevé par les réclamations des procuYcurs ecclésiastiques. La cause ou plutô l'occasion de celle nouvelle querelle furent que ques paroles de l'archevêque de Lan- Siano Le 17 mai (1) en donnant son avis sur \e troisième canon de réformation prescrivant aux évêques de faire les ordinations par eux-mêmes et non par d'autres , i dit que si les évêques étaient appliques a leurs dehors, église se trouverait réformée parce qu'alors ils garderaient la res.dence es occuperaient de paître leur troupeau, tandi quCèontraire^es évêques d'Allemagn^,çt
surtout ceux qui étaient électeurs dédaignaient presque d'être évêques. Et dans la fhaleur de ce discours se tournant vers Dra-
ni flatteuse pour le concile. Il tut ensu ^^ 5^ discours se tournant vers Dra-
uestionquelesFrançais s'abstinssent cejour chaleur de ce .
H de paraître dans la congrégation ; mais Us cowilz il ajou « comme à rambas.
Ment refusés ne voulant pas ce er même »«™P«fE°. Pourquoi les év que*
s^ etaienire.ujc» «-«-.-yr-- - due
l?aUmeursJTarb £jM*? des Français no" r un seul jour n'aurait point termine la SSScuÛé- parce que l'espagnol ne se serait Doin?awom™odé de se tenir ensuite perpé- [uenemeTexilé des congrégations Ma,
comme dans un corps ^f^^^^e^J tend à dom ner parmi les divers eiemeim dont 5 est composé sert à les unir en paraly- ÏÏn eurs vertus contraires, ainsi le cardinal de Lorraine contribua beaucoup >jn ^on influence à tempérer te ra,Sr^FSSt
sadeur 'de l'Empereur. Pourquoi lee^fqm d'Allemagne et principalement les fl'f<™ au mépris des serments qu'ils ont faits le m de leur sacre, ne viennent-ils pas ^uconcxU S'il est en leur pouvoir de mettre à /une vaux des freins et des étriers d'or, silsmar chent avec tant de pompe, et s ils ont m qrand cortège, n'est-ce pas parce qu ils son %êques?et néanmoins ils refusent de >.se .pré senter au concile. Supposé qu'ils aient de le qitimes empêchements, ne devraient-ils pas a moins y envoyer leurs procureurs, comme t
ue LU)i«»|v'v" r ., \- c-an/xiis ■ moins y envvuvi ic»r^'»»- — -■>
fluence à tempérer la raideur des ^«gj» ■ ™ rayrchevéque de Salzbourg et les eveque
car il désirait vivement qu ils s accordasse m / #Eichstadt. Par là ils feraient vo,
pensant qu'il serait extrêmement g Inné, x *™u'\*nnnent à rmplir autant qu'ils m
Jour lui et infiniment favorable a ses des q obligations L'ora eur passa de
-i-, ^JJ*^JSaïï!^ZSto aux autres points en discussion sans être a
inïls elles Impériaux quelque ligue au moins ^D .rente dont il fut le chef et le directeur, eUl nfes aucune industrie dont il n'usât pour 5l faire croire. Appuyant donc de son autorité les bons offices des présidents, il ht accorder ladispute pour les congrégations de a manière qui avait été autrefois proposée (1) : sTo r que les ambassadeurs français garderaient leur rang accoutumé, et que 1 espagnol stegëratt? hors de rang, auprès du secrétaire, vis à vis les légats. . . .
6 Les Espagnols auraient bien désire que l'on prît en même temps quelqu'aulre expedtent pour les sessions et pour les chapelles. Maîs la chose paraissait impossible par a ration que nous avons dite autrefois, qu il s'v faisait certaines cérémonies, comme de uonner 'encens et la paix, où la préséance ne peut pas être dissimulée. Il est vrai qu on "îait proposé de se servir de deux instruments de paix et de deux encensoirs a la fois: nais les Français frémissaient de colère a oute proposition d'égaillé; et .quand Js se vovaient pressés par tes légats ib menaçaient dVn apoetr à un futur pontife plus juste et moVsPparUal!et à un concile plus libre. Les légats Te virent donc réduits à avo.r recours
tl)Lellredeslëgatsaur?rdinalBovroniée,20maiïSfe:
aux autres points en discussion sans être ornement interrompu. Mais quand i il .
cessé de parler, Drascowitz prit la parole dit : que bien qu'il ne fût point ambassade de l'Empereur comme empereur, mais comi
roi de Hongrie, néanmoins puisque aie vêque lavait interpellé, dans son disconi il ne voulait pas le laisser sans réponse. q la raison pour laquelle les eveque» d .AI magne ne venaient pas au concile etaUJ notoire, personne n'ignorant qui cla craindre que les hérétiques, aussitôt qu les verraient partis, ne s'emparassent leurs Etats; que le motif qu. les emgU ensuite d'y députer des procureurs, était q ne leur avait point paru nécessaire de te envoyer pour occuper le fermer r an langue muette et la bouche dose comme statues ou des tableaux ; ; que du temp- Paul III, on avait octroyé dans le même J cite aux procureurs des évêques d Allen* la faculté de donner leur voix ; que, s m pontife actuel on l'avait aussi accordée fois au procureur de l'archevêque ! de h bourg, et qu'il ne savait pas commen
(1) Actes du château Sainl-Ange; lettres des! au cardinal Borroméeet de l'archevêque Je Le
cardinal Cornaro, 17 mai 156j.
pourquoi elle leur avait été depuis refusée. Il s^tendil fort longuement dans ce discours, imais sans jamais sortir des bornes d'une grande modération.
8. Pour mettre le lecteur au courant de cette discussion, il est bon de rappeler ici en quelques mots ce qui a déjà été raconté sur cette matière en plusieurs endroits de cet ouvrage, en y joignant ce que nous n'avons ipoint encore eu occasion de rapporter. Au temps de Paul III, un grand nombre d'évêques ayant mis de la négligence à se rendre personnellement au concile, et le vice-roi de Naples ayant ordonné que quatre évêques seulement devraient y aller avec les mandats de tous les autres prélats du royaume, ou prévit qu'il pourrait résulter de loul cela des iésordres extrêmes, si l'on souffrait que des 3cclésiastiques du second ordre ou des prélats élus au gré des princes et choisis selon leurs vues, parmi une multitude innombra- )le d'évêques de tous les royaumes, vinssent •égenter et dominer le concile. C'est pourquoi e pape régla par une bulle (1) que les procureurs n'auraient droit de faire, dans le coni le, rien autre chose que de présenter les excuses de leurs mandataires et de donner es raisons de leur absence. Le pape révoqua >ar celte même bulle tous les droits et priviéges qui auraient pu leur être accordés d'aileurs. Ayant ensuite appris des légats que les 'rocureurs d'un certain prince ecclésiastiue d'Allemagne frémissaient de colère de elte exclusion, et qu'il était à craindre que ous les prélats de la Germanie n'entrassent ans les mêmes sentiments, le pape priviléia par un bref particulier (2) les évèques :e celle conlréedont l'empêchement était malifeste, personne ne pouvant nier que leurs jiocèses, entourés de tous côtés par les héré- 'ques en armes, n'eussent besoin d'être garés par eux personnellement. Mais les légats ui avaient conseillé au souverain pontife e faire celle exception , craignant ensuite u'elle ne révollât quelques prélats des plus onsidérables des autres contrées, et que le oncile ne lût bientôt envabi par une nuée e procureurs allemands qui prévaudraient ans les délibérations, non sans de graves iconvénieuts, sur toutes les autres nations, ichèrent de calmer l'irritation des Allemands, i avec l'approbation du pape, ils s'abstinrent a leur donner connaissance du privilège qui 3nait de leur être octroyé. Seulement ils acordèrent la voix consultative à Jai et Péirgue, procureurs, l'un du cardinal d'Augsourg, cl l'autre de l'électeur de Trêves. Plus ird, du temps de Pie IV, le secrétaire Massadli,se rappelant que le privilège accordé utrefois aux Allemands n'avait jamais été ^rmcllement révoqué, admit dans une con- (•égalion, à la voix délibérative, les procu- •urs de l'archevêque de Salzbourg et del'é- :que d'Eichstadt ( 3). Ce procédé déplut
(1)Lel««- mai 4545.
(2) Le 5 décembre 1545.
(31 Ce fui le 20 juillet 156s, comme on le voit par
e lettre des légats au cardinal Borromée en date de
iour. Les procureurs de l'archevêque étaient Her-
élrangement aux légats et ils conseillèrent au pape de révoquer expressément par une constitution le privilège de Paul III. Pie IV, dans sa réponse (1) désapprouva aussi cet acte du secrétaire et déclara qu'il avait été ordonné anciennement dans le consistoire, par un décret, que les absents n'auraient droit à aucune espèce de voix dans la personne de leurs procureurs, et qu'il avait été réglé qu'une bulle serait dressée à cet effet; qu'ensuite cette bulle n'avait point reçu la dernière perfection ; mais qu'il y ferait mettre la dernière main, qu'il la ferait imprimer et l'enverrait prochainement, ce qu'il fit en effet par le courrier suivant (2). 11 fut néanmoins d'avis que, pour éviter de faire du bruit, on gardât le silence sur cetle révocation, qu'on ne la fit voir que par les faits et qu'on s'abslînt de publier la bulle ni à Trente ni à Rome sans nécessité. Les légats récrivirent que celle prohibition universelle fait aux, procureurs, ne paraîtrait pas suffisante pour annuler le privilège particulier accordé par Paul III aux prélats d'Allemagne. C'est pourquoi le pape ordonna par une nouvelle déclaration (3) que cetle concession fût regardée comme éteinte. Tel était l'étal de cetle affaire, quand Dras cowitz fit à l'archevêque de Lanciano la réponse que nous venons de rapporter.
9. Le cardinal Simonetla, le seul d'enlre les légats qui se fût trouvé au concile dans les deux époques et qui fût pleinement au courant de l'affaire, fit observer que le bref de Paul III n'avait jamais été mis à exécution, si ce n'est pour la voix consultative, et il ajouta qu'il avait été révoqué depuis; qu'à la vérité, le procureur de l'archevêque de Salzbourg avait donné une fois, sous le pape actuel , son vote définitif, mais par erreur; et que du moment qu'on lui eut donné connaissance de la révocation susdite, il n'avait plus tenté de le faire. Le légal ne voulut pas sans nécessité faire mention des brefs par lesquels les deux papes avaient non pas tant annulé les .privilèges précédemment concédés, qu'interdit expressément aux procureurs l'exercice de toute espèce de droit qu'ils auraient eu d'ailleurs à donner l'une ou l'autre sorte de voix ; parce que c'eût élé faire une démonstration odieuse, et il eût semblé qu'on voulait dépouiller les évêques de leurs droits, en s'écarlant du droit commun, non pas pour étendre leurs privilèges, ce qui est toujours agréable à ceux qui reçoivent ces sortes de faveurs et toujours supportable pour les autres ; mais pour les restreindre, chose qui paraît toujours intolérable à ceux qui se trouvent ainsi lésés , et qui n'a ordinairement l'approbation de per-
cule Rettinger, évêque de Lavcntmoni, et Félicien Morbinio, docteur en théologie : leur mandat leur fui expédié le 25 avril 1562, et il se trouve parmi les pièces enregMrées après le journal.
(1) Lettre du cardinal lion ornée aux légats, 29 juillet t562.
(2) 8 août 1562.
(3) Envoyée aux légats le 20 août 15(J2 : elle se trouve parmi les pièces qui fuient recueillies après le journal.
n„ kttit* le président du Ferrier se leva et sieurs rois et personnages, qui se trouvaient
^llMiMtMmSmHM de Lor- là, d'assister au* congrégations générales,
ayant tait signe un* <« nlendre qu>jl non pas pour y prendre la parole, mais
ÉKrÏÏ 3JE*J5 S? AÏSS JS3 seuleLnt'afm /êl?e plus à même de donner
a t \ 1 di nue plusieurs prélats éminenls de conseil à leurs maîtres. Les légats pensa.en
Frïncc seraient venuraVconcile si le besoin que cet expédient pouvait être accepte et
d '«r^drrfeuî Llises contre les embûches qu'une pareille concession remettrait le
ts hé éliques ne les avait retenus , qu'a- calme dans tous les espnts. Nous verrons en
loi Us avaient envoyé leurs procureurs, son lieu la conclusion de celte affaire (1).
lors Us ^^"'"df mérite et qu'il priait 11. Pendant latenue de la congrégation ou
ÎTSéSu dclcs adme" r à lier leurs l'archevêque de Lanciano avait donné ..eu à
les légats «e les au celte question , le cardinal Morone, qui n -
Xndr^ LqerpPrSennU, connaissant par tait point encore guéri de son attaque d]
[woé énee du passé et principalement par goutte, arriva a Trente (2)au moment ou on
i* m» étatt arrlvVau sujet de a résidence, l'attendait le moins; mais cette surprise avaj
nu'il est beaucoup pluSJ sage d'éluder que été préméditée. 11 adressa, le jour même, au
d'à t mue, de front es questions orageuses cardinal Borromee le compte-rendu pieu» el
nui sforésentent à la traverse, ne firent entier, dont nous avons parle, de ses nego-
a une réponse espérant que cette fermen- ciations avec l'Empereur, pour compléter e
îâÛmlfSSm par accident s'éteindrait d'elle- réunir en un seul cadre ce qu il en avait ecr.l
talion prouuiicpdiau successivement et en détail dans le cours
ItTiviais le surlendemain Léonard Aller, même de sa légation. Il marqua cijtraulres
évôqu de Philadelphie et suffragantd'Eichs- que ce qui avait été le plus favorable au bon
t-ult «uand son tour vint de parler, corn- succèsdesamiss.on cta.tl excellente opinion
taenCd ttûf se plaindre amèrement (1) que que l'Empereur avait du pape et de .ses m-
Kêques titulaires, du nombre desquels tentions ; de sorte que s, ha Sainteté la sa,
l éfaU eussent élé si maltraités dans les quelque chose qui parut a Ferdinand n cira
avis des Pèr»s , comme s'ils ne faisaient pas pas pour le mieux , il ne manquait pas de
les ordinations et n'exerçaient pas toutes l'attribuer aux suggestions importunes d au-
l,>c autres fonctions épiscopales : et il ajouta trui.
qu'il ne ui serait jamais venu à l'oprilcnse 12. Celait le 20 mai qu'expirait le terme rVndant a un concile convoqué par Pie IV, convenu pour publier le jour de la prochaine «résidé W de tels légats et composé de tels session ; la veille même (3) elle fut prorogée ! rélats qu'il dût y recevoir un pareil compli- d'un accord unanime et pour la dernière loi ment Ensuite il renouvela les instances de au 15 de juin. En attendant, on se reuimsai l'avant-veille en faveur des procureurs. (2) chaque jour en congrégations publiques et I es ambassadeurs français allèrent aussi , en conseils secrels, et 1 on travaillait avtcla de leur côté chez les légats po ir les presser plus grande activité a terminer toutes es dans le même but. Ceux-ci demandèrent du contestations et a tout préparer pour me ira temps pour délibérer : et cependant ils écri- cnGn au monde le fruit désire. Il était dejj virent au pape ce qui se passait, lui faisant mûr de neuf mois au jour même qui avail eli observer que la solution de cette question ne prescrit pour déterminer celui de sa iiaisdéuendail pas seulement de la disposition de sauce ; mais le temps que met un entant a H ses brefs -mais qu'elle pouvait occasionner former dans le sein de sa mère est règle pai de très-grands maux, à quelque parti qu'on un petit nombre de circonvolutions nalus'arrêlât ou en indisposant les nalions d'au relies d'un seul globe et dépend uniquement delà des 'monts contre le concile, ou en leur de son cours, tandis que celle autre sorte « v donnant une trop grande prépondérance, production humaine dépendait du libre confis lui proposèrent néanmoins un moyen de cours d'un très-grand nombre d intelligences, sortir d'embarras : c'était d'accéder au désir que manifestaient les théologiens de plu- (i) ijvre xxi, cliap. 1".
(-2) Actes du Château el lettre des légats au cfirai-
(1) Leltre de l'archevêque de Zara , du 19 mai. n ,i Borromee, 17 mai 1563.
(2) Lettre des lésais, du 20 mai 1563. (3) Actes du Château, 19 mai 15G5.
argument. Lorraine. — Discussion du droit de suffrufj
qu'avaient les procureurs au concile. — Dtf
Le comte de Lune arrive à l'assemblée. — ficultés de préséance entre l'ambassadeur
Ses contestations ave les Français au sujet Malte et les ambassadeurs séculiers des pi
de la préséance. - Visconti est envoyé près lots. -Le duc de Bavière dcnwnde pow .
du cardinal de Ferrare pour solliciter son in- Etals l usage du calice.— Onnanelti im
invention dans des conférences avec celui de député. — Fumano est donne pour teconu
Massarelli , — secrétaire de rassemblée. — Arrivée du président de Birague à Trente. — V apporte les lettres du roi de France. — Diff rut tés au sujet de la réponse. — Les Français sollicitent la translation du concile dans quelqu'une (tes villes d'Allemagne. — Cette mesure est rejetée par le roi d'Espagne et par V Empereur.— Avis des Pères sur la réforme des obus , sur les canons par lesquels on devait lé terminer l'autorité du pape et des évéques.
Négociation secrète , établie par l'intermémoire de Guallieri, entre du Ferrier et le souverain pontife. — Pie IV ordonne de rejeter ou du moins d'expliquer la clause proponen- FiBus legatis — Les légats s'y refusent. — \forone surtout se montre intraitable; sa conîuite est depuis approuvée par le pape. — L'Empereur quitte Jnspruclc pour se rendre à ■'ienne. — Diverses lettres du pontife aux présidents qui leur laissent toute liberté pour les 'éfnilions de foi et pour la réforme , même 'elles de la cour romaine et des cardinaux. — I;' rivée au concile des évéques et théologiens clges avec les lettres de la régente.— On songe procéder contre la reine d'Angleterre ; le ape y consent d'abord et change de sentiment près tes remontrances de l'Empereur. — Démarche des Pères en faveur de l'archevêque de 'olède, retenu dans les prisons de l'inquisition Espagne; réponse de Pie IV. —Le jugement {Jean Grimani, patriarche d'Aquilée, est re- ■ is au concile, à ta prière du sénat vénitien.
Une commission est chargée de celte a/faire.
Ordres du souverain pontife relatifs au Mfje du comte de Lune dans le temple et aux r-nnrurs qu'il y devait recevoir. —Graves intitulions à ce sujet.— Musotti est dépêché morne par le cardinal de Lorraine. — Pie IV rssemble les cardinaux en consistoire et fait (peler l'ambassadeur espagnol Vargas.—Méuire de ce ministre qu'on expédie aux légats. -■ Le pape manifeste le désir de voir suppriwr la discussion des deux articles en litige. — XEmpcreur et le cardinal de Lorraine se ran- Q'it à cet avis; les seuls Espagnols s'y opposa. — Le comte de Lune parvient à rétablir Iconcorde parmi les Pères ; et le 15 juin, on tnt la session. — Matières qui y furent trait s. — Réfutation de Soave.