‹ Histoire du concile de Trente (volume 2)Chapitre 79 sur 373 · ET UNIEME. 'J · texte numérisé non relu

ET UNIEME. 'J

étaient soumises. Les Pères adressaient à la ' Reine Très-Chrétienne une demande qu'ils croyaient selon son cœur. Us la suppliaient, dans la charité de Jésus-Christ, de former lé jeune cœur du prince, son Gis, à la vraie piété et à l'obéissance du siège apostolique, à cultiver les heure uses qualités qu'on ad mi rail, à un âge si tendre, dans ce royal enfant, à les faire croître avec les années sans les laisser flétrir par le souffle impur de mauvaises doctrines, à rendre ce descendant de tant de rois capable d'accomplir un jour ce que présageaient pour son règne la gloire de ses aïeux, les espérances de la chrétienté. Us ne la priaient pas moins d'employer son autorité toute puissante à réunir au catholicisme les hérétiques qui s'en étaient séparés. Une gloire éternelle dans les cieux, la bénédiction de ia postérité sur la terre seraient la récompense d'une œuvre si digne de la grande âme de Sa Majesté. EnGn le concile joindrait ses efforts au zèle du Roi Très-Chrétien pour le seconder dans cette entreprise. II n'omettrait rien de ce qu'on attendait de son pouvoir et de son ardente piété pour la cause de sa religion. En s'occupant de la réforme de l'Eglise tout entière, il traiterait avec un soin tout particulier des intérêts de la France et des moyens de subvenir à ses besoins.

En suivant celte formule, on ne parlait qu'en termes fort respectueux du roi de France, sans approuver aucunement le traité de paix dont on évitait même de prononcer le nom.

9. Le plan de réponse ainsi rédigé fut soumis par les légats à l'examen des deux cardinaux qui l'agréèrent. Le 7 juin Morone la présenta à la congrégation. Il prévoyait bien que la plupart des Pères ne se contenteraient pas d'une lecture rapide et qu'ils demanderaient de pouvoir la discuter plus à fond. Pour éviter donc les interruptions qui l'eussent assailli pendant son discours, il avertit tout d'abord que si quelques membres désiraient prendre une connaissance plus approfondie de ses paroles, ils pourraient s'en faire délivrer copie par le secrétaire.

10. Après Morone, le cardinal de Lorraine prit la parole. II chercha à justifier le traité de paix. Le roi, disait-il, s'était vu destitué de tous secours, abandonné de ceux qui les lui devaient, pendant que les Anglais et les Allemands combinés envoyaient de nombreuses armées aux huguenots. Les seigneurs, dontlccourage pouvait seuIsauverlaFrance, étaient morts ou prisonniers. Le trésor royal était épuisé et les ressources étrangères trop mesquines pour suppléer le déficit. Outre les 30,000 écus d'or que le Roi Catholique envoyait chaque mois, on n'avait reçu que 100,000 florins de la république de Venise. Les 100,000 qu'avait promis le pape n'avaient jamais été délivrés. Faisant ensuite une sortie contre le concile lui-même, il se plaignit que la France n'avait reçu de lui aucun subside en argent, puisqu'on'n'avait pas levé l'impôt des dîmes, aucun secours pour la réforme, puisque depuis huit mois il n'avait rendu aucun décret. L'orateur se montra fâché que les

Dix.)

un tel récit n'eût fait qu'aigrir encore davantage au moment où l'effervescence elai I son comble. Cet exemple suffira», poo, montrer combien il serait téméraire d ecnr This o re sans un nombre suffisant de pièce ustificatives, dont les unes servent a 1 .ntel litrpnce des autres , comme dans ces carac tèfes hiéroglyphiques qu'on déchiffre les un

^lln^oédient se présenta enfin, qt

termina % "fi Au plus fort des débat,

l'évêque d'Aoste, Bobba, ambassadeur d

duo de Savoie, proposa de s'en remeltn

nour la rédaction de la réponse aux soir

deslé-ats Us prendraient l'avis des membn

Ips dFus distingués du concile, et la compi

serai nt an à l'amiable. L'archevêque (

LaSo applaudit à celte motion, que

^sX ^d'uPnPe discussion si peu, importa*

in fond fit adopter ensuite a l unanimité.

Ce même jour, le premier légat réunit dai

son'pS sis collè/ues, les deux cardinau

Ipq êvêaues représentants des princes,

nuelques-uns dePs prélats les plus distingué

& lut une nouvelle réponse, plus . cou.

que es précédentes, et chacun fut invité

donner son avis. Le cardinal de Lorra.

déclara qu'il approuvait cette ta» le| «

revenant alors sur ce qu. s était pa se il

ment leur donner une m£ntrainlàceder: des lors sa triste miu ag„raver encore

mots couverts, e un P re rambl

Ï0Hâ VSSprê?Zdopter le plan de régUU ' Vil Jiïdtde Vavis delà majorité. Les P°nse> 'i' £ Jérusalem, de Venise, et grand patriarches de Jérusalem, demandèrent

n°mbl di^u d S o rone, avec du temps copie du discours ae Q el ues-uns vou-

liiifÉlil

r ItaiPnt d'un avis différent. Dans une telïêVon usmn de sentiments, Marc Laure ^dnminS évêque de Campagna, suppléant dominicain eve4 f tions de secrétaire,

fequT^ lcunnSdese Pires de préciser nette avenant ^^^^msolite dont le P ment son opinion, et commença par le cardi- pla.gm .ae ^ ^ ^.^ Apres

nal de Lorraine, qui déclara rejeter la re- m.er legat^ ava J^ ^ ^ ^ j

^ftïft omettre ici un fait de la plus vaut .la i coutume , de lever simplement^ erande'mportance, sinon pour mes lecteurs suffrages . pourq^^ du moins pour eux qui trava.llent sur cette h?sKe En écrivant au cardinal Borromee île ipaa s assurent que Morone, étonne de

f déslDDrobaUon du cardinal de Lorraine,

avait dPéE publiquement que la réponse

fui avait été préalablement communiquée, et

qu'il l'avait ^prouvée. Cependant Y.sconti

Pt Gualtieri, dans leurs lettres, donnen des

é oges à ^modération de Morone. Ils le félicitent de ne s'être point prévalu des moyens

qu'il avait de confondre le prélat en pre-

?enie de l'assemblée, et de s'être contente de

flu-e observer qu'on lui avait montre la pre- - lnn,p faite au président de Birague.

SM»! ?agi. duPn faU condor avec .ajue- «-*£-;,- £j reIl4„

pourquoi uunv, -» , . -~7

une copie de la harangue, en laissant

îemps de délibérer, s'exposer a des argut

à des contradictions sans cesse renaissant

à des interprétations malignes de la condi

du ro ? CePmot l'amena à le justifier enco

Le fait même, disait-il, de ces ambassad

chargéerd'exposer la situation des cho

auprès du concile, du pape et des Pfî

catholiques, prouvait assez les bonnes inl

ionsTsa Majesté. Et d'ailleurs que «

rait-on de plus après que le roi proies

lo lnnellemPent quSl voulait jdemeurefj

à la religion de ses pères, obéissant au s

?omain?gil blâmait pourtant la précipita

avec laquelle on expédiait ces amb sad

ronsulter, pour euuutu v-~ r , ---

du Château Saint-Ange, qui ne son .venus a ma disposition que depuis l'exaltation Akxandre VU, une relation spéciale de cette séance qu'on trouve dans les manuscrits de GuaUièri,me servit à accorder une conlradiefio i si manifeste entre deux témoins également dignes de foi. J'y Usais, ce que depuTs Tai ^trouvé dans les actes, que le cardinal Morone avait exposé à l'assemb ee toute la suite de celte affaire et la part qu avaU eue le cardinal de Lorraine a la première réponse, mais qu'il avait remis a parler plus explicitement, dans un temps ou la discussion serait apaisée et les esprits plus tranquilles. Dans les circonstances présentes,

c7ng"résâtlon générale. Il dit qu'on n a

dérogé au cérémonial ordinaire que du .

seulement même du cardinal de Lorra

qu'il ne devait donc pas trouver étrange

Texigeance spéciale du cas eut déterm.

cette conduite.; que pour ce qui le concer

personnellement, lui, Morone, ne s elai

mais flatté que des prélats aussi respecta

se contenteraient d'une lecture rapide,

se réserver le droit de jeter sur cet etri

coup d'œil d'examen; qu en supposant n

qu'il eût pu attendre d'eux cette confia

le cardinal de Lorraine lui-même aura.-

truit cet espoir, en donnant le signa»

murmures; que si, d'accord avec son

antérieur, il eût répondu par un simple pla~ cet, tous les autres eussent suivi son exemple, sans réclamation aucune, ou du moins .sans de graves contradictions; mais qu'en ^cumulant lui-même les objections dans son jiscours, il avait entraîné ies Pères à l'imier.

15. Le cardinal de Lorraine, dont l'inlenion en mettant en avant ce prétexte n'avait |lé peut-être que de couvrir son inconstance, e montra d'un facile accord, et ne demanda our la nouvelle réponse que l'insertion

une note dans laquelle on exhorterait la 3ine à un zèle plus ardent pour la religion ^jtholique.

16. Madrucci chercha de son côté à justi- ?r quelques inconséquences qu'on avait lu remarquer dans sa conduite. 11 avait «aint, en voyant l'opposition publique du ( rdinal de Lorraine, que ce prélat n'eût pas G consulté pour la réponse : ce qui eût conatué une véritable injure à l'égard de la luronne de France. En un mot, tous appuyèrent la formule avec l'addition suggér'î et quelques légers changements, qu'on t uve toujours à faire dans un sérieux exan n. Le sens était le même que dans la prendre; on n'avait fait que l'abréger, en a Hicissanl certaines expressions trop dures éiappées à l'entraînement de la composion.

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