Le comte avait déclaré à un certain non
bre de prélats, ses amis, zélés défenseurs d<
droits de son maître (1), le dessein ou il éta
de répondre aux protestations de ses r
vaux. Tous s'étaient offerts à seconder s
efforts. U se trouva néanmoins des Lspi
gnols assez désintéressés pour préférer
bien commun à un faux point d'honneui
assez hardis pourrappeler au comte de Lui
que le roi lui avait recommandé d'éviter ui
rupture, et le menacer de le rendre respoi
sable des suites , s'il osait passer outre, t
croyait généralement que la plupart des F
res souhaitaient une conciliation. Dans i
grandes assemblées , la majorité penche c
dinairement pour la paix : or, il s agiss,
cun doute, le cardinal n'avait pu y prendre i(,. d>un auguste sénat d'évêques toujours e
part. Si les Français se permettaient a le- nemis des mesures violentes; et d'ailleur
eard du pape des expressions outrageantes, le .et de la discussion était une quere
i- *~ oo.i^aii rénnnnrp le roi son maître .:„»:*..« n Ata;» Annr nrnhAhle aue
le comte saurait répondre , le roi son maître ne pouvant nullement souffrir qu'on injuriât ainsi le père commun des fidèles. S'ils sortaient de Trente, leur départ n'entraînerait pas comme ils le voulaient faire entendre , la dissolution du concile. Tel était le sens de la nouvelle lettre des légats. Incertains sur le parti qu'ils devaient prendre, ils se
m 1er juillet 1563, dans le livre français précité. (2) Seconde lettre des légats au cardinal Borromée, l" juillet.
c sujet de la discussion était une quere particulière. Il était donc probable que concile désirait qu'on n'agît point avant réception de nouveaux ordres de Rome, le jour de Saint-Pierre, les dispositions ( esprits n'avaient pas été aussi pacifiques . fallait en accuser la surprise universel Sans concertation préalable, les re avaient dû se soumettre à la volonté des s périeurs ecclésiastiques.
(1) Lettre de Visconti, 50 juin et 1er juillet; l'archevêque de Zara, 1er juillet.
2. En apprenant la manière dont on s'était conduit, loin de blâmer la timidité de ses légats, le pape s'étonna seulement de leur indécision; il ne comprenait pas qu'ils pussent hésiter à suspendre l'exécution de ses ordres. A la vérité, il leur avait autrefois recommandé (1) de ne reculer ni devant les protestations et les menaces, ni même devant le départ des Français; mais en face d'un schisme cette commission était nulle. Deux lettres leur furent expédiées sur-!echamp (2) : l'une, plus ample et plus détaillée, devait rester secrète; l'autre pouvait être )fficiellement publiée. Dans la première on remarquait ces expressions : Aucun sacrifice le doit coûter pour éviter un schisme. Toutes ts prétentions s'effacent devant cet imminent langer ; la jurisprudence ecclésiastique, tous es canons, tous les docteurs sont unanimes en e point, ll'espérait que, dans cet intervalle, ien ne serait changé à la situation des afu'res. Le principal devait être de gagner du >mps pour arriver à rétablir l'accord, et ■)ute autre voie de salut manquant, il faurait remettre la cause à l'arbitrage du conile. Sa coopération réussirait à apaiser la uerelle en faisant cesser les plaintes des rançais, et en s'opposant aux prétentions î comte de Lune. Le pape continuait en ces rmes : Depuis notre élévation au trône ponfical, les ambassadeurs du Roi Catholique '.ont cessé de renouveler leurs instances à ce tjet ; nous assurant que Sa Majesté était uns l'intention de retirer ses ministres de jome et de Trente, si noies persistions dans f>tre refus. Placé dans l'alternative de perce pour une si mince discussion la bienveil- Ince d'un si puissant prince; voyant d'ait- Urs les Français s'allier avec les ennemis de ieu, publier des édits outrageants pour lu tligion, envoyer des ministres hérétiques prêter le trouble et l'impiété dans les provinces c royaume, aliéner, contre notre volonté expesse, les biens ecclésiastiques, déprécier en t île rencontre l'autorité du saint-siége et la ritre, exciter contre nous les puissances étrangles, conjurer leurs efforts dams une ligue sac'.lége, nous fûmes obligé d'employer les messes que vous nous avez vu prendre pour ne ps priver à la fois notre vieillesse de ses deux aouis nécessaires. Cependant les ministres dUspagne nous faisaient espérer que tout se poserait tranquillement. Le comte de Lune v is donnait de son côté les mêmes assurances. I France est trop avancée maintenant pour r uler en arrière ; le schisme que nous redoutas est presque consommé par tant d'excès dé- P'rables, gardons-nous toutefois de lui fourni un prétexte plausible. Notre désir serait q on ne fit point connaître cet ordre de suspn,sion à aucun des contendants, le secret «*** faciliterait les négociations, et à Rome, eàTrente; cependant vous êtes libres de le puber, s'il est à propos.
Pour ce qui nous regarde personnellement ,
1) Instruction du 8 mai. Nous en avons parlé
ai ÎUT9.
i) 10 juillet 1503.
ces calomnies, ces mensonaes avérés ne doivent plus vous inquiéter. Pourtant , sommez tes hrançais de produire contre nous les témoignages de simonie dont la i eine a, disent-ils, les pièces entre les mains. Nous savons comment notre élection a eu lieu; aucune de ces accusations n'est fondée, ne le sera jamais. Musolto proteste que jamais on n'a formulé ces griefs; nous ne lui avons pas moins fait sentir tout l'odieux d'un semblable procédé. Votre témoignage, avons-nous dit, était irréfragable. Répondez donc avec assurance à toutes ces calomnies; laissez-les, s'ils veulent, entamer des procédures ; la justice et la vérité sont nos armes. Serait-il étonnant que les Français abandonnent notre cause quand ils ont renié celle de Dieu ?
3, Certes, ce n'est pas là le ton d'une conscience coupable et agitée par le remords. Si Pie IV avait jamais écrit ces lettres simoniaques dont on se ser\ ail comme d'un épouvantai! d'enfant, se serait-il avancé à tant de reprises différentes à en demander la publication? Mais la fausseté des soupçons répandus malignement sûr cette époque de son histoire est assez évidente. Soave ne les accueille pas moins avec son ardeur accoutumée. Je ne le réfuterai pas. Son impudente est telle qu'il parle de ces accusations comme s'il avait sous les yeux les pièces de convielion. Sa mauvaise foi perce à chaque page de son récit, écourté d'ailleurs par le manque de renseignements. 11 affecte pourtant de passer sous silence une pièce qu'il fait croire de la plus haute importance ; c'est une protestation rédigée par du Fcrrier. Nous ne nous attacherons pas à la réfuter. Ecrite pour les circonstances , c'est une production purement conditionnelle qui cesse d'être vraie en dehors de l'occasion qui l'a fait naître. Elle me fournit néanmoins un argument de plus contre Soave lui-même.
Parmi une foule d'injures et de calomnies dirigées contre Pie IV dans ce libelle, la flèche empoisonnée, le trait mortel, la preuve de simonie enfin est restée inutile dans le carquois. Cette omission n'est-elle pas convaincante? Les paroles s'enfuient aussi rapidement qu'elles sont prononcées; mais quand il est question de les fixer sur des monuments authentiques, du Ferrier n'ose pas aller plus loin. Qu'on me permette ici une observation importante. Ces bruits injurieux, contre la personne des souverains pontifes, que la malignité rend populaires, ne méritent pas de fixer l'attention des hommes judicieux et instruits. N'esl-il pas absurde de supposer qu'un cardinal fasse une proposition de cette nature à un pouvoir dont il deviendra le rival, en montant sur la chaire de saint Pierre? Quelle sécurité pour lui s il réussit dans ses ambitieux projets ? Admettons pourtant que cette considération ne l'ait point effrayé : quel avantage peut-il espérer d'une pièce qui condamne par le l'ait même, et celai qui la produit et celui contre qui eile est produite, puisque l'infamie se partage entre les deux contractants, dans ce honteux traite? Et si quelque intrigant am-
559 , • nnnii Néanmoins la promesse des présidents au
bitionnaît les honneurs d".^^/^ comte de Lune liait irrévocablement leur yo- Beat, au point de les acheter d une main tu craianaient, en le priant d'agreei
salière ^^^yll.^^^l u„ sursis, d'olenser le roi dEspagne, à qu des races futures ; en publiant le . ti es de^a ^
nonteTpi V prouve donc invinciblement son innocence en défiant son adversaire de ,-Unr Ipu lettres accusatrices.
T Mai achevons l'analyse des lettres du nane 11 est rare de ne pas trouver a ses Sons quelques résultats m-^« Ç
conduUe'^e 'TeUe^cas'ion , ménagée nnî la Providence. Les Français auraient fntérêt à favoriser la prompte conclusion du concile , pour éviter des affronts qui se renouve aient ainsi tous les jours. La lettre du cardinal de Lorraine a.ssa.t déjà en revoir celte espérance. Il était donc faux nue dès la fin du mois précédent, la reine fût convenue d'un accord avec le pontife. Ce traité n'existe que dans l'imagination de Soave Le pape4 ajoutait que Musotto lu. avaU proposé de mander le cardinal de Lorraine après la prochaine session, pour préparer conjointement avec lui les moyens de terminer heureusement le concile. 11 avait disait-il, agréé cette offre, et au retour de m'usoUo le chargerait d; ^cett, invitation pour
cette mesure pouvait déplaire.
Cependant le comte n'avait rien omis poui faire tomber les accusations dont on chargeait le pape. Dans toutes les rencontres, d< vive voix ou par écrit, il avait témoigne qutout s'était fait d'après la requête du Roi La tholique. Plus dune fois il avait réf^è le calomnies dirigées contre la personne d Pie IV et il lut au cardinal de Lorraine un réponse véhémente, où il traitait ces allega tions de mensonges formels.