CHAPITRE XX
Sauf-conduit publié pur le souverain Pontife en faveur de quiconque viendrait au concile de Bologne. Zèle des légats pour y attirer les évêques. Neuvième session qui s'y tient avec prorogation des décisions jusqu'au 2 juin.
i. Afin de dissiper les soupçons que pouvait faire naître à chacun la dépendance où Bologne se trouvait du Pape , son souverain temporel, il publia un bref If^ 29 mars ; dans ce bref il raconte que, pour de bonnes et indispensables raisons, le concile légitimement assemblé, dans le Saint-Esprit, avait décrété qu'il se transférerait de Trente dans cette ville de son domaine; il offrait, sur sa parole de Pape , un ample sauf-conduit à quiconque y viendrait pour l'achèvement du concile; il leur promettait bon accueil, liberté continuelle de partir, pleine sécurité contre tout mauvais traitement exercé à quelque titre que ce fût contre sa personne, contre ses gens et contre ses biens. Il chargea (1) aussi ses légats de s'employer tout entiers à faire venir promptcment ceux des évéques qui étaient auparavant à Trente. Ce fut chose facile à l'égard de presque tous ceux, ou qui étaient partis par crainte de la maladie, ou qui ayant concouru, à Trente, à la translation , s'étaient ensuite dispersés dans le territoire vénitien, les uns pour vaquer, dans les églises qu'ils y possédaient, îiux offices de la Semaine-Sainte; les autres, pour se reposer des fatigues antérieures; mais il n'en fut pas de même à l'égard de ceux qui ne pouvaient y consentir, parce qu'ils n'étaient pas maîtres de faire ce qu'ils voulaient. Quelques-uns d'entre eux attendaient le. ordres de leurs princes, comme celui de France qui écrivit de Ferrarc aux légats (2), et celui de Portugal également; quelques-autres en avaient déjà reçu des défenses, à cet égard, comme les évêques impériaux.
2. On invita (3) ceux-ci par lettres ; elles leur furent adressées le 12 avril; elles étaient toutes confornîcs , quant au sens,
(I) Ccln sfi lit dans \vm^ icUrc du cardinal Cervini à Mafîé>\ du 14 avril 1317.
(i) Cola paraît par la loUre ci-dessiis du cardinal Cervini àMalTce.
(5) Le Journal do Massarelli, el plus onipk-ment les Attcs (lu ( oncile conservés dans le château Sainl- Aiigo au vol. marqué A, où sont contenues toutes les choses que nous rapporterons plus bas ou dans ce livre, ou dans le suivant, et qui eurent lieu, ou à Bologne, O'j h Rome, au sujet de la contestation occasionnée |»ar la translation.
mais non quant à la rédaction ; cette rédaction n'était ni tout-à-fait semblable , conformément à l'opinion du cardinal del Monte, ni tout-à-fait différente, conformément à l'avis du cardinal Cervini. Selon ce qui arrive dans tout partage d'opinions , entre égaux. on prit un moyen terme et on adopta quatre espèces de formules. Dans ces lettres on annonçait, aux évêques, l'arrivée de leurs collègues à Cologne, et le bon accueil qu'ils y avaient reçu. On leur promettait ia même réception, et en jnémc temps pleine sécurité et liberté, et on les invitait à venir pour la session qu'on devait tenir le jour fixé. Pour porter ces lettres on procéda régulièrement au choix d'un messager, qui fut député comme courrier du concile; on lui remit les lettres, après les avoir ouvei'tes et confrontées devant témoins, avec l'original qui resta entre les mains du secrétaire Massarelli , on les ferma ensuite sous les yeux des mêmes témoins. Le courrier (1) les rendit également à Trente , à chacun des évêques invités, en présence de témoins qui l'attestèrent. Mais ces évéques n'osèrent répondre; bien plus , quelques-uns ne voulurent pas même les ouvrir sans la permission de l'ambassadeur François de Tolède (2) ; celui-ci était à Rome quand arriva la translation. A la première nouvelle de cet événement (3), l'empereur, par une réflexion un peu tardive, lui enjoignit de regagner Trente, passant par Bologne, en poste (4). Il fit dire aux légats de l'excuser, qu'il était trop pressé pour pouvoir les voir. Quand donc il fut arrivé à Trente, il somma les prélats, au nom de l'empereur, de iTster là (5). Ils s'assemblèrent en-
(1) Dans le Journal, le 17 avril 1547.
(2) Dans l'apologie de l'évêquc de Fellro. (5) Dans les Acics du cliàteau Saint-Ange.
(4) Le premier avril, comme il est marqué dans le Journal.
(îy) fCo scnl ordre de l'empereur fait voir que la persistance des Espagnols à ne pas vouloir quiiter Trenle r,c fut pas ensuite aussi louahie que le prétend ecrlain al)!)é François-Xavier Le Maisire, dans son livre pos'.hume imprimé à Florence en 1790, sous le litre. De la manih-e de penser des Esptigiwls dans l.s clinses rcti(jicusrs,el de la lib.'rlé de lliglne d'Espagne.
Mais pour mieux défendre les j)rélals qui passci'eiil à Rolo!,'ne, mes lecteurs ne Ironvenmt pas mauvais que je mette sous leurs yeux l'apologie latine adressée auv princes eliréliens par Jérôme Negri , Vénitien , secrétaire du cardinal François Cornaro, et mort en 15')7, dix ans après la (ran'^Ialion. Il Siua d'autant plus agréable pour eux de lire iei eelîe apologie, que Fonlanini, dans sa Bibliolliè fue de l'éloquence iluiicnne, observe que c'est jine œuvre qui ncsl pas venue à lu couuaissniicc de ceux qui ont écrit sur ce saint concile. Je la tirerai do l'édilion qui en a éli' faile .à Rouie r.n 17G7, dans l'appeudire aux œuvres du eélèhre cardinal Jacques Sadolet, pag. lOi :
AD PRINCIPES CnniSriANOS CO.NCII.II nONONIF.NSlS APOI.OGIA.
t Si quis vestrum , principes, forte miratur, nos ( qui decrelo ponlificis maximi vestroque omniuui I consensu Tridenlum conveneramus pro pacc Ec- I clesiaM'cstituenda, corruplisqiie moribus rci'orman- < dis concilinin celebraturi , subito nunc Bonouiain
suite (1), mais j'ignore ce qu'ils dirent; je
commigrasse («), is profecto minri dosiiiet, ubi sincero aniino rem perpenderit, gequiintque jiidicem scse noslri coiisilii atque insliluli consliiiicrit. Non enim diibiiim iiobis esl cxlilisse nonmiUos, parlim ignoratione reniin duclos, parlim odio in nos, ac libidine aliéna invadeiidi inciiatosqui hosce rumores spaiserinl in vulgus, nunquam pontifie! Biaximo, inmquam nobis lioc fuisse propositum , ut verum ac libernm conciiium liaberelur, sed conlentos hoc nomine cl f;ima , vellc nos in lyrannide iiOslra persislere : idcirco vix dum inchoalo concilio sedem commutasse, iterumque ac tertio mntatiiros, ut suborla aiiquando inter vos discordia , indla noslia manifesta culpa comilia sdlvautur.Consedisse anlcm nos in ea urbe, in qna nemiiii liceat nisi in gratiam romani ponlificis, vcl syllabam pronunliare : atque hoc loco nihil nos decrevisse, quod ad pnblicam causam perlineat, sed vanis consultalionibus tompus lerere , spem ponenles in comnnilatione rernm , (\\\x eodem vestigio diulius consistere non possunl. Quonam consilio Paulus tertius pontifex maximus conciiium indixerit, ncque nostrum est perscnUari, neque exploralum habere possumus : Dei optimi niaximi sit hoc judicium , qui solus inlimos animorum recessus ac lalebras invisibiles perluslrat : ilhid ccrleaffirmare possumus, volunlalis ejus atque animi in hanc rem incensi, ludlnm significationom, nullum indiciuni non apparuisse . cui, si aversari conciiium voluissct , neque iugenium neque occasio fueiat defulura. Constat sane, ne alliusexordiamur, annoabliinc seplimoliatisbonensibus comitiis fuisse convcnlum, couiroversias in religione exorlas, non alia quam coiicilii auclorilale dirimi possc, locumque idoneum habilum Tridenlum, urbem Germaniae, Ilali*qi\e (inilimam. Qna le nunliata pontifici maximo, confeslim ille est assensus rébus yeslris, ut potuit, per induciascompositis, conciiium indixit, nos ad cerlam diem adosse inaudavit , omni(|ue sludio incubuit, ut ea conlicerenlur, quai ad tollendas discordias, ordinandanique rempublicam perlinerenl. De noslra auleni volunlale ac studio quis ambigat? quando nibil est, (juod nostrum quispiam ardenlius uiiquam exoptaril, quam dignitalcm nostram collapsam ac pessumdaiam, concilii auctoritale rcstilui. Longe cuim errant, qui opinantur plurimum de noslra aucloriliile dclrahi posse couLilii censura, cum ipsa niorum reformatio mullo plus ornamenli et commodi,quam detrimenli et jaclurx' nostro ordini allatura esse videatur. Itaquc missi sinil a romaiio pontilke logali cximia virlule viri , qui concilio priccssenl : fréquentes convenimus , nullis laboribus, nuUis impensis, pepercimus, quominus in angusio loco, et non salis salubri publicam causam ageremns. Sed cursus aclionum noslranmi mullis de causis est reiardatiis. Primum fefellil nos diulurna expectalio advers;\riorum , quorum nerainem vidinius unquam : in quo illi pervicaciani simul inconslantiamque suam patefeccrunt. Eam enim larvam, qua romanos ponlilices perlcrrefacere consueverunt, ipsi rel'ugere ac pertimescere visi siiiit; cl quam sacram anclioram unicam spem in tam s;ieva icmpeslale snperosse nobis loties prœdicaverani, eam ipsi repudiarunt atque abjecerunt, nunc locum minime lulum esse quem nondum viderant, et quem primi ipsi nominaverant , nunc onmibus passim chrislianis hominibus licere do causa religionis cognosccrc, palam diclilanles. Poslca vero quam animadverlimus frustra nos eoruni adventum prseslolari, aggressos comnnuiem causam, ficla quorunidam pielas nos remorari cœpit, suadenlium nobis , non esse alienum a concordia milius
(1) Le 14 avril, comme il esl marqué dans les Actes du château Saiut-Ange.
(a) Conligil id die 12 martii anni MDXLVJI. vide annales eoclesiaslicQS nayuoldi ton). 21 9d amuiiii mdwvu, num.ôo.
sais seulement qu'ils résolurent de s'abstenir alors de tout acte synodal, pour ne pas
dccernere in advcrsarios, judicia noslra suspendere ad evenlum Germanici belli, cujus finem ac victoriam nonnulli magis appetebant, quam conciiium. Cumqiie primum capnt essct religionis causam cognoscere, cujus gralia inprimis conveneranius ; non defuere qui depravatos mores prias corrigendos fore dicercnl, aliiid volventes animo, qu;im id quod inilio propositum fuerat. Interea nunliato advcnin ducis Willimbergensium cum valida atque infcnsa Germanorum manu , invasit nos Irepidalio el pavor liaud ignaros gentcm illam immanem cl efîeram silire sanguinem noslrum, cl niliilo serins Tridenti esse niuitos, qui idem appelèrent. Slatuerat sibi quisque noslrum fuga consulere , co lamen animo , ut si lempeslas illa sese composuissel , ad inslitutum opus rcverteremur. Quid enim aliud faceremus nudati omnibus pnrsidiis , circumventi insidiis , crudelissimo lioste pone oppressi?Sed nobis janj fiig:t! accinclis, illata est vis ab iis, a quibus propulsare maxime debuissel. Nemo luit naula , qui nos secundo Alhcsi lugere volentes, ratibus exciperei, nemo slabularius, qui vcl magna mercede jumenla nobis locare vellct. Quod nisi divino beneficio furor illc barbaricus rcsedissct , proli Deum imniorlalem ! quoc csdes nostrum omnium , qui cruoris noslri gnrgiles émanassent? Consecula est dcmum tua, Ca^sar , Victoria non sine ope romani ponlificis. Nam si ex illius copiis \)arum auxilii fuisse quis dixcrit; nemo lamon christianus negaverit, vola prccesque publiée indiclas plurimum valuisse. RecepliB in poleslatom quamplurimœ urbes , dedili principes adversariorum, et (quod maxime fuit oplandum) sine cœde et sanguine id faclum. Spcrabamus vicloriam illam lam optalam tam incruenlam , paccm publicam , et omnium conlroversiarum (inem pariluram. Decrelœ supplicaliones, ingcnli onines hïlilia perfnsi sumus. At longe aliter proccssit res quam opinabamur. Elenim duriora in dies nobis nunliari cœpla. Proescribebanlur leges, tradebalur nova formula traclandarum rorum, niinfo qnolidie nobis incnliebanlur ab iis, qui apud viclores auclorilale el gralia pliu'imum posse videbaiilur. Quis non vidcbat cripi jam concilio liberlflteni ab iis, qui eam lueri ac proiegore dohuisscnl? Quis ignorabal eos, qui robiis dubiis lam acerbi fueranl in nos, rébus secundis longe acerbiores futiu'os? Accedebanl incommoda loci non ignota iis, qui in ea urbe siint connnorali. Quibus omnibus proposilis, filque inier nos maturo consilio agilalis, visum est nobis esse e rcpubliia mularo sedes. llaque locum angustum cum auguslo, suspcclum cuni libero, non idoneum cum oppoiiuno commulavimus. At in dilionem romani ponlificis commigravimus Quid tum? quolies in urbe Roma pniesidenlibus romanis ponlificibus comilia sunt habita , froquentissimo palrum coucursu ex ultimis icrrarum locis, promulgalaî leges saluberrimie, nemine inlidum locum , aut longinquiiaiem ilinerum causante? At Bononiam recusarunt adversarii : nempe el Tridenlum recusarunl, quem ipsi locum antea delegerant. Quae regio in terris (ida illis , et acccssibilis videalur, nisi ejusmodi sil , in qua nos constiiclos , el calenatos ad eorura pedes jacenles et jiroslralos videant? Non novo, neque inaudilo exemplo , principes, locum nmiavimus. Evolvantur annales vclerum comiliorum. Quolies ve! levisslmis de causis iranslatae sunl conciliorum sedcs? modo dolus malus absit , quid ad publicam causam momenli afîerl loci commutalio? Cur Bononiam locum non esse lulum ac liberum jaclant adversarii, cujus loci nondum periculum fecerunt? Acccdanij iiitersint cœtilibusnoslris, libère senlcnliani dicant, si afl'erri sibi vim sentienl, reclament, iucusent Iiominum fideni, libère abeant , quando illis accedenvii ei recedendi
provoquer un schisme. Sarpi se trompe fort en supposant à ces lettres un ton menaçant
« poleslas fide publica est data, et veslra aucloritalc iconfirmala. Nos si Tiidenlo discessimus, jure id I fecimus. Cujus quidem juris cognitores ipsi et ju-
« dices esse debemus, et concilii seiitentia Inic veni
< mus, cujus inpriinis est non modo mutare sedes,
< vcruin et seipsum solvore, si ex usu ac neccssitate I rerum id fore judicarll. Nam qui facullatem rece- « dendi qiio libeat coiicilio adimiuit, sane libertatem I ejus lundilus everlunt, jura omnia divina et bumana « perturbant , donique se ipsos conciho constiluunt I stipcrioresacjudices. At, inquiunt , Tndenli concit liuin est indiclu.n , coiiseiisu omnium prmcipum € comprobaliun : pari ergo aucloritalc fuerat Irans e- I rendum. Putantne bi concilium esse subsellia i la, « œdeii! illani sacram , parieles illos, quibus conchisi € eramus?Quis nescial, coiiciUum esse paires ipsos € auctoriiale romani poiuilicis, qui CbrisU locum gc- € rit in terris, inSpiritu sanclo légitime coiigregatos .' € Hi ubiciimquefuerintea ratione disposai, concilunn I facimit. Vos auctoriiale veslra Tridentmum conci- € lium comprobastis, mutari locum nobis placuit , las « est placere et vobis. Quis audeat jure dicere pênes I paucos illos concilium residere,qui sojuneli a ca- « pile, vcluli morlua membra iu loco a nobis derelicio
< pcrmaueiit? Quo5 iiisi privalœ rationes, et sludia « parlium transversos agerent, non dubilamus (quai
< illorum est ingenii etdoclrina; vis) in viam verilalis, a ; qiia nolenlos abcrrwerunt, facile rediluros. Avorum I iuemoria Eugenio IV pont. max. palribiis Basilese
< congregatis, quanquam stalutun» csset,nc cujuspiani f eliam romani ponlilicis aucloritalc locus mutari « posset, placuit hi<v-in Ferrariam , ac dcinde Fioc reiitiam transferri sedem.Saepe cnim slatuenlis au- « clorilas excepta bumanis legibus esse censelur : ( cum boc praicipuum sil beneficium icmporis , ut « quod bodie conducit, cras minime expedire videa- I lur. Atque boc ipso differunt bumanae leges a divi- ( nis, et "ab eo jure, quod natura omnibus indidit f animantibus. Ilsec cnim sunt œlerna atque incomc mutabilia, illaeveromulliplicescapiunt vicissiludines « pro rerum, lemporum, atque bominum condilione. I Fuere eliam in ea syiiodo magni quidam viri , qui « translaiionem illam unius romani pontificis arbitrio
< recte (ieri posse ccnsuerint, quod existimarint sy-
< nodum ipsam ea in re legcm pontifici maxinio prai-
< scribere minime potuisse , quando negolium ejus- ( modi non esset ex eorum immero, in quibus a;.iuiim € sit romanum ponlificem fasces submillcre, et ob- « lemperare concilio. Quamobrem abeuntibus Basilea « legaiis pontificis maximi, omnia ejus concilii aut ctorilas concidit. Nam etsi Hasilienses patres ali- € quandiu lumulluali sint, atque Eugenium ponlKif cem maximum inordinem redigere se posse existi-
< marinl, lamen communis genlium consensus, et tam € Oricnlis quam Occidcntis Ecclesiaî, id amplexa; et € veneratœ suiil, quod concilium auctorilare romani « pontificis comprobatumdecrevisset. Atcausanoslra € est longe melior, ac extra omnem posila controver- ( siain. Siquidem ioci mutatio non in unius aut pau-
corum volunlate, sed lotius concilii auctoriiale est facla, sic decretum, sic sancilum publico omnium consensu atque judicio. Non enim dissensio paucorum eflicere unquam potest, quin omnes idem sensisse videamur. Trila est lex, ac promulgata, quod plerique faciunt, id cunctos facere exislimari. Possemus addere, saniorcm quoqiiepariem iu senlenlia noslra fuisse, si liceret singulos conferre singulis. Al posteaquamjam recepUmi esl usu, et inlerprolatione majorum, ut major pars collegii sanior quoque esse videatur, non est quod csteris delrabamus, nobisve quidquain proprium arrogemus. humortali lamen Deo immorialesagimusgialias, riuod in unione diristianae lidci sub uno capile lirmi conslantcsque permanserimus. Eos lamen non posvsu-
HISTOIRE DU CONCILE DE TRENTE. m
et impérieux, et en les attribuant à l'imprudence du cardinal de Monté, et en les rapportant au temps qui suivit la session.
3. Les théologiens poursuivirent la discussion des sacrements en particulier qui restaient à examiner, et spécialement de l'Eucharistie et de la Pénitence. Sur ces entrefaites (1) , le Pontife avait fait savoir aux légats qu'il était satisfait de leurs réponses touchant l'événement de la translation etqu'il approuvait égalementlarésolution de surseoir aux définitions pour ne procéder qu'à la réforme, qui serait mieux reçue. Il témoigna que le roi de France, craignant peut-être de la part du concile quelque atteinte aux prérogatives de l'Eglise gallicane, inclinerait à la suspension. Cette suspension (2) était du goût du premier légat; mais elle était vivement combattue par son collègue, qui pensait que les AUe-
« mus non demirari, qui dum de concilii loco digladianlur, concilium ipsuni negiigunt. Yocem concilii usurpant, rem ipsam, et fructum concilii differunt
< atque abborrent. Dicant, obsecramiis, ostendant, ( (piantum ipsi Tridentino concilio delulerint, nuin I decietis in ea synodo editis oblemperarint , nuin « explosas opinioncs rejecerinl ? Quis non intelligil « frustra ab iis menlionem concilii fieri, qui suo ipsi f more vivere, aliisque in setatis bujiis erroribus fe- « rondos esse, persuasum habeant ? Si Germania vicia I atque subacta a cbrisliano principe christianas leges, c non recipit, num recipiet viclrix ac triumpbans? Si i rébus inlegris animis lerrilamiir, contumeliis affi- I cimur, fortunis spoliamur, quid fiel rébus profliga-
< lis ac perdilis, nobisqiie velut in gurgustio aliquo in
i potesialebosliumpolenlissimornm conclusis?Qiiam-
i obrcm te in primis, Carole Caisar, imperalor ma-
I ximc alque inviclissime, compeilamus, qui de manu
I romani pontificis imperalorium diadema suscepisli, c . - .
ut romauam Ecclesiam, in qua nulla unquam perversa irrepsit religio, ecclesiarum omnium regiiiani
qui simulacrum orbis
ac moderalricem agnoscas
terrarum snnclissima insignilum crucc, Iradiluni libi a lomano ponlilice summa cum pielate accepisii, ut intelligeves las esse, le auciore, te duce omnia niundi régna Cbrislum Deum sincère colère ac vcnerari, qui Bononia; in celeberrimo patrum consessu, pncsidenle romano ponlifice, dislriclum vibrasti gladium, dum evangelica leclio publiée recilaretur, ut omnibus piis alque impiis palam esset, vindicem te alque ultorem futurum in eos omncs, qui de evangelica doclrina aiiler sentirent, quam anliqna sanctorum palrum posceret inlerpreialio; qui lot aclantis a Deo auclus es beneficiis, tolvicioriis auguslior factus, ni magno illoCarolo baud inferior videare, te horlamur, te supplices obsecramus, ul quam tiilelam romanac, at(|uc adeo cbristian:c l'icclesia; majores lui forlissime gloriosissimeque gestarunt, eam ipse non doseras, nec patiare unilalem cbrisliani populi , pro qua Cbristus innocenlissimum fudit sanguinem , improboruu» 9 consiliis dissolvi ac lacerari. Vos ca;teros reges ac
< principes cbrisliano insiguilos cbaracterc, qui nul!.-) « le niMgis, quam cbrisliana pielate illuslrcscl exceisi
< estis,(|uorumprogenilorestoiexpediliones, loibella « eliam transmarina pieiatis augendcc causa confecc- « runt, oramu< ol)teslamurque, in banc prx'cipue « curani incumbatis, ut vestris amplissimis lilulis « accédât bœc gloria servata; religionis , ac reddit;c I tianquillitatis, quam non alla ralione, quam pace « publica et obedientia mandalorum Dei atque Ecclc- « sipo restitui posse exisiiinamus. »
(i) Le Journal de Massarclli,du 5 avril.
(2) Lellre d'un minisire au cardinal Farnèso, du 29 mars 1547, et lettre de Dandini, nonce en Fra/ice, au cardinal Gervin, du 4 mai 1547.
LIVJŒ NEUVIÈME.
niands en prendraientoccasion de tenir un concilenational. Ensuite le Pontife voyant qu'à ce concile n'assistaient ni les cvêques ni les représentants d'aucun prince catholique, l'Iialie exceptée , et que pour cette raison il paraissait plutôt national que général Jugea qu'il valait mieux ajourner les décrets que de les promulguer sans pornpe et sans éclat. A ces considéralions se joignirent aussi les prières et les vives instances de Diego Mendoza, ambassadeur de l'empereur, et successeur de Véga, qui était passé au gouvernement de la Sicile. De cette manière on témoignerait au moins à sa majesté , avant de reprendre la suite du concile, cette déférence qu'on n'avait pului témoigner avant de consentir au départ des Pères : c'est ce que le Pape ordonna de foire à ses lé gats par un courrier exprès qu'il leur adressa a cette occasion. Il leur ordonna de plus de ne pas encore déclarer la translation consommée , mais de proroger simplement la session.
4. Ainsi le 19 d'avril tous les Pères se réunirent dans une salle de la maisondes Campegges , où demeurait le premier légat : de cette famille était Thomas, évêque de Feltre, qui pubilaen faveur de la translation une célèbre apologie(l). Là le cardinal del Monte représenta que leurs collègues n'étant pas encore tous rassemblés , et que les matières n'ayant pas encore été assez mûries, tant à cause des oflices de la Semaine-Sainte que de la goutte qui le tourmentaitdepuis longtemps, il paraissait à propos de proroger la session jusqu'au
(1) Elle est enregistrée dans un volume des Actes, conune on Ta dit.
premier jeudi après la Pentecôte , qui tomberait le second jour de juin , se réservant la faculté de prolonger ou de réduire le terme aussi en rassembléegénérale,demanièretoutefoisà ne pas manquer de tenir solennellement la session le jour prescrit, le 21 avril , et d y discuter la prorogation. Cette proposition futagréée de tous. Le joursuivanton seréunit de nouveau, et on lut une rédaction du décret qui fut aussi goûtée de tout le monde. Dans la première congrégation, Louis Lipomani, coadjuteur de Vérone, conseilla de procéder sévèrement contre les contumaces. On célébra ensuite la session le jour marqué (1) dans l'église dédiée à S. JPétrone. Sébastien Leccavela , archevêque de Naxie , offrit le sacrifice solennel. Ambroise Catharin , évêque de Minori , prêcha. 11 y assista , outre les légats , six archevêques et vingt-huit évêques : de plus y envoyèrent leur sentiment par écrit , à cause qu'ils étaient retenus par la maladie, Philippe Archinto, évêque de Saluées, et Camille Mentuvato, évêque de Satriano , gouverneur de la ville. Il s'y trouva quatre généraux de Mendiants et un abbé du Monl-Cassin. Les deux légats qui se rendaient en Allemagne et en France, et qui partirent le lendemain, étaient aussi alors à Bologne (2). Ils purent communiquer aux légats du concile les instructions qu'ils avaient reçues et en recevoir d'autres de leur sagesse. Cependant les esprits étaient dans une grande attente ; on ne savait si de ce nuage sortirait la pluie qui féconde, la foudre qui écrase^
(\) Le 21 avril 1547.
(2) Journal de Massarelli.
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