CHAPITRE III
Négociation de Sfondrat en Allemagne au sujet du concile, et ses sentiments, qu'il communique à Rome.
1. Ces travaux cependant préparaient la matière pour le temps où une cause efficace viendrait à la suite d'une rupture ou de la paix mettre la dernière main à l'œuvre. On espérait que la légation de Sfondrat apaiserait les dissensions; ce qui donnait celte confiance, c'était le pouvoir qu'il avait reçu de conclure l'arrangement aux conditionsconvenues avec Mendoza. Mais l'événement trompa bien l'espoir qu'on avait conçu. Le légat reçut sa première audience à*Bamberg (2) où séjournait l'empereur qui se rendait à Augsbourg pour y célébrer une diète. Après l'avoir félicité de ses victoires, il entama sa négociation par ce qui faisait le premier objet de sa légation, c'est-à-dire, l'entreprise de l'Angleterre. Il n'ignorait pourtant pas qu'un refus avait déjà été fait à cet égard au nonce, qui en avait parléaunom du Pape, et à l'abbé Parpaglia, envoyé pour cette fin à l'empereur par le cardinal Polus. Le légat ne laissa pas de dire que bien qu'à son départ l'empereur fût encore engagé dans la guerre d'Allemagne, le Pontife l'avait néanmoms chargé de ne pas omettre de proposer une SI noble entreprise ; que sa Sainteté espérait qu'avantl'arrivée du légat, Dieu aurait accordé à sa majesté de triompher de l'Allemagne, de pouvoir ainsi s'occuper plus facilement de l'Angleterre , comme il était ensuite arrivé; que l'empereur ayant été offensé par l'Angleterre dans son sang, dans son honneur et dans sa religion, qui avait été changée à son occasion , le légat ne pouvait s'imaginer qu'il eût dit sérieusement qu'il ne voulait pas s'engager dans une telle entreprise. L'empereur répondit qu'il se devait de préférence à ses propres affaires ; qu'après avoir triomphé en Allemagne , il lui restait beaucoup à faire pour recueillir les fruits de
I (i) Le Joiiriiîtl , spécialpmoiit du 1G juilld. f (2) Lelire du cardinal Sfoiidral à Faiiièsc, de Baiiîborg, du 7 jnillcl 1n47.
GONC. DE TUEÎSTE. II.
sa victoire, d'autant plus qu'il avait été mal récompensé des combats qu'il avait livrés pour d'autres (il faisait allusion au refus que le Pape avait fait de continuer la ligue) et qu'enfin il était rassasié de guerres. Le légat voyant un refus bien précis, mêlé de dégoût et de colère, confirmer les refus antécédents, pensa qu'il ne devait pas s'employer inutilement pour une cause désespérée; mais il garda là-dessus le silence, comme il le marqua au cardinal Farnèse, et comme on le voit ensuite dans ses notes. Ainsi, c'est imagination que tout ce qu'ajoute Sarpi des arrangements proposés parle légat à l'empereur dans cette occasion , attribuant tout cela , avec sa bienveillance ordinaire, au dessein non pas de gagner l'Angleterre, mais d'embarrasser l'empereur. D'un autre côté les vraies négociations de Sfondrat que nous rapporterons, Sarpi dans son histoire les passe sous le plus profond silence.
2. En second lieu, le légat proposa l'union du concile, montrant combien elle était nécessaire et pour l'honneur et pour le bien de l'Eglise. 11 produisit ensuite les arrangements qu'on proposait de Rome et que Mendoza avait approuvés. L'empereur répondit à cela que s'il avait entrepris la guerre, ce n'était pas par ambition humaine, mais par zèle pour la cause de Dieu, et qu'on en aurait chaque jour de bonnes preuves; qu'il reconnaissait avoir reçu, en récompense de ses pieuses intentions, les faveurs inopinées et merveilleuses dont Dieu avait couvert ses armes; qu'on ne pouvait arranger les affaires de religion en Allemagne si on ne replaçait le concile à Trente , comme il le voyait clairement , surtout quand déjà beaucoup d'hérétiques s'étaient rendus à celte condition ; qu'il ne doutait pas que ce ne fût au pouvoir du Pontife, principalement s'il était vrai, comme l'affirmait sa Sainteté, que la translation se fût faite sans qu'elle en eût connaissance, et par conséquent sans qu'elle eût aucune obligation apparente de la maintenir ; que le prétexte de cette translation, c'est-à-dire, la crainte de la maladie, outre qu'il n'était point fondé, n'existait plus; que si on ne prenait pas ce parti, il prévoyait de très-grands troubles, mais que tout le mal retomberait sur quiconque l'aurait occasionné.
3. Le légat répliqua que sa majesté ne devait pas avoir si bonne opinion de ses dispositions, qu'elle jugeât autrement de celles d'aulrui ; que replacer le concile à Trente, où les Pères restaient de si mauvaise grâce , n'était ni convenable ni possible, à moins que quelque avantage considérable pour la religion ne vînt justifier et faciliter une telle demande; que par conséquent on devail s'en tenir à ce qui avait été réglé avec Mendoza, savoir : que les Allemands accepteraient d'abord les décrets anlérieurs,et se soumettraient aux décrets futurs de ce concile ; que cet événement ferait même plus d'honneur à sa majesté, puisque ce serait elle-même qui ramènerait les Pères à Trente à la suite d'un arrangement si honorable et si avantageux pour l'Eglise. Mais l'empereur qui ne voulait
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pas se payer d'une promesse subordonnée à une condition incertaine, dit que de pareils moyens n'étaient pas proposés pour faciliter, mais pour éviter le but; car on savait bien qu'on ne manquerait pas d'obstacles quand on viendrait à vouloir faire passer ces propositions dans la diète. Alors d'un côté le légat lui représenta quelle indignité ce serait de réduire le concile à retourner malgré lui à Trente, sous les yeux des Allemands qui ne laisseraient pas après cela de le mépriser, beaucoup enle combattant, tous en n'y assistant pas, comme il était déjà arrivé. D'un autre côté l'empereur affirmait que, quoi qu'il arrivât, c'était l'unique voie pour le Pontife de se justiQer aux yeux de Dieu et des hommes.
k. Le légat finit par demander à l'empereur qu'au moins, à la faveur de sa récente victoire, il procurât l'acceptation et l'exécution des décrets précédents , et fît voir ainsi que s'il avait combattu et vaincu , c'était pour Dieu. A cela Charles V répondit qu'il voyait bien que le légat était venu parfaitement instruit; qu'il ne voulait dire autre chose sinon qu'il ne manquerait à rien de ce qui lui était possible de faire pour l'avantage de la religion, mais qu'il désirerait que les autres en fissent autant. Alors le légat riposta que l'intention du Pontife était la même ; que, par conséquent , puisqu'il n'y avait point entre eux diversité de sentiments par rapport à la fin, mais seulement par rapport aux moyens les meilleurs à prendre pour parvenir à cette fin, il suppliait sa majesté de réfléchir sérieusement, car il voyait que l'ambassadeur Mendoza , qui avait tant d'expérience des affaires , acceptait l'arrangement dont il était question. L'empereur répondit qu'il n'était pas merveilleux que Mendoza pût se tromper; et il n'avait pas besoin d'y penser plus longtemps , affirmant comme chose très- vraie qu'il avait plus pensé à cette affaire qu'à la guerre.
5. Le légat, après des réponses aussi sèches et aussi brusques , faites positivement à toutes ses propositions , prit un expédient qui devait mettre l'empereur dans la nécessité de lui donner l'espérance d'une meilleure conclusion , si toutefois il n'était pas aussi déterminé en lui-même qu'il le témoignait par ses paroles , ou qui , en détruisant tout espoir du côté de l'empereur, laissaâ voir du courage et de l'assurance dans le légat, et l'arrachât à l'humiliation d'un séjour où il se trouvait mal et sans résultat. Il lui dit donc : Puisque votre majesté me répond avec tant de dureté, je crois bon de ne pas la fatiguer et de prendre congé d'elle, si elle ne s^y oppose pas. A cette demande inattendue de congé, l'empereur répondit froidement que le légat était libre. Celui-ci répliqua , en disant qu'il ne voyait pas pourquoi il resterait sans motif. L'empereur qui avait cru que le cardinal avait au fond de ses instructions de plus amples ouvertures que celles qu'il venait de faire et qu'il prenait pour les premières qu'on fait en pareille circonstance , se vit tout-àcoup déçu de cette espérance. Désirant ne pas
rompre aussitôt les négociations, mais jaloux en même temps de conserver sa dignité, il ajouta que le légat pouvait y penser plus à loisir. Celui-ci répondit qu'il y penserait , mais qu'il priait sa majesté d'y penser également, et alors l'entretien finit. Le cardinal ne parla pas de la paix avec la France, soit parce que le Pontife ne lui paraissait pas un bon médiateur pour les autres, dans un moment où il ne l'était pas pour lui-même, soit parce qu'on attendait un ambassadeur français qui devait traiter de cette affaire.
6. A Rome , on n'approuva pas le congé qu'avait demandé si précipitamment le légat (1). De plus , voyant réjetées par l'empereur les conditions qu'avait approuvées Mendoza, on reprocha au légat de n'avoir pas exposé à l'empereur toutes les raisons; car elles n'étaient pas rapportées dans la lettre qu'il avait écrite pour rendre compte de l'entrevue. Mais, par rapport au premier chef, il justifia ce qu'il avait fait, en répondant que c'était précisément le seul avantage qu'on eût retiré de cet entretien. Par rapport au second, il écrivit qu'il était bien surpris qu'on mesurât ce qui avait été dit et répondu dans une longue conférence sur ce qu'il en avait rapporté en abrégé dans une courte note. Mais, quand l'ouvrage ne répond pas à l'espérance de l'ouvrier, on en rejette toujours la faute sur l'instrument; et comme les effets des causes supérieures ne sont paralysés que par le défaut des causes inférieures, ainsi il semble que l'intention du prince ne peut être frustrée que par la faute du ministre. Aussi , autant il y a de sagesse à lui dans les succès de ne pas se glorifier de son habileté, autant dans les revers contribue-t-il à sa justification en racontant tout au long ce qu'il a fait, ce qu'il a soutenu, ce qu'il a tenté, ce qu'il a pensé.
7. Sfondrat accompagna le récit du fait , de l'envoi de son avis ; il exposa qu'il n'était pas à propos de retenir alors le concile à Bologne , parce que la multitude des prélats italiens, jointe au petit nombre des prélats étrangers, lui donnait plus l'air d'un concile national que d'un concile général, parce que ces prélats, étant pour la plupart sous la dépendance du Pape, et le concile se célébrant dans ses états, l'assemblée devenait suspecte aux peuples , vu surtout les controverses, alors si vives, qui presque toutes portaient contre le Siège apostolique , ce qui n'avait pas eu lieu quand l'Eglise avait tenu ses conciles à Rome ; que par conséquent l'exemple ne concluait pas ; parce que l'empereur, ayant déclaré qu'il s'opposait à ce concile, on devait craindre qu'à la faveur de sa vaste monarchie , il ne suscitât quelque schisme, et que rien n'était plus funeste à un corps que la division de ses membres; enfin, parce que l'empereur, victorieux et mécontent, pourrait, lors même qu'il n'en viendrait pas à un schisme , nuire d'une autre manière et s'exprimer ainsi : Les matières
(1) LeUrc du carrliiial Sfondral à Fariièsc, du dcriiio) jour dejuilicl i'oil.
de religion doivent être traitées non dans une le réfutant avec aigreur. Tant il est vrai que diète, mais dans le concile qui est maintenant dans toute correspondance diplomatique, ce à Bologne, et ne peut être déplacé ; or, comme qu'on doit le plus chercher, c'est la clarté, il faut que ce concile soit sûr pour tout le 9. Sfondrat continuait à dire que si on obmonde, il m'appartient, comme protecteur jectaitque durantdeux années entières le conde l'Eglise , d'y aller en armes et de le pro- cile avait attendu inutilement les Allemands à téger. En conséquence , il conseillait de sus- Trente , on répondait à cela que les cirpendre le concile par une bulle, dans laquelle constances étaient changées depuis que la on dirait, pour justifier cette conduite, que victoire de Charles avait délivré les cathola diète ou prochaine , ou déjà subsistante, liques des sollicitudes de la guerre, et rendu donnait l'espoir , vu les victoires de l'empe- les hérétiques moins hardis à se soulever ; reur, que l'Allemagne reviendrait au sein de que si on avait de la répugnance pour Trente, l'Eglise ; qu'ainsi il fallait attendre l'événe- sous le prétexte qu'on n'y était pas assez libre, ment, avant d'aller plus loin dans la question les Impériaux regardaient comme une réfude doctrine et de discipline. talion suffisante tant de décrets qui avaient 8. C'est ainsi que le légat écrivit à Rome, été faits contre le vœu de l'empereur pour Il ne laissait pas toutefois d'essayer en Aile- l'enseignement du dogme, et que cependant il magne si, à l'aide du cardinal d'Augsbourg, avait supportés. Enfin, que si on craignait du ducd'Albeetdu confesseur de l'empereur, que le concile , placé dans un tel territoire, tous bien intentionnés à l'égard du Siège se portât à quelque nouveauté, ou par rapapostolique , il ne pourrait pas obtenir des port à l'élection du Pape , en cas de vacance conditions plus avantageuses. Mais plus ceux- du Saint-Siège, ou contre sa propre autorité, ci témoignaient de bonne volonté au légat, à l'occasion de la réforme, ces considérations et plus , dans toutes les autres choses , ils se s'étaient également présentées , mais sans montraient favorables à ses demandes, plus être accueillies, lorsque le concile fut d'abord aussi ils pressaient instamment le retour du placé à Trente, et elles n'avaient pas moins concile à Trente ; car, ne voyant pas d'autre de force, si le concile restait à Bologne, supexpédient pour pacifier l'Eglise, ou ils regar- posé qu'il y jouît pleinement de la liberté ; daient celui-là comme certain, ou ils voulaient que néanmoins l'empereur offrait à cet égard le tenter tout incertain qu'il fût, parce les sûretés convenables. D'un autre côté, si qu'il leur paraissait le seul. C'est pourquoi l'on terminait le concile à Bologne, Sfondrat le légat se détermina à envoyer une autre énumérait les dangers qu'il avait signalés pièce (1) à Maffée, secrétaire d'état à Rome, dans son premier écrit. Enfin , il proposait protestant qu'il aimait mieux s'exposer aux différents expédients , mais plutôt pour témurmures des personnes qui pourraient in- moigner sa bonne volonté que son approbaterpréter en mal ce qu'il disait, que dé- tion, parce que dans tous il voyait des diffiprouver les remords de sa conscience, qui cultes, laissant au Pape le soin de tirer de ces condamnait son silence comme une infidélité ; prémisses la conclusion, que l'empereur persistait irrésistiblement 10. Autant il répugnait à Paul, jaloux de la dans la volonté de demander le retour du considération du Siège apostolique, de remetconcile à Trente; que si on objectait que ce tre de nouveau le concile à Trente, s'il n'en projet ne pouvait être mis à exécution sans résultait pas pour l'Eglise quelque honneur le bon plaisir du concile lui-même, sa majesté ou quelque avantage certain, autant, désireux présupposait que ce bon plaisir était entre de la paix , se montrait-il disposé à un les mains du Pape; que si l'on exigeait que moyen terme (1) comme celui de placer les prélats , qui étaient restés à Trente , ef- le concile à Ferrare,^ dont le duc était feudafacassent auparavant la tache de contumace taire de l'empereur à cause de Modène et de en allant à Bologne , on répondait que c'était Rcggio. Mais les Impériaux ne rejetaient pas chose facile à faire, si l'on avait auparavant tant Bologne parce qu'elle était soumise au la certitude que la mesure serait prise ulté- Pape, qu'ils exigeaient Trente parce qu'elle rieurement ; mais que cependant cela ne ser- était plus à la commodité de l'Allemagne (2). virait qu'à apporter des délais ; qu'on voyait Peut-être aussi voulaient-ils ménager leur bien que ces prélats ne faisaient à Trente réputation ; car, souvent les princes ne senaucun acte synodal; que, par conséquent, ils tent pas que le comble de la réputation pour n'étaient ni plus coupables , ni plus rebelles eux, c'est de faire le bonheur de leur peuple, que tant d'autres qui se tenaient absents. Ils Sur ces entrefaites une maladie grave survint est bon de faire observer ici, que cette asser- au Pape décrépit. La proximité du péril instion de Sfondrat, dont la cour de Rome rendit pira encore plus d'éloignement pour laisser, compte aux présidents du concile , en ces en cas de vacance du Saint-Siège , un concile termes tronqués et équivoques, que les prélats œcuménique ouvert au milieu des Allemands , de Trente n'étaient pas plus coupables que les dans la disposition où étaientles esprits, et sur autres, fût ainsi entendue par eux : quo les ce point il ne paraissait pas que l'empereur autres qui étaient allés à Bologne. Et comme pût rassurer entièrement, un tel sens était de la plus haute incon- 11. D'un autre côté, les méfiances entre venance sous la plume d'un légat pontifical ^ordinal Sfondrit h F-irnè^p fin i" qui semblait l'approuver tacitement, ainsi i\\l^^'''^'' ' blondrat a tarnese, du 1 en furent-ils indignés et le rejetèrent-ils en '^""J^) Lettre du cardinal Sfondrat à Farnèse, du 10 (1) Le dernier jour de juillet 1517. uoùl 1547.
Charles et le Pontife (1) augmentèrent à la suite du mariage du duc Horace avec une Française , et de la promotion de Guise au cardinalat , faite à la prière du roi Henri. Et ce que le Pape appelait égalité et médiation, l'empereur le prenait pour attachement et alliance. C'est pourquoi comme dans les maladies opiniâtres on attend qu'un certain mouvement de la nature indique et facilite les remèdes , ainsi comptait-on alors sur la diète impériale, pour faire naître quelques incidents qu'amènerait facilement la paix : cette diète commença en effet, et principalement pour les affaires de religion (2) , aux premiers jours de septembre. Mais le temps qui, selon la remarque de ce sage d'Aristote,
aucune manière la tirer de îa bouche d'aucun.
2. Cependant Cervini ne cessait de rappeler au Pontife (1) que le concile ne pouvait rester oisif, tant à cause de sa propre dignité, qu'à cause de la pauvreté des évêques italiensy qui manquaient de ressources pour s'y maintenir longtemps ; que le replacer à Trente sans le concours de leur volonté et sans avoir pris l'avis des autres princes chrétiens, ainsi que portait le décret de translation, ce serait les irriter assez pour que sa Sainteté eût à redouter les terribles effets de la gangrène ; qu'il voyait moins d'inconvénients à le suspendre (2), comme le proposait Sfondrat, ou expressément ou tacitement, pourvu que ce
ne mérite pas plus le nom de très-savant que corps d'évêques ne restât pas réuni à Trente j
de très-ignorant, parce qu'il produit également le savoir et l'oubli , n'est pas non plus l'auteur ou le pacificateur des grandes divisions, parce que ses vicissitudes qui quelquefois les concilient, quelquefois aussi rendent tout arrangement impossible : c'est ce qu'on voit dans les affaires que nous rapportons maintenant. Attendre donc les services du temps, quand on ne peut s'en promettre d'ailleurs , c'est prudence ; mais quand nos ressources nous en offrent, c'est paresse.