‹ Histoire du concile de Trente (volume 3)Chapitre 10 sur 348 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Si Sarpi a raison d'affirmer que les empereurs et leurs of/iciers présidèrent les premiers conciles œcuméniques , et que l\isage de distinguer les simples congrégations des sessions solennelles ne s'est introduit qu'après qu'ils n'y ont plus présidé : on y traite aussi du scrutin des suffrages par létes ou par nations'.

1. Après avoir fait des conciles particuliers que les fidèles tenaient dans le temps des persécutions , une peinture toute d'imagination , Sarpi entreprend celle des conciles généraux, qui ne comuiencèrent à se réunir qu'après la conversion des Césars et la paix de l'Eglise. Pour ceux-là, il dit qu'ils étaient convoqués par les empereurs ou leurs préfets : et l'affaire était conduite par les princes ou par les magistrats qui avaient réuni les Pères; ils intervenaient eux-mêmes dans les délibérations, proposant , dirigeant ce qui en faisait la matière , et statuant par des sentences interlocutoires sur les différends qui survenaient ; ils ne laissaient au jugement du concile que la définition de l'article principalpour lequel on s'était assemblé. 11 ose avancer que la preuve de ces assertions se tire de ceux de ces conciles dont les actes nous restent, comme de celui d'Ephèse, qui se tint devant le comte Candidien , et plus clairement encore de celui de Chalcédoinc, auquel assistait Marcien luimême, et que les relations des historiens attestent la même chose à l'égard de ceux de ces conciles dont les actes sont perdus , comme du premier de Nicée.

2. Que les anciens empereurs , sur la demande des souverains Pontifes, aient poussé les prélats aux conciles de toutes les parties de leur empire ; c'est un fait, et les empereurs modernes et les autres princes temporels n'ont pas agi autrement pour le concile de Trente. Et il est vrai aussi que, sous ce rapport, ces premiers empereurs en furent appelés les convocateurs, selon l'acception plus large et moins propre de ce mot. Il est vrai de plus qu'ils mirent le bras séculier à la disposition des conciles , et qu'ils y assistèrent ou par eux-mêmes ou dans la personne de leurs principaux ministres, afin d'empêcher les désordres et de contenir l'insolence. C'est dans cette même intention que Clément et Paul demandèrent avec tant d'instances la présence de Charles-Quint au concile , comme nous l'avons raconlé plusieurs fois. Mais que de leur propre autorité et sans l'ordre du Pape, ils aient convoqué les conciles , et qu'ensuite ils y aient présidé, c'est une fausseté. Comment pouvaient-ils le faire, eux qui n'avaient qu'une juridiction temporelle, et qui étaient

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